Derrière la promesse d’un revenu rapide et accessible à tous, une affaire visant Closers Group soulève de sérieuses inquiétudes : plusieurs anciens collaborateurs dénoncent un mécanisme opaque mêlant formation CPF et recrutement en chaîne.
Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !
Une promesse séduisante… mais potentiellement trompeuse
« Vous êtes à un appel de changer votre vie ». À première vue, le slogan de Closers Group s’inscrit dans la lignée des discours motivants largement diffusés sur les réseaux sociaux. Le modèle mis en avant est simple : devenir « closer », autrement dit un vendeur spécialisé dans la conclusion de ventes à distance, souvent sur des produits ou services à forte valeur.
Ce type d’activité, en plein essor avec le développement du télétravail et du marketing digital, attire particulièrement les jeunes actifs ou les personnes en reconversion. La promesse est alléchante : des commissions élevées, une liberté géographique et des revenus potentiellement importants sans diplôme spécifique. Sur les supports de communication de l’entreprise, les témoignages de réussite abondent, mettant en avant des parcours fulgurants.
Pourtant, derrière cette façade séduisante, plusieurs anciens collaborateurs décrivent une réalité bien différente. Huit d’entre eux ont récemment déposé plainte, dénonçant un système qui, selon eux, ne repose pas sur une véritable activité commerciale durable, mais sur un mécanisme de recrutement et de formation en chaîne.
Pour rejoindre les autres victimes de cette arnaque, rejoignez le forum.
Le rôle central du CPF dans un mécanisme contesté
Au cœur des accusations figure l’utilisation du Compte personnel de formation (CPF). Ce dispositif public, destiné à financer la montée en compétences des actifs, est devenu ces dernières années une cible privilégiée de nombreuses fraudes. Dans le cas présent, les plaignants affirment que l’accès au métier de closer passerait quasi systématiquement par l’achat d’une formation spécifique, facturée environ 2 500 euros.

Article de presse évoquant l’affaire.
Selon leurs témoignages, cette formation serait présentée comme indispensable pour intégrer le réseau et commencer à travailler. Or, elle serait financée via le CPF des candidats, ce qui transfère indirectement le coût vers des fonds publics. Ce point est particulièrement sensible : si les faits étaient avérés, il s’agirait d’un détournement d’un dispositif destiné à l’intérêt général.
Plus problématique encore, certains plaignants affirment que la formation elle-même aurait pour objectif principal… d’apprendre à vendre la même formation à de nouveaux entrants. Un schéma qui rappelle fortement les mécanismes de vente pyramidale, également appelés systèmes « à la boule de neige », où la rémunération dépend davantage du recrutement de nouveaux membres que de la vente réelle de produits ou services.
Des soupçons de système pyramidal et de pratiques illégales
La plainte déposée vise plusieurs infractions graves : escroquerie en bande organisée, pratiques commerciales trompeuses, travail dissimulé ou encore association de malfaiteurs. Les sociétés impliquées formeraient une structure complexe, avec des entités basées en France mais aussi à l’étranger, notamment aux États-Unis et à Malte.
Ce type d’organisation transnationale n’est pas anodin. Il peut compliquer les enquêtes et rendre plus difficile l’identification des responsabilités juridiques. Les autorités françaises, via la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), ont été saisies et examinent actuellement les éléments de la plainte.
Les plaignants évoquent un préjudice potentiel de plusieurs millions d’euros et un nombre de victimes qui pourrait atteindre plusieurs milliers de personnes. Ces chiffres restent à confirmer, mais ils illustrent l’ampleur possible du phénomène. Dans ce type d’affaires, le nombre de victimes réelles est souvent difficile à établir, nombre d’entre elles ne portant pas plainte.
De leur côté, les dirigeants des sociétés mises en cause contestent fermement ces accusations et affirment exercer une activité légale. Comme souvent dans ce genre de dossier, la qualification juridique des faits sera déterminante : la frontière entre modèle commercial agressif et système frauduleux peut parfois être ténue, mais elle existe bel et bien.
Un modèle symptomatique des dérives du business en ligne
Au-delà de cette affaire spécifique, ce dossier met en lumière une tendance plus large : la multiplication de modèles économiques reposant sur la promesse de gains rapides via Internet. Coaching, trading, closing… ces univers partagent souvent des codes similaires : marketing émotionnel, témoignages de réussite, sentiment d’urgence et discours de transformation personnelle.
Dans ce contexte, le CPF est devenu une cible de choix. Son fonctionnement, qui permet un financement direct sans avance de frais pour le bénéficiaire, en fait un levier particulièrement attractif pour des acteurs peu scrupuleux. Malgré les efforts des autorités pour encadrer le dispositif, les fraudes continuent d’évoluer et de se sophistiquer.
Le cas des « closers » illustre également une mutation du travail indépendant. De plus en plus de personnes sont attirées par des statuts flexibles, mais se retrouvent parfois dans des situations précaires, sans protection sociale solide ni garantie de revenus. Lorsque ces statuts s’accompagnent d’un investissement initial important, le risque financier devient significatif.
