BetConstruct obtient deux agréments ANJ et renforce sa présence dans un marché des paris sportifs en plein essor… mais aussi en pleine explosion des addictions.
Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez une première orientationBetconstruct, un acteur des casinos en ligne, dans le pari sportif
L’Autorité nationale des jeux (ANJ) vient d’attribuer deux agréments distincts à la société BetConstruct France — sous les références BCFR4 pour DAZNBet.fr et BCFR3 pour Vibrez.fr.
Betconstruct se présente sur son site comme « fournisseur de logiciels de paris et de jeux de pointe », essentiellement dans les jeux d’argent et casinos en ligne, interdits en France.
BetConstruct est donc un fournisseur technologique international spécialisé dans les solutions iGaming — paris, casino, etc. En France, via BetConstruct France, la société agit comme opérateur ou prestataire pour des marques de paris sportifs. Le partenariat avec DAZN par exemple vise à tirer parti de la forte notoriété du diffuseur sportif pour pénétrer le marché français.
Cette double validation marque non seulement l’arrivée de deux nouveaux opérateurs sur le marché français des paris sportifs, mais aussi souligne l’essor de la stratégie de BetConstruct dans l’Hexagone.
Le marché des paris sportifs strictement encadré en France
Le marché des paris sportifs en ligne en France est strictement régulé : depuis la loi du 12 mai 2010 modifiée et les décrets associés, tout opérateur souhaitant proposer des paris en ligne doit obtenir un agrément auprès de l’ANJ.
Cette régulation vise notamment à garantir la protection des joueurs (âge, identité), l’intégrité des jeux, la sécurité des données et la lutte contre l’addiction.
Le marché est dynamique : en 2024, le Produit Brut des Jeux (PBJ) pour les paris sportifs a dépassé 1,7 milliard d’euros.
Ouverture de la concurrence et explosion de l’addiction…
Depuis l’ouverture du marché des paris sportifs en ligne en 2010, la France connaît une hausse significative des comportements addictifs liés aux jeux d’argent, un phénomène régulièrement confirmé par l’Autorité nationale des jeux (ANJ) et par les travaux de santé publique. La libéralisation a rendu les paris plus accessibles : applications mobiles, bonus d’inscription, notifications, publicité omniprésente… autant d’éléments qui ont considérablement augmenté la fréquence de jeu et l’exposition des publics jeunes.
Les études montrent que la proportion de joueurs à risque modéré ou excessif a nettement augmenté depuis 2010, avec une sur-représentation des hommes jeunes, souvent vulnérables économiquement. Les paris « en direct » (live-betting) sont particulièrement corrélés à l’addiction. Par ailleurs, les campagnes publicitaires massives autour des grandes compétitions sportives renforcent le sentiment que le pari est un loisir ordinaire, voire un moyen facile de gagner de l’argent.
Un danger supplémentaire pour la santé mentale des mineurs…
Le paradoxe des publicités pour les paris sportifs tient au fait que, bien que la loi interdise strictement toute communication visant les mineurs, ceux-ci y sont malgré tout exposés partout dans l’espace public. Juridiquement, les opérateurs ne peuvent ni cibler les jeunes ni utiliser de codes qui leur sont destinés. Pourtant, dans la pratique, les mineurs traversent les mêmes lieux que les adultes : abribus, métros, panneaux lumineux, stades, réseaux sociaux. Ils voient donc ces publicités même si elles ne leur sont pas “destinées”.
À cela s’ajoute le fait que les publicités de paris sportifs utilisent fréquemment des codes attractifs pour les jeunes — couleurs dynamiques, slogans motivants, influenceurs populaires, ambiance football-gaming — sans être explicitement adressées aux mineurs. La frontière entre “non ciblé” et “fortement attractif” devient floue. Par ailleurs, les grandes compétitions sportives, très suivies par les adolescents, amplifient cette exposition.
La contradiction fondamentale vient du conflit entre santé publique et enjeux économiques. L’État veut protéger les mineurs, mais l’industrie des jeux et les clubs sportifs ont intérêt à multiplier la visibilité. Résultat : une interdiction de principe, mais une exposition massive de fait, qui réduit fortement l’efficacité de la protection légale.
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