Vigilance concernant mirrors-trade.io. Ce site présente, selon nous, de nombreux signaux évoquant une possible arnaque qui commencerait déjà à faire des victimes. Voici ce qui motive notre inquiétude.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !

Le site mirrors-trade.io n’existe que depuis 130 jours

Après vérification, nous avons relevé que le nom de domaine ou URL mirrors-trade.io n’a été enregistré que le 20 novembre 2025. Il s’agit d’une date beaucoup trop récente pour ne pas susciter de questions. Bien entendu, cet élément ne permet pas, à lui seul, de conclure avec certitude à une arnaque, mais il constitue un signal d’alerte important à intégrer dans votre évaluation.

mirrors-trade.io a vu le jour il y a seulement 130 jours. Or, la crédibilité est indispensable lorsqu’on prétend proposer ce type de services. Il arrive qu’une entreprise soit ancienne et ne lance son site internet que plus tard. Ce cas existe, mais il reste peu fréquent. En revanche, lorsqu’une société apparaît quasiment en même temps que son site, qu’elle a moins d’un an d’existence et qu’elle commence déjà à solliciter des clients, cela doit attirer l’attention, notamment au regard des délais nécessaires pour obtenir les autorisations administratives liées à ce genre d’activité.

Tous les sites de moins d’un an ne sont pas frauduleux, mais une grande partie des sites d’escroquerie ont une durée de vie très courte. En outre, mirrors-trade.io est hébergé au Royaume-Uni, ce qui constitue un motif supplémentaire de méfiance. Aucune administration publique ni aucune entreprise sérieuse d’une certaine envergure n’est généralement hébergée dans ce type de juridiction.

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Un recrutement par affiliation, un signal rarement rassurant…

mirrors-trade.io recrute ses victimes en ayant recours à l’affiliation ou à des apporteurs d’affaire. Cela signifie que sa communication n’est pas neutre, puisqu’elle est guidée par un intérêt financier.

Il faut considérer l’affiliation comme une forme de publicité trompeuse, car elle évite soigneusement de se présenter comme telle, un peu à la manière des publi-reportages qui se déguisent en contenu informatif sérieux. C’est précisément pour cette raison que l’affiliation séduit autant les influenceurs.

L’affiliation pose problème parce qu’elle cache souvent un puissant conflit d’intérêt entre le recruteur et la personne recrutée, en particulier lorsque l’offre est frauduleuse ou lorsque la personne a 90 % de chances d’y perdre son argent. Le recruteur va présenter l’offre comme très rentable. Il peut même prétendre qu’il en vit personnellement. Dans la majorité des cas, il ne gagne pourtant pas sa vie grâce au service lui-même, mais grâce au recrutement de nouveaux clients pour ce service.

Le monde de l’arnaque fonctionne comme une véritable industrie avec ses sous-traitants spécialisés. C’est ainsi que certains acteurs se sont spécialisés dans la collecte de données personnelles de victimes potentielles. Pour mieux le comprendre, vous pouvez lire cette enquête passionnante publiée dans Le Monde, qui décortique l’une de ces structures criminelles n’hésitant pas à usurper l’identité de personnalités connues pour tromper les internautes.

Chaque apporteur d’affaires dispose de ses propres méthodes et techniques. Ils commencent par fabriquer un scénario crédible d’enrichissement : trading, copy trading, cours de trading, robot de trading ou trading algorithmique, usurpation d’identité de célébrité ou de personnalité médiatique, marketing multiniveau ou MLM, paris sportifs, jeux d’argent…

Le pronostiqueurs Julien Bien recrute pour mirrors-trade.io

Mirrors-trade.io est donc promu par des influenceurs. L’un d’eux s’appelle Julien Bien. Nous avons déjà parlé de lui sur Warning Trading.

Julien Bien, connu pour son site lateamparieur.fr, s’est d’abord illustré dans la vente de pronostics sportifs. Il se présentait comme un « expert » capable de générer des rendements élevés, allant jusqu’à promettre 60 % de gains. Ce modèle reposait sur la commercialisation de conseils payants, une pratique considérée comme trompeuse au regard du Code de la consommation. En effet, la législation interdit explicitement d’affirmer qu’un service peut augmenter les chances de gain dans les jeux d’argent. Malgré cela, ce type de discours reste courant chez les vendeurs de pronostics, qui entretiennent une illusion de rentabilité.

