IM Academy et ses fondateurs visés par la FTC pour une arnaque pyramidale déguisée en plateforme de formation au trading.
Mai 2025: la FTC met en examen IM Academy, Chris Terry et Isis de la Torre
Les offres liées à IM Mastery et Iyovia, sur lesquelles nous avons publié des articles à plusieurs reprises sont impliquées dans une procédure judiciaire aux Etats-Unis.
L’affaire IM Mastery Academy, parfois désignée sous ses autres appellations commerciales IM Academy ou iMarketsLive, illustre l’une des actions judiciaires les plus emblématiques récentes engagées par la Federal Trade Commission (FTC) et l’État du Nevada. Cette procédure vise à dénoncer un système présenté comme une plateforme de formation au trading et au forex, mais qui, selon les autorités américaines, cachait en réalité un schéma pyramidal.

Liste des accusés par la FTC du Nevada.
Le 1ᵉʳ mai 2025, la FTC et le procureur général du Nevada ont déposé une plainte auprès du tribunal fédéral du district du Nevada. Dans ce document, ils accusent l’entreprise et plusieurs de ses dirigeants, au premier rang desquels Chris et Isis Terry, d’avoir trompé des milliers de consommateurs, principalement des jeunes et des membres de minorités ethniques.
Les profits viennent du recrutement plus que de la vente de formations
L’argument central de la plainte est que l’essentiel des revenus générés par IM Academy ne provenait pas de la vente de formations légitimes, mais du recrutement de nouveaux membres. Les autorités parlent ainsi d’un « stratagème pyramidal classique », maquillé sous des slogans de développement personnel et de promesses de liberté financière.
La société proposait des abonnements coûteux, censés donner accès à des formations en ligne sur le trading de devises, les cryptomonnaies et d’autres instruments financiers. En parallèle, les adhérents étaient incités à parrainer d’autres participants, en leur promettant des commissions récurrentes.
La FTC avance que les campagnes de promotion de l’académie mettaient en avant des témoignages trompeurs, insistant sur des réussites spectaculaires et des perspectives de revenus rapides, alors que la majorité des membres perdaient en réalité de l’argent. Les jeunes adultes et les communautés défavorisées figuraient parmi les cibles privilégiées de cette communication agressive.
Global Dynasty Network, Jason Brown et Matthew Rosa payent 2,5 millions de dollars
Dès l’été 2025, la procédure a franchi une étape cruciale. Le 21 août 2025, un juge fédéral du Nevada a accordé une injonction préliminaire contre IM Mastery Academy, ses dirigeants et certaines de ses filiales. Cette mesure a eu pour effet immédiat de limiter fortement les activités de l’entreprise. L’injonction ordonne notamment la cessation de pratiques jugées trompeuses, la préservation des documents et preuves, ainsi que le gel de certains actifs financiers afin d’éviter toute dissipation avant l’issue du procès.
En parallèle, plusieurs défendeurs secondaires ont choisi la voie du règlement. En août 2025, Global Dynasty Network, ainsi que deux figures de l’organisation, Jason Brown et Matthew Rosa, ont conclu un accord à hauteur de 2,5 millions de dollars. Quelques semaines plus tard, le 4 septembre 2025, deux autres dirigeants influents, Alex Morton et Brandon Boyd, ont signé des ordonnances permanentes avec la FTC. Ces accords imposent des restrictions sévères sur leurs futures activités commerciales, des injonctions durables interdisant la promotion de schémas similaires, ainsi que des sanctions financières.

Extrait du site internet de la FTC du Nevada.
Ces règlements partiels permettent de clore le litige pour les personnes concernées, mais ils ne mettent pas fin à l’affaire dans son ensemble. Les principaux responsables, Chris et Isis Terry, restent au centre de la procédure. Le procès suit donc son cours, et il reviendra au tribunal de déterminer la responsabilité finale des fondateurs et de fixer le montant des restitutions et sanctions définitives.
Trading et cryptomonnaies, encore impliqués dans une arnaque pyramidale
L’affaire IM Mastery Academy ne se limite pas à une simple fraude financière. Elle met en lumière un phénomène plus large : la prolifération de modèles économiques déguisés en programmes éducatifs en ligne, qui exploitent l’attrait croissant pour le trading, les cryptomonnaies et les opportunités de revenus alternatifs. En s’attaquant frontalement à cette organisation, la FTC entend rappeler que ces modèles, lorsqu’ils reposent principalement sur le recrutement, s’apparentent à des systèmes pyramidaux, illégaux et destructeurs pour les consommateurs.
