Nombre de promoteurs de Thomas Lloyd sont des anciens de Fairvesta, à l’instar de Jean-François Lecocq. Coïncidence?
Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez une première orientationL’AMF alerte mais il continue à promouvoir Thomas Lloyd
Le 31 octobre 2018, l’Autorité des Marchés Financiers alerte sur la diffusion d’offres d’investissement chez Thomas Lloyd. Le 29 avril 2019, quelques mois plus tard, est pourtant organisée à l’hôtel Montaigne par l’Ambassador Club de Cannes une « Conférence et apéritif dinatoire ThomasLloyd ».

Alerte concernant les placements Thomas Lloyd en France en 2018.
« Un grand merci à notre ami Jean-Claude Monnier qui travaille pour ThomasLloyd et qui est à l’origine de cette initiative », écrira plus tard la présidente de l’Ambassador Club de Cannes dans un document qu’elle rédige pour résumer cette soirée.

Extrait d’un compte-rendu de la réunion de promotion de Thomas Lloyd du 29 avril 2019.
Nous n’avons pas retrouvé la trace de Jean-Claude Monnier dans l’organigramme de Thomas Lloyd ou sur les réseaux sociaux professionnels.

Présentation de Jean-François Lecocq chez Thomas Lloyd en 2019.
Manager de tous les promoteurs de Thomas Lloyd pour la France
Cependant, ce n’est pas Jean-Claude Monnier qui tient cette conférence. C’est Jean-François Lecocq. Ce dernier tient une place officielle dans l’organigramme de Thomas Lloyd. Sa compagne, Valérie Julliot, revendique également sur son profil Linkedin une expérience de promoteur de l’investissement chez Thomas Lloyd, jamais depuis 2016.

Présentation de Jean-François Lecocq chez Thomas Lloyd
Jean-François Lecocq est alors présenté comme « director, regional manager financial intermediaries France ». Ce titre pourrait être traduit en français par « directeur des intermédiaires financiers pour la France ». Autrement dit, Jean-François Lecocq dirige et encadre tous les conseillers en investissements qui promeuvent des investissements Thomas Lloyd en France.
Jean-François Lecocq était donc au coeur de la stratégie de Thomas Lloyd consistant à recruter des conseillers en investissement, agréés ou non agréés, à travers la France, pour les inciter à promouvoir des produits financiers interdits en France contre de juteuses commissions. Depuis lors, plusieurs d’entre eux ont été condamnés pour cela par l’Autorité des Marchés Financiers ou ont fait l’objet de plaintes de la part d’investisseurs floués désireux de leur réclamer une réparation.
Une expérience chez Fairvesta est-elle rassurante?
Sur le site de Thomas Lloyd, Jean-François Lecocq se prévaut d’une solide expérience de 40 ans. Il est entré dans l’entreprise en 2016. Il se prévaut d’une expérience au Crédit Mutuel et dans une entreprise appelée Fairvesta.

Profil Linkedin de Jean-François Lecocq
Sur son profil Linkedin présent cependant, Jean-François Lecocq a préféré taire ce nom. Il n’est pas le seul parmi les anciens de Fairvesta… Il avait pourtant créé une société unipersonnelle pour promouvoir ces produits.

Extrait du registre du commerce et des sociétés.
Dans ses statuts, Euro Finance Développement prévoyait la distribution, de « produits de la société « Fairvesta GmbH» sur le territoire français ». Pourtant, elle s’était attribuée l’activité de « régie publicitaire de média ». Pourtant, le conseil en investissement est une profession réglementée. Ni cette entreprise, ni Jean-François Lecocq ne semblent avoir été inscrits à l’ORIAS.
Pour promouvoir Thomas Lloyd, Jean-François rééditera la méthode avec la société TL Invest. Avec cette différence que TL Invest appartient à sa compagne Valérie Julliot et qu’elle est dirigée par une autre entreprise, Patrimo-Invest. D’après nos informations, le nom de TL Invest s’est retrouvé dans des contrats par lesquels Jean-François Lecocq a recruté des investisseurs.
Fairvesta, un modèle qui a fait école?
A l’instar de Thomas Lloyd, Fairvesta n’a pas laissé de bons souvenirs à ceux qui y ont investi.
Le cas Fairvesta illustre les dérives possibles de certains placements immobiliers alternatifs proposés à des épargnants non avertis. Si le modèle reposait en théorie sur une stratégie classique de marchand de biens – acheter des actifs décotés pour les revendre avec une plus-value – sa mise en œuvre a suscité de nombreuses critiques. En particulier, plusieurs observateurs ont pointé un décalage entre les rendements annoncés et la réalité économique des opérations, notamment en raison de valorisations internes difficiles à vérifier.

