Google nous a informés de la réception d’une plainte fondée sur le droit d’auteur visant trois enquêtes publiées par Warning-Trading. Une nouvelle tentative de procédure-bâillon qui cherche à obtenir la disparition de nos articles sans passer devant un juge.
Une notification DMCA utilisée contre des articles de presse
Le 17 juillet 2026, Warning-Trading a reçu une notification de Google indiquant qu’une plainte fondée sur le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) avait été déposée contre plusieurs de nos publications. Cette notification annonce que Google a été informé d’une prétendue violation de droits d’auteur et qu’il procède au déréférencement des contenus signalés dans ses résultats de recherche à l’échelle mondiale.
Selon les informations communiquées par Google, la plainte a été déposée le 16 juillet 2026. Son auteur affirme :
« I am issuing this DMCA complaint due to the unauthorized copying and online publication of my original content. The use of my work without consent infringes upon my legal copyright and my exclusive ownership rights. »
Aucun élément précis n’est toutefois fourni dans cette notification pour identifier les contenus prétendument copiés, les œuvres originales concernées, ni les passages qui seraient constitutifs d’une contrefaçon. Il s’agit d’une accusation générale, qui conduit pourtant Google à retirer les pages visées de ses résultats de recherche avant toute décision judiciaire.
Comme dans de nombreux dossiers similaires, la plateforme invite ensuite l’éditeur du site à déposer une notification de contestation afin d’espérer obtenir le rétablissement du référencement.
Trois enquêtes journalistiques directement visées
La plainte cible précisément les trois articles suivants publiés sur Warning-Trading :
- https://warning-trading.com/trading/corsokane-org-arnaque-avis-escroquerie/
Cet article présente une enquête consacrée au site Corsokane.org. Il expose les éléments ayant conduit notre rédaction à s’interroger sur la fiabilité de cette plateforme, analyse son fonctionnement, identifie plusieurs signaux d’alerte et rassemble les informations utiles permettant aux investisseurs d’évaluer les risques. - https://warning-trading.com/trading/financiere-gfr-com-arnaque-avis-scam/
Cette publication est consacrée au site Financiere-gfr.com. Elle décrit les caractéristiques observées par notre rédaction, revient sur les méthodes utilisées, examine les informations publiques disponibles et met en garde les internautes contre les risques susceptibles d’être rencontrés. - https://warning-trading.com/trading/revexium-org-notre-avis-arnaque-scam/
Cette enquête analyse le fonctionnement de Revexium.org. L’article rassemble les informations accessibles publiquement, présente les différents éléments d’analyse réalisés par nos journalistes et explique pourquoi cette plateforme appelle à la plus grande prudence.
Ces trois contenus sont des enquêtes journalistiques originales rédigées par notre rédaction. Ils ne constituent pas des reproductions d’œuvres protégées mais des travaux d’investigation fondés sur des recherches, des vérifications, des captures d’écran, des analyses documentaires et la confrontation de différentes sources.
Une nouvelle illustration des procédures-bâillons numériques
Depuis plusieurs années, Warning-Trading est confronté à des tentatives répétées visant à obtenir la suppression de ses contenus sans passer devant les juridictions compétentes. Ces démarches prennent aujourd’hui des formes variées : plaintes DMCA, signalements auprès des hébergeurs, demandes de déréférencement, notifications adressées aux CDN ou aux registrars.
Le point commun de ces procédures est qu’elles cherchent à contourner le débat judiciaire. Lorsqu’une personne estime qu’un article est diffamatoire, inexact ou porte atteinte à ses droits, le droit français met à sa disposition des recours devant les tribunaux. Un juge indépendant peut alors examiner les preuves de chacune des parties et rendre une décision motivée.
Or, dans de nombreux cas, les personnes mises en cause préfèrent ne pas saisir la justice. Elles utilisent à la place les procédures administratives proposées par les grands intermédiaires techniques afin d’obtenir rapidement une suppression automatique ou un déréférencement provisoire.
Cette stratégie s’apparente à ce que l’on désigne couramment comme une procédure-bâillon (SLAPP). L’objectif n’est plus de démontrer devant un tribunal que l’article serait illicite, mais de multiplier les démarches techniques afin d’affaiblir la visibilité d’un média et d’augmenter le coût de sa défense.
Des procédures automatisées peu adaptées au travail journalistique
Les grands fournisseurs de services numériques comme Google reçoivent chaque année des millions de notifications relatives aux droits d’auteur. Afin de traiter ce volume considérable, ils mettent en œuvre des procédures largement automatisées ou semi-automatisées.
Ces mécanismes peuvent être efficaces lorsqu’il s’agit de retirer des copies manifestes d’œuvres protégées. En revanche, ils sont beaucoup moins adaptés lorsqu’ils concernent des articles de presse, des enquêtes journalistiques ou des publications reposant sur le droit d’information du public.
Une simple affirmation selon laquelle un contenu aurait été copié peut ainsi conduire à un déréférencement temporaire, alors même qu’aucun juge n’a constaté une quelconque violation du droit d’auteur. La charge de la contestation est ensuite reportée sur le média, qui doit engager du temps et des ressources pour rétablir une situation qui n’aurait peut-être jamais dû se produire.
Cette situation illustre les limites des dispositifs automatisés lorsqu’ils sont utilisés pour apprécier des contenus journalistiques nécessitant une véritable analyse juridique et factuelle.
Des attaques qui s’inscrivent dans une pression permanente contre notre rédaction
Cette notification Google ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Warning-Trading fait régulièrement l’objet de menaces, de tentatives d’intimidation, de demandes de suppression abusives, de procédures de déréférencement et de multiples formes de représailles destinées à faire disparaître nos enquêtes.
Nous avons déjà détaillé ces différentes méthodes dans notre enquête consacrée aux menaces, chantages et procédures-bâillons dont notre rédaction est régulièrement victime :
Ces pressions ont déjà eu des conséquences très concrètes. À plusieurs reprises, notre site a été rendu inaccessible pendant plusieurs jours à la suite de démarches entreprises auprès de nos prestataires techniques. Nous avons raconté ces événements dans l’article suivant :
Ces épisodes démontrent que la multiplication des signalements auprès des intermédiaires techniques peut produire des effets très importants sur la diffusion d’un média, même en l’absence de toute condamnation judiciaire.
Nous exercerons les voies de recours prévues
Conformément à la procédure prévue par Google, Warning-Trading examinera cette notification et déposera, lorsque cela sera justifié, une notification de contestation afin de faire valoir les droits de notre rédaction.
Nous continuerons à publier nos enquêtes sur les plateformes d’investissement, les fraudes financières présumées et les pratiques susceptibles de mettre les consommateurs en danger. Notre mission consiste à informer le public grâce à des investigations journalistiques documentées. Lorsqu’un article est contesté, nous considérons que le lieu normal du débat demeure la juridiction compétente, et non les mécanismes automatisés de suppression mis en place par les fournisseurs de services techniques.
Cette nouvelle plainte DMCA illustre une fois encore les difficultés rencontrées par les médias d’investigation lorsqu’ils publient des informations susceptibles de déranger certains acteurs. Elle rappelle également l’importance de préserver des procédures respectueuses du contradictoire, de la liberté de la presse et du contrôle exercé par un juge indépendant.


