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Vous n’êtes pas satisfait de ce service et vous cherchez une aide juridique

Benjamin Deleuze, encore un prof de trading…

Benjamin Deleuze propose des formations en trading accessibles en ligne, ciblant aussi bien les débutants que les investisseurs plus expérimentés. Son offre repose généralement sur des programmes pédagogiques structurés, incluant des modules consacrés à l’analyse technique, à la gestion du risque et à la compréhension des marchés financiers.

L’objectif affiché est de permettre aux participants d’acquérir une méthodologie pour intervenir de manière autonome sur différents actifs, comme les actions, le forex ou les cryptomonnaies.

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9 traders sur 10 perdent de l’argent, même après formation

Peut-on faire confiance aux écoles de trading en général ? Cela semble peu probable.

Pourquoi tant de prétendus traders professionnels choisissent-ils d’enseigner plutôt que de trader eux-mêmes ? Si une méthode permettait réellement de générer des gains importants, pourquoi la partager au lieu de l’exploiter directement ? Pourquoi privilégier la vente de formations plutôt que le trading lui-même ? Cette contradiction interroge.

Même après plusieurs années, les pertes restent majoritaires

La réponse se trouve dans cette étude de l’Autorité des Marchés Financiers menée en 2014. Elle analyse le comportement de 1881 investisseurs particuliers sur une période de 4 ans. Le constat est sans appel : 90% des traders perdent de l’argent. Certains formateurs affirment que cela s’explique par un manque de formation, mais les données démontrent le contraire.

En effet, l’étude précise : « l’expérience de trading ne semble pas s’acquérir facilement (…) il existe peu d’écart entre les traders expérimentés et les débutants ». Autrement dit, après plusieurs années de pratique, les résultats restent quasiment identiques. Ces conclusions rejoignent celles d’une étude similaire menée par le régulateur polonais UKNF.

Face à ce constat, on peut s’interroger sur la pertinence du trading pour les particuliers, puisque la grande majorité y perd de l’argent.

Les formateurs en trading sont-ils eux-mêmes en difficulté ?

Nous estimons que beaucoup de formateurs sont en réalité des traders perdants qui se reconvertissent dans la formation en analyse technique pour maintenir une source de revenus.

Cette conviction repose notamment sur l’exemple du trader français Jean-Louis Cussac. Dans une enquête détaillée, il apparaît qu’il est déficitaire sur le long terme et que la majorité de ses élèves subissent des pertes. Malgré cela, il est régulièrement présenté comme expert sur BFM TV. L’un de ses anciens élèves a même engagé une procédure judiciaire contre lui.

Chaîne Youtube de Benjamin Deleuze.

Chaîne Youtube de Benjamin Deleuze.

Il est probable que ce modèle soit répandu dans le secteur : les revenus proviennent davantage de la formation que du trading lui-même. Cela crée une contradiction évidente entre le discours commercial et la réalité.

Où va l’argent perdu par les élèves ?

Les pertes des élèves sont généralement captées par les plateformes de trading. Les formations n’offrent pas d’accès direct aux marchés, mais orientent souvent vers certains courtiers, parfois avec des intérêts cachés.

Dans le cas des produits dérivés (CFD, Forex), les pertes des clients peuvent directement bénéficier au courtier. Le principe repose sur un système de pari : si le client perd, le courtier gagne. Cela crée un conflit d’intérêt majeur, comparable à celui d’un casino.

Ce modèle économique favorise les abus et explique le développement massif de cette industrie. Les intermédiaires peuvent être rémunérés pour recruter de nouveaux clients, parfois en partageant les pertes générées.

Les écoles de trading : simples intermédiaires déguisés ?

Il est légitime de se demander si ces formations ne servent pas de relais pour attirer des clients vers les plateformes. L’objectif final reste souvent l’ouverture de comptes de trading et le dépôt de fonds.

D’autres approches suivent la même logique :

  • Les influenceurs trading : ils affichent un train de vie luxueux et attribuent leur réussite au trading pour séduire leur audience (exemple).
  • Le copy trading : il consiste à reproduire automatiquement les opérations d’un trader supposé performant (définition).
  • Le trading automatisé : des logiciels sont présentés comme capables de générer des gains réguliers sans effort (explication).

Ces pratiques masquent souvent des liens étroits entre formateurs et plateformes, ce qui pose des problèmes réglementaires et éthiques.

Les mentions légales de benjamindeleuze.podia.com

Les mentions légales et le site benjamindeleuze.podia.com intriguent.

En effet, d’une part, le site se présente comme rattaché à une société basée à Dubaï car le footer du site indique:  « License No : 20106. BDT – FZCO, DSO-IFZA, Dubai Silicon Oasis – Dubai – UAE ». De l’autre, si l’on se rend dans les rubriques correspondant aux « mentions légales », il est fait référence à une autre société: Podia.

Le site indique cette adresse comme s'il s'agissait de son siège social, à Dubaï.

