Cette enquête réalisée auprès d’anciens élèves de Jean-Louis Cussac et Perceval confirme que presque personne ne réussit à vivre du trading.
Les témoignages de plus de 25 anciens élèves.
Ce fut une enquête au long cours. 10 mois passés à nouer patiemment des contacts avec d’anciens élèves de l’école de trading la plus connue de Paris, animée par l’une des stars de BFM. Nous avons identifié une cinquantaine d’entre eux. Nous avons échangé directement avec la moitié.
Certains hésitent à parler. La plupart requièrent l’anonymat. Quelques uns en sont ressortis traumatisés d’avoir autant espéré et autant perdu. Témoigner est pour eux trop douloureux et leur priorité, c’est de tourner la page. Une ancienne, Linda, a accepté de raconter son expérience à visage découvert dans une interview vidéo d’une demi-heure. Un autre ancien a également accepté une interview en vidéo à condition que son anonymat soit garanti.
Même un poulain de Perceval, Laurent Cardin, lauréat des « Talents du trading » a jeté l’éponge au bout de quelques mois. Ironie de l’histoire: BFM qualifiait son parcours en 2013 de « reconversion réussie ». « C’était intéressant intellectuellement mais pas épanouissant ni stable » nous a-t-il confié. Il n’a ni vraiment gagné, ni vraiment perdu. Mais cette notoriété passagère demeure et suffit à nourrir une machine à fantasme à usage externe. « Des gens me contactent encore pour me confier leur argent » conclue-t-il ironiquement.

Un déficit manifeste d’information et de contradiction
Le premier de ces témoins, c’est Nicolas Lafortezza. Début décembre 2021, nous avions raconté son histoire dans un premier article. Une avalanche de près de 165 commentaires et de témoignages nous a convaincu de pousser plus loin.
Cet article et ces commentaires se sont très rapidement hissés au 3e rang du référencement sur Google pour une recherche sur Jean-Louis Cussac. Les autres références étant globalement soit neutres, soit positives, nous nous sommes rendu compte qu’il existait une réelle frustration chez la plupart de ceux qui avaient suivi ces cours.
Ce déficit d’information concerne plus largement le trading à domicile pour les particuliers en général. Il a instillé au fil des ans l’idée que le trading à domicile pour les particuliers, c’est une manière facile et confortable de bien gagner sa vie.
Un deuxième article a très vite été publié pour raconter l’itinéraire d’un ancien élève de Jean-Louis Cussac et de Perceval, Pierre Degré, aujourd’hui accusé d’escroquerie.
Jean-Louis Cussac avait appelé à répondre à un « tissu de connerie »‘
Nous avons échangé avec des défenseurs de Jean-Louis Cussac et de Perceval. Ils sont très minoritaires mais très mobilisés. Une sorte de minorité agissante que Jean-Louis Cussac avait mobilisé par texto après la publication de notre premier article. Le qualifiant de « tissu de connerie », il leur avait demandé d’aller y publier un contre-argumentaire.

Les propos atypiques des « pro-Cussac »
L’un de ces encenseurs, c’est Valéry. Il nous affirme trader avec une méthode « 100% Perceval » depuis une dizaine d’années et gagner « entre 60 000 et 70 000 euros net mensuel après impôts ». Pourtant, il nous précise qu’il n’a jamais été élève de Perceval Finance. La martingale lui aurait été enseignée par « un groupe de trois traders expérimentés maitrisant parfaitement la méthode Perceval ». Valery regrette de ne pas pouvoir nous mettre en contact avec ces trois personnes.
Patrick Frankenberg est un autre soutien inconditionnel de Perceval. Il est beaucoup intervenu pour soutenir son mentor dans les commentaires de notre premier article. Son compte Twitter publie des choses très surprenantes et reposte régulièrement ce que publie Perceval. Il a accepté de nous répondre très brièvement par mail. Il était élève en 2008 et raconte être un proche de Jean-Louis Cussac. Il ne vit pas exclusivement du trading mais il prétend être gagnant sur le long terme.

Il affirme que Jean-Louis Cussac a formé « des gestionnaires de fonds et des conseillers en investissement ». D’après lui, l’un des plus anciens clients de Perceval « gère plusieurs centaines de millions et il est le plus gros opérateur privé sur les options en France ». De nouveau cependant, impossible d’obtenir le nom de cette personne ou d’être mis en contact avec elle…
« L’aide morale que vous m’apportez tous les jours grâce à Ventrilo »
Parmi les défenseurs de Perceval, que nous avons contacté, un homme de 79 ans. Retraité fortuné, il s’est inscrit chez Perceval pour égayer ses vieux jours en tradant. Nous savons par des recoupements qu’il y a perdu entre 150 000 euros et plus de 850 000 euros.

