Google vient encore de déréférencer trois enquêtes de Warning Trading après une plainte pour copyright. Une procédure que nous considérons comme une nouvelle tentative de procédure-bâillon.
Le 4 septembre, Google nous annonce le déréférencement de trois articles
Ce vendredi 4 septembre 2026, Warning-Trading.com a reçu une nouvelle notification de Google Search Console concernant trois articles publiés par notre rédaction. Google nous informe avoir reçu une réclamation fondée sur le droit d’auteur et annonce la suppression des contenus signalés de ses résultats de recherche pour les utilisateurs du monde entier.
Le motif transmis par le plaignant est extrêmement succinct. Celui-ci affirme en anglais être l’auteur d’un travail original qui aurait été repris et publié sur notre site sans son autorisation. Il considère donc que cette utilisation constituerait une violation de ses droits d’auteur. Dans la notification qui nous a été adressée, aucune démonstration détaillée ne permet cependant d’identifier précisément l’œuvre originale revendiquée, les passages prétendument copiés ou les circonstances dans lesquelles cette supposée reproduction serait intervenue.
Google précise que la notification doit être rendue publique, après suppression des informations permettant d’identifier personnellement son auteur, dans la base Lumen sous la référence suivante : https://lumendatabase.org/notices/95648948. La référence communiquée par Google pour cette procédure est 6-5464000041555-0125375194. Le moteur de recherche nous permet également de déposer une notification de contestation afin de demander le rétablissement des contenus.
Il faut surtout rappeler ce que cette procédure n’est pas : il ne s’agit pas d’un jugement établissant que Warning Trading aurait violé le droit d’auteur d’un tiers. La notification reçue résulte d’une réclamation adressée à un intermédiaire technique et traitée dans le cadre de son dispositif de suppression pour atteinte alléguée au copyright.
Voici intégralement les trois URL que le plaignant veut faire disparaître
La plainte vise trois enquêtes consacrées à Arcticsas, Bronetix et Nowwetrade. Nous reproduisons volontairement et intégralement leurs URL, afin que chacun puisse constater précisément la nature des informations dont le déréférencement est demandé :
1. Arcticsas.com
https://warning-trading.com/trading/arcticsas-com-avis-arnaque-escroquerie-2/
Cet article analyse Arcticsas.com et les différents signaux d’alerte identifiés par notre rédaction. Nous y examinons notamment l’ancienneté très faible du nom de domaine, sa présence réduite sur internet et les informations juridiques disponibles sur le site. L’article explique également qu’au moment de notre analyse, Arcticsas ne figurait pas encore sur certaines listes noires officielles, tout en rappelant qu’une telle absence ne constitue évidemment pas une garantie de fiabilité.
2. Bronetix.com
https://warning-trading.com/trading/bronetix-com-avis-escroquerie-sms-scam-2/
Notre publication consacrée à Bronetix analyse une plateforme que Warning Trading considère comme présentant de nombreux signaux caractéristiques des arnaques financières en ligne. L’enquête s’intéresse notamment à la jeunesse du domaine, aux informations permettant d’identifier ses responsables, à sa localisation revendiquée et à l’absence de régulation financière vérifiable relevée par notre rédaction. Elle vise avant tout à mettre en garde les internautes susceptibles d’être démarchés.
3. Nowwetrade.com
https://warning-trading.com/trading/nowwetrade-com-arnaque-avis-scam-sms-2/
L’article consacré à Nowwetrade examine cette offre de trading et les risques que nous avons identifiés pour les investisseurs. Les inquiétudes concernant cette plateforme ne reposent d’ailleurs pas uniquement sur l’analyse de Warning Trading. La Financial Conduct Authority britannique a publié le 26 mai 2026 une alerte indiquant que Now We Trade n’était pas autorisé par elle et pouvait cibler des consommateurs britanniques. L’AFM néerlandaise avait également mis les consommateurs en garde contre cette offre quelques jours auparavant.
Les mêmes enquêtes sont ciblées encore et encore
Cette nouvelle plainte est d’autant plus préoccupante qu’Arcticsas, Bronetix et Nowwetrade ne sont pas des noms nouveaux dans les notifications DMCA reçues par Warning Trading. Nos publications consacrées à ces offres ont déjà été la cible de précédentes demandes de déréférencement. Nous avons documenté ces offensives dans plusieurs articles publiés au cours de l’été 2026.
Le procédé donne l’impression d’une mécanique répétitive : une enquête est publiée ; une réclamation fondée sur le copyright est adressée à Google ; l’article risque de disparaître du moteur de recherche ; nous republions ou documentons la tentative de censure ; de nouvelles demandes apparaissent. Le 4 septembre, la plainte vise précisément des URL comportant le suffixe « -2 », correspondant à des versions republiées de contenus déjà attaqués.
