Vous êtes contactés par booxaro.com ? Ne répondez pas : tout porte à croire qu’il s’agit d’une arnaque.
Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !
Booxaro.com a moins d’un an d’existence
Après vérification, nous avons constaté que le nom de domaine (URL) booxaro.com a été enregistré le 16 juillet 2025. C’est une date très récente qui doit inciter à la prudence. Bien sûr, ce seul élément ne suffit pas à prouver une fraude, mais il constitue un signal important à intégrer à votre analyse.
Booxaro.com a été créé il y a 201 jours. Or, proposer ce type de services suppose généralement un minimum de crédibilité. Il arrive qu’une société existe depuis longtemps et ne mette son site en ligne que tardivement : c’est rare, mais possible. En revanche, lorsqu’une structure apparaît quasiment en même temps que son site, qu’elle a moins d’un an et qu’elle démarche déjà des clients, cela doit nous alerter, notamment au regard des délais habituels pour obtenir les autorisations administratives nécessaires à ce genre d’activité.
Tous les sites récents ne sont pas des arnaques, mais la plupart des sites frauduleux ont une durée de vie courte. Par ailleurs, booxaro.com est hébergé aux États-Unis, ce qui constitue un motif supplémentaire d’inquiétude. Aucune société sérieuse, de taille conséquente, ni aucune administration publique n’est hébergée dans ce type de pays.
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Un cadre juridique offshore qui interroge
La société BOOXARO, exploitée par Investix Ltd, affirme être une entité légalement constituée aux Comores, plus précisément sur l’île de Mohéli. Elle se réfère à l’International Business Companies Act de 2014, un cadre réglementaire souvent utilisé par des structures offshore. Ce type de juridiction est connu pour offrir une flexibilité administrative et des exigences réglementaires allégées, ce qui peut attirer des plateformes numériques opérant à l’international.
Toutefois, l’enregistrement dans une telle juridiction soulève des questions de transparence et de protection des utilisateurs. En effet, les Comores ne disposent pas du même niveau de supervision financière que des autorités reconnues comme l’AMF en France ou la FCA au Royaume-Uni. L’absence de régulation financière stricte peut compliquer les recours en cas de litige entre l’utilisateur et la plateforme.
Pourquoi le trading est une arnaque 90% du temps ?
Le trading sur les marchés financiers et la bourse sert depuis une quinzaine d’années à monter massivement des arnaques visant les petits investisseurs particuliers, à qui l’on promet de devenir trader. 7 milliards d’euros auraient ainsi été extorqués à des épargnants français, et probablement davantage. Les escrocs recrutent un particulier, l’incitent à prendre des positions très risquées, avec un fort potentiel de perte. Puis, selon des scénarios variables, ces “traders” finissent presque toujours par perdre leur capital, quelle que soit leur formation.
Ces sites de trading se multiplient parce que chaque plateforme ou courtier peut récupérer l’argent perdu par les utilisateurs. C’est particulièrement vrai avec le trading sur le Forex et les CFD (voir notre lexique pour la définition). Le Forex correspond au marché des devises. Les CFD permettent de spéculer sur l’évolution d’une valeur, y compris des actions. C’est également le cas des options et des contrats à terme, encore plus complexes.
En pratique, sur le Forex et les CFD, une plateforme de trading fonctionne comme une bourse décentralisée, très différente d’un marché actions classique. La plateforme doit trouver une contrepartie à chaque ordre, car le trader ne devient pas propriétaire d’un actif : il s’engage à payer (ou recevoir) une somme selon l’évolution d’un cours.
Trading, casino, forex, jeux d’argent, CFD, options… quelle différence ?
On se rapproche donc davantage d’un marché de paris que d’un marché d’échange de valeurs. La plateforme peut faire correspondre l’ordre avec un autre utilisateur prenant la position inverse. Elle peut aussi chercher une contrepartie ailleurs sur les marchés mondiaux. Ou bien, elle peut tout simplement prendre elle-même l’ordre inverse face à son client.
Mais la plateforme dispose d’un avantage majeur : elle sait que, statistiquement, les particuliers sont de très mauvais traders. Ils perdent leur argent 9 fois sur 10, comme le montre une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). La plateforme peut en outre analyser les ordres de ses propres clients et les comparer au marché pour évaluer leur “efficacité”.
Si le client enchaîne les pertes, la plateforme peut estimer qu’elle a intérêt à prendre elle-même la contrepartie de chaque ordre, plutôt que de chercher une contrepartie externe. Elle récupère ainsi les pertes à la place d’un acteur du marché.
Au final, ce mécanisme ressemble fortement à celui d’un casino et des jeux d’argent. Les leviers psychologiques sont comparables. Beaucoup de “gourous” du trading l’ont compris et prétendent qu’une formation permettrait de faire fructifier son capital grâce au trading.
Que vaut la formation à l’analyse technique et à la stratégie ?
Même avec une formation, un particulier perdra dans 90% des cas. Les professionnels le savent, et de nombreux particuliers en ont fait les frais. Pourtant, des formations promettent de devenir trader, d’apprendre l’analyse technique, même sans diplôme. Ces formations coûtent souvent très cher : il est généralement préférable d’investir cette somme autrement, ou de consulter des conseillers financiers.
Le plus souvent, ces “formateurs” ne vivent pas du trading, mais des formations. C’est un paradoxe : si l’on sait réellement gagner de façon régulière en limitant le risque, pourquoi vendre une méthode plutôt que l’appliquer ? Le danger est d’autant plus important qu’avec l’effet de levier, il est possible de perdre des montants considérables en prenant un risque disproportionné.
