Alerte concernant zeylor-pacte.com. Tout indique qu’il s’agit très probablement d’une arnaque qui commence déjà à faire des victimes. Voici les éléments qui doivent vous mettre en garde.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !

zeylor-pacte.com a été créé il y a seulement 271 jours

Après vérification, nous constatons que le nom de domaine (URL) zeylor-pacte.com a été enregistré le 9 mai 2025. C’est une date particulièrement récente qui invite à la prudence. Bien sûr, ce critère ne suffit pas, à lui seul, à prouver qu’il s’agit d’une escroquerie, mais c’est un signal important à intégrer dans votre analyse.

zeylor-pacte.com existe depuis 271 jours seulement. Or, proposer ce type de services suppose un minimum de crédibilité. Il arrive qu’une entreprise soit ancienne et ne crée son site web que tardivement : c’est rare, mais possible. En revanche, lorsqu’une structure apparaît quasiment en même temps que son site, qu’elle a moins d’un an d’existence et qu’elle démarche déjà des clients, cela doit clairement nous alerter, notamment au regard des délais nécessaires pour obtenir les autorisations administratives associées à ce genre d’activité.

Tous les sites récents ne sont pas des arnaques, mais la majorité des plateformes frauduleuses ont une durée de vie courte. Autre point préoccupant : zeylor-pacte.com est hébergé en Suède, ce qui constitue un motif supplémentaire d’inquiétude. Les entreprises sérieuses, d’une certaine envergure, tout comme les administrations publiques, évitent généralement ce type de localisation d’hébergement.

Pourquoi l’industrie des cryptos relance les arnaques au trading ?

Depuis plusieurs années, nous observons que l’industrie des arnaques au faux investissement, historiquement active via des services frauduleux de spéculation (forex, options, marchés à terme, CFD), s’est emparée de la blockchain et des cryptos pour continuer à dépouiller les investisseurs.

Ils ne proposent plus à leurs victimes de passer un ordre sur l’euro/dollar, par exemple, mais d’effectuer des “trades” sur une cryptomonnaie comme le Bitcoin ou l’Ether. Une manière de profiter de l’actualité et de l’effet de mode. Les médias mentionnent sans cesse le cours des cryptos, la volatilité du bitcoin, ou encore des acteurs comme Bitpanda, Etoro, Trade Republic ou Binance…

Dans l’esprit de beaucoup, la crypto est désormais un placement comme un autre, alors que c’est un investissement qui comporte, selon nous, de très nombreux risques. Les escrocs s’appuient sur cette idée reçue pour pousser des personnes vulnérables à investir en cryptomonnaies. Les victimes sont de plus en plus nombreuses à en subir les conséquences lorsqu’elles découvrent ce qu’il advient réellement de leurs actifs…

Pourquoi les cryptomonnaies sont un nouveau terrain de jeu pour les arnaques ?

Pour les escrocs, l’essor des cryptomonnaies a été une bénédiction, une opportunité exceptionnelle. Jugez plutôt : en 2021, les fraudes et vols de cryptomonnaies auraient augmenté de 600%. On sait aussi que près d’un quart des dossiers traités par l’AMF, le gendarme financier français, concerne des crypto-actifs. Le secteur a été marqué par des scandales majeurs comme l’affaire OneCoin, représentant plus de 4 milliards de dollars de préjudice. Et nous dénonçons régulièrement des arnaques évidentes dans cet univers. Facteur aggravant : la flambée du Bitcoin a largement servi d’argument marketing à des margoulins pour vendre du “rêve” d’enrichissement en crypto.

La technologie blockchain, qui permet l’existence même des cryptomonnaies, se prête malheureusement à ce type de dérives. Elle a été pensée pour fonctionner sans l’État, alors que, dans les démocraties, l’État est censé garantir l’intérêt général. Les cryptos véhiculent une idéologie anarco-libertaire où l’individu serait censé décider seul, à partir d’informations issues d’un marché dérégulé. Résultat : la prolifération d’offres frauduleuses, où la fraude devient la norme et l’honnêteté l’exception. Il est à craindre que zeylor-pacte.com appartienne à cette catégorie…

Le paradoxe est frappant : la blockchain et la crypto promettaient une sécurité totale des transactions. Alors, comment se mettent en place ces arnaques sophistiquées, désormais centrées sur les monnaies issues de la blockchain ?

Pourquoi le trading est souvent utilisé pour des escroqueries ?

Le trading sur les marchés financiers et la bourse sert, depuis une quinzaine d’années, de support à des arnaques massives visant les investisseurs particuliers à qui l’on promet qu’ils peuvent “devenir trader”. Environ 7 milliards d’euros auraient été extorqués aux épargnants français, probablement davantage. Le principe est simple : l’escroc recrute un particulier, le pousse à prendre une position très risquée (souvent avec un levier élevé) et, quel que soit le scénario, l’investisseur finit par perdre son capital, formation ou non.