« Je ne vois pas en quoi cela vous regarde que je gagne ou perde », nous répond-il sèchement. Il s’est pourtant empressé de forwarder à Perceval le mail que nous lui avons envoyé, avec ce commentaire: « Je ne désire pas répondre à ce monsieur sauf si vous voulez que je le fasse, n’hésitez pas dans ce cas à m’appeler. Je vous remercie beaucoup pour l’aide morale que vous m’apporter tous les jours grâce à Ventrilo ». Il ne nous a pas permis de savoir pourquoi il avait besoin d’une « aide morale ».

Jean-Louis Cussac prend la main sur des comptes d’élèves
Ce vénérable élève fait partie du groupe des affidés les plus fortunés. Par des questions anodines, le patrimoine et les revenus des élèves seraient évalués pour déterminer le traitement à leur accorder. C’est ce que pensent plusieurs anciens.
Quand ces clients VIP sont dans la panade, plusieurs témoins prétendent que Jean-Louis Cussac accepte de prendre le contrôle de leurs comptes et d’y mettre de l’ordre… Cela se passerait dans son bureau, à l’abri des regards et sans être jamais évoqué dans des échanges de mails.
Mais Matthieu Ceronne, le second de Jean-Louis, n’a pas toujours pris les mêmes précautions. Dans un mail, il formule un véritable conseil en investissement: « lorsque tu es disponible, tu vends le call 3400 Juin et le put 2800 juin en même temps ».

Ces anecdotes illustrent la difficulté de tenir la frontière entre « conseil de masse », comme Jean-Louis Cussac qualifie ses « trades du jour » et conseil personnalisé en investissement. Les régimes juridiques ne sont pas du tout les mêmes et la gestion pour compte de tiers sans autorisation peut être lourdement sanctionnée.

Tchatche, provocation, familiarité: le style Cussac
Cette frontière est d’autant plus poreuse que Jean-Louis Cussac pratique constamment le mélange des genres. Dans la salle de cours de Perceval, le chroniqueur-trader-professeur-conseiller (de masse) manie l’humour et la provocation. Son auditoire s’installe déjà acquis à sa cause en laissant tout esprit critique au vestiaire. Celui qu’ils écoutent tous les jours sur BFM comme des milliers de personnes est pour quelques heures exclusivement pour eux.
« Beaucoup sont au bout de leur vie, sans argent, ou alors ont emprunté dans l’espoir de vivre du trading. Au bout de deux jours de verbiage, je vois l’espoir grandir chez ces personnes » raconte un élève, passé par la direction financière de plusieurs entreprises et sans doute moins naïf que d’autres. Qu’il soit présenté comme possible de vivre confortablement du trading avec 10 000 euros ne suscite pas la moindre objection.
Cet ancien élève s’est amusé à copier-coller des extraits sur un logiciel utilisé dans les grandes écoles pour vérifier que les étudiants ne pompent leurs productions ailleurs. D’après lui, 80% de l’un des manuel de Perceval est pompé sur une notice édité par BNP Paribas pour expliquer le MONEP, le marché à terme français pour les options.
Ceux qui objectent à la méthode sont systématiquement rabroués. En les moquant, Jean-Louis Cussac amuse le reste du groupe et resserre les rang. En général, l’hérétique n’a pas la force d’affronter jusqu’au bout celui qui passe tous les jours à la télévision. Il baisse les yeux, penaud, ou il s’en va.
Ceux qui payent en liquide bénéficient d’une réduction
D’après l’équipe de Perceval, ces formations de quelques jours sont suffisantes pour se lancer dans le trading, avec de l’argent réel. Les VRPs des différents courtiers qui ont les faveurs de Perceval viennent régulièrement présenter leurs offres.« N’oubliez pas de leur dire que vous venez de notre part » précise-t-on à chaque fois. En contrepartie, les élèves bénéficieraient d’avantages.
Cette formation peut paraître courte pour se lancer en réel. Mais les élèves ont la possibilité de la refaire, plusieurs fois s’ils veulent. Surtout, ils peuvent s’inscrire au forum Perceval pour 1000 euros par mois et bénéficier de conseils quotidiens et des propositions de trades. Le prix de l’abonnement est négociable. A condition de payer en liquide et d’accepter de ne pas recevoir de facture, certains peuvent ne payer que 600, 500 ou 400 euros. Jean-Louis Cussac précise toujours qu’il s’agit d’un traitement de faveur. Mais Linda a vite compris que tout les élèves ont droit au même traitement de faveur…

