Les autorités françaises renforcent leur alerte contre des plateformes proposant illégalement du Forex et des dérivés sur crypto-actifs, un terrain propice aux escroqueries et aux pertes massives.
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Une alerte qui confirme la persistance d’un marché à haut risque
Les autorités de supervision françaises, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), ont une nouvelle fois mis en garde le public contre plusieurs acteurs proposant en France des investissements non autorisés sur le marché des devises, plus connu sous le nom de Forex, ainsi que sur des produits dérivés adossés à des crypto-actifs. Cette prise de parole n’a rien d’anecdotique. Elle s’inscrit dans une stratégie de protection des épargnants face à des offres qui échappent au cadre réglementaire et qui, dans bien des cas, peuvent relever de pratiques particulièrement contestables.

Extrait du communiqué de presse de l’AMF.
Depuis le début de l’année 2026, les deux autorités ont ajouté 16 sites non autorisés dans la catégorie Forex et 15 sites supplémentaires dans celle des produits dérivés sur crypto-actifs. Ces chiffres montrent que le phénomène reste soutenu. Derrière ces plateformes, on retrouve souvent des promesses de rendements élevés, une communication agressive, des interfaces qui imitent les codes des acteurs légitimes, et parfois une pression commerciale destinée à pousser les particuliers à investir rapidement. Dans cet univers, l’apparence de sérieux est fréquemment utilisée comme un outil de captation.
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Forex :
- alpha-connects.com
- aurudium.com
- capexgo.com
- hwinvest.cc
- msf.global
- nevixen.com
- orbisolyx.com
- sandkasteelinvesting.pro
- teslaminingprogram.com
- truenorthoptions.com
- unirockgestion.com
- webtrader.capexgo.net
- www.81ex.com
- www.alphaconnectapp.com
- www.clair-montils.com
- www.magicfreecom.com
Produits dérivés sur crypto-actifs :
- capitalvo.com
- cavrontelyx.com
- credoya.com
- directverge.com
- finconnect.fr
- finovexpro-app.com
- fynixia.com
- gainexo.com
- quantfury.com
- suxxessfx.com
- trendwavetrading-ltd.com
- tvctrader.com
- www.asterdex.com
- www.bitmart.com
- www.financiere.diamonds
Forex illégal et dérivés crypto : des produits complexes souvent utilisés comme appâts
Le Forex et les produits dérivés sur crypto-actifs cumulent plusieurs caractéristiques qui en font des supports particulièrement sensibles pour le grand public. D’abord, il s’agit de produits complexes, dont le fonctionnement est mal compris par de nombreux particuliers. Ensuite, ils exposent à une forte volatilité, à des effets de levier potentiellement destructeurs et à des pertes rapides. Enfin, leur technicité permet à des opérateurs peu scrupuleux de brouiller les repères, en donnant à des offres spéculatives une apparence d’opportunité professionnelle ou innovante.
Le risque ne se limite pas à la mauvaise qualité d’un placement. Il peut être beaucoup plus grave : certaines plateformes peuvent opérer sans autorisation, en infraction avec la réglementation applicable en France, sans respecter les règles élémentaires de protection des investisseurs, de bonne information ou encore de traitement des réclamations. Dans ce contexte, l’épargnant n’est pas seulement exposé à une perte de valeur liée au marché. Il peut aussi se retrouver face à un intermédiaire opaque, introuvable, difficilement joignable, voire totalement insaisissable une fois les fonds transférés.
Le secteur des crypto-actifs ajoute une couche supplémentaire de vulnérabilité. L’image d’innovation technologique, la rapidité des transactions et l’usage de vocabulaire spécialisé peuvent donner une illusion de modernité et de sophistication. Mais cette mise en scène ne garantit en rien le respect du droit. Au contraire, le recours à des produits dérivés sur crypto-actifs, déjà risqués par nature, devient particulièrement préoccupant lorsqu’il s’effectue via des acteurs qui ne sont pas habilités à proposer leurs services en France.
Des listes noires utiles, mais qui ne suffisent pas à elles seules
Pour tenter d’endiguer ces dérives, l’AMF et l’ACPR mettent régulièrement à jour leurs listes noires de sites identifiés comme proposant de tels investissements sans y être autorisés. Ces listes sont accessibles sur le site Assurance Banque Épargne Info Service (ABEIS), dans la rubrique consacrée à la prévention des arnaques, ainsi que sur le site de l’AMF, dans l’espace dédié aux épargnants. Elles constituent un outil de vigilance précieux, car elles permettent au public d’identifier certains acteurs déjà repérés par les autorités.
