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Schwarz Apex promet des profits quotidiens grâce à l’intelligence artificielle et aux cryptomonnaies. Plusieurs indices conduisent pourtant à déconseiller formellement ce site.

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Le site schwarzapexapp.org présente Schwarz Apex comme un logiciel de trading automatisé capable d’anticiper les marchés et de générer des gains réguliers. Pourtant, son domaine extrêmement récent, l’anonymat de ses responsables, l’absence de mentions légales et ses promesses financières invérifiables composent un faisceau d’indices particulièrement préoccupant.

Schwarz Apex en bref : les principaux signaux d’alerte

Élément vérifié Constat Niveau de risque
Nom de domaine Créé le 24 août 2026 pour une durée d’un an Très élevé
Identité de l’exploitant Aucune société clairement identifiable Très élevé
Mentions légales Informations obligatoires absentes ou insuffisantes Très élevé
Promesses commerciales Profits quotidiens et revenus présentés comme faciles Très élevé
Collecte des données Nom, téléphone et adresse électronique transmis à des partenaires Élevé
Autorisation financière Aucun agrément clairement présenté ou vérifiable Très élevé

Que propose réellement Schwarz Apex ?

Schwarz Apex affirme mettre l’intelligence artificielle au service du trading de cryptomonnaies. Le site évoque des algorithmes adaptatifs, un hébergement VPS, une fonction de « saut temporel » et une exécution automatisée des transactions.

Le parcours proposé est particulièrement simple en apparence :

  1. remplir un formulaire avec son identité et son numéro de téléphone ;
  2. être mis en relation avec une plateforme ou un « partenaire » ;
  3. verser un dépôt minimum annoncé de 250 dollars ;
  4. laisser un logiciel réaliser des opérations de trading ;
  5. percevoir, selon le discours commercial, des profits quotidiens.

Le site présente également Schwarz Apex comme une solution gratuite, adaptée aussi bien aux débutants qu’aux traders expérimentés. Il prétend permettre de négocier du Bitcoin, de l’Ether, du XRP, des devises, de l’or et des indices comme le S&P 500.

Aucune démonstration indépendante ne permet cependant de confirmer l’existence, les performances ou même le fonctionnement réel de l’algorithme annoncé. Les expressions « profits quotidiens », « opportunités illimitées » ou « flux de revenus constant » sont incompatibles avec la réalité des marchés financiers, sur lesquels aucun rendement ne peut être garanti.

Une contradiction apparaît même dans le discours de Schwarz Apex : le site multiplie les promesses de gains tout en indiquant, dans son avertissement final, ne pas être une entreprise de services financiers et ne pas être habilité à fournir des conseils financiers.

Un domaine créé seulement 22 jours avant notre analyse

D’après les données Whois de schwarzapexapp.org, le domaine a été enregistré le 24 août 2026 et doit expirer le 24 août 2027. À la date de notre analyse, il n’existe donc que depuis 22 jours.

Cette extrême jeunesse est difficilement compatible avec l’image d’une plateforme expérimentée ayant déjà généré des millions de revenus pour ses membres. Une entreprise financière sérieuse peut naturellement lancer un nouveau site. Elle doit toutefois permettre au public de vérifier son ancienneté, son identité juridique, ses dirigeants et ses autorisations.

Dans le cas de Schwarz Apex, les informations disponibles ne permettent pas d’identifier clairement le propriétaire réel du domaine. Celui-ci n’a par ailleurs été réservé que pour une année. Ces caractéristiques sont fréquemment observées dans les dossiers de faux investissements : un site est rapidement créé, exploité pendant quelques semaines ou quelques mois, puis remplacé lorsqu’il accumule trop de signalements.

Qui dirige Schwarz Apex ? Une identité juridique introuvable

Schwarz Apex ne fournit pas les informations permettant d’identifier précisément la société qui exploite schwarzapexapp.org. Aucun dirigeant, siège social vérifiable, numéro d’immatriculation ou capital social n’est clairement mis en avant.

Le texte figurant au bas du site est particulièrement révélateur. Il indique que les noms présentés, dont Schwarz Apex, seraient employés à des fins de marketing et d’illustration et qu’ils ne représenteraient pas nécessairement des entités ou des fournisseurs réels.

Autrement dit, le site reconnaît lui-même que Schwarz Apex peut ne correspondre à aucune entreprise réelle. Cette réserve est incompatible avec le niveau de confiance exigé d’un intermédiaire qui sollicite les coordonnées de particuliers et les incite à déposer de l’argent auprès de courtiers partenaires.

