Attention à ops.crestline.finance. Tout laisse penser qu’il s’agit très vraisemblablement d’une arnaque qui commence déjà à faire des victimes. Voici les éléments qui nous mettent en alerte.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !

Les sites de trading, des casinos déguisés en placements financiers

Les sites de trading, on a l’impression que ça pousse comme des champignons. Comment expliquer cette prolifération soudaine ? Le trading, cette activité spéculative, ne crée pourtant aucune richesse réelle. L’explication se trouve sans doute dans le fait que ces plateformes comme ops.crestline.finance, en pratique et sans que leurs clients en aient conscience, encaissent directement les pertes de ces derniers. Le mécanisme est assez simple.

En théorie, un site de trading comme ops.crestline.finance se rémunère grâce aux commissions prélevées sur chaque transaction. Vous pensez ainsi payer l’accès au marché des CFD ou du forex. Mais une telle plateforme n’est nullement obligée de vous donner un véritable accès au marché mondial de ces produits financiers. Elle peut très bien vous « fabriquer » ce marché en interne, prendre elle-même la contrepartie de vos positions, c’est-à-dire miser systématiquement l’inverse de votre pari. Sa seule contrainte est de vous payer si vous gagnez. Mais si vous perdez, c’est elle qui encaisse votre perte.

Or, il a été démontré que 90 % des particuliers présents sur ces sites perdent leur mise. Le site de trading n’a donc plus qu’à observer vos performances. Et si vous faites partie de ces 90 % de perdants, il prend systématiquement la contrepartie de vos ordres. Ainsi, toutes vos pertes finissent dans sa poche… Quand on comprend cela, on saisit pourquoi les sites de trading envahissent internet, et pourquoi ils choisissent presque toujours de s’implanter hors de France, dans des paradis fiscaux bien plus laxistes que notre AMF.

Les perspectives de profits sont telles que cette activité a logiquement attiré la criminalité organisée, tout comme le trafic de stupéfiants et les jeux d’argent attirent les mafias. Et les « conseillers » travaillant pour ces plateformes utilisent des techniques commerciales basées sur tous les ressorts de la dépendance aux jeux d’argent, afin que leurs clients remettent sans cesse de l’argent.

En Israël, cette industrie a connu un âge d’or, jusqu’à ce qu’une enquête retentissante du Times of Israël, en 2016, n’en dévoile les coulisses. Le scandale, d’ampleur nationale, a conduit au vote d’une loi censée assainir ce secteur, qui continue pourtant de prospérer. Rien qu’en France, cette industrie (trading et arnaques au faux investissement en général), qu’elle soit régulée ou non régulée, a déjà coûté aux épargnants français plus de 7 milliards d’euros. Et la réalité est probablement pire, car ce chiffre ne tient quasiment pas compte des « arnaques légales », c’est-à-dire des dispositifs montés par des sociétés basées en toute légalité dans des pays comme Chypre ou Malte.

Pour rejoindre les autres victimes de cette arnaque, rejoignez le forum.

Une offre apparue de nulle part et quasi invisible sur internet

Cette offre semble totalement absente du paysage internet. Les moteurs de recherche ne renvoient quasiment aucune référence à son sujet. Cela signifie que personne, ou presque, n’a entendu parler de cette proposition et que sa valeur reste inconnue. C’est très inquiétant pour une structure qui prétend offrir ce type de services. Cela colle avec l’idée d’une offre lancée très récemment, et qui risque de disparaître tout aussi vite après avoir piégé un certain nombre de personnes.

C’est aussi un indice montrant que cette offre n’a pas investi dans la construction d’une réputation, probablement parce qu’elle ne vise pas une installation durable, mais sait qu’elle s’évaporera rapidement. C’est une stratégie parmi d’autres. Certaines structures frauduleuses dépensent au contraire de grosses sommes en communication et en « réputation en ligne » pour se forger une image artificiellement positive. Celles-là cherchent à durer. Mais un tel positionnement suppose des investissements que toutes les offres frauduleuses ne sont pas prêtes à consentir.

Aucune mention légale sur le site d’ops.crestline.finance

L’absence totale de mentions légales sur le site ops.crestline.finance constitue un motif rédhibitoire en matière de confiance. En effet, selon la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent faire figurer des informations obligatoires à destination du public », à savoir notamment les éléments suivants :

Le non-respect de cette obligation d’information est jugé grave, puisqu’il est passible d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Compte tenu de la nature des services annoncés par ops.crestline.finance, ce manquement est particulièrement préoccupant. ops.crestline.finance semble donc exposée à ce type de sanction.

Une entreprise soucieuse des règles de sécurité numérique ne peut pas ignorer cette obligation ni prendre un tel risque sans se décrédibiliser. En agissant ainsi, ops.crestline.finance perd toute fiabilité à nos yeux.

Ops.crestline.finance devrait-elle figurer sur une liste noire ?

Les autorités de contrôle publient régulièrement des listes noires d’entités proposant de manière illégale des placements financiers. Ces listes sont enrichies au fil des signalements du public et de la veille menée par les administrations compétentes. Toutefois, il arrive que certaines arnaques ne soient ajoutées qu’après un certain délai.

Sur internet, la fraude financière ressemble à un jeu du chat et de la souris, dans une course contre la montre permanente : les escrocs lancent une nouvelle arnaque, l’exploitent quelques semaines ou quelques mois, le temps que les premières victimes se manifestent et que le système soit repéré. Une fois l’alerte donnée, ils abandonnent la structure et en ouvrent une autre. Et ainsi de suite.

C’est, selon nous, la raison pour laquelle ops.crestline.finance ne figure pas encore sur ces listes noires. Mais nous sommes convaincus que, tôt ou tard, ops.crestline.finance y trouvera sa place. Le simple fait qu’ops.crestline.finance n’y soit pas encore inscrit ne doit en aucun cas vous rassurer.

Nous vous recommandons vivement de contacter par mail ou par téléphone Epargne Info Service, le service de l’AMF chargé de la protection des épargnants, pour recueillir leur avis sur la légalité de cette offre. Si vous avez encore des hésitations, ils pourront les dissiper très rapidement. Et l’AMF décidera très probablement d’inscrire cette offre sur sa liste noire.

La création de ces listes noires constitue en partie un aveu d’impuissance des autorités, qui peinent à enrayer la multiplication des arnaques en ligne et, plus largement, à réguler internet. Elles ont donc recours à cette forme de « shaming » public.

Selon nous, ops.crestline.finance présente toutes les caractéristiques d’une arnaque

Au vu de l’ensemble de ces éléments, tout porte à croire qu’ops.crestline.finance est une arnaque financière.

L’escroquerie financière en ligne est devenue une véritable industrie, et cette entité semble en reprendre les méthodes classiques : illégalité, tromperie, anonymat, usurpation d’identité… Si vous hésitez encore à leur confier de l’argent, notre conseil est simple : passez votre chemin. Et si vous comptez déjà parmi leurs victimes, vous trouverez des pistes et conseils ci-dessous.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

Laisser un commentaire