Ils recommencent… Les Sitbon ont relancé un call-center pour démarcher des clients. Et les critiques fusent…

Assistelec, le dernier né d’une longue liste…

Après Planet Assurance, après IAG Santé, après Anavie, après Karsyl, les Sitbon récidive avec Assistelec! Sur son site, Assistelec se présente « comme un acteur incontournable dans le domaine de l’assistance aux particuliers. Grâce à une écoute attentive et à une volonté constante d’innover, l’entreprise a su comprendre les besoins réels de ses clients et y répondre avec précision ».

Le concept est à peu près toujours le même. Cette fois, ce sont des titulaires de contrats de fournitures d’énergie que les call-center gérés par Assistelec tentent de recruter pour d’autres fournisseurs. Leur discours peut être trompeur. Ils n’hésitent pas à mettre en avant une prime de 200 euros.

Les méthodes  d’Assistelec sont rapidement apparues dans les radars de Signal Arnaque, qui a publié une alerte à son sujet.

Une réputation déplorable et des accusations d’arnaque

Ces témoignages rapportent une arnaque téléphonique attribuée à « Assistelec / Assist Elec ». Les victimes décrivent un scénario récurrent : un appel prétendant offrir une prime de 200 € (parfois 300 €) ou un « remboursement » lié à l’électricité, à un service de dépannage non utilisé, voire à d’autres aides. L’interlocuteur se veut professionnel, passe parfois la main à un « service administratif », et pousse à confirmer des données personnelles (date de naissance, e-mail, adresse) puis à fournir un IBAN.

Plusieurs personnes disent avoir été débitées mensuellement (montants autour de 11 €, 11,90 €) après avoir signé un document reçu par e-mail ou même après une simple validation jugée trompeuse. D’autres ont détecté le piège en lisant le document : il s’agissait en réalité d’un contrat incluant une domiciliation SEPA, ce qui contredit l’idée d’un « remboursement ».

Les numéros cités changent souvent mais reviennent fréquemment avec des préfixes belges +32 (notamment +32 2 844… et +32 2 335…), parfois d’autres régions. Les conseils récurrents : bloquer/révoquer la domiciliation, contacter la banque pour stopper et demander remboursement en cas de prélèvements, et signaler aux autorités compétentes.

Une violente offensive d’Assistelec en Belgique

Assistelec cible particulièrement la Belgique. Beaucoup de résidant belge se présentent comme victime. L’entreprise a d’ailleurs créé une URL dédiée à ce pays en .be: assistelec.be. Elle affiche le même contenu que assistelec.fr

Message publics postés sur Facebook à propos d'Assistelec.

Message publics postés sur Facebook à propos d’Assistelec.

« Depuis deux semaines, je suis harcelé » nous a raconté une victime belge. En Belgique, Assistelec disposerait d’un siège social chez Regus. Ils se seraient fait virer d’une précédente adresse « suite aux trop nombreuses plaintes reçues ».

On trouve des traces de ces plaintes sur ce groupe Facebook belge. Cette victime est persuadée que le call-center d’Assistelec se trouverait au Maroc.

Assistelec appartient à 100% à la famille Sitbon

Tant assistelec.be qu’assistelec.fr appartiennent à la société de droit français Assist Elect. Cette entreprise délcare avoir des « Activités juridiques ». Elle est située dans le 16e arrondissement de Paris, rue de Montevideo

Siège parisien d'Assistelec.

Siège parisien d’Assistelec.

Elle appartient  pour 49% à Yony Sitbon, pour 25,5% à Kenny Sitbon et pour 25,5% à Moïse Sitbon, dont nous avons souvent parlé dans nos précédents articles évoquant les activités de la famille Sitbon. Ils possèdent ou administrent de nombreuses sociétés liées à des activités semblables.

Carte des entreprises liées à Yony, Kenny et Moïse Sitbon.

Carte des entreprises liées à Yony, Kenny et Moïse Sitbon.

Des solutions pour récupérer les sommes prélevées

Si vous découvrez que vous avez été prélevés sans qu’u mandat SEPA en bonne et due forme ait été rédigé et signé, vous disposez de solutions prévues par le réglement SEPA et par le Code monétaire et financier :

  • Jusqu’à 8 semaines après le débit : vous pouvez demander un remboursement sans fournir de justification, même si le prélèvement était autorisé.
  • Au-delà de 8 semaines et jusqu’à 13 mois après le débit : vous pouvez demander un remboursement uniquement si le prélèvement était non autorisé — c’est-à-dire sans mandat valide ou au-delà de votre consentement.

Un prélèvement non autorisé, ce peut être: un montant prélevé différent de celui prévu, un prélèvement malgré une résiliation ou une absence de mandat SEPA valablement signé. Or, ces entreprises ne disposent pratiquement jamais de mandat SEPA en bonne et due forme. Si elle tentait d’en obtenir un, la plupart des clients comprendrait l’entourloupe et refuseraient.

Pour obtenir un rappel des prélèvements passés et bloquer les prélèvements à venir, vous devez vous adresser à votre banque. Certaines banques permettent du faire vous-même sur votre espace numérique personnel, surtout pour les prélèvements de moins de 8 semaines après le débit. Si ce n’est pas le cas, vous devez adresser une demande à votre conseiller et en cas de difficulté, adresser une mise en demeurre par lettre recommandée avec accusé de réception à votre banque. Si vous avez besoin d’aide, voici un modèle de lettredont vous pouvez vous inspirer pour réclamer le remboursement à votre banque.