Certains des élèves ont carrément été invités à séjourner dans la maison que possède Jean-Louis Cussac à Arcachon. C’était à l’occasion de l’inauguration des locaux bordelais de Perceval. Ils y font la connaissance de la famille Cussac, dont il savent déjà énormément par Jean-Louis. Ils y croisent Guillaume Sommerer, l’interlocuteur quotidien de Jean-Louis Cussac sur BFM, également invité et fasciné par le professeur de trading.
9 traders perdants sur 10: l’AMF l’avait déjà dit
Une étude scientifique commandée par l’AMF et nourrie par des données fournies par des courtiers avait déjà démontré que 9 traders particuliers sur 10 sont perdants. Cette étude publiée en 2014 montrait également qu’aucun effet d’apprentissage ne pouvait être décelé dans les réitérations des clients des courtiers. Autrement dit: plus les particuliers perdent de l’argent et moins ils apprennent de leurs erreurs…

Cette étude avait en réalité révélé que les courtiers étaient des salles de jeux dans lesquels les investisseurs particuliers se rendaient pour perdre leur argent, en pensant faire fortune. Elle portait cependant sur des instruments bien particuliers de trading: le forex et les CFDs. Ils sont enseignés chez Perceval mais presque tous les élèves avec lesquels nous avons échangé avaient surtout été formés aux options et au futures, deux instruments très valorisés par Perceval.

Notre étude empirique semble donner les mêmes résultats: les traders particuliers sur option et futures sont presque unanimement perdants. Dans ces conditions, comment expliquer que des investisseurs particuliers croient néanmoins possible et probable de gagner leur vie en devenant trader à domicile?
BFM et 7 à 8: une publicité gratuite et quotidienne
« Je me souviendrais toujours de mon premier jour. C’est Jean-Louis Cussac lui-même qui vient m’ouvrir la porte » raconte un ancien élève, désormais sevré du trading. Le type qu’il voit tous les jours sur BFM lui serre chaleureusement la main et impose tout de suite des familiarités.
Beaucoup d’anciens élèves ont appris à leurs dépens la puissance de persuasion de la télégénie. Dans cet art, Jean-Luis Cussac excelle. C’est un « bon client » comme l’on dit dans le métier.

L’évolution du chiffre d’affaire de Perceval est d’ailleurs massivement corrélée à sa présence médiatique. Avant 2008 et son arrivée sur BFM, l’entreprise vivote. En 2011, le passage dans l’émission d’Harry Roselmack (chroniqué par Daniel Schneidermann) change la donne. Le chiffre d’affaire qui ne dépassait jamais les 335 000 euros dépasse le million à partir de 2012.
2008-2014: l’âge d’or de Perceval Finance
Entre 2008 et 2014, la masse salariale de Perceval est multipliée par 8. En 2007, un nouvel élève s’inscrit chez Perceval. Il a 20 ans à peine. Il s’appelle Matthieu Ceronne. Il apprend avec les autres mais lui non plus ne réussit pas à vivre du trading. Il confie ses difficultés à Jean-Louis Cussac qui lui propose de l’embaucher, d’abord pour de petits travaux, puis à plein temps pour enseigner chez Perceval.
Claude-Valérie Cohen, la femme de Jean-Louis Cussac, est nommée co-gérante de Perceval en 2010. La rémunération annuelle du trader star de BFM passe de 80 000 euros en 2008 à 250 000 euros en 2015. Celle de sa femme sera progressivement calquée sur la sienne.

Parallèlement à cette évolution, l’actif disponible de l’entreprise, c’est-à-dire son « trésor de guerre » composé de liquidités immédiatement disponible, fonce vers des sommets pour atteindre deux millions d’euros en 2014. Les succès d’un trader exceptionnel ou le succès des cours et des abonnements?

2015: grosses pertes de trading et départ massif d’élèves
D’après des témoignages concordants, la baisse sensible du chiffre d’affaire et de l’actif disponible après 2014 pourrait correspondre à une très grosse perte dans le trading de Jean-Louis Cussac. Un ancien l’évalue à 750 000 euros. Dans les comptes de Perceval cependant, la ligne « produit nets sur cession de valeurs mobilières de placement » qui prend normalement en compte les gains et les pertes du trading ne semble cependant pas impactée à ce point. Mais Jean-Louis Cussac a pu trader avec un compte personnel. Il n’a cependant pas répondu à nos questions sur ce point.
Dans la comptabilité de Perceval, la ligne qui devrait normalement correspondre aux gains du trading, est délicate à interpréter. Elle atteint certaines années des montants qu’il est difficile d’expliquer autrement que par des activités de spéculation dans une entreprise de formation dont l’objet social n’est pas en tant que tel le trading mais la formation au trading. Mais 2006, 2009 et 2012, ces produits sont nuls. Pas de trading ces années-là?

