Mise en garde concernant summit.io. Ce site semble très probablement relever de l’arnaque et commencer à faire des victimes. Voici les éléments qui retiennent particulièrement notre attention.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez une première orientation

summit.io existe depuis plus d’un an, mais la prudence reste de mise

Une consultation du Whois de summit.io nous indique que ce site a été créé il y a 5281 jours. En règle générale, plus un nom de domaine est ancien, plus il inspire confiance. C’est un indicateur utile, mais il demeure insuffisant. En effet, une URL ancienne peut malgré tout masquer une escroquerie pour plusieurs raisons :

  • Certaines fraudes mettent des années avant d’être repérées, dénoncées puis stoppées. C’est notamment le cas des arnaques pyramidales dans lesquelles les premiers entrants perçoivent réellement de l’argent. Des escroqueries célèbres comme OneCoin ou Omegapro ont prospéré pendant longtemps avant d’être publiquement exposées.
  • Certains fraudeurs rachètent d’anciens noms de domaine laissés à l’abandon afin de profiter de leur ancienneté et donc de leur crédibilité. Ainsi, une arnaque récente peut donner l’illusion d’exister depuis 10 ans. C’est une méthode sophistiquée pour tromper les épargnants et les consommateurs.

Les escrocs mettent en place de véritables stratégies. Il faut donc distinguer ceux qui enchaînent les petites arnaques vite repérées et signalées, et ceux qui bâtissent une fraude pensée pour durer. Pour ces derniers, le whois ne suffit pas à les identifier. Il arrive même qu’ils remboursent certains clients afin de continuer à en piéger d’autres le plus longtemps possible. Ce sont logiquement les montages les plus élaborés qui causent les plus lourds préjudices.

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Pourquoi l’univers des cryptos relance-t-il les arnaques au trading ?

Depuis quelques années, nous constatons que l’industrie des faux investissements, qui proposait autrefois des services frauduleux de spéculation sur le forex, les options, les marchés à terme et les CFD, s’est emparée de la technologie de la blockchain et des cryptomonnaies pour poursuivre l’escroquerie des investisseurs.

Ils ne demandent plus à leurs victimes de prendre une position sur le dollar face à l’euro, par exemple, mais de passer un ordre sur une cryptomonnaie comme le Bitcoin ou l’Ether. Cela leur permet de surfer sur l’actualité et les tendances du moment. En effet, les médias évoquent sans cesse le cours des cryptomonnaies, la volatilité du bitcoin ou encore les dossiers liés à Bitpanda, Etoro, Trade Republic ou Binance…

Dans l’esprit de nombreux investisseurs, la crypto est devenue un placement comme un autre alors que nous estimons qu’il s’agit d’un investissement comportant de très nombreux risques. Les escrocs exploitent donc cette idée reçue pour convaincre des personnes vulnérables d’investir dans les cryptomonnaies. Les victimes sont toujours plus nombreuses à en faire les frais lorsqu’elles découvrent ce qu’il est advenu de leurs actifs crypto…

Pourquoi les cryptomonnaies constituent-elles un nouveau terrain de jeu pour les arnaques ?

Pour les escrocs, l’essor des cryptomonnaies a été une aubaine, une opportunité considérable. Il suffit d’en juger : en 2021, les fraudes et vols de cryptomonnaies ont augmenté de 600%. On sait également qu’un quart des plaintes reçues par l’AMF, le régulateur financier français, concernent les crypto-actifs. Les offres d’investissement en cryptos sont jalonnées de scandales retentissants comme la célèbre affaire Onecoin, qui représenterait plus de 4 milliards de dollars de préjudice. Et nous dénonçons régulièrement des arnaques manifestes dans ce secteur. Facteur aggravant : ces dernières années, l’envolée d’une cryptomonnaie comme le Bitcoin a largement servi d’argument à des margoulins pour promouvoir l’investissement numérique en cryptomonnaie.

La technologie de la blockchain, qui permet l’existence des cryptomonnaies, se prête naturellement à ce type d’abus. Elle a été conçue pour s’affranchir de l’Etat qui, dans les démocraties, est normalement l’institution chargée de défendre l’intérêt général. Les cryptos véhiculent une idéologie anarco-libertaire dans laquelle l’individu est censé décider seul de ce qui est bon pour lui, à partir des informations que lui transmet un marché dérégulé de l’information. La conséquence de cette vision du monde, c’est la multiplication d’offres frauduleuses, dans lesquelles la fraude devient la norme et l’honnêteté l’exception. Il y a donc tout lieu de craindre que summit.io appartienne à cette catégorie…

C’est particulièrement paradoxal car la blockchain et la crypto promettaient une sécurité absolue des transactions. Alors comment fonctionnent ces escroqueries sophistiquées qui impliquent désormais les monnaies issues de la blockchain ?