Mais les autorités rappellent elles-mêmes une limite essentielle : ces listes n’ont pas vocation à être exhaustives. Elles sont mises à jour fréquemment, mais de nouveaux acteurs apparaissent régulièrement. Autrement dit, l’absence d’un site sur une liste noire ne vaut en aucun cas validation. C’est un point fondamental, souvent mal perçu par les particuliers. Beaucoup pensent, à tort, qu’un site non mentionné est nécessairement fiable. Or, dans le domaine des arnaques financières, les structures changent vite, les noms commerciaux se renouvellent, les adresses internet se multiplient, et certains opérateurs se reconstituent sous une nouvelle identité dès qu’ils sont signalés.
Cette réalité impose une approche beaucoup plus exigeante que le simple réflexe de consultation d’une liste noire. Avant toute souscription, il est indispensable de vérifier si l’intermédiaire figure bien sur les registres des professionnels autorisés à opérer. C’est précisément pour cela que les autorités invitent les épargnants à consulter REGAFI pour les prestataires de services d’investissement habilités, ORIAS pour les conseillers en investissements financiers, ainsi que les ressources mises à disposition par l’AMF pour les prestataires de services en financement participatif.
Le vrai signal d’alerte : l’absence d’habilitation en France
Le message adressé au public est clair : lorsqu’un intermédiaire n’apparaît sur aucune des listes d’acteurs autorisés, il est fortement déconseillé de répondre à ses sollicitations. Cette recommandation paraît élémentaire, mais elle reste cruciale. Dans les faits, nombre de victimes sont approchées par téléphone, par messagerie, via des publicités en ligne ou sur les réseaux sociaux, avec un discours commercial bien rodé. Les promesses de gains, la mise en avant d’une prétendue expertise, ou encore l’urgence créée artificiellement, peuvent conduire à des décisions précipitées.
Dans ce type de dossier, la première protection reste souvent la plus simple : ne pas transférer d’argent tant que l’identité, le statut et l’autorisation de l’intermédiaire n’ont pas été vérifiés. Une plateforme qui prétend offrir des services financiers à des résidents français doit pouvoir être identifiée clairement et contrôlée dans un cadre réglementaire précis. À défaut, le doute doit prévaloir. En matière d’épargne, la prudence n’est pas un excès de méfiance : c’est une nécessité.
Cette nouvelle mise en garde rappelle une réalité que les autorités françaises ne cessent de souligner : les arnaques financières évoluent, se professionnalisent et exploitent les zones grises de la compréhension du public. Le Forex non régulé et les dérivés sur crypto-actifs constituent un terrain particulièrement favorable à ces dérives. Pour les épargnants, il ne s’agit pas seulement d’identifier une mauvaise affaire, mais parfois d’éviter une captation pure et simple de leurs fonds. Le rôle des régulateurs est ici essentiel, mais il ne peut produire tous ses effets sans une vigilance active de chaque investisseur.
Vérifier avant d’investir, un réflexe indispensable
Les particuliers qui ont un doute ne sont pas démunis. Ils peuvent se renseigner directement auprès de l’AMF, consulter le site ABE Infoservice ou encore se tourner vers l’ACPR. Des dispositifs d’information existent, y compris par téléphone, pour aider le public à distinguer un acteur régulé d’une offre suspecte. Encore faut-il utiliser ces outils avant d’agir. Une fois les fonds envoyés à une plateforme non autorisée, les recours deviennent souvent plus complexes, plus incertains et parfois très limités.
Dans un environnement saturé de promesses d’enrichissement rapide, la meilleure défense reste une règle simple : vérifier systématiquement, refuser toute pression commerciale et se méfier des plateformes qui jouent sur l’opacité. Le fait que les autorités aient déjà inscrit des dizaines de sites supplémentaires sur leurs listes depuis le début de l’année 2026 montre que le danger est loin d’avoir disparu. Cette vigilance ne relève pas du réflexe excessif : elle correspond à l’état réel d’un marché où la frontière entre spéculation extrême, démarchage irrégulier et escroquerie peut devenir dangereusement mince.
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