Comme un malheur n’arrive jamais seul, pas mal d’élèves auraient fini par perdre tous leurs capitaux lors de ce krach ou simplement comprendre que Jean-Louis Cussac accusait des pertes massives en 2015 tout en faisant comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cerné par des élèves perclus de pertes à force d’avoir suivi ses « trades du jour », Jean-Louis Cussac aurait persisté à n’admettre aucune erreur. Le résultat fut pour Pereceval une hémorragie d’élèves saignés à blanc.
A partir de 2014, le résultat d’exploitation de l’école de trading va être négatif jusqu’en 2017. Entre 2014 et 2015, la montagne de cash sur laquelle est assise le groupe passe de 2 millions d’euros, son plus haut historique, à 1,48 millions. 500 000 euros ont disparu. Malgré ces réserves, Perceval fait le choix de s’endetter de 250 000 euros après pratiquement dix ans sans aucune dette.

Nous avons sollicité Jean-Louis Cussac et Perceval Finance pour savoir s’ils confirmaient ce qui précède et obtenir une réaction mais nous n’avons pas obtenu de réponse.
Attraction phare de la formation: le graphique des gains du patron
Si le trader star de BFM perd de l’argent, c’est toute la méthode Perceval qui est remise en question. Jean-Louis Cussac réussit-il vraiment à vivre du trading? Difficile de répondre définitivement.
Climax obligé de tous ses cours de trading: la présentation de l’évolution continue de son compte de trading. Il montre une croissance régulière censée être la garantie de son talent et la clé de la confiance de ses élèves. Il serait passé de 10 000 à 400 000 euros en quelques années grâce à « la méthode Perceval ».
« Cette croissance constante n’est en rien une garantie » juge un ancien élève qui rappelle que le fond de Bernard Madoff aussi présentait une croissance régulière. Linda propose une explication. Elle a ouvert un compte chez le même courtier que Jean-Louis Cussac. Elle a constaté qu’en alimentant son compte de trading avec de l’argent frais, elle pouvait générer le même graphique, sans distinguer entre apport de liquidité et gains générés par le trading.
Impossible de savoir si Jean-Louis Cussac trade avec un compte Perceval et/ou avec un compte personnel. Impossible également d’avoir accès à ses comptes. Nous avons posé la question à l’intéressé et nous lui avons demandé une copie de ce fameux graphique mais nous n’avons pas obtenu de réponse.
Jean-Louis Cussac et le palmarès du salon de l’analyse technique
Faute d’avoir accès à ses comptes de trading, nous avons examiné son palmarès au salon de l’analyse technique. Chaque année, cet événement organise depuis 2003 des compétitions dont Jean-Louis Cussac est friand.
Les duels des premières années ont cédé la place à des tournois puis à des formules hybrides. Parmi les compétiteurs, une écrasante majorité de professeurs de trading, français et étrangers: Gregory Frantz, Rob Hoffman, Yanick Jetha, Éric Lefort, Wim Lievens, Jean-Baptiste Peyre, Benoist Rousseau, Pascal Trichet, Stéphane Ceaux-Dutheil, Cyril Pansier… Et Jean-Louis Cussac. Sans doute l’un des plus assidus.
Il peut se targuer d’un beau palmarès. Depuis 2013 et sa première participation, il a fini six fois premier sur 14 compétitions. Mais il a également terminé six fois perdant ou disqualifié… Comment interpréter ces résultats?
Ce qui compte pour un trader, ce n’est pas le gain extraordinaire qu’il va faire une fois de temps en temps. C’est plutôt l’équilibre entre gains et pertes sur le long terme. Cela seul permet éventuellement d’en vivre. Si l’on s’en tient au palmarès de Jean-Louis Cussac, sur le long terme, il est à l’équilibre.
Mais le palmarès de Jean-Louis Cussac comporte trop de forfaits ou de disqualifications pour que l’on puisse s’en faire une idée juste. Des esprits mesquins affirment que certains compétiteurs qui voient venir un échec dans ces compétitions font en sorte d’être disqualifiés d’office, par exemple en ne débouclant pas leurs positions.
Les 5 vainqueurs cumulent +539 € et les 6 derniers -2624 €!
Pour nous éclairer, remarquons qu’il y a en moyenne pratiquement autant de compétiteurs gagnant de l’argent que de compétiteurs perdant de l’argent, parfois avec des pertes bien plus graves que les gains des gagnants. Si l’on additionne les gains de ceux qui ont eu un bilan positif dans le palmarès de 2019, ils cumulent 1064 euros.

