Avez-vous eu affaire à Digilever? Cette entreprise liée à Incomm pratique des locations financières pour des sites internet.

Que propose digilever.fr?

Nous nous sommes intéressés à cette offre à la suite du signalement d’une personne qui s’est présentée comme une victime de digilever.fr.

Digilever est une agence de marketing digital qui propose un accompagnement global destiné à améliorer la visibilité et la croissance des entreprises, en particulier au niveau local. Le site met en avant une approche personnalisée, où chaque client est considéré comme un partenaire stratégique plutôt qu’un simple dossier. L’objectif affiché est d’aider les entreprises à devenir incontournables dans leur zone géographique grâce à des leviers digitaux performants.

Parmi les services proposés, Digilever offre la création et le développement de sites web, le référencement local (SEO), la publicité ciblée, le growth hacking, la génération de prospects ainsi que la construction d’une identité de marque. L’agence met également en avant un audit gratuit pour attirer de nouveaux clients et démontrer son expertise dès le départ.

Le fonctionnement repose sur un accompagnement complet, présenté comme une “machine de croissance”, avec une volonté claire d’obtenir des résultats mesurables. Digilever insiste sur la rareté de ses disponibilités (seulement quelques places par mois), renforçant un positionnement premium.

Enfin, le site valorise la satisfaction client, les témoignages et l’expérience accumulée, tout en mettant en avant des principes simples : performance, responsabilité et création de valeur.

A qui appartient Digilever? Mystère…

On dispose de très peu d’informations fiables concernant la société Digilever. Malgré son immatriculation récente en mai 2024 et son inscription au registre du commerce de Paris fin décembre 2024, les données publiques restent particulièrement lacunaires. L’entreprise est déclarée comme une SAS spécialisée dans le conseil aux entreprises et les services liés au numérique, mais aucun élément concret ne permet d’évaluer la réalité de son activité.

Extrait du registre du commerce et des sociétés.

Extrait du registre du commerce et des sociétés.

Donc impossible de savoir à qui appartient Digilever. D’ailleurs, le directeur de la publication indiqué dans les mentions légales, c’est… Digilever!

Aucun compte annuel n’a été déposé à ce jour, ce qui empêche toute analyse de sa santé financière. De même, aucun document juridique n’est accessible, et les informations relatives aux bénéficiaires effectifs sont restreintes, limitant la transparence sur l’identité des véritables détenteurs ou décideurs. Le capital social est inconnu, ce qui constitue un autre indicateur d’opacité.

Nous cherchons à savoir à qui appartient réellement Digilever. Si vous avez cette information, n’hésitez pas à nous contacter.

Une entreprise placée en liquidation judiciaire

La situation de la société Digilever s’est brutalement dégradée avec l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire prononcée le 17 février 2026 par le Tribunal des activités économiques de Paris. Cette décision, rendue publique au BODACC le 5 mars 2026, marque une étape critique dans la vie de cette entreprise créée moins de deux ans auparavant.

Avis de placement en liquidation de Digilever.

Avis de placement en liquidation de Digilever.

Le jugement précise que la liquidation judiciaire est engagée sous une forme simplifiée, généralement réservée aux structures de petite taille disposant de peu d’actifs. La date de cessation des paiements a été fixée au 2 février 2026, soit seulement quelques jours avant la décision du tribunal. Cette proximité temporelle laisse penser que les difficultés financières étaient à la fois soudaines et rapidement insurmontables.

Digilever pratiquait la LLD! Attention danger!

Le principe est souvent le même. Un commercial démarche une très petite entreprise, un indépendant ou un artisan, généralement hors établissement, c’est-à-dire au domicile, au siège social ou par téléphone. La vente se fait en one shot, au cours d’un seul échange, dans un contexte où le client a peu de temps pour comparer, réfléchir ou faire relire les documents.

Le fournisseur vend alors une prestation présentée comme indispensable: site internet, référencement, hébergement, publicité ou services numériques. Mais au lieu d’un simple contrat de prestation, l’opération est ensuite transformée en contrat de location longue durée, puis cédée à une société de leasing ou assimilée. Le client ne paie donc pas un achat clair, mais des « loyers » mensuels sur plusieurs années.

Le principal danger réside dans le décalage entre le prix réel du service et le coût final payé. Une prestation numérique relativement banale peut ainsi revenir deux, trois ou quatre fois plus cher qu’un achat direct. Dans certains cas, le client découvre qu’il paie très cher un site peu performant, un référencement inefficace ou un service sans retombées commerciales réelles.

Le caractère ambigu du mot « location financière » entretient la confusion. Beaucoup de clients ne comprennent pas qu’ils s’engagent sur 24, 48 ou 60 mois, sans devenir propriétaires du bien ou du service financé.

Ces contrats sont dangereux car ils combinent pression commerciale, complexité juridique et prélèvements durables. En cas de litige, le client se retrouve face à plusieurs interlocuteurs, chacun renvoyant la responsabilité à l’autre. La résiliation devient difficile, tandis que les indemnités réclamées peuvent être très lourdes.

Pour de nombreuses TPE déjà fragiles, ce type de montage peut devenir un véritable piège économique, allant jusqu’à aggraver l’endettement ou précipiter la cessation d’activité.

D’après nos informations, le portefeuille de clients de Digilever aurait été repris par Incomm, un gros acteur du secteur qui fait l’objet de nombreuses critiques et procès.

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Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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