Revopics.net suscite de nombreux témoignages négatifs. Vos retours sont essentiels pour éclairer les internautes et alerter les autorités.

Revopics : un service de photo d’identité en ligne avec code e-photo ANTS

Revopics est une plateforme qui permet de transformer une photo personnelle en photo d’identité numérique destinée à différentes démarches administratives. Le service annonce la prise en charge des principaux documents officiels, notamment le passeport, la carte nationale d’identité, le permis de conduire ou encore les titres de séjour. L’utilisateur téléverse une image, puis la plateforme applique automatiquement des ajustements de cadrage, de fond et de qualité afin de produire un fichier conforme aux exigences du document sélectionné.

Le site met également en avant la possibilité d’obtenir un code e-photo ANTS, indispensable pour certaines démarches administratives réalisées en ligne. Revopics propose plusieurs formules comprenant le téléchargement immédiat de la photo numérique et, selon l’offre choisie, l’envoi d’une planche de photos imprimées à domicile.

Le modèle commercial repose sur une période d’essai facturée à tarif réduit, suivie d’un abonnement mensuel renouvelé automatiquement jusqu’à résiliation. Le fonctionnement s’articule principalement autour d’une offre d’essai à faible coût (2,90 €) aboutissant à un abonnement si non résiliée après 48h, avec un tarif mensuel important.

Derrière revopics.net, c’est la société française TOKHO (SIREN : 897 660 627) qui officie, une structure enregistrée et domiciliée à Arradon. Elle est dirigée par Frederic Crabot et possédée par Michaël Loaëc. Étrangement cependant, aucune de ces deux personnes ne revendique publiquement d’emploi dans cette entreprise en dehors du regsitre du commerce et des sociétés.

De nombreux témoignages d’insatisfaction : un mode opératoire en cause

Depuis plusieurs mois, de très nombreux internautes (sur Trustpilot ou Signal Arnaque) dénoncent des pratiques qu’ils jugent trompeuses de la part de revopics.net. Beaucoup racontent avoir acheté un simple service de photo d’identité pour quelques euros, avant d’être prélevés, à leur insu, d’un abonnement mensuel allant jusqu’à 39,90€. La difficulté réside dans la façon dont l’abonnement est présenté : les informations cruciales se trouveraient dans des documents contractuels denses ou en petits caractères. Pour la grande majorité des utilisateurs, l’engagement dans un abonnement n’est alors pas perçu au moment de l’achat.

Les témoignages concordent : la découverte de ces prélèvements survient souvent par hasard, lors de la consultation du relevé bancaire. Les victimes dénoncent alors une pratique trompeuse et réclament des explications à la société derrière le site. Selon les retours compilés, les demandes de remboursement se heurtent régulièrement à des refus ou à une assistance limitée. Cela nourrit un sentiment de frustration et alimente le sentiment d’avoir été trompé.

Malgré cette légalité apparente, les avis publiés sur Trustpilot ainsi que dans d’autres forums sont édifiants : la pratique de l’abonnement « caché » revient sans cesse dans les critiques. Bon nombre d’utilisateurs n’ont pas pu annuler à temps, ou affirment ne pas avoir trouvé facilement la possibilité de le faire. Nombreux sont ceux qui s’étonnent du silence après des sollicitations auprès du service client, ou de réponses types répétant que « tout est expliqué dans les conditions générales ». Certains parlent de “vol dissimulé” ou “arnaque organisée”.

La société Tokho nous a indiqué par mail que ces appréciations « sont employées sans qu’aucun élément chiffré, statistique ou méthodologique ne permette d’en apprécier la portée ».

On se retrouve abonné sans toujours s’en rendre compte

Les témoignages de ces internautes ressemblent énormément à de nombreux autres que nous relatons régulièrement sur notre site à propos d’offres utilisant un scénario de vente semblable.

Le plus souvent, ces personnes ont acheté un service en pensant n’acheter qu’une seul fois mais sans s’en rendre compte, elles se sont retrouvées engagées dans un abonnement payé par « paiement récurrent » sur carte bancaire. Il s’agit d’une technique d’engagement financier que nous avons souvent rencontrés dans nos publications et articles.