Ces plateformes se multiplient car elles peuvent récupérer le capital perdu par leurs clients. C’est particulièrement vrai sur le Forex et les CFD (voir notre lexique pour les définitions). Le Forex correspond au marché des changes. Les CFD permettent de spéculer sur l’évolution future d’un actif, y compris des actions. Les options et contrats à terme vont encore plus loin en complexité.

Sur le Forex et les CFD, une plateforme de trading fonctionne en réalité comme une bourse décentralisée, contrairement à une bourse d’actions classique. La plateforme doit donc trouver une contrepartie pour chaque ordre, car le trader ne devient pas propriétaire d’un actif : il s’engage sur un résultat futur (gain ou perte) selon l’évolution du marché.

Trading, casino, forex, jeux d’argent, CFD, options… quelle différence ?

On est plus proche d’une bourse de paris que d’un marché d’échange de titres. La plateforme peut trouver un autre utilisateur prenant la position inverse, chercher une contrepartie sur les marchés mondiaux, ou encore prendre elle-même la position opposée à celle de son client.

Mais la plateforme dispose d’un avantage majeur : elle sait généralement qu’un particulier est un mauvais trader. Il perd son argent dans 9 cas sur 10, comme le montre une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). La plateforme peut aussi analyser le carnet d’ordres de ses clients et comparer leurs comportements au marché pour mesurer leur “efficacité”.

Si le client enchaîne les pertes, la plateforme aura souvent intérêt à prendre elle-même la contrepartie de ses ordres plutôt que de chercher un autre intervenant. Elle récupère alors directement la perte à la place du marché.

Au final, ce mécanisme se rapproche fortement de celui d’un casino. Psychologiquement, les ressorts sont identiques. Certains “gourous” l’ont compris : ils vendent des formations en promettant de “maîtriser” ces mécanismes pour gagner, ce qui entretient l’illusion.

Que vaut la formation à l’analyse technique et à la stratégie ?

Même avec une formation, un particulier perdra dans l’immense majorité des cas. Les professionnels le savent, et beaucoup d’épargnants l’ont appris à leurs dépens. Pourtant, des formations (souvent coûteuses) promettent de devenir trader et de se former à l’analyse technique, même sans diplôme. Bien souvent, il est plus judicieux d’investir ce budget dans des placements classiques ou de consulter des conseillers qualifiés.

Très souvent, ces formateurs ne vivent pas du trading mais de la vente de formations. C’est un paradoxe : s’ils détenaient une méthode réellement fiable, pourquoi la vendre au lieu de l’exploiter ? Le risque est d’autant plus grave qu’avec l’effet de levier, il est possible de perdre des sommes considérables en s’exposant à un risque disproportionné.

L’effet de levier permet de miser de l’argent que l’on ne possède pas. En cas de gain, on encaisse. En cas de perte, il faut rembourser. C’est pourquoi le trading ne doit jamais être présenté comme un investissement “sans risque”. Il n’existe pas de trading “bon père de famille” : c’est, par définition, une activité à risque élevé, très différente d’un investissement actions classique. Nous avons une position très ferme sur le trading destiné aux particuliers : il devrait être interdit.

Liens entre le trading sur cryptomonnaie et criminalité organisée

Les plateformes de trading peuvent être régulées ou non régulées. Lorsqu’elles sont légalement installées dans l’Union européenne et bénéficient du “passeport financier européen”, elles sont dites “régulées”. Elles peuvent alors proposer leurs services dans les autres pays de l’UE, dont la France.

Mais certains petits pays jouent un rôle ambigu, en abaissant volontairement leurs exigences afin d’attirer des acteurs mal intentionnés. Ceux-ci s’y installent pour escroquer des victimes situées dans d’autres États membres, notamment en France.

Le cas le plus connu est Chypre, située à environ 300 km des côtes israéliennes. Les sociétés enregistrées à Chypre arrivent en tête des plaintes déposées auprès de l’AMF, profitant de l’application de la directive européenne MIFID. Quand une plateforme n’est pas régulée, cela signifie qu’elle n’a pas le droit de proposer du trading… mais qu’elle le fait malgré tout. Les régulés s’apparentent parfois à des “arnaques légales”, tandis que les non régulés sont illégaux et constituent toujours des arnaques. Un trader professionnel n’utilise jamais une plateforme non régulée.

Pour saisir l’ampleur de ces fraudes, nous vous conseillons la lecture de cette enquête du Times of Israël. Elle montre pourquoi le trading destiné aux particuliers s’apparente souvent à un casino. Cet article et d’autres mettent également en évidence les liens existants entre industrie du trading, jeux d’argent et criminalité organisée.