Aujourd’hui, Julien Bien a élargi son activité en se tournant vers le trading en ligne, notamment via sa chaîne YouTube « Julien Trade ». Il y promeut des concepts comme le copy trading, les prop firms ou encore des stratégies censées multiplier le capital, avec des promesses telles que faire « x100 ». Ce changement de positionnement s’inscrit dans une continuité : attirer une audience en quête de revenus rapides grâce à des méthodes présentées comme accessibles et efficaces. Les contenus publiés, incluant tutoriels et interviews, participent à construire une image d’expertise sans nécessairement apporter de preuves vérifiables de performance.

Ce glissement du pari sportif vers le trading spéculatif illustre une stratégie fréquente dans l’écosystème des influenceurs financiers. Derrière des discours attractifs, les risques restent élevés et les promesses souvent exagérées, voire infondées. Les internautes doivent donc faire preuve de vigilance face à ces pratiques.

Julien Bien a promu mirrors-trade.io mais également Foxx Funded sur laquelle nous avons déjà publié.

Les prop firms vous font miroiter des gains élevés sans mise importante…

mirrors-trade.io se présente comme une « prop firm ».

Le terme « prop firm » renvoie aux « fonds propres » ou, en anglais, aux « Proprietary Trading Firms », autrement dit à une entreprise censée vous permettre de trader avec son propre capital. L’idée vendue est simple : vous seriez un trader prometteur mais sans moyens financiers. Une prop firm vous offrirait alors l’accès à des capitaux plus importants, lui appartenant, afin de générer des profits plus élevés à partager. En théorie, tout cela paraît avantageux pour les deux parties…

Mais avant d’en arriver là, vous devrez démontrer que vous êtes un trader exceptionnel. C’est pourquoi les sites de prop firm proposent généralement des challenges ou des concours de trading.

90 % des traders perdent l’intégralité de leur argent, tous profils confondus

Or, comme cela a été démontré, les débutants qui réussissent durablement dans le trading n’existent pratiquement pas… Cette étude montre également qu’il n’existe pas d’effet d’apprentissage significatif. Même les traders prétendument gagnants invités régulièrement dans les médias et qui se présentent comme des formateurs finissent par perdre. Leur véritable objectif consiste surtout à envoyer leurs élèves au casse-pipe en leur vendant des formations coûteuses et, parfois, en percevant des commissions d’apporteurs d’affaires. Posez-vous la question : s’ils gagnaient réellement leur vie en tradant, passeraient-ils autant de temps à vendre des cours ?

Le modèle économique des prop firms repose sur une logique comparable, et ce phénomène est très en vogue (voir quelques exemples). Si vous tentez votre chance, il est donc probable que vous soyez conduit à ouvrir un compte de trading, à y déposer des fonds, puis à les perdre de manière répétée en poursuivant un objectif quasiment inaccessible. Il est même possible que le courtier manipule la situation en vous laissant gagner au départ pour vous mettre en confiance, vous pousser à prendre davantage de risques et vous inciter à déposer encore plus d’argent.

La « prop firm », un scénario très en vogue dans les arnaques au trading

C’est pourquoi nous estimons que la tendance des « prop firms » n’est rien d’autre qu’un nouveau récit commercial, un nouvel habillage marketing, imaginé par cette industrie pour continuer à vendre aux épargnants le rêve d’un enrichissement facile grâce au trading. En réalité, tout laisse penser que, derrière cette façade, le modèle reste identique : celui d’un apporteur d’affaires orientant vers des plateformes de trading qui profitent des pertes des clients.

Ainsi, après les écoles de trading ou le copy trading, voici désormais le trading pour « prop firm », nouvelle mise en scène destinée à vous faire rêver et à entretenir le mythe du trader à domicile capable d’amasser des fortunes en quelques clics.

Prop firm, école de trading, copy-trading, forum ou site d’information… un seul but : vous faire investir

D’ailleurs, les seuls sites qui parlent des « prop firms » sont souvent des vitrines promotionnelles de dispositifs douteux liés au trading : alti-trading.frcafedutrading.cominvestx.frtradingstrategy.frcrypto-prop-firm.com… Aucun site véritablement sérieux n’en fait une présentation rigoureuse.

Encore une fois, il est étonnant de constater que des personnes se présentant comme des experts du trading ne se contentent pas simplement d’en vivre si leur méthode est réellement efficace.

Les écoles de trading ou les plateformes de copy trading fonctionnent très souvent selon la même logique : ce sont des apporteurs d’affaires sophistiqués au service de sites de trading, même s’ils ne se présentent évidemment jamais ainsi. Tous ces scénarios servent d’habillage à une confusion entre le conseil en investissement et l’intermédiation de marché. Or, ces deux rôles devraient toujours rester clairement séparés. Dans le cas contraire, leur mélange génère un fort conflit d’intérêt. De nombreuses fraudes se sont développées sur cette base.

