Les « têtes pensantes » de l’affaire Carton Rouge jugée à Nancy ont continué à monter des fraudes dans les cryptomonnaies.
Carton Rouge: 1300 victimes et 22 prévenus
Le 21 septembre dernier, un extraordinaire procès s’est ouvert à Nancy. L’affaire « Carton Rouge » doit juger 22 prévenus. Près de 1300 victimes se sont portées parties civiles pour un préjudice d’une soixantaine de millions d’euros.

Extrait d’un article du Parisien.
L’enquête avait démarré après que plusieurs clubs de football, Sochaux, Angers et Toulouse, se soient déclarés victimes d’arnaque au FOVI, c’est-à-dire au faux ordre de virement. Un escroc se faisant passer pour un faux agent de joueur avait réussi à obtenir le changement de compte bancaire pour le paiement de joueurs, resquillant ainsi de millions d’euros avant que les clubs ne réalisent la supercherie.
Faux agents de joueurs, faux traders, faux diamantaires…
L’enquête est allée de surprise en surprise, découvrant qu’à coté de ces arnaques au faux virement, l’équipe prospérait dans diverses combines, constituant d’autres faits d’escroquerie, organisés à une échelle quasi industrielle.
En dehors des clubs de foot victime, ce sont donc des centaines de victimes et un préjudice de 28 millions d’euros que l’enquête a pu identifier. Cette équipe s’était organisée pour arnaquer ces centaines d’épargnants français entre 2016 et 2019 en leur proposant de faux investissements dans le trading et dans les diamants. Nous les avions pratiquement tous répertorié à l’époque pour les dénoncer. 27 sites internet de ce type ont été listés par les enquêteurs: bluediams.com, elyseediamond.com, capitaldiams.com et de nombreux autres.
Pour blanchir l’argent sale généré, « plus de 200 comptes » bancaires ont été mis au jour dans 19 pays, ainsi que 27 sites internet. Les faux commerciaux étaient formés au « conditionnement psychologique » dans des centres d’appels israéliens. « Des pages et des pages » de documents ont été remis aux employés pour « crédibiliser » des rendements extraordinaires. « Cinquante à 70 adresses courriels de commerciaux » ont été identifiées.
Les « têtes pensantes » en fuite en Israël
En fuite en Israël, aucune des têtes pensantes de ces réseau n’était présente sur les 22 prévenus accusés:
- Mickaël I, 47 ans, surnommé Micka. La presse l’a présenté comme « le chef de l’organisation de malfaiteurs ». 8 ans d’emprisonnement ont été requis contre lui.
- Yoni J, a été présenté comme « associé de Mickaël L ».
- Fabrice H, a été le « chef du bureau de Marseille ». C’est dans la cité phocéenne qu’étaient conçus les sites frauduleux, grâce à deux informaticiens également mis en cause.
- Youval T, dont la presse qui a couvert le procès dit peu de choses. L’ADC 54 indique qu’il s’appelerait Chlomo Youval Timsit.
Le délibéré doit être rendu le 31 mars 2025. Jusqu’à ce qu’une décision définitive soit rendue, ils doivent donc être présumés innocents.
Dans cette attente, il est permis de se demander ce que sont devenus ces accusés en fuite? Vivent-ils dans l’anonymat et la clandestinité? Que deviennent-ils? Nous avons pu retrouver des traces de leur formation et de leurs premières expériences pour découvrir que les faits qui leurs sont reprochés à Nancy ont été pour eux un tremplin pour d’autres activités frauduleuses.
Yoni Assouline et Mikael Lalou lancent ConnectJob
A Nancy, les faits jugés se sont déroulés entre 2016 et 2019. En 2018, l’un de ces protagonistes a lancé un business appelé ConnectJob. Cette plateforme numérique se présentait sans modestie comme le « Uber des services à la personnes ».

Logo de la plateforme ConnectJob.
Cette plateforme avait fait le choix de se financer par une ICO, c’est-à-dire un appel au financement par la crypto. Les titres de propriété de ConnectJob devenaient donc des jetons numériques. Ses leaders ont fait le choix d’établir leur siège social, non pas dans l’Union européenne, mais dans un paradis fiscal nommé Gibraltar.
Hélas, 6 mois plus tard, le projet s’effondre… Dans un ultime communiqué de presse, le directeur du projet, Yoni Assouline, s’était platement confondu en explications et en excuses. ConnectJob ressemble rétrospectivement à une « arnaque parfaite », celle dans laquelle l’auteur réussit à faire croire que la perte de ses victimes est à mettre sur le compte d’un aléa économique.
Cependant, ConnectJob présente toutes les caractéristiques d’une arnaque financière internationale, comme nous l’avons expliqué dans cette enquête parue en juin 2024.
Les antécédants judiciaire de Yoni Assouline
L’enquête qui a mené au procès de Nancy a mis en cause Yoni Assouline. Dans l’enquête sur Carton rouge, un employé de call-center israélien a reconnu avoir eu pour patron Yoni Assouline.
Le fondateur de ConnectJob est né à Lyon. Dès 2004, il est mis en cause pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ». En 2008, il est impliqué dans des « faux en écriture privée ». Et deux ans plus tard, il est mis en cause pour « des faits d’escroquerie ».
En 2013 pourtant Yoni Assouline semblait s’être rangé des voitures puisqu’il avait pris la direction de Universal Energy Group.
Yoni Assouline passe brièvement par Universal Energy Group
Cette société avait pour ambition de « vendre des produits d’énergie renouvelables aux particuliers essentiellement : des solutions solaires photovoltaïques d’abord, mais aussi des chauffe-eaux thermodynamiques et des pompes à chaleur », grâce à « trois call centers, basés au Maroc (Braha Call Maroc) et en Tunisie (Braha Call Tunisie et Vocal Call) ».