Cette procédure est donc à la fois un cas judiciaire majeur et un signal politique : les autorités américaines redoublent d’attention face aux entreprises qui utilisent un vernis éducatif ou technologique pour masquer des pratiques frauduleuses. Elle démontre également que la FTC privilégie une approche graduée, combinant des règlements rapides pour certains acteurs secondaires et une poursuite approfondie contre les principaux dirigeants, afin de maximiser la protection des consommateurs et la dissuasion des fraudeurs.
En conclusion, l’affaire IM Mastery Academy est toujours en cours. Si plusieurs défendeurs ont accepté des règlements, le cœur de la procédure – concernant les fondateurs et dirigeants principaux – reste à juger. Le procès devra trancher sur les responsabilités définitives et déterminer si, comme l’affirment la FTC et l’État du Nevada, l’organisation n’était rien d’autre qu’une escroquerie pyramidale sophistiquée, habilement dissimulée derrière le discours séduisant de l’éducation financière et de l’entrepreneuriat.
Iyovia, le nouveau nom d’IM Mastery Academy?
Iyovia est la nouvelle appellation adoptée par l’organisation précédemment connue sous les noms IM Mastery Academy, IM Academy ou encore iMarketsLive. Officiellement présentée comme une plateforme internationale de formation en ligne dans les domaines du trading, des cryptomonnaies et de l’« éducation financière », Iyovia se présente comme une communauté mondiale aidant ses membres à acquérir des compétences économiques et à développer leur indépendance financière.
En pratique, selon la Federal Trade Commission (FTC) et l’État du Nevada, Iyovia n’est que le prolongement d’un système pyramidal déjà poursuivi sous ses anciennes identités. La plainte déposée en mai 2025 affirme que depuis 2018, l’organisation a collecté plus de 1,2 milliard de dollars auprès des consommateurs, en particulier de jeunes adultes et de membres de minorités. Le modèle économique repose moins sur la vente de véritables formations que sur le recrutement de nouveaux membres, rémunérés via des commissions.
Le changement de nom en Iyovia, opéré en 2024, apparaît comme une stratégie de rebranding destinée à se distancer des critiques croissantes et des poursuites judiciaires. Derrière un discours attractif sur l’éducation financière et la réussite entrepreneuriale, les autorités américaines y voient une arnaque sophistiquée, masquée par un vernis pédagogique.
Le marketing multiniveau encore une fois sur le banc des accusés
Plusieurs affaires célèbres illustrent les dérives du marketing multiniveau:
- En 2016, Herbalife a accepté de payer 200 millions de dollars et de réformer son modèle, jugé trop dépendant du recrutement.
- En 2014, la justice américaine a confirmé que BurnLounge, qui vendait de la musique, fonctionnait comme une pyramide illégale.
- En 2015, la FTC a sanctionné Vemma Nutrition, ciblant les étudiants avec de fausses promesses entrepreneuriales.
- Enfin, en 2013, Fortune Hi-Tech Marketing a été fermée, ses victimes indemnisées à hauteur de 169 millions. Ces cas montrent la surveillance accrue des autorités face aux MLM déguisés en systèmes pyramidaux.
Le marketing multiniveau (MLM) est une méthode de vente où les participants ne gagnent pas seulement des commissions sur leurs ventes directes, mais aussi sur celles des personnes qu’ils recrutent. Sur le papier, il s’agit d’un modèle de distribution alternatif. En pratique, ce système suscite de vives critiques car il repose souvent davantage sur le recrutement que sur la vente réelle de produits ou services. Plus la structure s’élargit, plus il devient difficile pour les nouveaux entrants de générer des revenus, car le marché est saturé. De nombreuses enquêtes montrent que la grande majorité des participants perdent de l’argent.
Le MLM est aussi accusé d’adopter des méthodes proches des sectes : culte du leadership, promesses de réussite financière et personnelle, pression psychologique pour recruter famille et amis, culpabilisation de ceux qui échouent. Des séminaires intensifs, une rhétorique sur la “liberté” et l’“entrepreneuriat” servent souvent à renforcer l’adhésion émotionnelle et à masquer les faibles résultats financiers.
Enfin, la frontière entre MLM “légal” et système pyramidal illégal est ténue : dès que la rémunération dépend principalement du recrutement plutôt que de ventes réelles, l’activité devient frauduleuse. Ces caractéristiques expliquent pourquoi le MLM reste fortement surveillé et régulièrement dénoncé comme trompeur et destructeur.