Cette répétition est essentielle pour comprendre pourquoi nous considérons ces démarches comme des tentatives de procédure-bâillon. Une procédure-bâillon vise, au sens large, à utiliser des moyens juridiques ou procéduraux pour faire pression sur un média, un journaliste, un lanceur d’alerte ou toute personne publiant une information dérangeante. Ici, le résultat recherché n’est pas nécessairement la suppression du contenu sur nos serveurs : le faire disparaître de Google suffit à réduire considérablement sa visibilité.
Pourquoi ne pas saisir un tribunal si nos articles sont réellement illicites ?
Warning Trading est un site de presse spécialisé dans l’investigation, l’analyse et la dénonciation des arnaques, notamment financières. Notre travail consiste précisément à publier des informations qui déplaisent aux personnes et aux organisations que nous mettons en cause. Cela fait partie du fonctionnement normal de la presse.
Une personne qui estime qu’un article est mensonger, diffamatoire, contrefaisant ou qu’il porte illégalement atteinte à ses droits dispose de voies de recours devant les juridictions compétentes. Devant un tribunal, elle doit exposer ses arguments et ses preuves. Le média peut répondre, produire ses propres éléments et défendre son travail. Un juge indépendant tranche ensuite le litige dans le respect du contradictoire.
Nous constatons au contraire que certaines personnes mises en cause dans nos publications préfèrent tenter de contourner cette confrontation judiciaire. Elles sollicitent directement Google, Cloudflare, des hébergeurs ou d’autres fournisseurs techniques indispensables au fonctionnement et à la visibilité d’un média numérique. Elles utilisent ainsi des procédures parfaitement légitimes, initialement destinées notamment à protéger les véritables titulaires de droits, comme instruments permettant d’obtenir rapidement la censure ou le déréférencement d’articles de presse.
Google et les fournisseurs techniques ne sont pas des tribunaux de la presse
Le problème vient également de la nature des dispositifs utilisés. Les grandes plateformes et les fournisseurs techniques reçoivent des volumes considérables de demandes de retrait. Pour les traiter, ils ont nécessairement recours à des procédures standardisées et largement automatisées.
Ces mécanismes peuvent être utiles pour des cas évidents de contrefaçon. Mais ils deviennent beaucoup moins efficaces lorsqu’il s’agit de déterminer la légitimité d’un article de presse rédigé par des journalistes professionnels. Apprécier un travail journalistique suppose de comprendre son contexte, ses sources, la chronologie de sa publication, l’intérêt général du sujet traité et, lorsqu’une violation du copyright est invoquée, de déterminer qui est véritablement l’auteur du contenu litigieux.
Une procédure technique et automatisée n’est pas adaptée pour statuer sur des questions aussi complexes. Pourtant, la sanction peut tomber immédiatement : disparition d’une page des résultats de Google et donc perte d’une partie importante de son audience potentielle. Cette asymétrie rend le système particulièrement attractif pour ceux qui veulent faire disparaître une information sans engager un véritable contentieux judiciaire.
Menaces, chantage et tentatives de censure : une pression régulière contre Warning Trading
Cette nouvelle plainte du 4 septembre ne constitue malheureusement pas un événement isolé. Warning Trading subit régulièrement différentes formes de représailles à la suite de ses publications : menaces, insultes, intimidations, chantage, menaces de procédures, plaintes auprès de prestataires techniques ou tentatives de déréférencement.
Nous avons consacré une enquête à ces méthodes et aux pressions exercées contre notre rédaction :
Les conséquences de ces offensives ne sont pas seulement symboliques. Warning Trading a déjà été mis hors ligne pendant plusieurs jours à la suite de tentatives visant son environnement technique. Nous avions raconté cet épisode dans cet article :
C’est aussi pour cette raison que nous rendons publiques les plaintes dont nous faisons l’objet. Lorsqu’une enquête journalistique fait l’objet d’une tentative de déréférencement, cette tentative devient elle-même une information d’intérêt public. La documenter permet à nos lecteurs de comprendre les méthodes employées pour essayer de réduire la visibilité de certaines enquêtes.
Nous contesterons ces tentatives de déréférencement
Le droit d’auteur doit naturellement être protégé. Mais cette protection ne doit pas être détournée pour transformer les procédures DMCA en raccourcis permettant d’obtenir auprès d’une entreprise privée ce que l’on ne veut pas demander à un juge.
Si les auteurs de ces plaintes considèrent réellement que Warning Trading a reproduit illégalement leurs œuvres, ils peuvent saisir les juridictions compétentes et présenter leurs preuves. Nous pourrons alors présenter les nôtres et défendre notre travail journalistique dans un cadre contradictoire.
En attendant, nous considérons cette nouvelle plainte visant Arcticsas, Bronetix et Nowwetrade comme un nouvel épisode d’une stratégie de procédure-bâillon par déréférencement. Elle ne nous conduira pas à cesser d’enquêter. Elle nous donne au contraire une raison supplémentaire de documenter publiquement les méthodes utilisées pour tenter de faire disparaître nos articles.

