La DGCCRF alerte sur de nombreuses irrégularités dans le secteur des compléments alimentaires, entre allégations trompeuses, compositions non conformes et risques pour les consommateurs.
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Compléments alimentaires : des anomalies généralisées selon la DGCCRF
Les compléments alimentaires sont de plus en plus consommés en France, portés par les promesses de bien-être, de performance ou de perte de poids. Pourtant, les contrôles menés par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) révèlent une réalité bien plus inquiétante. L’administration évoque une « vaste gamme d’anomalies », touchant aussi bien les fabricants, les distributeurs que les vendeurs en ligne.
Parmi les principaux problèmes constatés figurent des étiquetages non conformes, des allégations de santé interdites et des présentations trompeuses. Certains produits laissent entendre qu’ils peuvent prévenir, traiter ou même guérir des maladies, ce qui est strictement interdit par la réglementation européenne. D’autres affichent des bénéfices exagérés, sans aucune preuve scientifique solide.
La DGCCRF souligne également des manquements dans la déclaration des produits, cependant obligatoire avant leur mise sur le marché. Ces pratiques fragilisent la confiance des consommateurs et créent une concurrence déloyale entre les acteurs respectant les règles et ceux qui s’en affranchissent volontairement.
Les chiffres des contrôles inquiètent
Voici un résumé des chiffres clés de l’enquête DGCCRF 2023 sur les compléments alimentaires :
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270 établissements contrôlés (fabricants, distributeurs, sites internet, salles de sport, parapharmacies).
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Environ 33 % des établissements présentaient au moins une anomalie.
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20 % de non-conformités pour les compléments destinés aux enfants, contre 37 % pour les autres produits.
Les analyses en laboratoire de 45 produits indiquent
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27 non conformes, soit 60 %.
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90 % des anomalies liées à des écarts de teneur en vitamines/minéraux :
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41 % : déficit en vitamines
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27 % : excès en vitamines
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Vitamines les plus concernées : C, A, D et E
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A la suite de ces contrôles, la DGCCRF a pris plusieurs décisions :
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71 injonctions
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25 procès-verbaux pénaux
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5 procès-verbaux administratifs
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Dont, pour les produits enfants :
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13 injonctions
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3 PV pénaux
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3 PV administratifs
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67 avertissements, dont 14 concernant des produits pour enfants.
Compléments alimentaires : des risques réels pour la santé des consommateurs
Au-delà des aspects réglementaires, la DGCCRF met en avant de véritables risques pour la santé publique. Certains compléments alimentaires analysés contiennent des substances interdites, des dosages excessifs en vitamines ou minéraux, ou encore des ingrédients actifs non déclarés. Ces anomalies peuvent entraîner des effets indésirables graves, notamment chez les personnes vulnérables.
Les produits destinés à la musculation, à la minceur ou à l’amélioration des performances sexuelles sont particulièrement concernés. La présence de stimulants, de substances médicamenteuses ou de plantes à effets pharmacologiques non autorisées expose les consommateurs à des interactions dangereuses avec des traitements médicaux.
La DGCCRF rappelle que « naturel » ne signifie pas sans danger. Un complément alimentaire mal formulé ou mal utilisé peut provoquer des troubles cardiovasculaires, hépatiques ou neurologiques. L’absence d’information claire empêche le consommateur de faire un choix éclairé, augmentant mécaniquement le niveau de risque sanitaire.
Compléments alimentaires : un encadrement renforcé et des sanctions possibles
Face à l’ampleur des dérives, la DGCCRF annonce un renforcement des contrôles sur l’ensemble de la chaîne : importation, fabrication, distribution et vente en ligne. Les opérateurs en infraction s’exposent à des injonctions de mise en conformité, des retraits de produits, voire des sanctions financières et pénales dans les cas les plus graves.
L’administration appelle également les consommateurs à la vigilance. Elle recommande de privilégier les circuits fiables, de se méfier des promesses miracles et de consulter un professionnel de santé avant toute consommation régulière. Les signalements effectués via les plateformes officielles jouent un rôle clé dans la détection des pratiques frauduleuses.
Dans un marché en forte croissance, la DGCCRF envoie un message clair : le secteur des compléments alimentaires ne peut pas évoluer en dehors du cadre légal, au détriment de la sécurité des consommateurs.
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