Mais les pertes cumulées sont de 1996 euros! Pratiquement le double. Pour la compétition de 2018, les chiffres sont bien pires: 539 euros de gains contre 2624 euros de pertes! Faut-il y voir la confirmation que, globalement, les traders perdent de l’argent, même les meilleurs?
On pointera avec justesse le fait qu’il s’agit d’une compétition et que dans une compétition, les traders ont des comportements qu’ils n’auraient pas s’il leur était demandé de trader « en bon père de famille »… Pourtant, les participants à ces compétitions tradent avec leur propre argent. « Chaque concurrent dispose d’un capital de 50 000 € » indique le règlement, intraitable sur ce point. En 2018 donc, Jean-Louis Cussac a vraiment perdu 732 euros.
Le salon de l’analyse technique sert à promouvoir le trading auprès des particuliers. Il organise des compétitions entre des traders censés faire partie des meilleurs. Et la leçon de cette compétition, c’est que même chez les meilleurs, les pertes représentent deux fois les gains! Chez les gagnants, un seul trader rafle 62% des gains. Même après ça, beaucoup de gens espèrent qu’il est possible de vivre du trading.
Si ces traders viennent participer à ces compétitions pour perdre de l’argent, pourquoi viennent-ils? Et s’ils sont des traders professionnels perdants, de quoi vivent-ils? De la formation?
[signaler]
Cussac et un prof de Perceval crashent le fond Ideal Premium
Il reste une autre façon de se demander si Jean-Louis Cussac est un trader gagnant sur le long terme, c’est de s’intéresser au destin des fonds d’investissement auxquels il a participé. Ils se sont tous soldés par des échecs cuisants.
Son premier échec connu s’appelle « Ideal Premium ». Il est lancé en 2013 avec l’un de ses anciens collaborateurs, Charles-Henri de Marque.
De Marque a fait la rencontre de Jean-Louis Cussac en 2005. Il a été formateur et responsable du développement chez Perceval jusqu’en 2010. Il rejoint l’année suivante le groupe Dubus, une grosse société de bourse lilloise qui fait faillite trois ans plus tard, à cause de sa participation comme intermédiaire financier à la fraude sur la TVA des quotas carbone. Chez Dubus, Charles-Henri de Marque gère déjà un fond, Overlord Premium AC, ouvert en 2011 et fermé… en 2012 par manque de performance.

Il reprend contact avec Jean-Louis Cussac pour lui proposer de monter un nouveau fond, sans doute en escomptant la clientèle de feu, le cabinet Dubus. Il a l’idée de contacter Ferri gestion, pour lequel il a travaillé de 1990 à 2003, afin que cette grosse société abrite le fond qu’il conçoit avec le directeur de Perceval, à partir de mai 2013.
Ideal Premium se crashe, son gérant devient chauffeur de VTC
Charles-Henri de Marque est le gérant. Jean-Louis Cussac est le « stratège ». Autrement dit: Jean-Louis Cussac analyse le marché et propose une stratégie et Charles-Henri de Marque appuie sur le bouton. « On part du principe qu’au départ, il va faire les grandes lignes de ce que je lui dis » explique Jean-Louis Cussac. Une relation maître-élève qui n’est pas sans rappeler celle que l’on retrouve dans les cours de trading de Perceval et que l’on retrouvera un peu plus tard chez Ahom gestion.

De nouveau, le fond se crashe. Il est dissout dès 2013. Ses performances ont déçu. Charles-Henri de Marque quitte aussitôt Ferri gestion. Aujourd’hui, il se présente comme « chasseur d’idées à partager » chez « électron libre », « totalement indépendant ». Plus prosaïquement, il est devenu chauffeur de VTC.
Dans l’interview vidéo de présentation du fond réalisée par Videobourse en 2013, Jean-Louis Cussac, qui prenait la parole 90% du temps, évoquait des sur-performances basées sur « des tests et des hypothèses réelles ». Deux millions d’euros auraient été réunis au moment de cette interview. Jean-Louis Cussac et Charles-Henri de Marque en attendaient 15 à 20 pour la fin 2013 et à terme, « une centaine de millions »…
Ahom holding, un fond « copy trading » de Jean-Louis Cussac?
Cette expérience n’arrête pas Jean-Louis Cussac. Au milieu des années 2010, un autre de ses anciens élèves veut monter son propre fonds. Roger Castella a pris du grade jusqu’à prendre des responsabilités dans le forum Andil.
Encouragé par son maître il crée Ahom gestion en 2015. Il réunit 190 000 euros d’apports, pratiquement tous versés par des élèves incités par le fait que Perceval Finance investit 20 000 euros dans l’affaire.

