L’influenceur et ancien candidat de téléréalité Dylan Thiry est jugé pour abus de confiance : plus de 250 000 € de dons collectés pour son association humanitaire auraient été détournés à des fins personnelles.

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1. Genèse de l’association et promesse humanitaire

Fin 2021, Dylan Thiry annonce la création de son association dite « Pour nos enfants ». Il explique vouloir venir en aide aux enfants, aux personnes âgées, aux animaux et à la nature, en évoquant un cadre « 100 % légal et réglo ».

En 2022, l’association lance plusieurs cagnottes en ligne — notamment via la plateforme cotizup.com — destinées à financer des missions à Madagascar et ailleurs. Selon les médias, ces appels aux dons auraient permis de récolter plus de 250 000 €.

Le storytelling est soigné : vidéos, stories, témoignages, images d’enfants bénéficiaires. Le but annoncé : « construire des écoles, distribuer du matériel, aider ceux qui ne sont pas aidés ».

Mais dès la fin de 2022, l’association est dissoute sans publication de bilan financier détaillé, ce qui suscite les premiers doutes.


2. Les principaux griefs et la mécanique du présumé détournement

L’accusation centrale portée contre Dylan Thiry est celle d’abus de confiance : il lui est reproché d’avoir utilisé les fonds collectés pour l’association à des fins autres que celles affichées. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 € d’amende.

Les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) ont relevé que sur les ~250 000 €, seuls ~69 000 € auraient été affectés à des actions humanitaires sur place, laissant un écart important entre les sommes collectées et les montants effectivement dépensés dans l’idéel.

Dylan Thyri dans le triangle d'or parisien.

Dylan Thiry dans le triangle d’or parisien.

Parmi les virements pointés du doigt : des transferts vers un compte en Lituanie, puis vers le compte personnel de l’influenceur, ainsi que des achats de véhicules de luxe (Mercedes) ou de loyers élevés à Dubaï.

Par ailleurs, l’association « Pour nos enfants » n’a pas publié de bilan, ce qui viole les principes de transparence applicables aux collectes caritatives. Le fait que l’association ait été dissoute à l’automne 2022 accentue les soupçons.


3. L’audience, les parties en présence et la défense

Le procès devait se tenir au tribunal correctionnel de Paris au 20 octobre 2025 mais a été renvoyé à décembre 2026 afin de permettre la réalisation d’actes d’enquête supplémentaires.

Les plaignants : le collectif AVI – Aide aux Victimes d’Influenceurs (ou « influvoleurs »), qui représente des donateurs mécontents et souhaite qu’une sanction dissuasive soit appliquée à ce type de dérives.

La défense de Dylan Thiry soutient que « chaque euro a servi à aider sur le terrain » et nie tout détournement. Elle conteste les chiffres avancés et met en avant la complexité des missions humanitaires.

Le dossier comporte également une question de preuve : relevés bancaires, transferts, factures manquantes, détail des opérations à Madagascar. Les renvois d’audience traduisent l’ampleur de l’instruction.


4. Enjeux et implications pour l’univers des cagnottes solidaires

Cette affaire met en lumière la zone grise des collectes de dons en ligne : comment un influenceur peut mobiliser une large audience pour une cause humanitaire, tout en suscitant un manque de transparence sur l’usage des fonds. (Newsner Francais)

Elle soulève également un questionnement éthique : le mélange entre l’influence, le marketing de la générosité et la réalité opérationnelle des associations. Quand l’image prime, les risques de dérives apparaissent.

Sur le plan juridique, elle pourrait constituer un précédent en matière de contrôle des plates-formes de dons, d’obligation de publication de bilans, et de reddition de comptes pour les influenceurs se positionnant comme philanthropes.

Enfin, pour les donateurs, c’est un signal d’alarme : vérifier la structure associée, la destination des fonds, les bilans, et ne pas se fier uniquement aux émotions diffusées via les réseaux sociaux.

5. L’essor des « influenceurs engagés » ?

L’affaire autour de l’association « Pour nos enfants » et de Dylan Thiry s’inscrit à la croisée d’un phénomène nouveau : l’essor des influenceurs engagés, des cagnottes en ligne et de l’humanitaire « instantané ».

Si les dons peuvent être puissants, ils doivent aussi être garantis par la transparence, afin que la générosité ne se transforme pas en exploitation. Le procès à venir pourrait bien marquer un tournant dans la régulation de ce type d’initiatives. D’ici là, c’est la confiance des donateurs qui est en jeu.


Cette analyse est fondée sur les sources disponibles sur internet à propos de Dylan Thiry et de l’association pour nos enfants.

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Tant qu’il n’a pas été jugé définitivement, Dylan Thiry doit être considéré comme présumé innocent.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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