Des entreprises du bâtiment auraient été démarchées pour remplacer leur contrat d’assurance par une offre présentée sous le nom de SIGNAL IDUNA. Plusieurs éléments concernant ce démarchage et le domaine signal-assurance.com justifient des vérifications avant tout paiement.

Le point essentiel : le nom d’un assureur connu, un document bancaire et une adresse e-mail d’apparence professionnelle ne prouvent ni l’existence d’un contrat d’assurance ni l’habilitation de la personne qui vous le propose.

Un démarchage qui viserait des assurés de QBE

Selon un signalement porté à notre connaissance, des sociétés du BTP déjà assurées auprès de QBE recevraient des appels leur proposant de changer de contrat au profit d’une offre présentée comme émanant de SIGNAL IDUNA. Le témoignage évoque également des versements effectués sur un compte dont le bénéficiaire est désigné « SIGNAL ».

Ces informations décrivent un mode opératoire présumé : elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir l’identité de la personne à l’origine des appels, la validité des contrats proposés ou une implication de QBE, de SIGNAL IDUNA ou de l’établissement de paiement mentionné dans le signalement.

Trois vérifications à effectuer avant de signer ou de payer

  1. Contactez votre assureur actuel par vos canaux habituels. Demandez-lui si un changement de contrat est nécessaire ou si un intermédiaire a été mandaté pour vous joindre.
  2. Vérifiez l’intermédiaire et l’assureur. Recherchez l’intermédiaire dans le registre de l’ORIAS. Demandez le nom exact de la société qui porterait le risque, ainsi que les documents contractuels précisant les garanties de construction proposées.
  3. Confirmez les coordonnées de paiement de façon indépendante. N’utilisez pas uniquement le numéro de téléphone ou l’adresse e-mail transmis par votre interlocuteur. Un RIB au nom proche de celui d’un assureur ne suffit pas à authentifier le destinataire d’un versement.

Pour les activités du bâtiment, cette prudence est particulièrement importante : il faut vérifier que les garanties correspondent précisément aux travaux réalisés et aux obligations d’assurance de l’entreprise. Une promesse orale ne remplace pas une attestation et des conditions contractuelles vérifiables.

Que nous apprend l’adresse signal-assurance.com ?

Le texte à l’origine de cette alerte évoque un domaine récemment créé et une adresse qui n’afficherait pas de site accessible. Ces caractéristiques peuvent renforcer la vigilance, mais elles ne constituent pas, prises isolément, une preuve d’escroquerie. L’ancienneté d’un domaine doit notamment être appréciée à partir de sa date de création, et non d’un nombre de jours susceptible de devenir rapidement obsolète.

Le même texte indique que signal-assurance.com figurerait sur une liste noire. Avant d’en tirer une conclusion, consultez directement les listes noires et alertes publiées par Assurance Banque Épargne Info Service : recherchez l’adresse exacte et prenez connaissance de la formulation de l’alerte.

Notre avis sur signal-assurance.com

Nous déconseillons tout paiement ou toute résiliation fondés uniquement sur ce démarchage. Le scénario rapporté — sollicitation téléphonique, changement d’assureur proposé à des entreprises du BTP et demande de virement — présente des risques qui imposent une confirmation directe auprès des organismes concernés. À ce stade, le signalement ne permet pas de transformer chaque affirmation qu’il contient en fait établi.

Si vous avez déjà payé, prévenez immédiatement votre banque pour demander si un rappel des fonds est possible. Conservez les e-mails, numéros d’appel, documents contractuels et justificatifs de virement, puis signalez les faits aux autorités compétentes. Vous pouvez également consulter notre guide destiné aux victimes d’arnaques.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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