Google nous informe avoir reçu une plainte pour atteinte au droit d’auteur visant deux articles de Warning-Trading. Une procédure typique de tentative de censure contre un site de presse qui enquête sur des pratiques suspectes.
Une notification de Google pour atteinte présumée au droit d’auteur
Le 5 mars 2026, notre rédaction a reçu une notification officielle de Google nous informant qu’une plainte fondée sur le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) avait été déposée contre certains contenus publiés sur le site Warning-Trading.com. Selon ce message, Google aurait été alerté d’une prétendue violation de droits d’auteur et a décidé, conformément à sa politique interne, de retirer des résultats de recherche les pages concernées.
La plainte affirme que des contenus originaux appartenant au plaignant auraient été reproduits sans autorisation sur notre site. Le message indique : « I am filing a DMCA complaint regarding the unauthorized reproduction of my original content ». Selon l’auteur de la plainte, ses contenus auraient été copiés et publiés sans permission, ce qui constituerait une violation de ses droits exclusifs en tant que titulaire des droits d’auteur.
Comme c’est désormais la règle dans ce type de procédure, la notification sera également publiée – après anonymisation – sur le site Lumen Database, un agrégateur public de signalements juridiques utilisé notamment par Google pour documenter les demandes de retrait de contenus.
Google indique par ailleurs que nous pouvons contester cette suppression via une notification de contestation, procédure prévue par le mécanisme DMCA. Cependant, ce type de dispositif repose largement sur des traitements automatisés qui ne sont pas adaptés à l’analyse d’articles de presse ou d’enquêtes journalistiques.
Deux enquêtes journalistiques ciblées
La plainte vise explicitement deux articles publiés sur Warning-Trading.com :
- https://warning-trading.com/enquetes-et-decryptages/ecole-centrale-hypnose-fr-arnaques-avis/
- https://warning-trading.com/enquetes-et-decryptages/lpotouraine-arnaque/
Le premier article analyse les activités du site « Ecole Centrale Hypnose » et s’intéresse aux critiques et témoignages publiés par des internautes concernant cette structure. L’enquête revient sur les pratiques commerciales observées, les promesses de formation et les avis négatifs signalés par plusieurs sources. Comme dans l’ensemble de nos investigations, cet article vise à éclairer les internautes sur les risques potentiels associés à certaines offres ou organismes.
Le second article concerne le site LPOTouraine et examine les accusations d’arnaque et les interrogations soulevées par différents utilisateurs. Notre travail consiste à rassembler des éléments publics, des témoignages et des informations vérifiables afin de permettre aux lecteurs de se faire une opinion informée.
Dans les deux cas, ces publications relèvent d’un travail journalistique d’enquête et d’analyse critique. Elles ont pour objectif d’informer le public et de prévenir d’éventuelles pratiques trompeuses, ce qui constitue précisément la mission d’un média spécialisé dans la dénonciation des arnaques en ligne.
Une procédure qui ressemble à une procédure-bâillon
Ce type de plainte s’inscrit malheureusement dans une stratégie que nous observons de plus en plus fréquemment. Plutôt que de saisir les juridictions compétentes pour contester nos articles ou demander un droit de réponse, certaines personnes ou organisations préfèrent détourner les procédures de signalement mises en place par les fournisseurs techniques.
Ces mécanismes – qu’il s’agisse de plaintes DMCA, de demandes de déréférencement ou de signalements auprès d’hébergeurs – peuvent être utilisés comme des outils de pression pour tenter de faire disparaître des contenus gênants. Dans de nombreux cas, ces démarches s’apparentent à ce que l’on appelle une procédure-bâillon, c’est-à-dire une stratégie visant à faire taire un média ou un journaliste par des moyens procéduraux plutôt que par un débat judiciaire contradictoire.
Les grandes plateformes comme Google, Cloudflare ou les hébergeurs web traitent quotidiennement des milliers de signalements. Pour des raisons d’échelle, ces demandes sont souvent examinées de manière automatisée ou semi-automatisée. Or ces systèmes ne sont pas conçus pour analyser correctement des contenus journalistiques, des enquêtes ou des travaux d’investigation.
Résultat : des articles de presse parfaitement légitimes peuvent être retirés temporairement des résultats de recherche simplement parce qu’une personne a affirmé, sans contrôle judiciaire préalable, qu’ils violeraient ses droits.
Une pression constante contre les sites qui dénoncent les arnaques
Warning-Trading est un site de presse spécialisé dans l’analyse et la dénonciation des arnaques financières et des pratiques commerciales trompeuses. Ce travail dérange inévitablement certains acteurs qui préfèrent tenter de faire disparaître les critiques plutôt que d’y répondre publiquement.
Depuis plusieurs années, nous faisons face à de nombreuses tentatives de pression : menaces juridiques, insultes, tentatives de chantage, campagnes de dénigrement ou encore procédures abusives. Nous avons documenté ces pratiques dans une enquête détaillée accessible ici :
Ces stratégies visent souvent à épuiser les médias indépendants ou à provoquer la disparition temporaire d’articles critiques. Dans certains cas, ces attaques ont même conduit à la mise hors ligne temporaire de notre site à la suite de signalements abusifs auprès de prestataires techniques.
Nous avons notamment raconté comment certaines démarches avaient entraîné l’indisponibilité du site pendant plusieurs jours dans cet article :
Ces événements illustrent les limites des systèmes actuels de modération et de traitement automatisé des plaintes juridiques sur Internet. Lorsqu’ils sont détournés, ces dispositifs peuvent devenir des instruments de censure visant des contenus d’intérêt public.
Malgré ces tentatives, Warning-Trading poursuivra son travail d’enquête et d’information. La lutte contre les arnaques et la protection des internautes nécessitent une information indépendante, documentée et accessible. C’est précisément ce rôle que nous continuerons d’assumer.


