Présenté comme un service d’astrologie personnalisé, Astroline.today suscite aussi des critiques sur ses essais payants, ses renouvellements automatiques et ses prélèvements contestés.

Vous n’êtes pas satisfait de ce service et vous cherchez une aide juridique

Une vitrine séduisante, pensée pour rassurer l’utilisateur

Astroline.today se présente comme une plateforme d’astrologie “tout-en-un”. Le site promet des horoscopes personnalisés, des lectures de tarot, des analyses de thème natal, de compatibilité amoureuse, de lignes de la main, voire d’astrocartographie. L’ensemble est habillé d’un discours moderne, très fluide, qui mélange spiritualité, développement personnel et outils numériques. En surface, tout est fait pour inspirer confiance : interface soignée, présentation multilingue, foire aux questions structurée, centre d’aide distinct et promesse d’un accompagnement “personnalisé”.

Le nom de domaine n’est pas né hier, ce qui évite le profil classique du faux site opportuniste lancé il y a quelques semaines. Astroline.today a été enregistré en mars 2020, ce qui lui donne une certaine ancienneté technique. Cela ne suffit toutefois pas à en faire un acteur irréprochable. Dans l’univers des services en ligne litigieux, la question n’est pas seulement de savoir si le site existe réellement, mais comment il facture, comment il informe et comment il traite les contestations. C’est précisément sur ces trois points qu’Astroline.today appelle à la prudence.

Le site lui-même insiste sur sa dimension de “self-exploration” et d’“educational purposes”, autrement dit d’exploration de soi et d’usage non professionnel. Ses mentions indiquent qu’aucune lecture astrologique ne peut fournir de certitude absolue et que le service ne remplace ni un avis médical, ni un conseil psychologique, juridique ou financier. Cette réserve juridique est importante : elle montre que la plateforme sait parfaitement que ses promesses commerciales doivent être encadrées. Autrement dit, le discours marketing peut sembler ambitieux, mais les pages légales, elles, redeviennent nettement plus prudentes.

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Le vrai point sensible : les abonnements et les prélèvements récurrents

Le principal motif d’alerte ne semble pas être l’existence même du site, mais son modèle de monétisation. Le centre d’aide d’Astroline reconnaît explicitement que les abonnements se renouvellent automatiquement, selon la formule choisie. Le service détaille aussi plusieurs cas typiques : utilisateurs qui veulent annuler, personnes qui ne retrouvent pas leur abonnement dans l’App Store ou Google Play, clients qui affirment avoir résilié mais continuer à être débités, ou encore consommateurs qui se demandent pourquoi ils ont été facturés à l’issue d’un essai.

Ce point est capital. Lorsqu’un service consacre autant de pages d’assistance aux renouvellements, aux annulations et aux frais persistants, cela signifie qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé. Ce n’est pas une preuve automatique d’escroquerie au sens pénal du terme, mais c’est un signal fort de friction commerciale. En pratique, beaucoup d’utilisateurs pensent acheter un test, une lecture ponctuelle ou un essai à bas prix, puis découvrent ensuite un abonnement reconduit de manière automatique. C’est un schéma extrêmement fréquent dans les services numériques agressifs : le prix d’entrée est faible, l’engagement réel est plus coûteux, et la sortie peut devenir confuse.

Le fait qu’Astroline mette à disposition des procédures d’annulation ne neutralise pas entièrement le problème. Dans beaucoup de dossiers du même genre, la difficulté n’est pas l’absence totale de bouton “annuler”, mais la compréhension du parcours de souscription. L’utilisateur peut croire qu’il a payé via une application mobile, alors que la transaction a en réalité été faite sur le web. Il peut aussi penser avoir mis fin au service, alors que seule une partie du dispositif a été désactivée. Ce flou, volontaire ou non, profite presque toujours au professionnel, rarement au client.

Astrologie, promesses commerciales et vulnérabilité des consommateurs

Le secteur de l’astrologie en ligne présente une fragilité particulière : il s’adresse souvent à des personnes en questionnement affectif, professionnel ou psychologique. Or plus un consommateur est en situation de doute, plus il peut être réceptif à un discours lui promettant des réponses “personnalisées”, un éclairage sur son avenir ou des conseils pour l’amour, la carrière et les finances. Astroline.today s’inscrit précisément dans cette économie émotionnelle. C’est légal en soi, mais cela impose un devoir de clarté renforcé sur la nature exacte du service vendu.