Le rôle de Jean-Louis Cussac n’est pas formalisé mais il suffit de voir le professeur-chroniqueur sortir de son bureau pour s’assurer que Roger Castella a bien réalisé tel ou tel trade. En effet, Castella gère son fond depuis les bureaux de Perceval. « Je fais valider mes stratégies » explique-t-il dans une interview de juin 2015, 6 mois après la création d’Ahom.
Ahom n’est pas vraiment un fond au sens juridique du terme comme le fut Ideal Premium. Ses fondateurs ont préféré lui donner la forme d’une société par actions. Le fonds d’investissement a l’avantage de monter des cotations en temps réel. La société par actions a l’inconvénient, ou l’avantage, de retarder la prise de conscience du marasme par les actionnaires.
C’est ce qui va se passer avec Ahom… Roger Castella va sembler de plus en plus embarrassé. Et quand la banqueroute du fond sera avérée, Jean-Louis Cussac s’en désolidarisera. Et prendra ses 20 000 euros de perte.
Aujourd’hui, la plupart des investisseurs d’Ahom sont en colère contre Jean-Louis Cussac et Roger Castella. Sauf l’ancien élève de 79 ans qui bénéficie aujourd’hui de l’ « aide morale » de Perceval et qui faisait lui aussi partie des investisseurs d’Ahom. Une action en justice aurait été lancée contre lui. Nous l’avons sollicité mais nous n’avons pas pu obtenir de réponse à nos questions.
[collectifWTneutre]
MAJ le 27/09/2022. André Malpel nous contacte
Le 26 septembre 2022, nous avons été contactés par André Malpel, le directeur du salon de l’analyse technique ou salon AT. Motif affiché de sa prise de contact: nous proposer un débat avec Mostafa Belkhayate.
Nous nous sommes montrés surpris car Warning-Trading.com n’a jamais rien écrit sur Mostafa Belkhayate. André Malpel nous a expliqué que Mostafa Belkhayate lui a acheté une conférence au salon AT, c’est-à-dire un temps de parole, et qu’il cherche quelqu’un pour débattre avec lui. Au cours de la conversation, André Malpel va faire allusion à plusieurs reprise au présent article sur Jean-Louis Cussac et Perceval Finance. Il prétend que nous aurions écrit des choses fausses à son propre sujet. C’était une erreur de sa part et nous l’avons aussitôt détrompé. Soit il n’avait pas lu l’article, soit il faisait exprès.
Nous finissons par comprendre que sans cet article, André Malpel n’aurait jamais pris la peine de nous contacter et que Mostafa Belkhayate n’était qu’un prétexte. Au terme de cette conversation de près de 45 minutes, il finit par évoquer la vraie raison de sa prise de contact. Il veut organiser un débat entre nous et Jean-Louis Cussac.
Nous n’avons pas donné suite à cette curieuse façon de nous solliciter. D’une part parce que le présent article ne saurait faire l’objet d’un « débat » puisqu’il est une enquête basée sur des témoignages concordants et des faits objectifs vérifiables. D’autre part parce que Jean-Louis Cussac et Perceval Finance ont été contactés pour leur permettre d’y répondre et qu’ils ont refusé de nous répondre.