Le site précise également que les images et vidéos promotionnelles peuvent présenter des acteurs professionnels et non de véritables clients. Les internautes ne doivent donc pas interpréter ces contenus comme des témoignages authentiques.

Schwarz Apex ressemble à une page de capture

Schwarz Apex présente plusieurs caractéristiques d’un site de capture ou d’une page de capture. Ce type de site n’exécute pas nécessairement lui-même les opérations financières. Sa fonction principale consiste à collecter les coordonnées de prospects avant de les transmettre à des partenaires commerciaux.

Le formulaire de Schwarz Apex demande notamment :

  • le nom complet ;
  • l’adresse électronique ;
  • le numéro de téléphone ;
  • le pays de résidence.

Le site indique expressément qu’en remplissant ce formulaire, l’utilisateur accepte le partage de ses données personnelles avec les « partenaires de Schwarz Apex », notamment des entreprises spécialisées dans l’éducation à l’investissement.

L’identité de ces partenaires n’est pourtant pas communiquée avant l’inscription. L’internaute ignore donc quelle société recevra ses informations, dans quel pays elle se trouve et sous quelle réglementation elle exerce.

Après une inscription sur une page de capture, le prospect peut être contacté par un interlocuteur utilisant un autre nom commercial. Ce conseiller cherche généralement à obtenir rapidement un premier versement, souvent fixé à 250 euros ou 250 dollars. Il devient alors difficile de relier le courtier qui réclame l’argent au site sur lequel les données ont initialement été déposées.

Pourquoi les promesses de trading automatisé sont-elles dangereuses ?

Schwarz Apex affirme que son logiciel peut maximiser les profits tout en réduisant considérablement les risques. Il évoque aussi des revenus quotidiens et des transactions lucratives exécutées en continu.

Un acteur sérieux ne peut pas promettre des gains stables sur le Bitcoin, les CFD ou le Forex. Ces produits sont spéculatifs et peuvent provoquer la perte rapide de la totalité du capital.

Une étude de l’Autorité des marchés financiers consacrée au Forex et aux CFD a montré que près de neuf clients particuliers sur dix perdaient de l’argent. Les pertes moyennes constatées atteignaient plusieurs milliers d’euros.

Certains courtiers peuvent en outre se trouver en conflit d’intérêts avec leurs clients. Selon le modèle économique utilisé, les pertes du client peuvent devenir un revenu pour la plateforme ou pour l’intermédiaire qui prend la position opposée.

Les pratiques dénoncées dans cette industrie reposent souvent sur des formules commerciales telles que :

  • « Vous allez vous refaire » ;
  • « Déposez davantage pour débloquer votre retrait » ;
  • « Le marché offre une occasion exceptionnelle » ;
  • « Payez d’abord la taxe pour récupérer vos gains ».

Une enquête du Times of Israel sur l’industrie du Forex avait déjà décrit les méthodes de centres d’appels spécialisés dans ce type de démarchage.

Une mécanique industrielle de faux investissements

Schwarz Apex ressemble à de nombreux sites consacrés aux robots de trading et aux cryptomonnaies. Leur présentation suit souvent un modèle standardisé : intelligence artificielle prétendument révolutionnaire, inscription gratuite, dépôt minimum réduit et promesse de revenus passifs.

Une enquête publiée par Le Monde sur les mafias des arnaques aux placements a décrit un écosystème composé de fournisseurs de publicités, de pages de capture, d’affiliés et de faux courtiers.

Le scénario se déroule généralement en plusieurs étapes :

  • une publicité spectaculaire est diffusée sur un réseau social ;
  • elle peut usurper l’identité d’un média ou d’une personnalité ;
  • l’internaute est redirigé vers un formulaire d’inscription ;
  • ses coordonnées sont transmises à un centre d’appels ;
  • un conseiller lui réclame un premier dépôt ;
  • une interface affiche des bénéfices fictifs ;
  • des versements supplémentaires sont exigés ;
  • le retrait devient finalement impossible.

Des personnalités comme Élise Lucet, Jamel Debbouze, Cyril Hanouna, Bernard Arnault ou Elon Musk ont déjà vu leur image détournée dans de fausses publicités financières. Des médias tels que Le Monde, Franceinfo, Le Figaro, Libération ou TF1 ont également fait l’objet d’imitations.

Les cryptomonnaies, un terrain privilégié pour les escroqueries

Le secteur des crypto-actifs attire les fraudeurs en raison de sa technicité, de la rapidité des transactions et de la difficulté à faire annuler un transfert. En 2021, les fraudes et vols de cryptomonnaies avaient enregistré une progression de 600 % en un an.

