Google nous a informés avoir reçu une notification pour atteinte alléguée aux droits d’auteur visant notre enquête consacrée à umexgain.com. Cette demande, qui vise à faire disparaître notre article des résultats de recherche, illustre les difficultés rencontrées par les médias spécialisés confrontés à des procédures automatisées inadaptées au traitement du contenu journalistique.
Une notification DMCA visant notre enquête sur umexgain.com
Le 29 juin 2026, Warning-Trading a reçu une notification officielle de Google indiquant qu’une plainte pour violation présumée des droits d’auteur avait été déposée contre l’un de nos articles.
Selon Google, la réclamation a été déposée le 28 juin 2026 avec la description suivante : « Copied our work without permission ». Cette formule, très succincte, ne permet pas de comprendre précisément quels passages seraient concernés ni en quoi notre travail journalistique constituerait une violation du droit d’auteur.
L’URL concernée est la suivante :
Cet article présente une analyse critique de la plateforme umexgain.com. Il examine notamment la date récente de création du nom de domaine, l’absence de mentions légales identifiables, le manque de transparence concernant l’exploitant du site ainsi que différents éléments de vigilance habituellement retenus lors de l’analyse de plateformes proposant des services financiers en ligne. L’article rappelle également les mises en garde des autorités sur les risques liés aux plateformes de trading non réglementées et invite les internautes à la prudence avant tout investissement.
Une procédure automatisée peu adaptée aux contenus journalistiques
Google, comme d’autres grands fournisseurs de services numériques, met à disposition des titulaires de droits une procédure simplifiée permettant de signaler des contenus susceptibles de porter atteinte au droit d’auteur. Cette procédure répond à des obligations légales et traite un volume extrêmement important de notifications.
Toutefois, ces mécanismes sont principalement conçus pour traiter des cas relativement simples de reproduction d’œuvres protégées. Ils apparaissent beaucoup moins adaptés lorsqu’ils concernent des articles de presse, qui peuvent citer, analyser, résumer ou commenter des informations dans le cadre de l’exercice normal de la liberté d’informer.
Dans notre cas, la notification reçue ne détaille pas les passages contestés. Elle se limite à indiquer qu’un contenu aurait été copié sans autorisation. Une telle motivation ne permet pas, à elle seule, d’apprécier la réalité d’une éventuelle atteinte au droit d’auteur.
Google invite d’ailleurs les éditeurs concernés à déposer une notification de contestation lorsqu’ils estiment que la suppression est injustifiée. C’est précisément parce que ces procédures sont largement automatisées qu’elles prévoient un mécanisme de réexamen.
Quand les procédures techniques deviennent un moyen de faire disparaître des contenus
Warning-Trading est un média spécialisé dans l’information sur les escroqueries financières, les plateformes d’investissement à risque et les pratiques susceptibles de porter préjudice aux consommateurs. Nos publications reposent sur des analyses documentées, des vérifications publiques et des investigations journalistiques.
Nous constatons régulièrement que certaines personnes ou sociétés mises en cause choisissent de solliciter directement des intermédiaires techniques — moteurs de recherche, hébergeurs, CDN ou registrars — plutôt que de saisir les juridictions compétentes lorsqu’elles contestent nos publications.
Lorsqu’une personne estime qu’un article de presse est diffamatoire, inexact ou porte atteinte à ses droits, le droit français prévoit des voies de recours devant les tribunaux. Ces juridictions disposent des garanties procédurales nécessaires pour examiner contradictoirement les arguments des différentes parties.
À l’inverse, les procédures de signalement technique sont souvent traitées sur la base d’informations limitées, sans débat contradictoire préalable. Elles peuvent ainsi conduire à un déréférencement provisoire ou à une limitation de visibilité d’un contenu journalistique avant même qu’une juridiction indépendante ne se soit prononcée.
Dans ce contexte, nous estimons que certaines notifications peuvent s’apparenter à des tentatives de contourner le débat judiciaire afin d’obtenir plus rapidement la disparition d’un contenu critique. Cette problématique est fréquemment rapprochée des mécanismes décrits dans les analyses consacrées aux procédures-bâillons (SLAPP), même si chaque situation doit naturellement être appréciée individuellement.
Des pressions déjà rencontrées par Warning-Trading
Cette notification n’est malheureusement pas un cas isolé. Notre rédaction fait régulièrement l’objet de menaces, de tentatives de censure, de demandes de suppression et d’autres formes de pression destinées à faire disparaître des enquêtes publiées dans l’intérêt du public.
Nous avons déjà consacré un dossier à ces pratiques :
Nous avons également expliqué comment certaines de ces démarches avaient déjà conduit à l’indisponibilité temporaire de notre site, malgré le caractère journalistique des contenus concernés.
Ces expériences illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés les médias indépendants lorsqu’ils publient des enquêtes sur des activités contestées ou controversées.
Notre position
Nous examinons avec attention chaque notification reçue et utilisons, lorsque cela apparaît justifié, les procédures de contestation prévues par les plateformes concernées.
Nous demeurons attachés au respect du droit d’auteur comme à celui de la liberté de la presse. Lorsqu’une erreur est démontrée, elle doit naturellement être corrigée. En revanche, lorsqu’une demande vise essentiellement à réduire la visibilité d’un contenu journalistique sans débat contradictoire devant une juridiction compétente, il nous paraît légitime d’en informer nos lecteurs.
L’information sur les risques liés aux plateformes d’investissement et aux escroqueries financières constitue une mission d’intérêt général. Nous continuerons donc à publier des analyses documentées et à rendre publiques les tentatives de suppression dont elles peuvent faire l’objet.