Cette industrie est devenue si puissante qu’elle occupe largement l’espace médiatique sur les mots-clés liés à ces sujets. Parfois, elle parvient même à infiltrer la presse dite respectable pour se promouvoir. Ces arnaques touchent désormais toutes les catégories sociales : ce ne sont pas de simples “attrape-nigauds”. Il devient de plus en plus difficile pour un épargnant de s’informer correctement. À terme, c’est une menace croissante pour la sécurité de l’épargne en France et ailleurs.

Il n’existe pas de différence fondamentale entre jeux d’argent et trading, qu’il s’agisse de CFD ou de cryptomonnaies. Les pseudo-conseillers s’appuient sur les mêmes ressorts : addiction, FOMO (peur de rater une opportunité), promesse de gains rapides… Aucun particulier ne devrait “trader” le Bitcoin.

Trading et cryptomonnaies : une arnaque sophistiquée

Au vu de ce qui précède, nous adoptons un avis très défavorable sur les offres de trading en cryptomonnaies. Il est facile de comprendre pourquoi les escrocs se sont tournés vers le bitcoin et les crypto-actifs : les plateformes qui vendaient hier du CFD se sont “relookées” et réinventées.

Le scénario reste identique à celui des arnaques Forex/CFD, mais avec un vocabulaire crypto. Au téléphone, les démarcheurs parlent de levier, de cours, de position, d’achat, d’actifs, d’ordres, de trades et de portefeuille… et, au final, ce sont toujours les victimes qui constatent les pertes et les risques absurdes qu’on leur a fait prendre.

Ces arnaques peuvent aussi prendre des formes comme le copy trading : on vous propose de recopier les ordres d’un “trader” censé gagner beaucoup d’argent, moyennant un abonnement. Et on vous oriente souvent vers une plateforme connue (Bitpanda, Etoro, Trade Republic ou Binance), via un lien sponsorisé.

Ces arnaques crypto sont encore plus dangereuses et plus insidieuses, car elles parviennent souvent à faire croire à la victime que tout est de sa faute. Dans les anciennes arnaques Forex/CFD, la responsabilité de la plateforme était parfois plus visible. Aujourd’hui, on pousse les victimes à prendre des risques croissants, avec un levier excessif, puis, lorsque les actifs disparaissent, elles ignorent souvent que la plateforme et le recruteur se sont enrichis à leurs dépens.

Nous publions donc un avis très négatif sur toute offre qui prétend vous “former” au trading et vous incite à ouvrir un compte sur des plateformes crypto à fort effet de levier : ce type de dispositif vous expose à des risques extrêmes.

[email protected], une adresse mail utilisée par cette arnaque

Pour échanger avec leurs victimes, cette équipe utiliserait l’adresse [email protected]. Il s’agit évidemment d’une identité de façade destinée à donner une apparence de sérieux à cette offre frauduleuse.

Ce n’est probablement pas la seule adresse employée, mais c’est celle que nous avons pu confirmer. Il est possible qu’ils utilisent aussi d’autres adresses sur le même modèle, par exemple [email protected].

Absence de mention légale sur zeylor-pacte.com

L’absence de mentions légales sur le site zeylor-pacte.com constitue un élément rédhibitoire quant à la confiance à accorder à cette entité. En effet, au titre de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire :

Le non-respect de cette obligation d’information est considéré comme grave : il est passible d’1 an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Au regard des services mis en avant par zeylor-pacte.com, ce manquement est particulièrement inquiétant. zeylor-pacte.com semble donc s’exposer à ces sanctions.

Une entreprise respectueuse des règles de transparence et de sécurité numérique ne peut pas ignorer ces obligations ni prendre un tel risque sans se disqualifier. En ce sens, zeylor-pacte.com se décrédibilise totalement.

zeylor-pacte.com est déjà sur liste noire

Lorsqu’une société de services financiers, comme zeylor-pacte.com, vous contacte par téléphone ou par e-mail, redoublez de vigilance. Premier réflexe : consulter la liste noire de l’Autorité des Marchés Financiers, qui recense les entités proposant des investissements sans y être autorisées.

Ces listes noires constituent en partie un aveu d’impuissance des autorités, qui peinent à endiguer la multiplication des arnaques en ligne et, plus largement, à réguler internet. Elles ont donc recours à cette forme de “shaming” public.

Après consultation, il apparaît que zeylor-pacte.com figure bien sur cette liste. En conséquence, nous vous invitons à cesser immédiatement tout échange avec les interlocuteurs se réclamant de cette entité.

L’avis de Warning-Trading : fuyez cette arnaque

Pour nous, il n’y a plus de place au doute : zeylor-pacte.com est une arnaque et doit être considéré comme tel.

Les victimes ont souvent du mal à imaginer que des personnes déploient autant de moyens, d’énergie et d’ingéniosité pour les dépouiller. Et pourtant, c’est bien la réalité : cette URL sert à rançonner des épargnants, et cette activité fait vivre de nombreux complices. L’arnaque 2.0 est devenue une véritable industrie.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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