Fairvesta a changé de nom. Elle s’appelle Verifort désormais.
« Le modèle d’investissement de Fairvesta, tel que présenté par ses promoteurs, reposait sur l’acquisition de biens immobiliers en Allemagne sur le marché des adjudications à des prix décotés (jusqu’à 70% de la valeur vénale), avec un rendement locatif annoncé de 10% » peut-on lire sur l’excellent forum Investisseur Heureux, dont deux membres interrogent « la pertinence de faire appel à l’épargne publique pour des rendements à deux chiffres, la méthode de calcul des performances basée sur des évaluations potentielles, et le risque de schéma de Ponzi. Un point central de préoccupation fut les frais exorbitants : jusqu’à 25% de frais d’entrée et environ 4% de frais de gestion annuels, réduisant considérablement le capital réellement investi ».
Les autorités, dont l’AMF, ont rapidement exprimé des réserves sur la commercialisation de ces produits en France. En cause : une présentation jugée parfois trompeuse, l’absence de prospectus visé et un cadre juridique limitant la protection des investisseurs. Par ailleurs, la structure même des fonds – souvent fermés et illiquides – rendait toute sortie anticipée particulièrement complexe. Certains investisseurs se sont ainsi retrouvés avec un capital immobilisé pendant de longues années, sans visibilité claire sur la récupération des fonds.
Enfin, la question des frais et commissions a également alimenté les critiques. Une part significative des montants investis était absorbée en amont, réduisant mécaniquement la rentabilité potentielle. Dans ce contexte, certains analystes ont évoqué un fonctionnement reposant en partie sur des valorisations théoriques, voire un mécanisme fragile dépendant des nouvelles souscriptions. Sans être qualifié officiellement de système frauduleux, le modèle Fairvesta reste aujourd’hui un exemple emblématique de risque élevé combiné à une faible transparence.
Fairvesta a suscité la création d’un collectif de victimes en France. La société continue d’exister mais elle a changé de nom. Elle s’appelle désormais Verifort.
Tant d’anciens de Fairvesta chez Thomas Lloyd…
Chez Thomas Lloyd, Jean-François Lecocq n’est pas le seul ancien de Fairvesta. Trois anciens cadres de Thomas Lloyds sont aussi des anciens de Fairvesta. C’est le cas de Charles (Gérard) Jeandupeux, de Michel Jeandupeux et de Cédric Jeandupeux.
Dans une vidéo qu’il a depuis lors cherché à faire supprimer à plusieurs reprises, Charles Jeandupeux, un ancien membre de la secte des raéliens, assénait des promesses parfaitement invraissemblables: « Chers conseillers en gestion de patrimoine » commençait-il. Avant de poursuivre: « voulez-vous doubler votre chiffre d’affaire? » et toucher toutes sortes de commissions, « tout ceci en offrant jusqu’à 18% d’intérêt à vos clients »?
Les arnaques Fairvesta et Thomas Lloyd sont-elles parentes?
La tentation est grande de se demander s’il s’agit d’une coïncidence. Elle est d’autant plus grande qu’il existe d’autres points communs entre Fairvesta et Thomas Lloyd. Hormis l’opacité des montages, les promesses de rendements élevés, la faible liquidité des actifs, les frais élevés et la faiblesse des contrôles, certains traits sont particulièrement communs.
Fairvesta avait déjà pris soin d’utiliser les frontières et les juridictions nationales pour tromper des investisseurs, notamment en Allemagne, tout comme Thomas Lloyd. Dans les deux cas, l’AMF avait émis une alerte rappelant l’illégalité de ces produits, dès 2012 pour Fairvesta. Dans les deux cas, des conseillers en investissements ont passé outre cette alerte.
Parmi les promoteurs de Thomas Lloyd, certains ont promu encore d’autres arnaques comme Rawstone ou Asia Plantation Capital. Décidément…
Pour rédiger cet article, nous avons pris contact avec Jean-François Lecocq pour lui poser quelques questions. Il a refusé de nous répondre. « Je ne travaille plus avec la société TL, depuis mon licenciement pour cause économique fin avril 2025 » nous a-t-il répondu.