Pourquoi le trading est-il si souvent utilisé dans les escroqueries ?

Le trading sur les marchés financiers et en bourse sert depuis une quinzaine d’années à monter massivement des arnaques visant les petits investisseurs particuliers auxquels on propose de devenir trader. 7 milliards d’euros ont ainsi été extorqués à des épargnants français, sans doute bien davantage. Les escrocs recrutent un investisseur particulier et l’incitent à prendre une position ou à passer un ordre très risqué, avec une forte probabilité de perte en capital. Puis, selon des scénarios variés, ces apprentis traders finissent systématiquement par perdre leur mise, quelle que soit leur formation.

Ces sites de trading prolifèrent parce que chaque plateforme ou courtier peut capter le capital perdu par chaque trader. C’est particulièrement vrai pour le trading sur le Forex et les CFD (voir notre lexique pour la définition). Le Forex est le marché des devises. Les CFD permettent aux traders de parier sur l’évolution future d’un actif, y compris le cours d’actions. C’est aussi le cas des options et des contrats à terme, qui sont encore plus complexes.

En effet, sur le Forex et les CFD, une plateforme de trading fonctionne en réalité comme une bourse décentralisée, et non comme la bourse des actions ou des titres. Cela signifie que la plateforme doit trouver elle-même une contrepartie pour chaque ordre passé, car le trader ne devient pas propriétaire d’une action : il s’engage à payer un prix (ou à le recevoir…) si un événement donné se produit.

Trading, casino, forex, jeux d’argent, CFD, options… quelle différence ?

Il s’agit donc davantage d’une bourse de paris que d’un marché où l’on échange des valeurs comme des actions. La plateforme peut alors trouver un autre utilisateur du site pour prendre la position inverse sur le marché. Elle peut aussi aller chercher d’autres traders ailleurs sur les marchés mondiaux pour endosser l’ordre inverse. Ou bien encore, elle peut prendre elle-même la position opposée à celle de son client trader sur le site qui fait office de marché.

Mais le site de trading dispose d’une information précieuse. De manière générale, il sait qu’un particulier trader est un très mauvais trader. Ils perdent leur argent 9 fois sur 10 comme le montre une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Et surtout, le site de trading peut analyser le carnet d’ordres de ses propres clients et le comparer aux marchés pour mesurer le niveau d’efficacité de ses investisseurs.

Si le trader accumule les pertes, le site de trading va considérer qu’il a plutôt intérêt à prendre lui-même la contrepartie de chaque ordre, plutôt que de chercher un autre trader sur les marchés internationaux ou en interne pour assumer l’ordre opposé. De cette manière, il pourra récupérer la perte à la place d’un autre intervenant du marché.

Au final, ce mécanisme correspond largement à la définition du casino et des jeux d’argent. Il n’existe pas, à première vue, de différence fondamentale entre cette forme de bourse d’investissement et les jeux d’argent. Les ressorts psychologiques mobilisés sont exactement les mêmes. Beaucoup de gourous qui vendent des formations au trading l’ont bien compris. Ils affirment qu’une formation permet de faire fructifier son argent grâce au trading.

Que valent les formations à l’analyse technique et à la stratégie ?

Même avec une formation, un particulier trader perdra 90% du temps. Les professionnels de la finance le savent, et beaucoup de particuliers en ont payé le prix fort. Pourtant, des formations vous promettent de devenir trader, de vous former à l’analyse technique pour le trading même sans diplôme. Leur coût est généralement très élevé, et il est souvent préférable d’investir cette somme sur des titres ou de consulter de vrais conseillers financiers.

En général, ces formateurs ne vivent pas du trading mais uniquement de la vente de leurs formations. C’est paradoxal. Si vous savez vraiment choisir les bonnes positions sur les marchés pour limiter le risque, pourquoi vendre des formations ? Mieux vaudrait garder ce savoir pour soi. C’est particulièrement grave car avec l’effet de levier, il est possible de perdre des sommes considérables en prenant des risques disproportionnés.

