L’Autorité des marchés financiers (AMF) a rendu, le 5 novembre 2025, une décision de sanction sévère à l’encontre de la société Carat GP et de ses deux co-gérants. Les manquements répétés à leurs obligations de conseillers en investissements financiers ont été jugés graves et systématiques.
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Une série de manquements jugés « systémiques »
La Commission des sanctions de l’AMF reproche à Carat GP, société basée à Nantes, de graves défaillances organisationnelles et réglementaires.
Entre 2019 et 2024, l’entreprise n’a ni mis en place de procédures internes conformes, ni respecté les règles élémentaires de transparence imposées aux conseillers en investissements financiers (CIF).
Les juges de l’AMF ont constaté l’absence d’outil d’archivage sécurisé, de procédure de gouvernance des produits, de politique de gestion des conflits d’intérêts, ou encore de dispositif LCB-FT (lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme).
Les manquements portent aussi sur la documentation réglementaire obligatoire : documents d’entrée en relation, lettres de mission, questionnaires clients et déclarations d’adéquation étaient absents ou non conformes. Autant de carences qui, selon l’AMF, ont « empêché toute évaluation de la conformité et de la loyauté du conseil fourni aux clients ».
Des placements « non identifiés » au cœur du dossier
L’un des points les plus graves concerne la collecte de 3,3 millions d’euros auprès de dix clients, entre 2020 et 2024, pour des placements dont l’existence n’a jamais été prouvée.
Selon la décision, Sébastien Renaud, co-gérant de Carat, a utilisé sa qualité de dirigeant pour proposer ces investissements, par courriel ou SMS, en se présentant sous la dénomination « Carat Gestion Financière ». Les fonds auraient transité sur ses comptes personnels ou ceux de sa société LR Apport, sans aucun cadre contractuel.

Profil Linkedin de Jimmy Guinet.
L’AMF estime que ces agissements ont été rendus possibles par l’absence totale de supervision interne, soulignant la responsabilité directe de Jimmy Guinet, gérant en charge de la conformité.
Des dirigeants tenus personnellement responsables
Les deux associés, Jimmy Guinet (70 %) et Sébastien Renaud (30 %), sont tenus personnellement responsables des manquements de la société.
Le régulateur a relevé que Carat GP n’avait pas coopéré loyalement avec les enquêteurs : documents manquants, justifications non fournies et informations erronées transmises lors du contrôle.
M. Renaud est, en outre, sanctionné pour absence de formation professionnelle obligatoire, réception indue de fonds de clients et refus de se présenter à une audition de l’AMF.
Quant à M. Guinet, il est blâmé pour avoir laissé perdurer les agissements de son associé, malgré les alertes de plusieurs clients.
Une sanction emblématique pour le secteur du conseil financier
Cette affaire illustre les risques liés à certaines structures de conseil non contrôlées et les exigences croissantes de l’AMF en matière de gouvernance, de conformité et de transparence.
Carat GP a perdu son enregistrement à l’ORIAS en mars 2025, avant la publication de la décision.
La décision n° 10 du 5 novembre 2025 de la commission des sanctions, disponible sur le site de l’AMF, marque un avertissement clair à l’ensemble des CIF : les pratiques opaques ou improvisées n’ont plus leur place sur le marché français des placements financiers.
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