Une société immatriculée à Dubaï qui prospecte en France
D’après les éléments fournis, la société exploitant la marque Closers est juridiquement une entité enregistrée sous le nom Closers L.L.C-FZ, une Free Zone Limited Liability Company basée à Dubaï. Cela signifie que l’entreprise est immatriculée dans la Meydan Free Zone, avec un capital social déclaré de 100 000 AED. En pratique, ce type de structure aux Émirats arabes unis permet une détention flexible du capital, souvent par un ou plusieurs associés, dont les noms ne sont pas nécessairement rendus publics dans les mentions légales.

Extrait des conditions générales du site.
En résumé, Closers appartient juridiquement à Closers L.L.C-FZ, une entité enregistrée à Dubaï. L’identité précise des propriétaires légaux (shareholders) n’est pas explicitement mentionnée dans les données fournies. Les fondateurs sont les initiateurs du projet, mais la répartition du capital reste inconnue en l’absence de documents officiels complémentaires.
closers-group.com se présente comme une entité installée à Dubaï. C’est à la mode. Pourtant, ce n’est en rien une garantie. C’est même un élément qui devrait vous inquiéter car une installation à Dubaï n’autorise pas à proposer ce type de services dans un pays membre de l’Union européenne.
Surtout, Dubaï est un trou noir de la finance, ce que l’on désigne souvent derrière le terme de paradis fiscal. Cela signifie que les lois en vigueur dans cet émirat permettent de dissimuler facilement des actifs financiers pour attirer de l’activité économique sur son sol. « le centre d’un vaste système de combines internationales pour frauder le fisc et blanchir de l’argent » si l’on en croit l’Obs. A votre, avis, pourquoi une escroquerie s’organise-t-elle depuis un endroit qui facilite la dissimulation de l’argent…?
Sur notre site, nous dénonçons régulièrement des arnaques financières qui se déroulent depuis cette juridiction de complaisance. Dubaï pose de très nombreux et sérieux problèmes;
- Dubaï est le refuge préféré des narcotrafiquants français. Ils sont une vingraine à diriger leurs affaires depuis l’émirat.
- Dubaï ne coopère pas dans les enquêtes sur le blanchiment d’argent pour attirer l’argent sale. Si vous êtes victime d’une arnaque, vous n’obtiendrez donc pas justice là-bas.
- Dubaï n’a pas de convention d’entraide judiciaire au niveau européen.
- Dubaï propose opacité financière et quasi absence de taxation.
- Dubaï est le refuge préféré des auteurs d’escroqueries financières, parce qu’ils savent qu’ils ne risquent rien grâce à ce pays complice.
Derrière Closers: Alexandre Duysens, Alexy Mouly et Romain Baillet
Les informations relatives aux fondateurs — Alexandre Duysens, Alexy Mouly et Romain Baillet — indiquent qu’ils sont à l’origine du projet et du développement commercial. Toutefois, être fondateur ne signifie pas automatiquement être actionnaire majoritaire ou détenteur légal exclusif de la société. Parmi eux, Romain Baillet, en tant que CEO, est probablement impliqué dans la direction opérationnelle et potentiellement dans la structure capitalistique, mais cela ne peut être affirmé avec certitude sans registre officiel des actionnaires.

Présentation des fondateurs sur le site.
- Alexandre Duysens est surtout un influenceur qui se met en scène sur Instagram. D’origine belge, il aurait travaillé chez Tunneldevente.com ainsi que Mediastellar. Il aurait fondé The Closer School. Sur son profil Linkedin, Alexandre Duysens se présente comme résidant à Dubaï.
- Alexy Mouly (parfois Alexis Mouly) est également influenceur. Il s’exhibe sur Instagram et Youtube. Sur son profil Linkedin, Alexis Mouly se présente comme résidant à Dubaï.
- Romain Baillet est aussi influenceur. Il dispose d’un compte Instagram où il se met en scène dans des activités de pilotage automobile. Il aurait travaillé pour WEWEB LLC, Inkolor Tattoos, Deserquad, Mediastellar, Golden Desert Quad Bike Dubai, L’Agence des Résidences (Cannes), Vue de monde, Christian Dior Couture, Ferrari et Mercure International of Monaco. Sur son profil Linkedin, Romain Baillet se présente comme résidant à Dubaï.
Des signaux d’alerte pour les consommateurs ?
Plusieurs éléments doivent alerter les candidats potentiels. D’abord, toute promesse de revenus élevés et rapides sans compétence préalable doit être abordée avec prudence. Ensuite, l’obligation implicite ou explicite d’acheter une formation pour accéder à une activité professionnelle constitue un signal préoccupant, surtout lorsque cette formation est financée via des fonds publics.
