La Commission des sanctions relève des procédures opérationnelles défaillantes et des rétrocessions de commissions problématiques.
Des manquements à leurs obligations professionnelles
Dans sa décision du 15 septembre 2025, la Commission des sanctions a prononcé à l’égard de la société de gestion de portefeuille Altaroc Partners et de ses dirigeants responsables, MM. Maurice Tchenio et Patrick de Giovanni, des sanctions pécuniaires de respectivement 600 000 euros, 500 000 euros et 200 000 euros pour des manquements à leurs obligations professionnelles.

Maurice Tchenio et Patrick de Giovanni, diplomé de Polytechnique et d’HEC, écopent de 500 000 euros et 200 000 euros de sanctions.
Par sa taille, son réseau d’investisseurs professionnels, et son lien étroit avec Altamir, Altaroc Partners est un acteur central dans l’écosystème du private equity français, avec une stratégie hybride mêlant gestion traditionnelle, co-investissement et philanthropie.
Il y a encore peu de temps, Altaroc s’appelait Amboise Partners. Ce changement de nom n’est sans doute pas étranger à la procédure lancée devant l’AMF. Cette décision peut faire l’objet d’un recours.
Des procédures opérationnelles défaillantes
Parmi les griefs retenus, la Commission a considéré que la société de gestion Altaroc Partners (anciennement Amboise Partners SA) ne disposait pas de procédures opérationnelles encadrant le processus d’investissement et de désinvestissement des fonds gérés.
A cet égard, elle a notamment retenu qu’Altaroc Partners s’était abstenue de vérifier que les entités qui avaient octroyé des prêts aux fonds gérés étaient habilitées à réaliser ces opérations et qu’ainsi elle n’avait pas exercé son activité de société de gestion d’une manière honnête, loyale et professionnelle, avec la compétence, le soin et la diligence requis.
Par ailleurs, la Commission a relevé plusieurs carences dans la documentation commerciale des fonds.
Des rétrocessions de commissions problématiques
Elle a également estimé que la société de gestion n’était pas en mesure de prouver que le paiement des rétrocessions de commissions de gestion versées aux distributeurs pour la commercialisation de fonds de sa gamme Altaroc Global avait eu pour effet d’améliorer la qualité du service fourni aux clients.
Elle a retenu, en outre, que la société de gestion n’avait pas systématiquement réalisé les diligences en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme requises à l’actif et au passif des fonds concernés.
Enfin, la Commission a considéré que les manquements commis par la société étaient imputables à MM. Tchenio et de Giovanni.
Retrouvez les décisions de la commission des sanctions de l’AMF.