En effet, l’effet de levier permet de miser de l’argent que l’on ne possède pas. Si l’on gagne, on encaisse les gains. Mais si l’on perd, il faut rembourser les pertes. C’est pourquoi le trading ne devrait jamais être présenté comme un placement sans risque, ni comme un investissement de bon père de famille. Un tel trader n’existe pas. Le trading est, par définition, un investissement exposant à un risque de perte très élevé, contrairement au marché actions. Nous avons un avis très tranché sur le trading destiné aux particuliers : il devrait être interdit.

Liens entre trading sur cryptomonnaies et criminalité organisée

Les sites de trading peuvent être régulés ou non régulés. Lorsqu’ils sont légalement établis dans l’Union européenne et qu’ils bénéficient de ce que l’on appelle le « passeport financier européen », ils sont considérés comme « régulés ». Cela signifie qu’ils ont le droit de proposer du trading dans tous les autres pays membres de l’Union européenne, y compris la France.

Évidemment, certains petits pays mal intentionnés jouent ce jeu de mauvaise foi à travers un nivellement par le bas. Ils abaissent leur niveau de contrôle et d’exigence afin d’attirer sur leur territoire des acteurs mal intentionnés, qui s’y installent pour arnaquer des victimes situées dans d’autres pays membres de l’Union européenne, dont la France.

Le cas le plus connu est celui de Chypre, situé à 300 km des côtes israéliennes. Les sociétés enregistrées à Chypre arrivent en tête des plaintes déposées auprès de l’AMF car elles profitent de l’application de la directive européenne MIFID. Lorsqu’ils ne sont pas régulés, cela signifie qu’ils n’ont pas le droit de proposer du trading mais qu’ils le font malgré tout. Les régulés sont des sortes d’ »arnaques légales ». Les non régulés sont illégaux et relèvent toujours de l’arnaque. Un trader professionnel ne se rend jamais sur un site de trading non régulé.

Pour comprendre l’ampleur des fraudes à l’investissement dans le trading au détriment des petits investisseurs, nous vous recommandons de lire cette remarquable enquête publiée dans le Times of Israël. Elle explique très bien pourquoi le trading destiné aux particuliers ressemble en réalité à une forme de casino ou de jeu d’argent. Cet article et d’autres démontrent les liens existants entre l’industrie du trading, celle des jeux d’argent et la criminalité organisée.

Cette industrie frauduleuse est devenue si puissante et tentaculaire qu’elle parvient à saturer l’espace médiatique autour des mots-clés liés à ces sujets. Parfois, elle réussit même à infiltrer la presse respectable pour y faire passer de la publicité. Ces arnaques touchent désormais toutes les catégories de la population. Ce ne sont pas de simples attrape-nigauds. Il devient de plus en plus difficile pour un épargnant de s’informer correctement et de faire un choix éclairé. À terme, cela constitue une menace croissante pour la sécurité de l’épargne en France et dans le monde.

En effet, il n’existe pas de différence fondamentale entre les jeux d’argent et le trading, qu’il s’agisse de CFD ou de cryptomonnaies. De faux conseillers financiers proposent donc du trading sur actifs crypto exactement comme on vendrait des jeux d’argent. Ils actionnent des leviers psychologiques très puissants : addiction, FOMO ou peur de rater une opportunité de gain… Aucun particulier ne devrait trader le Bitcoin…

Trading et cryptomonnaies : une arnaque sophistiquée

Compte tenu de ce qui précède, nous avons adopté un avis très négatif sur les offres de trading sur cryptomonnaies. En effet, il est facile de comprendre pourquoi les escrocs du trading proposent désormais de trader le bitcoin et d’autres cryptomonnaies. Les plateformes qui proposaient auparavant du trading sur CFD se sont renouvelées et réinventées.

Le scénario est exactement le même que celui des arnaques au trading sur Forex ou CFD, sauf qu’il est désormais question de Bitcoin, d’applications blockchain et de cryptomonnaies. Au téléphone, les escrocs des plateformes d’échange parlent toujours à leurs victimes de levier, de cours, de position, d’achat, d’actifs, d’ordres, de trade et de portefeuille. Mais au final, ce sont les clients victimes qui constatent les risques pris et les pertes massives.

Parfois, ces arnaques au trading sur monnaies crypto passent par des variantes comme le copy trading. Il s’agit de recopier les ordres d’un trader supposé gagner beaucoup d’argent. Vous payez un abonnement pour cela. Et, en général, on vous demande d’ouvrir un compte sur l’une des plateformes les plus connues comme Bitpanda, Etoro, Trade Republic ou Binance (au choix), souvent via un lien sponsorisé.

