Google nous a informés avoir reçu une nouvelle plainte DMCA visant cinq articles publiés par Warning-Trading.com. Une nouvelle tentative de censure qui illustre les dérives des procédures automatisées utilisées par les grandes plateformes pour traiter des contenus journalistiques.

Une nouvelle plainte DMCA contre Warning-Trading

Le 6 juillet 2026, Warning-Trading a reçu une notification de Google indiquant qu’une plainte fondée sur le droit d’auteur (DMCA) avait été déposée contre plusieurs de nos articles. Selon Google, le plaignant affirme que ses œuvres protégées auraient été reproduites sans autorisation sur notre site.

La description de la plainte est particulièrement sommaire :

« This DMCA request is being made because my copyrighted work has been duplicated and posted on the site without my authorization. This constitutes copyright infringement and breaches my rights as the lawful owner of the material. »

Aucun élément concret n’est fourni dans la notification permettant d’identifier précisément l’œuvre prétendument contrefaite, son auteur, ou les passages litigieux. Malgré cette absence d’explications détaillées, Google indique procéder au retrait des URL concernées de ses résultats de recherche mondiaux, tout en invitant notre rédaction à déposer une notification de contestation.

Cette notification porte la référence Google 9-7037000041383-1063637841. Elle sera également publiée sur la base de données Lumen (anciennement Chilling Effects), qui recense les demandes de retrait adressées aux intermédiaires techniques.

Les cinq articles visés dénonçaient… des censures DMCA!

Les URL concernées par cette procédure sont les suivantes :

Un point commun saute immédiatement aux yeux : les cinq URL visées ne sont pas des enquêtes sur des plateformes financières, mais des articles dénonçant… des tentatives de censure précédentes. Autrement dit, la présente plainte semble viser des articles qui racontent déjà des procédures de retrait.

Une procédure automatisée inadaptée aux contenus journalistiques

Warning-Trading est un site de presse spécialisé dans l’analyse des escroqueries financières, des faux courtiers, des usurpations d’identité et des pratiques frauduleuses sur Internet.

Nos enquêtes reposent sur un travail journalistique original. Elles relèvent de la liberté de la presse et participent à l’information du public sur des sujets d’intérêt général.

Pourtant, les grandes plateformes techniques comme Google mettent en œuvre des procédures largement automatisées de traitement des plaintes DMCA. Ces mécanismes ont été conçus pour traiter rapidement des cas manifestes de violation du droit d’auteur, comme la diffusion non autorisée de films, de musique ou de photographies.

Ils sont en revanche totalement inadaptés lorsqu’ils sont utilisés contre des articles de presse. Les équipes chargées du traitement des notifications ne disposent ni des moyens ni de la légitimité nécessaires pour apprécier le contenu d’une enquête journalistique, son originalité, ses citations, son droit de courte citation ou son intérêt général.

Le résultat est préoccupant : une simple affirmation de violation du droit d’auteur peut conduire au déréférencement provisoire d’un article, obligeant ensuite le média à engager une procédure de contestation longue et coûteuse.

Une tentative de procédure-bâillon contre notre rédaction

Nous considérons que ce type de plainte s’apparente à une tentative de procédure-bâillon (SLAPP). L’objectif n’est pas nécessairement d’obtenir gain de cause devant un tribunal, mais de faire disparaître rapidement des contenus gênants grâce aux mécanismes internes des plateformes techniques.

Les personnes ou organisations mises en cause dans nos enquêtes disposent pourtant d’un moyen parfaitement légitime de contester nos publications : saisir les juridictions compétentes si elles estiment que nos articles sont diffamatoires, inexacts ou portent atteinte à leurs droits.

Au lieu de cela, certaines préfèrent détourner les procédures prévues pour protéger le droit d’auteur afin d’obtenir une forme de censure privée, sans intervention d’un magistrat.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que Google se retrouve, de facto, en position d’arbitre de la liberté d’expression. En retirant des contenus journalistiques de ses résultats de recherche avant toute décision judiciaire, l’entreprise exerce un pouvoir considérable qui devrait normalement relever exclusivement des juridictions compétentes.

Des attaques récurrentes contre Warning-Trading

Cette nouvelle plainte n’est malheureusement pas un cas isolé. Notre rédaction fait régulièrement l’objet de menaces, de pressions, de demandes de retrait, d’insultes, de tentatives de chantage et de multiples procédures destinées à entraver notre travail journalistique.

Nous avons déjà documenté ces différentes formes de représailles dans notre enquête consacrée aux menaces et procédures-bâillons auxquelles nous sommes confrontés :

La vengeance des escrocs

Notre site a même été rendu inaccessible pendant plusieurs jours à la suite de précédentes tentatives de censure. Nous avons raconté cet épisode dans l’article suivant :

Rétablissement de notre chaîne Youtube grâce à Twitter

Chaque notification impose à une petite rédaction indépendante un travail administratif important : analyse juridique, préparation d’une notification de contestation, échanges avec les fournisseurs techniques, suivi des procédures et vérification du référencement. Cette charge mobilise des ressources considérables qui pourraient être consacrées aux enquêtes journalistiques.

Pour un statut protecteur des contenus de presse

Cette nouvelle affaire illustre une fois encore la nécessité de mieux protéger les médias d’information contre les abus des procédures automatisées de retrait.

Les plateformes techniques devraient mettre en place un traitement spécifique lorsqu’une plainte vise un organe de presse identifié. Avant tout déréférencement, une analyse humaine approfondie devrait être réalisée afin de vérifier si la demande concerne réellement une violation du droit d’auteur ou constitue une tentative de faire disparaître un contenu journalistique d’intérêt général.

La liberté de la presse ne peut dépendre d’algorithmes ou de procédures standardisées conçues pour traiter des millions de réclamations. Seuls les tribunaux disposent de la légitimité nécessaire pour ordonner la censure d’un article de presse lorsque les conditions légales sont réunies.

En attendant une évolution de ces pratiques, Warning-Trading continuera de contester les notifications qu’il estime infondées et de rendre publiques ces tentatives de censure, dans un souci de transparence envers ses lecteurs.


Retrouvez nos dénonciations des censures de Google.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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