La cavale de Simon Leviev, plus connu sous le nom de l’Arnaqueur de Tinder, a pris fin. Interpol, alertée par plusieurs pays européens, a intercepté l’homme de 34 ans à l’aéroport international de Batoumi, en Géorgie. Celui qui s’était bâti une réputation sulfureuse en séduisant des femmes pour leur soutirer des millions de dollars se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux.
Une traque internationale
Après la diffusion du documentaire, plusieurs victimes avaient déposé plainte. Israël, la Finlande, la Norvège et le Royaume-Uni figuraient parmi les pays les plus actifs dans la procédure. Leviev avait pourtant continué à afficher un train de vie luxueux, notamment sur Instagram, prétendant être un entrepreneur en cryptomonnaies.
En réalité, il vivait dans la clandestinité. L’homme a déjà un lourd passif judiciaire : condamné en 2015 en Finlande pour escroqueries, il avait purgé deux ans de prison avant de reprendre ses activités. En Israël, il était sous le coup d’un mandat d’arrêt pour falsification de documents.
Sa récente arrestation à Batoumi a été réalisée à la demande d’Interpol. Les autorités géorgiennes n’ont pas encore communiqué sur le pays qui obtiendra son extradition.
Des victimes brisées mais combatives
Cecilie Fjellhøy, l’une des héroïnes du documentaire Netflix, avait contracté plus de 250 000 euros de dettes après avoir cru aux mensonges de Leviev. « J’ai cru qu’il m’aimait. En réalité, il me détruisait », confiait-elle devant les caméras.
Nombre de victimes ont choisi de témoigner publiquement, malgré la honte et la peur d’être jugées. Ce courage a contribué à populariser le sujet des arnaques à la romance, souvent minimisées par les autorités.
L’arrestation de Leviev est une victoire symbolique pour ces femmes. Mais elle n’effacera pas les dettes ni les traumatismes psychologiques laissés par des années de manipulation.
Une zone d’ombre judiciaire
Reste à savoir quel pays jugera Simon Leviev. En Géorgie, son arrestation n’est qu’une étape : l’extradition devra être validée par la justice locale. Plusieurs pays ont émis des mandats : Israël, où il est poursuivi pour fraude ; la Norvège, qui l’accuse d’escroquerie aggravée ; et la Finlande, où il pourrait faire l’objet d’un nouveau procès.
Les avocats de Leviev affirment que leur client est « un homme d’affaires légitime, persécuté par les médias »【theguardian.com】. Une stratégie de défense déjà employée par le passé.
Le précédent Netflix
La célébrité du documentaire The Tinder Swindler a transformé Leviev en icône du cyber-crime sentimental. Certains jeunes l’admiraient même comme un anti-héros, à l’image de Jordan Belfort dans Le Loup de Wall Street.
Une ambiguïté qui inquiète les associations de lutte contre les escroqueries : « Ces criminels bénéficient d’une aura romantique qui les rend presque sympathiques. Or, il s’agit de prédateurs », rappelle un responsable d’Europol.
La mécanique de l’escroquerie amoureuse
Si l’histoire de Leviev fascine, c’est qu’elle repose sur une méthode classique, mais poussée à son paroxysme : l’arnaque sentimentale, ou « love scam ».
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Séduction numérique : le profil Tinder servait de vitrine. Un homme jeune, séduisant, riche et mystérieux.
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Exploitation émotionnelle : l’escroc ciblait des femmes en quête d’amour sincère. Il entretenait avec chacune une relation exclusive, multipliant les déclarations passionnées.
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Manipulation psychologique : Leviev instaurait un climat de danger permanent – menaces, ennemis supposés – obligeant ses victimes à « l’aider ».
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Saignée financière : cartes de crédit partagées, prêts bancaires contractés, bijoux hypothéqués. Chaque victime finissait ruinée.
Ce type de fraude est redoutable. Selon Europol, les arnaques sentimentales représentent plusieurs centaines de millions d’euros de pertes chaque année en Europe.
Une escroquerie sentimentale planétaire
Le monde entier l’a découvert en 2022 grâce au documentaire Netflix The Tinder Swindler. Le film retraçait l’histoire de plusieurs femmes escroquées après avoir rencontré Leviev sur l’application Tinder. Derrière son profil se cachait un scénario bien huilé :
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Mise en confiance : rendez-vous luxueux, vols en jet privé, restaurants étoilés, photos entouré de gardes du corps. L’illusion d’un milliardaire héritier du diamant, prétendument menacé par des ennemis invisibles.
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La demande d’aide : une fois la relation installée, Leviev expliquait que ses cartes bancaires étaient bloquées « pour des raisons de sécurité ». Il demandait alors à ses victimes de lui prêter de l’argent, promettant un remboursement rapide.
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Le gouffre sans fond : crédits contractés au nom des victimes, prêts sollicités auprès des proches. Certaines femmes se sont retrouvées avec des dettes dépassant les 250 000 euros.
Selon les estimations, Leviev aurait détourné jusqu’à 10 millions de dollars auprès de femmes réparties entre l’Europe et les États-Unis.
Leçon pour les internautes
Cette affaire rappelle l’importance de la vigilance :
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Ne jamais envoyer d’argent à une personne rencontrée en ligne, même après plusieurs mois de relation.
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Vérifier les informations : photos, profils LinkedIn, adresses mail peuvent être des faux.
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Consulter les listes noires : en France, l’AMF et d’autres autorités publient régulièrement des avertissements.
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Parler autour de soi : l’isolement est l’arme principale de ces escrocs.
Un phénomène loin d’être isolé
L’affaire Leviev n’est que la partie émergée d’un iceberg. Selon l’IC3 du FBI, les fraudes sentimentales ont représenté plus de 1,3 milliard de dollars de pertes en 2024. La plupart des escroqueries passent par des applications de rencontre, mais aussi par Facebook, Instagram ou LinkedIn.
De plus en plus, ces arnaques croisent d’autres modèles : faux investissements dans les cryptomonnaies, pyramides de Ponzi ou trading fictif. L’amour devient le prétexte à de véritables usines à cash criminelles.
Et maintenant ?
Pour Simon Leviev, l’avenir s’assombrit. Son arrestation en Géorgie pourrait marquer le début d’une longue série de procès. Les victimes espèrent une condamnation exemplaire, même si les chances de récupérer leur argent restent minces.
Pour les internautes, le rappel est brutal : derrière les paillettes d’un profil en ligne, il peut se cacher un escroc méthodique. La séduction, le luxe et la romance sont parfois les masques les plus efficaces de l’arnaque.
L’arrestation de « l’Arnaqueur de Tinder » met en lumière l’ampleur des escroqueries amoureuses en ligne. Si la justice suit son cours, il restera essentiel de sensibiliser les utilisateurs aux pièges du numérique. Car pour chaque Simon Leviev arrêté, combien d’autres continuent d’agir dans l’ombre ?
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