Google nous a notifié, le 4 août 2026, d’une nouvelle plainte fondée sur le droit d’auteur visant quatre articles de Warning Trading. Une procédure qui s’apparente une nouvelle fois à une tentative de procédure-bâillon destinée à obtenir la censure de nos enquêtes sans passer par un tribunal.

Google nous notifie une plainte DMCA contre plusieurs articles de presse

Le 4 août 2026, Google a adressé à Warning Trading une notification officielle nous informant de la réception d’une plainte pour atteinte prétendue aux droits d’auteur. Cette plainte a été transmise dans le cadre de la procédure DMCA utilisée par Google pour traiter les signalements de contenus supposément contrefaisants.

Selon le courrier reçu, Google envisage de retirer de ses résultats de recherche plusieurs articles publiés sur Warning Trading. La réclamation est présentée de manière extrêmement succincte. Son auteur affirme simplement :

« I am issuing this DMCA complaint due to the unauthorized copying and online publication of my original content. The use of my work without consent infringes upon my legal copyright and my exclusive ownership rights. »

Aucune précision n’est apportée quant au contenu prétendument copié, aux passages concernés ou à l’œuvre originale qui aurait été reproduite. Cette absence de démonstration est pourtant particulièrement problématique lorsqu’il s’agit de faire retirer des articles de presse.

Google nous indique que cette plainte sera également publiée sur la plateforme Lumen, spécialisée dans l’archivage des demandes de retrait adressées aux intermédiaires techniques.

Les quatre articles visés par cette demande de suppression

La plainte vise les URL suivantes :

  • https://warning-trading.com/trading/alphaairobot-avis-arnaque-scam-fraude/
  • https://warning-trading.com/trading/avis-vistaepartners-com-arnaque/
  • https://warning-trading.com/trading/brokerza-com-arnaque-avis-escroquerie/
  • https://warning-trading.com/trading/nummixo-com-avis-arnaque-escroquerie/

Ces quatre publications sont des enquêtes journalistiques consacrées à des plateformes financières ou d’investissement faisant l’objet de nombreux signalements. Elles présentent les informations recueillies par notre rédaction, analysent le fonctionnement des sites concernés, relèvent les indices susceptibles d’alerter les consommateurs et rappellent les précautions à prendre avant tout investissement.

L’article consacré à AlphaAIRobot examine les caractéristiques de cette plateforme, les interrogations qu’elle soulève ainsi que les risques signalés par différents utilisateurs.

L’enquête concernant VistaePartners.com revient sur les éléments ayant conduit notre rédaction à publier un avertissement à destination des investisseurs et détaille les informations publiques disponibles concernant cette société.

L’article relatif à Brokerza.com analyse le fonctionnement du site, les signaux d’alerte identifiés ainsi que les précautions recommandées aux consommateurs.

Enfin, notre enquête consacrée à Nummixo.com présente les vérifications réalisées par notre rédaction et les éléments ayant motivé la publication de cet avertissement.

À ce stade, rien dans la notification transmise par Google ne permet de comprendre précisément quelle partie de ces articles constituerait une prétendue violation du droit d’auteur.

Une procédure automatisée inadaptée aux contenus journalistiques

Cette nouvelle notification illustre une difficulté désormais bien connue des médias d’investigation spécialisés. Les grands fournisseurs techniques comme Google mettent en place des procédures largement automatisées destinées à traiter des millions de signalements de contenus.

Ces dispositifs sont parfaitement adaptés lorsqu’il s’agit de retirer un film piraté ou une œuvre manifestement reproduite sans autorisation. En revanche, ils sont beaucoup moins pertinents lorsqu’ils sont utilisés contre des articles de presse rédigés par des journalistes professionnels.

Une simple affirmation selon laquelle un contenu porterait atteinte à des droits d’auteur peut suffire à déclencher une procédure de déréférencement, alors même qu’aucune juridiction n’a constaté la moindre contrefaçon.

Or, lorsqu’une personne estime qu’un média a effectivement reproduit illégalement une œuvre protégée, la voie normale consiste à saisir les juridictions compétentes afin qu’un juge apprécie les faits contradictoirement.

Dans de nombreux dossiers suivis par Warning Trading, les personnes mises en cause préfèrent contourner cette voie judiciaire pour tenter d’obtenir rapidement la disparition de nos contenus auprès de nos prestataires techniques.

Une nouvelle illustration des procédures-bâillons visant Warning Trading

Warning Trading est un site de presse spécialisé dans la dénonciation des arnaques financières, des faux courtiers, des escroqueries à l’investissement et des pratiques trompeuses.

Nos enquêtes dérangent régulièrement les personnes ou les sociétés qu’elles concernent. Plutôt que de saisir les juridictions légales et légitimes pour contester nos publications, certains choisissent d’utiliser les mécanismes de signalement proposés par Google, Cloudflare, Hostinger ou d’autres prestataires techniques afin d’obtenir une censure indirecte.

Ces pratiques présentent toutes les caractéristiques de ce que l’on qualifie communément de procédure-bâillon (SLAPP) : utiliser des procédures juridiques ou parajuridiques non pour faire reconnaître un droit devant un juge, mais pour faire pression sur un média et obtenir le retrait de contenus gênants.

Cette nouvelle plainte s’inscrit dans une longue série de menaces, intimidations, tentatives de chantage, procédures abusives et demandes de suppression que notre rédaction recense depuis plusieurs années. Nous avons documenté ces pratiques dans notre enquête consacrée aux menaces et représailles subies par Warning Trading :

La vengeance des escrocs

Ces attaques ont parfois eu des conséquences très concrètes. Notre site a notamment déjà été rendu inaccessible pendant plusieurs jours à la suite de procédures engagées auprès de nos fournisseurs techniques. Nous avons relaté cet épisode dans l’article suivant :

Rétablissement de notre chaîne Youtube grâce à Twitter

Nous continuerons à exercer notre mission d’information dans le respect du droit de la presse, tout en contestant chaque fois que nécessaire les tentatives de déréférencement ou de censure qui nous paraissent injustifiées. Lorsqu’un article est contesté, le débat doit avoir lieu devant les juridictions compétentes et non au travers de procédures automatisées conçues pour traiter des violations manifestes du droit d’auteur, mais inadaptées à l’appréciation d’un travail journalistique.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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