Pourquoi tant d’offres de trading relèvent-elles en réalité de l’arnaque ?

Pour comprendre pourquoi ce type d’offres toxiques se diffuse si facilement sur internet, il faut d’abord saisir le fonctionnement de l’industrie du trading destinée aux particuliers.

Depuis une quinzaine d’années, le trading sur les marchés financiers et la bourse sert massivement de support à des escroqueries visant les petits investisseurs particuliers à qui l’on promet une carrière de trader. 7 milliards d’euros auraient ainsi été soutirés à des épargnants français, et sans doute davantage encore. Les escrocs recrutent un particulier, l’incitent à prendre une position ou à passer un ordre comportant un risque élevé de perte en capital, puis, selon des scénarios variés, ces apprentis traders finissent presque toujours par perdre l’intégralité de leur mise, quelle que soit leur formation.

Ces plateformes de trading prolifèrent parce que chaque courtier ou plateforme peut capter le capital perdu par ses clients. C’est particulièrement vrai dans le trading sur le Forex et les CFD (voir notre lexique pour la définition). Le Forex correspond au marché des devises. Les CFD permettent aux traders de spéculer sur l’évolution future d’un actif, y compris des actions. Le même raisonnement vaut aussi pour les options et les contrats à terme, encore plus complexes.

En effet, sur le Forex et les CFD, une plateforme de trading fonctionne en réalité comme une bourse décentralisée, et non comme la bourse classique des actions ou des titres. Cela signifie qu’elle doit elle-même trouver une contrepartie à chaque ordre passé, car le trader n’acquiert pas réellement une action : il s’engage à payer, ou à recevoir, une somme si un événement de marché survient.

Trading, casino, Forex, jeux d’argent, CFD, options… quelle différence, au fond ?

On est donc davantage face à un marché de paris qu’à un marché d’échange de valeurs comme les actions. La plateforme peut trouver un autre utilisateur qui prend la position inverse. Elle peut aussi rechercher cette contrepartie ailleurs sur les marchés mondiaux. Ou encore, elle peut décider de prendre elle-même la position opposée à celle de son client sur le site qui tient lieu de marché.

Mais le site de trading dispose d’un avantage précieux. D’une manière générale, il sait que les particuliers qui tradent sont, dans l’immense majorité des cas, de très mauvais traders. Ils perdent leur argent neuf fois sur dix, comme le montre une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Et surtout, la plateforme peut analyser le carnet d’ordres de ses propres clients et le comparer aux marchés pour mesurer leur niveau réel d’efficacité.

Si le trader accumule les pertes, le site de trading peut considérer qu’il est plus rentable pour lui de prendre directement la contrepartie de chaque ordre plutôt que d’aller chercher une contrepartie ailleurs, en interne ou sur les marchés internationaux. Il pourra ainsi récupérer lui-même les pertes du client.

À bien des égards, ce fonctionnement se rapproche fortement de celui d’un casino ou des jeux d’argent. Il n’existe pas, à première vue, de différence fondamentale entre certaines formes de trading spéculatif et les jeux d’argent. Les ressorts psychologiques mobilisés sont les mêmes. Beaucoup de gourous vendant des formations au trading l’ont bien compris. Ils prétendent qu’une méthode permettrait de faire fructifier son argent grâce au trading.

Des connexions entre le trading et la criminalité organisée

Les sites de trading peuvent être régulés ou non régulés. Lorsqu’ils sont légalement établis dans l’Union européenne et bénéficient de ce que l’on appelle le « passeport financier européen », on dit qu’ils sont « régulés ». Cela signifie qu’ils ont le droit de proposer leurs services de trading dans les autres États membres de l’Union européenne, y compris en France.

Évidemment, certains petits pays jouent de manière opportuniste sur un nivellement réglementaire laxiste. Ils abaissent le niveau de contrôle et d’exigence pour attirer sur leur territoire des acteurs mal intentionnés qui s’y installent afin de viser des victimes situées dans d’autres pays de l’Union européenne, notamment en France.