Les crypto-actifs représentaient par ailleurs un quart des dossiers d’escroquerie traités par l’AMF. L’affaire OneCoin, dont le préjudice a été estimé à plusieurs milliards de dollars, illustre l’ampleur que peuvent atteindre ces montages.

Warning Trading documente régulièrement les arnaques liées aux cryptomonnaies. La blockchain ne rend pas un investissement légitime. Elle peut au contraire compliquer la récupération des fonds lorsque les paiements sont envoyés vers des portefeuilles contrôlés par des personnes anonymes.

Schwarz Apex ne présente aucune mention légale satisfaisante

Le site schwarzapexapp.org ne permet pas de retrouver les principales informations légales attendues d’un site professionnel. Or, la loi pour la confiance dans l’économie numérique impose la publication d’informations permettant d’identifier l’éditeur.

Comme le rappelle le site officiel Service-Public.fr, doivent notamment apparaître :

  • la dénomination sociale et l’adresse de l’entreprise ;
  • le numéro d’immatriculation au registre du commerce ;
  • une adresse électronique et un numéro de téléphone ;
  • le numéro de TVA intracommunautaire, lorsqu’il est applicable ;
  • l’identité et les coordonnées de l’hébergeur ;
  • l’autorité ayant accordé une autorisation pour une activité réglementée.

L’absence de ces éléments empêche tout recours simple contre l’exploitant de Schwarz Apex. Elle ne permet pas non plus de vérifier si une entreprise dispose de l’autorisation nécessaire pour proposer des services financiers en France.

Pourquoi l’absence de Schwarz Apex sur une liste noire ne rassure pas

Au moment de notre vérification, Schwarz Apex ne semble pas figurer sur les principales listes noires des régulateurs. Cette absence ne constitue en aucun cas une validation.

Les autorités interviennent généralement après avoir reçu des signalements ou identifié un démarchage irrégulier. Un domaine créé depuis seulement quelques jours peut donc ne pas encore avoir été détecté. Les sites frauduleux changent également fréquemment de nom et d’adresse internet.

Les épargnants peuvent consulter les listes noires et alertes d’ABE Infoservice ainsi que les mises en garde de l’AMF.

Il est également possible de contacter Épargne Info Service afin de vérifier si une société est autorisée à proposer un placement en France.

Notre avis : il faut éviter Schwarz Apex

Les éléments réunis conduisent à un constat sans ambiguïté : Schwarz Apex présente le profil d’une offre de faux investissement et d’une page destinée à collecter des données personnelles.

Notre avis repose notamment sur :

  • la création extrêmement récente de schwarzapexapp.org ;
  • l’anonymat de l’exploitant et des partenaires ;
  • l’absence de société identifiable et d’agrément financier ;
  • les promesses répétées de profits quotidiens ;
  • le dépôt minimum de 250 dollars ;
  • la collecte des coordonnées avant toute information précise sur le courtier ;
  • les contradictions entre les promesses commerciales et l’avertissement juridique ;
  • l’emploi d’un discours stéréotypé déjà observé sur de nombreux sites suspects.

Nous déconseillons donc de communiquer ses coordonnées, d’ouvrir un compte ou de transférer de l’argent par l’intermédiaire de Schwarz Apex. L’escroquerie financière en ligne est devenue une industrie structurée et particulièrement rentable. La prudence est indispensable, même lorsqu’un site affiche une interface professionnelle ou invoque l’intelligence artificielle.

Que faire si vous avez déjà versé de l’argent ?

Si vous avez communiqué vos informations ou effectué un dépôt après une inscription sur Schwarz Apex, cessez immédiatement tout nouveau paiement. Ne versez aucune prétendue taxe, commission de déblocage ou assurance destinée à obtenir un retrait.

Conservez l’ensemble des preuves :

  • courriels et conversations par messagerie ;
  • numéros de téléphone utilisés ;
  • relevés bancaires et justificatifs de virement ;
  • adresses de portefeuilles de cryptomonnaies ;
  • captures d’écran de l’espace client ;
  • noms et adresses internet des plateformes impliquées.

Contactez rapidement votre banque afin de signaler la fraude et de demander si une procédure de rappel des fonds ou de contestation du paiement reste possible. Modifiez également vos mots de passe si vous avez transmis des documents personnels ou installé un logiciel de prise en main à distance.

Méfiez-vous enfin des escroqueries à la récupération de fonds. Après une première fraude, de faux avocats, enquêteurs ou agents de régulation peuvent promettre de récupérer l’argent contre le paiement de nouveaux frais. Une autorité publique ne réclame pas un versement en cryptomonnaies pour restituer des fonds volés.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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