Nous avons reçu un nouveau témoignage d’ancien élève qui vient de tomber sur nos enquêtes:
« Je ne peux malheureusement que confirmer, dans l’esprit (cependant pas dans les moindres détails) les différents témoignages rapportés.
J’ai pris parti de ne m’en prendre qu’à moi-même, de n’en parler à absolument personne, c’est la toute première fois que je m’exprime sur ce sujet. Je considère qu’il me faudrait dépenser une énergie folle et me ridiculiser à jamais auprès de mes proches (je crains beaucoup par exemple, la réaction de ma femme, enfants ou parents s’ils se doutaient du carnage ; heureusement, j’ai les moyens pour que cette perte pourtant colossale reste discrète) pour engager des procédures judiciaires certainement onéreuses et incertaines (mais certainement pas a même de me faire récupérer quoi que ce soit). Le traumatisme est réel. Le mieux pour moi était donc, et reste probablement, de simplement tourner la page.
J’avais pensé à faire une contre-publicité, notamment à Perceval, je me serais sans doute rendu utile ! mais j’avais bien compris, du temps où je fréquentais cet établissement, qu’un procès en diffamation serait immanquablement intenté à quiconque dirait le moindre mal de l’entreprise ou de son personnel, je n’en ai jamais eu envie. J’envisage de réinvestir en bourse, en mode père de famille, que je suis d’ailleurs depuis 10 ans, si les marchés actions nous offrent une porte d’entrée à un prix raisonnable ».
Bonjour, l’anonyme,
Le procès diffamation, il est en cours, les procédures d’avocats sont payés, tu peux venir nous rejoindre, pour réclamer justice, sois courageux, et justement fais-le pour tes enfants et ta famille, et les autres.
N’hésite pas à me contacter
DONC cher Warning-trading si ce que j’affirme est fondé vous avez un sacré pain sur la planche parce que ça veut dire que toute entreprise d’enseignement du trading est frauduleuse en ce qu’elle promet ce qu’elle est incapable de tenir. La conséquence pour Cussac ( que je ne connais pas encore une fois ) c’est qu’il est probablement de bonne foi mais qu’il opère et enseigne selon des prémisses très insuffisantes pour gagner autrement que selon les lois complexes du hasard. Evidemment je plaisante quand je vous assigne l’impossible mission de moraliser le secteur, vous ne pouvez vous opposer qu’aux malhonnétetés avérées qui pullulent mais pas régler le fond du probléme qui va donc persister et prospérer…
Très cher D’Assignies,
Nous nous sommes toujours positionnés comme un site de presse engagé contre les offres de trading à destination des particuliers, qu’il s’agisse d’offres régulées (essentiellemelnt à Chypre, répertoriées dans cette rubrique), d’offres non régulées (évidemment puisqu’elles sont par essences frauduleuses, répertoriées dans cet article), ou qu’il s’agisse d’offres périphériques (comme les « formations », sous l’étiquette desquelles se trouvent souvent une forme de publireportage qui joue sur la confusion des formes et évite de trop se présenter comme une publicité.
Effectivement, nous avons du pain sur la planche! Les sommes extorquées par l’industrie du trading représentent des milliards d’euros (sources AMF et Procureur de la République de Paris). Le trading à destination des particuliers est une industrie largement frauduleuse, comme nous ne cessons de l’expliquer dans nos enquêtes, nos articles et nos vidéos. En la matière, la référence absolue est cette formidable enquête du Times of Israël, qui explore les dessous d’une industrie qu’elle qualifie sans ambages de frauduleuse.
Pour l’expliquer simplement, il n’y pas de différence de nature entre les jeux d’argent et les paris boursiers. Les jeux d’argent sont une marchandise toxique qui fait l’objet d’un interdit universel depuis toujours. Ils ont toujours attiré des délinquants désireux de faire des profits faciles en exploitant une maladie psychologique, l’addiction et/ou pour blanchir facilement de l’argent sale. Les paris boursiers ont été retirés de la législation restrictive sur les jeux d’argent au XIXe siècle pour permettre le développement économique. Mais ils ne diffèrent pas dans leur nature. Et beaucoup de gens mal intentionnés s’en rappellent, qui proposent des investissements spéculatifs exactement comme d’autres proposent des jeux d’argent.
Pour le comprendre en détail, je vous renvoie à cette vidéo.
je parage en tout point votre analyse
je crois qu’il faut aller plus loin et pour cela s’appuyer sur la structure mlême du marché : il n’y a pas lieu de distinguer entre trading et investissement parce que les marchés financiers , tous les marchés financiers sont de structure fractale, ce qui veut dire plus simplement que les opérateurs du court terme ( traders ) et ceux du long terme ( investisseurs ) sont face à la même logique et si les escrocs qui pullulent dans le domaine devraient en effet être recherchés , le probléme, plus complexe se pose pour un grand nombre d’opérateurs qui vivent et prospérent sur l’ignorance du public alors qu’ils n’offrent que des produits frelatés parcequ’ils ne possèdent pas la compétence requise; je pourrai détailler ce que je veux dire en reprenant les performances d’opérateurs qui o,nt pignon sur rue et que personne ne va attaquer , pas même vous ( à moins que …)parceque la fraude est plus subtile et que les régulateurs ont autorisé cette fraude sans même s’en rendre compte…).