Le paradoxe est frappant. D’un côté, la communication commerciale suggère un accompagnement poussé, presque orienté vers l’aide à la décision. De l’autre, les mentions de non-responsabilité rappellent que les contenus ne doivent pas être pris comme des avis professionnels et qu’aucune garantie n’est donnée. Ce grand écart n’est pas propre à Astroline.today, mais il mérite d’être souligné. Le consommateur paie pour un service présenté comme utile dans sa vie personnelle, tout en étant juridiquement averti que ce service ne garantit rien et ne doit remplacer aucun conseil qualifié.

Autre sujet de vigilance : la collecte d’informations. Pour personnaliser les lectures, Astroline demande ou exploite des données comme la date de naissance, l’heure de naissance, parfois le lieu, ainsi que des réponses à des quiz ou à des questionnaires de profil. Prises séparément, ces données peuvent sembler banales. Croisées, elles nourrissent toutefois un profilage marketing très fin, surtout lorsque l’utilisateur révèle en plus ses préoccupations sentimentales, ses inquiétudes ou ses attentes. Dans l’économie numérique actuelle, ce type de matière personnelle a une vraie valeur.

On vous fait discrètement souscrire un abonnement

Des internautes ayant eu affaire à astroline.today racontent s’être retrouvé abonnés et prélévés de façon réccurente sur leur compte bancaire à leur insu. Le plus souvent, ces personnes ont acheté un service en pensant n’acheter qu’une seul fois mais sans s’en rendre compte, elles se sont retrouvées engagées dans un abonnement payé par prélèvement automatique et récurrent. Le plus souvent, ils s’en rendent compte un peu par hasard en examinant leur relevé bancaire et en découvrant des prélèvements correspondants à un intitulé proche du nom de astroline.today. Cela rappelle à quel point il est nécessaire de contrôler régulièrement ses relevés bancaires.

En général, ce genre d’engagement est présenté de façon assez trompeuse destiné à éviter que le client se rende compte qu’il est en train de s’engager. La plupart d’entre eux n’auraient pas acheté le service s’ils avaient compris ce à quoi ils s’engageaient. Pour comprendre qu’ils allaient être prélevés, ils leur aurait fallu se plonger dans des documents contractuels touffus que très peu de gens consultent et comprennent.

Des solutions pour récupérer les sommes prélevées

Si vous êtes dans cette situation, vous disposez de solutions prévues par le réglement SEPA et par le Code monétaire et financier :

  • Jusqu’à 8 semaines après le débit : vous pouvez demander un remboursement sans fournir de justification, même si le prélèvement était autorisé.
  • Au-delà de 8 semaines et jusqu’à 13 mois après le débit : vous pouvez demander un remboursement uniquement si le prélèvement était non autorisé — c’est-à-dire sans mandat valide ou au-delà de votre consentement.

Un prélèvement non autorisé, ce peut être: un montant prélevé différent de celui prévu, un prélèvement malgré une résiliation ou une absence de mandat SEPA valablement signé. Or, ces entreprises ne disposent pratiquement jamais de mandat SEPA en bonne et due forme. Si elle tentait d’en obtenir un, la plupart des clients comprendrait l’entourloupe et refuseraient.

Pour obtenir un rappel des prélèvements passés et bloquer les prélèvements à venir, vous devez vous adresser à votre banque. Certaines banques permettent du faire vous-même sur votre espace numérique personnel, surtout pour les prélèvements de moins de 8 semaines après le débit. Si ce n’est pas le cas, vous devez adresser une demande à votre conseiller et en cas de difficulté, adresser une mise en demeurre par lettre recommandée avec accusé de réception à votre banque. Si vous avez besoin d’aide, voici un modèle de lettredont vous pouvez vous inspirer pour réclamer le remboursement à votre banque.

Le scandale du business des prélèvements non autorisés

En pratique, pratiquement aucune de ces entreprises ne fait signer un mandat en bonne et due forme à ses clients. Ces sociétés ont fondé leur business sur le fait qu’une entreprise qui réclame un prélèvement automatique à la banque d’une personne est présumée disposer d’un mandat en bonne et due forme. Elle doit le fournir uniquement en cas de contestation. Ces entreprises escomptent que la plupart de leurs clients ne se rendront pas compte du prélèvement ou seront trop ignorant du droit pour contester. En cas de contestation, elle lâchent très vite l’affaire. C’est un fonctionnement de prédation fondé sur l’inutilité economique des paiements.

Cette présomption de disposer d’un mandat en bonne et due forme a donné lieu à des abus d’une ampleur qu’il est difficile à imaginer. C’est comme cela que la SFAM (Indexia Group) a bâti un empire. Le groupe a été mis en cause pour avoir trompé de très nombreux clients qui ignoraient qu’ils se retrouvaient engagés. Son direxcteur, Sadri Fegaier, est ainsi entré dans le cercle des personnes les plus riches de France. Ce modèle semble avoir inspiré beaucoup d’entrepreneurs.

 

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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