Le scandale du business des prélèvements non autorisés

En pratique, pratiquement aucune de ces entreprises ne fait signer un mandat en bonne et due forme à ses clients. Ces sociétés ont fondé leur business sur le fait qu’une entreprise qui réclame un prélèvement automatique à la banque d’une personne est présumée disposer d’un mandat en bonne et due forme. Elle doit le fournir uniquement en cas de contestation. Ces entreprises escomptent que la plupart de leurs clients ne se rendront pas compte du prélèvement ou seront trop ignorant du droit pour contester. En cas de contestation, elle lâchent très vite l’affaire. C’est un fonctionnement de prédation fondé sur l’inutilité economique des paiements.

Cette présomption de disposer d’un mandat en bonne et due forme a donné lieu à des abus d’une ampleur qu’il est difficile à imaginer. C’est comme cela que la SFAM (Indexia Group) a bâti un empire. Le groupe a été mis en cause pour avoir trompé de très nombreux clients qui ignoraient qu’ils se retrouvaient engagés. Son direxcteur, Sadri Fegaier, est ainsi entré dans le cercle des personnes les plus riches de France. Ce modèle semble avoir inspiré beaucoup d’entrepreneurs.

Voulez-vous signaler assistelec.fr à la DGCCRF ?

Vous avez la possibilité de faire un signalement à propos d’assistelec.fr à ce que l’on appelle la répression des fraude, c’est-à-dire la DGCCRF. Il s’agit de l’administration en charge de réprimer les violations des protections légales des consommateurs.

La DGCCRF dispose d’antennes sur tout le territoire. Elle a mis en place plusieurs services en ligne qui pourraient vous être utiles:

  • Signal.conso.gouv.fr permet de signaler un litige avec une entreprise.
  • RéponseConso est une plateforme qui vous permet d’obtenir des réponses à toutes les questions que vous pourriez avoir en matière de consommation. Son numéro de téléphone est le 0809 540 550.
  • Bloctel, qui permet d’inscrire son numéro de téléphone sur une liste afin de ne pas être démarché par téléphone.
  • Un accueil pour les lanceurs d’alerte, c’est-à-dire des personnes désintéressées et de bonne foi disposant d’information obtenue dans un cadre professionnel, susceptibles de « de constituer un délit, une menace ou un préjudice pour l’intérêt général » et dont la révélation « fait courir un risque de représailles ».

Pour publier cet article, nous avons tenté de prendre contact avec Assistelec par mail mais nous n’avons pas obtenu de retour au moment de la publication de l’article.


Droit de réponse de la SAS Assist Elec

La société ASSIST ELEC conteste fermement les passages de l’article intitulé « AVEC ASSISTELEC, LA FAMILLE SITBON RELANCE UN CALL-CENTER » du 23 février 2026 qui lui reprochent la pratique « d’arnaque téléphonique » et de prélèvements sans mandat SEPA valable.

En effet, et contrairement à ce qui est indiqué, ASSIST ELEC ne « gère » pas des « call-centers » en propre. Elle a recours à des prestataires extérieurs et indépendants dans le cadre de contrats de partenariats. Tous les griefs de « harcèlement », de « discours trompeur » et autres méthodes douteuses contenues dans l’article sont donc mal dirigés et ne concernent pas l’activité d’ASSIST ELEC.

ASSIST ELEC est au contraire très vigilante sur la qualité des prestations accomplies pour son compte par les différents centres d’appels auxquels elle a recours, non seulement en amont, en leur donnant un script précis à respecter lors des démarches commerciales effectuées, mais en aval, en contrôlant leur activité et en prenant les mesures nécessaires en cas de défaillance (avertissement, mise en demeure, voire rupture contractuelle immédiate).

En aucun cas ASSIST ELEC n’offre-t-elle de « prime de 200 euros » automatique ni de « remboursement » pour lequel elle « pousserait » les consommateurs à lui fournir un IBAN. Si une prime de 200 € existe, elle est réservée à un cas précis (une fois le contrat signé et le service utilisé) et le script communiqué aux centres d’appel sur ce point est très clair : les conditions essentielles et garanties du contrat y sont explicitement détaillées.

ASSIST ELEC ne pratique pas davantage de « prélèvements mensuels » sans un mandat de prélèvement SEPA signé en bonne et due forme, à distance, au moyen d’un procédé de signature électronique certifié, conforme au Règlement UE n°910/2014 (eIDAS). Chaque mandat fait ainsi l’objet d’une identification de signature, d’une traçabilité complète et d’une conservation des éléments de preuves garantissant sa validité juridique.

Il n’y a donc aucune intention de tromper ni d’arnaquer téléphoniquement les consommateurs de la part d’ASSIST ELEC qui non seulement n’est pas en lien direct avec eux dans le cadre d’une activité de « call-centers » qu’elle ne pratique pas, mais contrôle le processus de vente effectué par les centres d’appel (à partir d’enregistrements systématiques des échanges, de réécoutes, et d’une double validation par son service client en interne avant la souscription définitive d’un contrat).

A cet égard, ASSIST ELEC a récemment rompu, sans préavis, la relation contractuelle qu’elle avait avec un centre d’appels en Belgique en raison de plaintes qui lui ont été remontées au sujet de ses pratiques. Les situations et témoignages décrits dans le paragraphe intitulé (à tort) « Une violence offensive d’Assistelc en Belgique » ne sont donc plus d’actualité, ASSIST ELEC ayant fait le nécessaire pour rembourser les consommateurs mécontents.

Dès lors qu’elle veille au respect du cadre légal applicable en matière de démarchage, de contractualisation à distance et de prélèvements SEPA, aucun motif ne justifie donc de « signaler Assistelc.fr à la DGCCRF » comme le suggère l’article.

Les quelques plaintes et réclamations qui lui ont été remontées restent des cas isolés, auxquels il est immédiatement remédié.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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