Une enquête à Marseille révèle qu’une société présumée a détourné plus de 7 millions d’euros via des prélèvements frauduleux liés à de fausses assurances.
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De la location d’ordinateur à l’arnaque au prélèvement
À Marseille, le parquet a récemment dévoilé un immense système d’escroquerie aux prélèvements bancaires. L’affaire implique CSV, une société locale dont l’activité officielle est la réparation d’ordinateurs. Soupçonnée d’avoir facturé indûment des contrats d’assurances affinitaires, CSV aurait prélevé des sommes invisibles pour des services inexistants.
D’après l’enquête, réalisée entre le 1er janvier 2020 et le 17 juin 2025, le préjudice total s’élève à plus de 7 millions d’euros. Ces prélèvements, d’un montant modique de 3,99 € par mois, ont concerné des milliers de victimes, souvent déjà titulaires d’assurances similaires.
Un mécanisme frauduleux via des mandats de prélèvement
Le système mis en place consistait à faire signer des mandats SEPA falsifiés, associés à des prétendus contrats d’extension de garantie pour des équipements électroniques (téléphones, ordinateurs). Les victimes, déjà couvertes par d’autres assurances, ignoraient qu’elles étaient prélevées.
Les libellés de prélèvement étaient formulés de manière trompeuse : « Assur », « Assurantik », « Assuranti », « Assura », « Assurtel », « Assurance tel port », « Assurx », « Ass tel port », « Assuro5 », « Assurik » ou encore « Assurb41T »… autant de mentions destinées à dissimuler l’origine réelle des prélèvements.
La société CSV (SIREN 809 896 491), enregistrée sous le code NAF 66.22Z correspondant à l’activité des agents et courtiers d’assurances, est effectivement située à Marseille. Son siège social est localisé à Marseille, et elle a opéré plusieurs établissements secondaires dans la région.
Une enquête ouverte en mars pour escroquerie et blanchiment
L’enquête est de nature préliminaire, ouverte en mars 2025 pour des chefs d’accusation graves : escroquerie, blanchiment d’escroquerie et pratiques commerciales trompeuses. Elle est confiée au GIR 13 (groupe interministériel de recherches) et à la direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Bouches-du-Rhône.
Le dirigeant de la société a été placé en garde à vue (le 17 juin 2025). Des saisies patrimoniales ont été effectuées—y compris sur des biens immobiliers, des comptes bancaires et des cryptoactifs—pour un montant total d’environ 3,38 millions d’euros.
Le parquet de Marseille lance un appel à témoins et victimes
Le parquet de Marseille lance un appel à témoins et victimes : toute personne ayant identifié des prélèvements récurrents (dont le libellé correspond à ceux cités), sans justificatif de service, est invitée à se manifester.
Il est recommandé de vérifier son relevé bancaire pour détecter tout prélèvement de 3,99 € régulier, et de contacter le service instructeur par courriel à [email protected] pour se constituer partie civile. (TF1 INFO)
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CSV rappelle furieusement l’affaire SFAM/Indexia
L’affaire CSV, révélée à Marseille, n’est pas sans rappeler un précédent retentissant dans le domaine des assurances affinitaires : le scandale SFAM, rebaptisée Indexia, qui avait défrayé la chronique dès 2019. Il a fait la fortune de l’homme d’affaire Sadri Fegaier qui est ainsi devenu l’un des hommes les plus riches de France.
Là aussi, des dizaines de milliers de consommateurs avaient découvert des prélèvements mensuels injustifiés, souvent liés à des garanties étendues ou des assurances complémentaires non sollicitées.
Dans le cas de la SFAM, la justice avait sanctionné le groupe pour pratiques commerciales trompeuses : une amende transactionnelle de 10 millions d’euros avait été validée par la DGCCRF. L’entreprise avait également dû rembourser une partie des clients floués, tout en poursuivant ses activités sous une nouvelle identité, Indexia (francetvinfo.fr).
Des méthodes comparables
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Petits montants, gros volumes : dans les deux cas, les prélèvements frauduleux se chiffraient à quelques euros par mois, une somme faible qui passait souvent inaperçue mais qui, cumulée sur des années et des milliers de victimes, représentait des millions d’euros.
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Le levier de l’assurance affinitaire : aussi bien SFAM que CSV se sont engouffrés dans le marché de la protection des appareils électroniques et des extensions de garantie, un secteur mal encadré et propice aux abus.
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Des libellés obscurs ou trompeurs : comme « ASSURTEL » pour CSV, ou des noms commerciaux vagues pour SFAM, l’objectif restait le même : rendre le prélèvement difficilement identifiable par le consommateur.
Toutefois, il existe une différence notable :
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SFAM/Indexia était un groupe de dimension internationale, avec plusieurs millions de clients déclarés et des accords avec de grands distributeurs (FNAC, Darty, SFR). Ses pratiques avaient touché des centaines de milliers de consommateurs en France et à l’étranger.
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CSV, au contraire, apparaît comme une structure plus restreinte, mais qui a tout de même réussi à détourner plus de 7 millions d’euros en cinq ans, démontrant que ces mécanismes frauduleux ne nécessitent pas forcément une multinationale pour prospérer.
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