Un article présenté comme une enquête du Figaro raconte qu’Élise Lucet aurait révélé, en direct, une plateforme de trading capable de transformer 250 euros en plusieurs milliers d’euros. Mais l’adresse de la page est olivepath.cyou, et non celle du journal. Ne remplissez pas le formulaire et ne versez pas d’argent.Le récit est spectaculaire : une confrontation avec Xavier Niel sur un plateau de télévision, un départ précipité du milliardaire, des experts enthousiastes et des particuliers qui auraient encaissé des gains considérables. Tous ces éléments conduisent à la même invitation : s’inscrire à une prétendue plateforme de trading automatisé nommée « AuroreViveIA ».

Ce texte ne constitue pas une preuve qu’une telle émission a eu lieu, qu’Élise Lucet recommande ce service ou que les gains annoncés existent. Il présente, au contraire, les caractéristiques d’une fausse publicité financière déguisée en article de presse.

Le détail à regarder avant de lire : l’adresse du site

La page reprend les codes visuels et éditoriaux du Figaro : rubriques, présentation d’un article économique, noms de journalistes, pied de page et références au quotidien. Pourtant, olivepath.cyou n’est pas une adresse du Figaro. Un habillage ressemblant à celui d’un média ne prouve ni que ce média a publié le texte, ni qu’il cautionne l’offre présentée.

L’identité supposée du journal sert ici à donner du crédit à une histoire qui, sans elle, paraîtrait beaucoup moins convaincante. La page mobilise aussi les noms d’Élise Lucet, de Xavier Niel et d’économistes. Leurs propos et leurs soutiens allégués ne doivent pas être tenus pour authentiques sur la seule foi de cette page.

Une histoire construite pour mener au dépôt de 250 euros

Le texte suit une progression précise. Il commence par opposer les difficultés financières des ménages aux fortunes des plus riches. Il présente ensuite un outil d’intelligence artificielle qui passerait des ordres de bourse automatiquement. Viennent enfin les témoignages : un homme aurait retiré 4 230 euros après avoir commencé avec 250 euros, tandis que d’autres commentaires affichent des résultats similaires.

La page ne fournit toutefois pas les éléments qui permettraient de vérifier ces performances : identité et statut du prestataire, conditions du service, historique contrôlable des opérations ou explication sérieuse des risques de perte. Un solde affiché à l’écran ou un témoignage publié par le vendeur ne démontre pas qu’un retrait est possible.

Ce que la page met en avant Ce que cela cherche à obtenir
Un article aux couleurs d’un grand journal Faire croire à une validation journalistique.
Une célébrité qui utiliserait personnellement l’outil Emprunter sa notoriété et sa crédibilité.
Des gains très élevés à partir de 250 euros Minimiser la perception du risque.
Une date limite et seulement « 20 places par jour » Pousser à agir avant de vérifier.
Un formulaire demandant les coordonnées Permettre un démarchage téléphonique ultérieur.

Le texte insiste même sur la nécessité de répondre à l’appel d’un « conseiller » après l’inscription. C’est un point essentiel : la collecte du nom, de l’adresse électronique et du numéro de téléphone peut être l’objectif immédiat de la page. Une personne peut donc être exposée à un démarchage insistant avant même d’avoir déposé de l’argent.

Une urgence fabriquée, pas une occasion à saisir

Selon la page, les inscriptions fermeraient le 26 octobre 2026 et les banques chercheraient à faire disparaître le service. Cette combinaison — places limitées, échéance imminente et prétendu secret réservé à quelques initiés — est un procédé classique de pression. Elle vise à empêcher les vérifications les plus simples.

La date de création du domaine indiquée dans les éléments examinés est le 22 septembre 2026. Si elle est confirmée par une consultation indépendante des données d’enregistrement, elle montrerait que l’adresse est récente. La jeunesse d’un domaine ne suffit pas, à elle seule, à prouver une fraude ; associée à une imitation de média et à des promesses de gains extraordinaires, elle constitue néanmoins un signal d’alerte supplémentaire.

Notre avis sur olivepath.cyou

Nous déconseillons toute inscription et tout versement depuis cette page. L’écart entre l’adresse réelle et le média imité, l’utilisation de personnalités pour promouvoir un investissement, les rendements invérifiables et l’appel à déposer rapidement 250 euros forment un ensemble de signaux caractéristiques d’une opération de captation de prospects pour une offre financière potentiellement frauduleuse.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de perdre de l’argent pour réagir. Si vous avez communiqué vos coordonnées, méfiez-vous des appels qui pourraient suivre, même si votre interlocuteur se présente sous un autre nom que celui affiché sur la page. Ne transmettez ni pièce d’identité, ni accès bancaire, ni code reçu par SMS.

Que faire si vous avez rempli le formulaire ou payé ?

  1. Ne versez plus rien, notamment pour de prétendus frais de retrait, taxes ou opérations de « déblocage ».
  2. Contactez rapidement votre banque si vous avez effectué un paiement ou communiqué des informations bancaires. Demandez-lui quelles démarches sont possibles selon le moyen de paiement utilisé.
  3. Conservez les preuves : adresse exacte de la page, captures d’écran, courriels, numéros appelants, conversations et justificatifs de paiement.
  4. Vérifiez l’identité et les autorisations du prestataire à partir des registres officiels pertinents, sans utiliser les liens ou les numéros fournis par le site qui vous démarche. La présence ou l’absence sur une liste noire ne remplace pas cette vérification.
  5. Signalez les faits et déposez plainte si vous avez subi un préjudice. Vous pouvez également consulter notre guide destiné aux victimes d’arnaques.

Le bon réflexe : lorsqu’un prétendu article de presse vous demande finalement de laisser votre numéro de téléphone et de financer un « robot » aux gains exceptionnels, quittez la page et vérifiez l’information directement auprès du média cité. Dans le cas d’olivepath.cyou, cette précaution est indispensable.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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