Le site indique cette adresse comme s’il s’agissait de son siège social, à Dubaï.

Voici ce que dit la loi sur les mentions légales.  Leur contenu est parfaitement insuffisant et ne permet pas d’identifier assez efficacement ceux qui se trouvent derrière benjamindeleuze.podia.com. En effet, au terme de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique« tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire:

Le manquement à cette obligation d’information est considéré comme grave puisqu’il est puni d’1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Compte tenu du type de service proposés par benjamindeleuze.podia.com, ce manquement peut paraître préoccupant.

Une implantation à Dubaï : un signal d’alerte

Si le site est vraiment installé à Dubaï c’est un inquiétant. Dubaï est souvent associé à une forte opacité financière et à des pratiques facilitant la dissimulation d’actifs. Comme le souligne ce rapport, il s’agit d’un environnement propice aux montages financiers complexes.

Sur notre site, nous dénonçons régulièrement des arnaques financières qui se déroulent depuis cette juridiction de complaisance. Dubaï pose de très nombreux et sérieux problèmes;

Podia est-il juridiquement responsable du site?

Ou bien l’on doit considérer que c’est Podia qui est juridiquement responsable?

Podia, c’est une entreprise qui se présente comme « La solution tout-en-un pour les entrepreneurs solo ». Elle semble basée aux Etats-Unis sans qu’il soit très facile de définir sa personnalité juridique. La question se pose donc de savoir qui est vraiment responsable juridique du site benjamindeleuze.podia.com?

L’URL indique que benjamindeleuze est un sous domaine du nom de domaine podia.com. En cas de contentieux, les plaignants devront déterminer s’ils doivent lancer une procédure juridique à Dubaï ou aux États-Unis. Dans les deux cas, ils iront au devant de complications, de frais de procédure et d’incertitudes énormes…

Pour se crédibiliser, Deleuze a recours à l'autoédition d'un livre.

Pour se crédibiliser, Deleuze a recours à l’autoédition d’un livre.

Il fait peu de doute que la clientèle de Benjamin Deleuze est majoritairement installée en France car c’est un public français qu’il s’adresse. Alors pourquoi s’installer ailleurs? Cela inspire-t-il confiance? Nous pensons que c’est inquiétant.

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Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

2 commentaires

  • Laurent dit :

    N’hésitez pas de passer les offres de toutes ces personnes au crible de l’intelligence artificielle. Ces outils sont bien pour ça.
    Avec des interrogations légitimes comme, ya t’il des red flags dans cette offre, le prix est-il surestimé ?
    Comment se former au meilleur rapport qualité prix. Procéder comme ça m’évite bien des déboires après avoir connu dans le passé, des désillusions.

  • Ben raclette dit :

    En mathématiques financières, un rendement de 5 % par mois transforme 10 000 € en plus de 1,2 milliard d’euros en 20 ans. Si quelqu’un détenait cette clé, il la garderait sous coffre-fort ou gérerait un fonds souverain.
    La réalité des « Top » Traders Particuliers

    Les traders indépendants qui durent (ceux qui ont plus de 10 ans de recul) visent généralement des performances situées dans ces fourchettes :

    Profil Rendement Annuel Moyen Commentaire
    L’Élite Mondiale 30 % à 60 % Très rare. Ce sont souvent des anciens pros passés à leur compte. Ils acceptent une volatilité importante.
    Le Trader « Pro » Constant 15 % à 25 % C’est l’objectif réaliste pour quelqu’un de très compétent. Cela bat déjà largement les indices boursiers (type S&P 500 à ~10 %).
    Le Trader « Safe » 8 % à 12 % Performance solide avec un risque maîtrisé. Très proche des rendements historiques de la bourse.
    Un excellent trader particulier qui fait 2 % par mois de manière régulière (soit ~27 % par an) est déjà une « machine de guerre » dans le milieu. Tout ce qui dépasse ce chiffre de manière « garantie » ou « facile » doit être traité avec la plus grande méfiance.

    Il existe des concours comme le World Cup Championship of Futures Trading. Certains gagnants affichent des +500 % ou +1 000 % en un an.

    Le bémol : Ces performances sont réalisées sur des petits comptes avec une prise de risque maximale (« all-in »). La plupart de ces traders ne réitèrent jamais l’exploit l’année suivante et beaucoup finissent par tout perdre.

    Le business de la formation vs Le trading

    Il est crucial de comprendre la différence de modèle économique :

    Trading : Revenus aléatoires, stress élevé, risque de perte en capital.
    Vente de formation : Revenus récurrents, 100 % de marge (une vidéo ne coûte rien à rediffuser), aucun risque financier.
    Pour un influenceur, vendre une formation à 2 000 € à 100 personnes rapporte 200 000 € nets sans aucun risque de marché. Pour gagner la même somme en trading avec un rendement de 20 % par an, il lui faudrait un capital personnel de 1 million d’euros et une année entière de travail sans erreur. Le choix est vite fait pour eux.

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