L’influenceur et ancien candidat de télé-réalité Dylan Thiry est poursuivi pour abus de confiance dans le cadre de cagnottes humanitaires dont l’utilisation reste floue.


Une ascension médiatique et une réputation controverséeImage

Dylan Thiry, né le 9 novembre 1994 à Arlon (Belgique), s’est fait connaître notamment par sa participation à l’émission Koh‑Lanta : Cambodge en 2017. Par la suite, il a capitalisé sur sa notoriété via les réseaux sociaux et diverses émissions de télé-réalité, développant une présence d’influenceur.

Son image « d’influenceur philanthrope » s’est progressivement associée à de nombreuses controverses : promotions de produits douteux, activités de dropshipping, ou encore collectes de fonds humanitaires problématiques.


Les faits reprochés : cagnottes caritatives et soupçons de détournement

En 2022, Dylan Thiry a lancé via son association intitulée Pour nos enfants plusieurs appels aux dons destinés, selon lui, à financer des missions humanitaires, notamment à Madagascar. Le collectif AVI (Aide aux Victimes d’Influenceurs) a dénoncé un total de l’ordre de 262 000 à 300 000 euros récoltés auprès d’environ 7 000 donateurs via des plateformes de type CotizUp et d’autres levées de fonds.

Le cœur des accusations porte sur :

  • l’absence de bilan financier ou de justification claire quant à l’utilisation des fonds.
  • la dissolution de l’association « Pour nos enfants » fin 2022, sans que les donateurs n’aient les éléments de transparence attendus.
  • des écarts entre les sommes récoltées et les dépenses réellement documentées sur le terrain.

Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire pour « abus de confiance » à l’encontre de Dylan Thiry.


Un procès très attendu et ses enjeux

Le jugement est fixé au 20 octobre 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris. Dylan Thiry risque, s’il est reconnu coupable, des peines pouvant aller « jusqu’à plusieurs années de prison » et des amendes importantes.

Au-delà du cas personnel, ce procès est suivi de près pour ce qu’il révèle des dérives de l’écosystème des influenceurs, notamment lorsqu’ils jouent sur la générosité publique via des cagnottes en ligne. Le collectif AVI souligne que la condamnation éventuelle de Dylan Thiry pourrait marquer un tournant dans la responsabilisation de ces pratiques.


Réactions et position de l’intérêt des donateurs

À ce jour, Dylan Thiry a nié les accusations en bloc sur certains médias sociaux, déclarant qu’il voulait « aider les plus démunis » mais qu’il était « pris à parti ». Toutefois, faute de transparence financière, les donateurs expriment leur désarroi : certains évoquent avoir été attirés par la bonne cause, puis avoir constaté « des zones d’ombre ».

Ce dossier rappelle aux internautes l’importance de la vigilance lorsqu’il s’agit de contribuer à des collectes en ligne : vérifier l’existence juridique d’une association, demander un bilan d’emploi des sommes, et privilégier les plateformes ou organisations reconnues.

Le dossier Dylan Thiry ne fait pas seulement le portrait d’un influenceur sous le coup de poursuites : il soulève une problématique plus vaste — celle de l’interface entre influence, philanthropie de façade et responsabilité juridique. Pour les acteurs du secteur et les donateurs, le verdict du 20 octobre 2025 pourrait être un signal fort.

Dans l’attente d’un jugement définitif, Dylan Thiry doit être présumé innocent.

Retrouvez notre rubrique consacrée aux influenceurs.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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