Les conditions contractuelles des cartes bancaires prévoient qu’il est possible d’engager un paiement récurrent. Nombre de paiements récurrents sont légitimes: presse, eau, électricité, téléphonie… Mais des petits malins ont sauté sur cette opportunité pour organiser ce qui ressemble beaucoup à une sorte d’ « arnaque légale ».

La technique de l’arnaque au paiement récurrent est la suivante:

  1. Vendre un service en ligne à très faible valeur ajoutée (souvent, il est possible de les avoir gratuitement) à un prix très faible, généralement inférieur à 5 euros, pour générer beaucoup de décisions d’achat.
  2. Sans vous en rendre compte, par cet achat que vous pensiez unique et ponctuel, vous vous retrouvez abonné à un service devenu inutile qui va vous prélever plusieurs dizaines d’euros chaque mois alors que voius n’en avez plus besoin. La mécanique d’engagement est parfois soigneusement dissimulée pour tromper le consommateur. Des formulations ambiguës vont être soigneusement choisies ou bien il vous faudra trouver la stipulation précise dans le contrat.
  3. Le client met du temps à se rendre compte qu’il paye chaque mois plusieurs dizaines d’euros un service dont il n’a pas besoin. Entre temps ces achats automatiques ont généré un revenu important pour le « service ». Si le client ne fait pas de démarche active pour se désabonner et récupérer des sommes payées, il continue d’être prélevé. Les sommes cumulées perdues peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros.

Voici les principaux services vendus comme prétextes pour ces scénarios de vente:

  • Les envois en ligne de courriers avec accusé de réception.
  • Des formalités administratives liées au permis de conduire, au registre du commerce…
  • Des tests de personnalité ou d’intelligence.
  • Recherches généalogiques.
  • Antivirus et sécurité informatique.
  • Apprentissage et formation en ligne.
  • Photos d’identité.
  • Générateurs de document (CV, lettre de motivation, contrat…)

Les entreprises juridiquement responsables de ces sites sont très souvent basées à l’étranger, manifestement pour rester à l’abri de la police et de la justice. De toutes façons, les préjudices sont généralement maintenus à un niveau faible pour qu’il ne soit pas rentable de payer un avocat et de tenter une procédure. Seules les autorités peuvent

Le plus souvent, les victimes se rendent compte de l’entourloupe un peu par hasard en examinant leur relevé bancaire et en découvrant des prélèvements non identifiés sur leurs relevés bancaires. Les entreprises qui montent ces arnaques légales prennent souvent soin de nommer les prélèvements de façon obscure, au moyen d’un nom différent de l’entreprise ou du service, pour brouiller les pistes. Cela rappelle à quel point il est nécessaire de contrôler régulièrement ses relevés bancaires.

Annuler un abonnement et récupérer les sommes prélevées

Si vous êtes confrontés à cette situation, vous devez adresser une demande de remboursement au commerçant. Même si vous êtes convaincus de ne jamais l’obtenir, vous devez la demander pour prouver qu’il a eu la possibilité de vous rembourser et qu’il a refusé.

Surtout, le plus important, c’est de demander d’urgence à votre banque deux choses:

  1. L’annulation de l’abonnement pour l’avenir.
  2. Le chargeback ou rétrofacturation ou rappel des paiements précédents.

Votre demande doit notamment indiquer la liste des différents paiements, la demande et le refus de remboursement, le fait que votre consentement a été trompé par une présentation trompeuse de l’abonnement. Plus vous pouvez prouver que votre consentement a été abusé, plus vous pourrez obtenir le rappel des paiements précédents.

Enfin, nous vous conseillons de dénoncer ce site sur les plateformes publiques de signalement (Pharos, Thesee, Perceval, Signal Conso) et les forums consacrés aux arnaques.

Appel à avis et à témoins : votre retour nous intéresse !

Avez-vous été confronté à revopics.net ? Que ce soit pour une bonne ou une mauvaise expérience, votre opinion compte et peut servir à d’autres internautes ! Nous vous invitons vivement à partager, dans l’espace commentaire sous cet article, vos témoignages, alertes et suggestions de recours pour venir en aide à la communauté. Ensemble, nous pouvons mettre en lumière ce genre de pratiques et mieux défendre les droits des consommateurs en ligne.

Cette analyse est fondée sur les sources disponibles sur internet à propos de revopics.net.

Retrouvez les appels à avis et à témoins que nous avons publiés sur notre site.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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