Le caractère répétitif du modèle – où les nouveaux entrants sont incités à recruter à leur tour – est également typique des systèmes pyramidaux. En France, ce type de pratique est strictement encadré et peut être illégal lorsqu’il repose principalement sur le recrutement.
Enfin, l’opacité des structures juridiques, notamment lorsque plusieurs sociétés sont impliquées dans différents pays, doit inciter à la vigilance. Avant de s’engager, il est essentiel de vérifier l’existence légale des entreprises, leur réputation et les conditions exactes de l’activité proposée.
Cette affaire rappelle que derrière certaines opportunités présentées comme « uniques » se cachent parfois des mécanismes bien rodés, où le risque est largement supporté par les nouveaux entrants. La prudence reste donc de mise, d’autant plus lorsque des dispositifs publics comme le CPF sont en jeu.
closers-group.com a acheté des publireportage, c’est-à-dire des publicités cachées
Pour se promouvoir, closers-group.com s’est acheté des publireportages. Les publireportages sont des publicités qui prennent la forme trompeuse de publications de presse. Le fait qu’il s’agit d’une publicité est généralement écrit quelque part en petit caractère discret que personne ne va remarquer. Cette forme de publicité est particulièrement toxique parce qu’elle joue sur la confusion entre information et promotion. Les internautes qui voient ces publireportages croient de bonne foi qu’ils ont affaire à une information de qualité et ils ne se méfient pas. En réalité, il s’agit bien de publicité.
A de nombreuses reprises, nous avons vu des arnaques être promues grâce à des publireportages. Par exemple: Pronoclub dans Le Figaro, Maxence Rigottier dans Le Figaro, Alvexo dans Le Point, BFM ou Capital, Éric Béhanzin dans Le Point et ailleurs, Olivier Conchon et Panthéon Recherche dans La Tribune, Le Figaro ou Forbes, Corsair dans Le Figaro, Samuel Baron de l’arnaque Patridiam et Tradition Diamant sur BFM etc… Certaines arnaques ont même réussi à acheter de la publicité traditionnelle par exemple à la RATP ou sur des chaînes de télévision.
Ces diffuseurs de publicité prennent une lourde responsabilité en donnant du crédit à des offres frauduleuses. Si leur responsabilité judiciaire était engagée dans des affaires d’arnaques, il est probable qu’ils contrôleraient plus strictement le contenu de ces publireportages. Espérons qu’un jour, une victime d’arnaque réussisse à faire condamner un diffuseur qui a accepté de publier une publicité pour une fraude.
Conclusion : une enquête à suivre de près
L’affaire visant Closers Group n’en est qu’à ses débuts sur le plan judiciaire. L’enquête devra déterminer si les pratiques dénoncées relèvent effectivement d’une escroquerie organisée ou d’un modèle économique contestable mais légal. Dans tous les cas, elle met en lumière les zones grises du business en ligne et les vulnérabilités exploitées par certains acteurs.
Pour les consommateurs comme pour les pouvoirs publics, l’enjeu est double : mieux informer pour prévenir les dérives, et renforcer les contrôles pour protéger les dispositifs comme le CPF. Car derrière chaque dossier de ce type, ce sont souvent des parcours individuels fragilisés et des espoirs déçus.



Nous avons reçu le témoignage suivant:
« J’ai rejoint cette formation avec l’espoir de générer un complément de revenu, comme cela m’avait été présenté lors des échanges commerciaux.
On m’a promis des revenus attractifs en tant que closer, avec des opportunités concrètes de missions et un accompagnement pour réussir rapidement. Ces promesses ont clairement influencé ma décision de m’inscrire.
Cependant, la réalité a été très différente.
Sur le plan financier, j’ai payé 1750€, et je suis encore engagée sur plusieurs mensualités. En contrepartie, je n’ai quasiment rien gagné juste 180€. Le déséquilibre entre l’investissement demandé et les résultats obtenus est très important.
Sur le plan professionnel, les conditions de travail ne correspondaient pas à ce qui était annoncé :
Les leads fournis étaient souvent anciens, peu qualifiés, ou inexistants
Il m’était parfois impossible de travailler correctement, avec très peu de contacts (parfois seulement 2 leads par jour)
Certaines journées, il n’y avait tout simplement rien à exploiter
Malgré cela, une forte pression était maintenue :
Multiplication des évaluations
Demande de se former sur plusieurs équipes en parallèle
Attentes élevées sans moyens réels pour progresser
Sur le plan psychologique, cela a été particulièrement difficile :
Je me suis sentie culpabilisée de ne pas progresser assez vite
On me faisait comprendre que si je ne gagnais pas d’argent, c’était de ma responsabilité
Cela a généré du stress, de la frustration et un sentiment d’échec
Avec le recul, je considère avoir été induite en erreur par des promesses irréalistes et un manque de transparence sur les conditions réelles.
Aujourd’hui, je subis à la fois un préjudice financier et moral.
C’est pour ces raisons que j’ai décidé de contester cette situation et de témoigner ».