Ces arnaques au trading sur cryptomonnaies sont encore plus dangereuses et sophistiquées parce qu’elles parviennent souvent à vous faire croire que tout est de votre faute. Dans les anciennes arnaques au trading sur Forex ou CFD, la responsabilité de la plateforme apparaissait plus clairement. Désormais, les victimes sont poussées à prendre des risques toujours plus élevés avec un levier excessif et, lorsque leurs actifs disparaissent, elles ignorent souvent que la plateforme et le trader qui les a recrutées se sont enrichis à leurs dépens.

Nous émettons donc un avis très défavorable sur toute offre qui vous propose de devenir trader et qui cherche à vous faire ouvrir un compte sur ce type de plateformes d’échange de cryptomonnaies à fort effet de levier, car elles vous exposent à des risques extrêmement élevés.

La réputation en ligne de summit.io doit-elle nous alerter ?

Une recherche Google sur summit.io nous semble confirmer qu’il faut absolument s’en méfier. Bien entendu, cela ne reste qu’un indice, et les réputations en ligne peuvent être manipulées… Mais notre expérience nous a appris à lire entre les lignes de ces différents avis. Et dans ce cas précis, ils semblent conforter nos inquiétudes.

Les avis négatifs visibles sur internet au sujet de cette offre, même s’ils peuvent coexister avec des avis positifs, nous paraissent traduire un véritable problème. En effet, les internautes prennent rarement le temps de laisser un commentaire lorsqu’ils sont satisfaits, à moins d’y être incités de façon systématique. En revanche, lorsqu’ils sont très mécontents, ils prennent souvent la peine d’exprimer ce qu’ils ont pensé de leur expérience.

De leur côté, les escrocs ont développé différentes méthodes pour limiter les conséquences d’une mauvaise réputation : changer le nom de leur site ou de leur société, publier de faux avis positifs pour noyer les témoignages sincères, solliciter un avis client à un moment très précis où les clients sont presque toujours satisfaits, signaler systématiquement les avis négatifs…

Ces procédés permettent donc de conserver une réputation en ligne relativement élevée. Cependant, ces méthodes n’empêchent jamais totalement la publication de quelques avis négatifs. C’est pourquoi, en règle générale, une note globale de 4 sur 5 devrait déjà être vue comme plutôt médiocre, car elle correspond souvent à quelques avis négatifs qui en masquent beaucoup d’autres. Dans le cas de summit.io, nous estimons que sa réputation en ligne doit être considérée comme mauvaise.

Les mentions légales de summit.io paraissent incomplètes

Les mentions légales affichées par summit.io sont largement insuffisantes. Bien entendu, summit.io cherche à paraître crédible et met en avant des mentions légales. Mais celles-ci ne respectent pas les exigences prévues par la loi. En effet, aux termes de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire :

Le non-respect de cette obligation d’information est considéré comme grave puisqu’il est sanctionné par 1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Compte tenu du type de services proposés par summit.io, ce manquement peut apparaître particulièrement préoccupant.

Une entité présente sur la liste noire d’Assurance Banque Epargne Info Service

La plateforme summit.io, puissante en apparence, au design soigné et aux promesses de rendement séduisantes, cherche avant tout à s’emparer de toutes vos économies. Premier signal de danger : après vérification, nous constatons que cette entité figure sur la liste noire d’Assurance Banque Epargne Info Service.

Cette entité n’est donc pas autorisée à proposer ses services en France. Cela discrédite totalement son offre. Il faut donc fuir les sollicitations de summit.io car, en cas de litige, il vous sera pratiquement impossible de vous défendre.

La création de ces listes noires constitue en partie un aveu d’impuissance des autorités, qui ne parviennent pas à mettre fin à la prolifération des arnaques sur internet et, plus largement, à réguler efficacement le web. Elles ont donc recours à cette forme de « shaming » public.

A notre avis, summit.io est bien une arnaque

Pour nous, il n’y a aucun doute possible : summit.io est bien une arnaque et doit être considéré comme tel.

Les victimes ont souvent du mal à admettre que certaines personnes déploient autant de moyens, d’énergie et d’intelligence pour les dépouiller. Pourtant, c’est bien la réalité : cette URL sert à rançonner des épargnants et cette activité fait vivre de nombreux complices. L’arnaque 2.0 est devenue une véritable industrie.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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