Impossible de savoir quel fut le destin de Yoni Assouline chez Universal Energy Group. L’entreprise qui devait entrer en bourse sous la direction de Louis Thannberger semble avoir disparu. Une succursale a bien été créée en Angleterre, Group Universal Energy PLC, administrée par Yoni Assouline et Line Kalfa. Manifestement une société-boite aux lettres qui n’aura vécu qu’une année avant d’être dissoute. Nous n’avons trouvé aucune société de droit français qui auraient été administrée par Line Kalfa ou Yoni Assouline et qui aurait pu correspondre à cette activité.
De ConnectJob à Call of Meta
Dans l’équipe de ConnectJob, se trouve également Mikael Lalou, alias « Mika ». Il était « head of marketing » chez ConnectJob.
Une fois ConnectJob effondré courant 2018, nous perdons la trace de Yoni Assouline et Mikael Lalou. Leurs noms refont surface en 2022 avec le projet Call of Meta.
Les NFTs, produit idéal pour monter une arnaque
Call of Meta est une collection de NFTs représentant des personnages de singes grimmés façon Call of Duty, le fameux jeux vidéo violent. On trouve encore quelques traces de Call of Meta: un compte Instagram inactif depuis juin 2022 ou une chaîne Youtube également à l’abandon.
Le projet Call of Meta était présenté sur le site call-of-meta.io. Le site n’affiche plus de contenu mais il a été archivé sur la Wayback Machine. Il a été actif de 2022 à 2024. Il se présentait comme « la première plateforme de tournoi décentralisée sur les jeux vidéo FPS les plus joués » en lien avec le site Nicecactus.
Les NFTs sont un produit très pratique pour monter une arnaque parce qu’ils sont considéré comme des oeuvres d’art et des objet d’investissement tout à la fois. La manipulation de leurs prix est donc plus facile qu’avec des produits standardisés. Sur internet, l’industrie de l’arnaque s’en est vite rendue compte. Si vous ajoutez à cela des jeux autour des NFTs, vous pouvez également utiliser le ressort de l’addiction aux jeux d’argent…
Yoni Assouline et Mikael Lalou démarchent dans la communauté de Vincent Faudemer
Pour recruter des investisseurs, Yoni Assouline, alias @Captain et Mikael Lalou vont infiltrer la communauté d’un autre margoulin se présentant comme un « artiste », Vincent Faudemer. Nous avions publié cette enquête dès 2022 avant que ses frasques ne soient connues de tous. Vincent Faudemer avait également compris que le marché de l’art contemporain permettait de faire des belles culbuttes à moindre frais. Il est très probable que Vincent Faudemer et Mikael Lalou se soient rencontrés et aient collaboré. En effet, Mikael Lalou aurait été l’un des fondateurs de la Galerie Saint-Germain, une galerie d’art qui s’était faite une spécialité de vendre les oeuvres de Vincent Faudemer.
Lalou et Assouline vont donc donc infiltrer la communauté de Vincent Faudemer pour proposer d’investir dans les NFTs Call of Meta. Nous avons pu consulter un mail adressé à un investisseur et dans lequel Yoni Assouline se fait notamment passer pour un « constructeur d’immeuble sur la ville de New York ».
Un témoin qui a préféré rester anonyme nous a raconté que des investisseurs auraient également été démarchés par un call-center localisé en Israël.
Call of Meta s’est effondré en 2024 et les fonds des investisseurs ont disparu dans le même temps. Un nouveau procès n’est donc pas exclu.



La décision a été rendue lundi 31 mars.
20 personnes ont été condamnées:
– Mickaël Ibgui, en fuite, considéré comme le chef de l’organisation, a été condamné a 8 ans de prison.
– Youval Timsit a été condamné à 7 ans de prison.
– Fabrice Houta est condamné a 5 ans de prison.
– Fabrice Journo, dit « Yoni », présenté comme « l’associé » de Mickaël Ibgui, a été condamné à la même peine de 5 ans de prison.
Oui c’est ça
Cela fait des années que vous arnaquez des gens. Il est temps d’arrêter vos magouilles et d’assumer vos actes. Arrêtez de vous cacher et venez répondre de vos actes devant la justice française. Vous devez rendre des comptes et payer ce que vous devez. La fuite ne durera pas éternellement.
Randy hecht
etes vous XXXX XXXXXX ?
Dernièrement il a fait le MPR /l’arnaque ma prime rénove avec un certain RANDY lyonnais lui aussi
Merci de votre commentaire. Qu’est-ce que c’est un MPR?
Ma prime renov les faux dossiers
Je vous conseil de prendre en compte ce courriel d avocat et que vous avez utiliser mon nom alors que je n ai aucun rapport avec le procès carton rouge je ne suis pas yoni J si ces éléments ne sont pas enlevé dans les 24 heure qui suit la réception de votre courrier vous serez immédiatement attaqué en justice et assumé vos actes qui sont très grave et infondés !!!
Vous vous permettez d’inventer des histoire infondée et diffamatoire.
C est un scandale surtout que vous avez une carte de journaliste
C est une honte pour votre profession
Merci de votre commentaire.
J’ai relu l’article et il n’est pas écrit que Yoni J est Yoni Assouline. Je ne comprends pas pourquoi c’est ce que vous pensez avoir lu.
La presse parle d’un certain Yoni J mais je ne sais pas du tout qui est ce Yoni J.
Le reste des informations vous concernant est parfaitement sourcé et documenté.