La connexion israélo-chypriote

Le pays le plus emblématique dans ce domaine est Chypre, situé à environ 300 km des côtes israéliennes. Les sociétés enregistrées à Chypre figurent parmi celles qui concentrent le plus de plaintes déposées auprès de l’AMF. Lorsqu’un site n’est pas régulé, cela signifie qu’il n’a pas le droit de proposer du trading, mais qu’il le fait malgré tout. Les acteurs régulés peuvent parfois s’apparenter à des sortes d’ »arnaques légales ». Les non-régulés, eux, sont illégaux et relèvent toujours de l’arnaque. Aucun trader professionnel sérieux ne passe par une plateforme non régulée.

Pour mesurer l’ampleur des fraudes à l’investissement dans le trading visant les petits épargnants, nous vous recommandons de lire cette remarquable enquête publiée par le Times of Israël. Elle explique très bien pourquoi le trading destiné aux particuliers s’apparente en réalité à une forme de casino ou de jeu d’argent. Cet article, ainsi que d’autres, mettent également en évidence les liens existants entre l’industrie du trading, celle des jeux d’argent et la criminalité organisée.

Une offre surgie de nulle part et quasiment absente du web

Cette offre paraît totalement inconnue sur internet. Les moteurs de recherche renvoient très peu, voire aucune référence, à son sujet. Cela laisse penser que personne ne connaît réellement cette offre ni ce qu’elle vaut. C’est assez préoccupant lorsqu’il s’agit de proposer de tels services. Cet élément est cohérent avec le fait que cette proposition a été mise en ligne récemment. Elle pourrait donc disparaître tout aussi vite après avoir piégé certaines personnes.

C’est également un indice montrant que cette offre n’a sans doute pas cherché à construire une véritable réputation, probablement parce qu’elle n’a pas vocation à s’installer durablement mais parce qu’elle sait qu’elle disparaîtra rapidement. Il s’agit d’une stratégie parmi d’autres. Certaines offres frauduleuses, au contraire, investissent dans des mécanismes de réputation pour se fabriquer une crédibilité artificielle. Celles-là cherchent davantage à durer, mais cela suppose un investissement que toutes les offres frauduleuses ne souhaitent pas consentir.

Absence de mentions légales sur mirrors-trade.io

Ce site n’affiche aucune mention légale, alors qu’il lui serait difficile de prétendre ignorer cette obligation. En effet, aux termes de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire :

Le non-respect de cette obligation d’information est considéré comme suffisamment grave pour être sanctionné par 1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Compte tenu de la nature des services proposés par mirrors-trade.io, ce manquement peut légitimement apparaître préoccupant.

Une société sérieuse et rigoureuse ne prendrait pas le risque d’ignorer ce type d’obligations.

Mirrors-trade.io devrait-il figurer sur une liste noire ?

Après vérification, nous pouvons vous confirmer que nous sommes bien face à une entité illégale, même si elle n’a pas encore été inscrite sur l’une des listes noires publiées par les autorités. mirrors-trade.io présente un profil typique d’arnaque financière.

Les arnaques en ligne relèvent d’un jeu permanent du chat et de la souris, sous la forme d’une course contre la montre : les escrocs créent une nouvelle structure, l’exploitent pendant quelques semaines ou quelques mois, jusqu’à ce que les premières victimes se manifestent et que l’arnaque soit repérée puis dénoncée. Ils l’abandonnent ensuite pour en lancer une autre. Et le cycle recommence.

Dès qu’elle sera identifiée ou signalée aux autorités qui alimentent ces listes noires, mirrors-trade.io y sera probablement inscrite très rapidement. C’est pourquoi nous vous invitons vivement à contacter par mail ou par téléphone Épargne Info Service, le service de l’AMF chargé de la protection des épargnants.

Ils vous confirmeront rapidement que cette offre est illégale en France et ils l’ajouteront probablement à leur liste noire. La mise en place de ces listes noires constitue en partie un aveu d’impuissance des autorités, qui peinent à enrayer la prolifération des escroqueries sur internet et, plus largement, à réguler efficacement le web. Elles recourent donc à cette forme de « shaming » public.

A notre avis, mirrors-trade.io est bien une arnaque

Pour nous, il n’y a guère de doute possible : mirrors-trade.io relève clairement de l’arnaque et doit être considéré comme tel.

Les victimes ont souvent du mal à admettre que certaines personnes déploient autant de moyens, d’énergie et d’ingéniosité pour les dépouiller. Pourtant, c’est bien la réalité : cette URL sert à extorquer des épargnants, et cette activité fait vivre de nombreux complices. L’arnaque 2.0 est devenue une véritable industrie.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

One Comment

  • Laurent dit :

    je pars d’un principe simple,

    Si c’était vraiment rentable, on aurait pas le pronostiqueur Julien Bien pour faire la promotion de ce genre de service

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