Avant d’aller plus loin, faut s’occuper du cas Jean-Luis Cussac, l’article est sur Jean-Luis Cussac, merci de rester sur le sujet
démonstration : si vous possédez de très bons outils vous n’avez aucune raison de les partager dans ce jeu à somme nulle où vous voyez clairement que la majorité des participants opére selon des prémisses inefficaces ; vous avez d’autant moins de raisons de les partager que vous vous doutez bien qu’il existe des petits malins qui vont faire commerce de ce que vous leur apprenez en se proposant de l’enseigner à leur tour . Evidemment et d’autres l’ont fait remarquer aucun des enseignants de la place n’est capable d’exhiber un track record convaincant , ce qui serait la seule preuve valable de leur compétence et d’ailleurs vous trouverez des opérateurs ( sites de conseil ) dument validés par les régulateurs où les résutats sont mauvais et démontrent l’incompétence de ceux qui proposent leurs services; dans ce domaine si on voius propose de vous apprendre le trading c’est qu’il y a anguille sous roche ; alors comment faire ?? Il y a des réponses mais elles ne sont pas très plaisantes…
Donc, pour faire simple, il faut arrêter Jean-Luc Cussac le plus rapidement possible, le mettre devant un juge qui est sa place évidemment, et de réguler le secteur de la formation trading, par un organisme d’état
pour Cussac je ne me prononcerai pas mais pour la régulation du secteur de la formation du trading tu n’as rien à attendre de l’état qui ne fera rien pour des tas de raisons que je n’ai pas le temps d’exposer ici. Sur ce coup le citoyen doit se débrouiller sans l’assistance de l’état et d’ailleurs sans l’assistance de personne, voilà tout.
pourquoi il est quasi impossible d’enseigner le trading lorsqu’on y connait quelquechose : parceque ça prend beaucoup de temps et donc que ça n’est pas du tout rentable pour celui qui fait sérieusement ce métier…
ça pose le probléme soulevé par la polémique actuelle ( cf mes précédents commentaires ) dans des termes assez différents des argumentaires développés jusque là : si , comme je le pense, la compétence de TOUS les intervenants du WEB de langue française sont soit totalement incompétents soit très très marginalement compétents ( voilà qui donne le bon gradient entre les meilleurs et les pires ) alors ceux qui les suivent sont à risque mais ils ne le savent pas parceque les régulateurs ne connaissent pas le sujet et pour cause : si tu le connais tu ne fais pas régulateur mais trader. DONC il n’y a aucun moyen de protéger ceux qui font confiance à celui ci ou celui là . Evidemment ça n’est pas très encourageant comme perspective mais c’est la vérité toute nue ( pas très belle à voir je le concède – qu’y faire ??-) Donc camarade si tu te plains de mauvaises rencontres quand tu fréquentes un lieu forcément mal famé, regardes à l’avenir où tu mets les pieds et surtout ne fais confiance à personne, surtout pas à toi-même !!
quelques précisions : le chartisme, tout le chartisme même pratiqué avec rigueur , les vagues d’Eliott , la théorie de dow , toute algorythmie , etc. Tout cela ne sert pas à grand chose , l’efficacité de ces visions du graphe est non pas nulle mais très marginale et ceux qui opérent efficacement et j’en connais quelques uns ( mais pas en France ) le font avec de tout autres outils , vraiment très loin de ceux précités…
J’ai créé une chaîne YouTube pour expliquer, le parcours complètement mythomane de Jean-Luc Cussac , et ça secte Perceval finance conseil. Merci à vous.
ton probléme à toi c’est que tu as du mal à réaliser que tu as fait confiance à une personne sans doute incapable de tenir ce qu’elle promettait mais surtout qu’il est très difficile de prouver ce que je viens d’avancer parceque le problème de la compétence en trading se pose dans des termes totalement différents des autres discipline, j’ai précisé en quoi dans un autre de mes posts. Voilà l’aporie : seul un expert en trading pourrait épingler l’incompétence de Cussac , mais ceux qui ont cette expertise refuseront de jouer ce role qui implique le dévoilement des tactiques efficaces qu’ils gardent jalousement pour eux…
je ne connais pas Cussac mais j’ai un point de vue un tout petit peu informé sur le trading après avoir navigué longtemps sur ces flots et travaillé longtemps avec un groupe remarquable de traders américains : on peut vivre du trading et certains le font , ce qui vaut démonstration; mais il y a un bémol qui concerne peut être Cussac c’est que pour en vivre il faut être diablement compétent et pour avoir beaucoup navigué sur le net français ma conclusion est sans appel : chez nous il n’y a PAS DU TOUT cette compétence évidemment très difficile à acquérir car le savoir efficace n’est pas du tout disponible, autrement dit ceux qui savfent ne parlent pas ou alors très peu et il est trés trés difficile d’avoir accès à ces personnages et à ce savoir…
J’ai créé une chaîne YouTube pour expliquer, le parcours complètement mythomane de Jean-Luc Cussac , et ça secte Perceval finance conseil. Merci à vous.
Très bon article de qualité, je suis moi même un ancien élève de Perceval Finance Conseil et je confirme totalement cette article. Jean Louis est l’équipe Perceval sont des xxxxx.