En effet, l’effet de levier permet de miser de l’argent que l’on ne possède pas. En cas de gain, on encaisse les bénéfices. En cas de perte, on doit couvrir les pertes. C’est pourquoi le trading ne devrait jamais être présenté comme un placement “sans risque” ou de “bon père de famille”. Cela n’existe pas. Le trading est l’exemple même d’un placement à fort risque de perte en capital, contrairement à l’investissement long terme sur actions.
Des liens entre le trading et la criminalité organisée
Les sites de trading peuvent être régulés ou non régulés. Lorsqu’ils sont légalement installés dans l’Union européenne et bénéficient du « passeport financier européen », on les dit “régulés”. Ils ont alors le droit de proposer leurs services dans les pays membres, dont la France.
Évidemment, certains petits pays jouent la carte du laxisme via un nivellement par le bas. Ils réduisent les contrôles pour attirer des structures douteuses qui s’y installent afin d’arnaquer des victimes situées dans d’autres pays de l’Union européenne, dont la France.
La connexion israélo-chypriote
Le cas le plus connu est Chypre, située à environ 300 km des côtes israéliennes. Les sociétés enregistrées à Chypre figurent parmi celles faisant l’objet du plus grand nombre de plaintes auprès de l’AMF. S’ils ne sont pas régulés, cela signifie qu’ils n’ont pas le droit de proposer du trading — mais qu’ils le font malgré tout. Les régulés peuvent s’apparenter à des “arnaques légales”. Les non régulés sont illégaux et relèvent toujours de l’escroquerie. Un trader professionnel ne va jamais sur un site non régulé.
Pour mesurer l’ampleur des fraudes liées au trading auprès des particuliers, nous vous conseillons la lecture de cette enquête parue dans le Times of Israël. Elle explique très bien pourquoi le trading destiné aux particuliers s’apparente à un casino. Cet article et d’autres mettent en évidence des liens existants entre l’industrie du trading, celle des jeux d’argent et la criminalité organisée.
Une offre sortie de nulle part et quasi inexistante sur internet
Cette offre semble pratiquement absente d’internet. Les moteurs de recherche renvoient très peu, voire aucune référence à son sujet. Cela peut indiquer que personne n’en a entendu parler et que personne ne sait réellement ce qu’elle vaut. C’est préoccupant lorsqu’on prétend fournir ce type de services. Cela correspond aussi au fait que cette proposition semble récente et pourrait disparaître aussi vite qu’elle est apparue, après avoir abusé des victimes.
C’est également le signe que cette offre n’a pas cherché à construire une réputation, probablement parce qu’elle ne vise pas à durer. Certaines opérations frauduleuses investissent au contraire dans une réputation factice afin de s’installer sur le long terme, mais cela nécessite un budget que toutes ne veulent pas engager.
Une offre basée aux Comores ? Alerte rouge !
booxaro.com prétend être installé en Union des Comores. Les Comores sont un micro-État de l’océan Indien, d’environ 850 000 habitants, indépendant depuis 1975. Et cette localisation n’a rien de rassurant…
Comme d’autres micro-États, les Comores ont été tentés de devenir un paradis fiscal afin de générer des revenus, notamment en “vendant” leur principale ressource non naturelle : la souveraineté étatique. On a ainsi pu lire que « l’État comorien a un temps essayé de se financer en vendant des passeports ». C’est aussi ainsi que les Comores sont devenus un pavillon de complaisance notoire. « De nombreux observateurs internationaux estiment que les Comores sont victimes d’une corruption systémique », peut-on lire sur Wikipedia.
Alors pourquoi booxaro.com aurait-il choisi de s’implanter dans un État fragile ? Très probablement pour une raison simple : ses dirigeants estiment que vous n’irez jamais aux Comores réclamer justice.
Rappelons qu’une implantation aux Comores, même réelle et régulière, n’autorise pas à proposer des services financiers dans l’Union européenne. Enfin, il est très probable que booxaro.com ne dispose d’aucun bureau ni infrastructure sur place, mais seulement d’une boîte aux lettres gérée par un prestataire d’hébergement d’entreprises, afin de donner l’illusion d’une présence locale. C’est ce qu’on appelle une “société-écran”.
Booxaro.com affiche-t-il des mentions légales de complaisance ?
Pour rassurer les épargnants, booxaro.com a bien affiché des mentions légales sur son site. Mais quelles mentions ! booxaro.com semble les avoir publiées uniquement pour “faire bien”. Ces mentions ne constituent en aucun cas une garantie suffisante et les internautes ne doivent pas se laisser tromper par cette façade.
En effet, selon la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire:
- Identité de l’entreprise : nom, prénom et adresse.
- Numéro d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
- Mail et numéro de téléphone pour contacter l’entreprise.
- Numéro d’identification à la TVA.
- Identité de l’hébergeur.
- Si vous exercez une activité réglementée soumise à autorisation : nom et adresse de l’autorité ayant délivré l’autorisation pour les activités réglementées.
Le non-respect de cette obligation d’information est sanctionné lourdement : 1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Au vu du type de services mis en avant par booxaro.com, une telle situation doit inquiéter.
L’avis de Warning-Trading : booxaro.com est une arnaque
Pour nous, il n’y a aucune ambiguïté : booxaro.com est une arnaque et doit être considéré comme tel.
Les victimes ont souvent du mal à croire que des individus puissent déployer autant de moyens, d’énergie et de “savoir-faire” pour les dépouiller. Pourtant, c’est bien la réalité : cette URL sert à rançonner des épargnants et fait vivre tout un réseau. L’arnaque 2.0 est devenue une industrie.


