Quantfury.com commence à causer de sérieux préjudices chez les épargnants français. Nous avons analysé cette plateforme en détail.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !

Quantfury.com existe depuis plus d’un an, mais la prudence reste de mise

Une recherche Whois concernant quantfury.com montre que ce nom de domaine a été enregistré il y a 3304 jours. En règle générale, une ancienneté élevée peut rassurer. Il s’agit toutefois d’un indicateur intéressant mais largement insuffisant. Une adresse web ancienne peut tout à fait masquer une escroquerie pour plusieurs raisons :

  • Certaines fraudes mettent des années avant d’être identifiées, dénoncées puis stoppées. C’est fréquemment le cas des systèmes pyramidaux, où les premiers participants encaissent de réels gains. Des affaires connues comme OneCoin ou Omegapro ont ainsi prospéré pendant plusieurs années avant d’être exposées.
  • Certains escrocs rachètent d’anciens noms de domaine abandonnés afin de profiter de leur ancienneté et de leur apparente crédibilité. Une fraude récente peut ainsi sembler active depuis une décennie. Il s’agit d’une technique particulièrement trompeuse à l’encontre des épargnants et des consommateurs.

Les fraudeurs élaborent de véritables stratégies. Certains multiplient de petites escroqueries rapidement repérées, tandis que d’autres misent sur des montages frauduleux pensés pour durer. Pour ces derniers, le critère du whois est loin d’être suffisant. Il arrive même que certains remboursent quelques clients afin de continuer à piéger de nouvelles victimes. Ce sont généralement ces montages sophistiqués qui causent le plus de dommages.

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Pourquoi faut-il considérer le trading comme une arnaque légale ?

Depuis une quinzaine d’années, le trading sur les marchés financiers est devenu un terrain privilégié pour déployer des escroqueries de masse ciblant les petits investisseurs particuliers, à qui l’on promet de devenir traders. Près de 7 milliards d’euros ont ainsi été soutirés aux épargnants français, et probablement bien davantage. Les escrocs recrutent leurs victimes puis les poussent à prendre des positions extrêmement risquées, avec une forte probabilité de perte en capital. Quel que soit le scénario ou la formation suivie, l’issue est presque toujours la même : la perte totale des fonds.

La prolifération de ces plateformes s’explique simplement : chaque courtier ou site de trading peut récupérer l’argent perdu par les clients. C’est particulièrement vrai pour le Forex et les CFD (voir notre lexique). Le Forex concerne les taux de change entre devises. Les CFD permettent de spéculer sur l’évolution future d’un actif, y compris des actions. Les options et contrats à terme reposent sur des mécanismes encore plus complexes.

Sur le Forex et les CFD, la plateforme de trading est en réalité un marché décentralisé et non une bourse classique comme celle des actions. Cela implique que la plateforme doit elle-même trouver une contrepartie à chaque ordre, puisque le trader ne détient pas l’actif sous-jacent : il s’engage uniquement sur un résultat futur.

Trading, casino, Forex, jeux d’argent, CFD, options : quelles différences ?

Il s’agit donc davantage d’une bourse de paris que d’un marché d’échange de valeurs. La plateforme peut trouver un autre utilisateur prenant la position inverse, aller chercher une contrepartie sur les marchés mondiaux, ou encore se placer elle-même en face du client.

Mais la plateforme dispose d’un avantage majeur : elle sait que les particuliers sont de très mauvais traders. Dans 9 cas sur 10, ils perdent leur argent, comme le montre une étude de l’AMF. La plateforme peut analyser les ordres de ses propres clients et mesurer leur inefficacité par rapport aux marchés.

Lorsque les pertes s’accumulent, la plateforme a tout intérêt à prendre elle-même la contrepartie des ordres. Elle récupère alors directement les pertes du client au lieu de les laisser à un autre intervenant du marché.

Ce modèle se rapproche fortement de celui du casino et des jeux d’argent. Les mécanismes psychologiques sont identiques. De nombreux gourous du trading en ont conscience et vendent des formations prétendument capables de rendre rentable cette activité.

Que valent les formations à l’analyse technique et à la stratégie ?

Même formé, un trader particulier perd dans 90 % des cas. Les professionnels de la finance le savent, et de nombreux particuliers en ont fait l’amère expérience. Pourtant, des formations onéreuses promettent de faire de vous un trader rentable, sans diplôme. Il serait bien souvent plus judicieux d’investir ces sommes dans des titres ou de consulter des conseillers financiers.

La plupart de ces formateurs ne vivent pas du trading mais de la vente de formations. Le paradoxe est frappant : si leur méthode était si efficace, pourquoi ne pas l’appliquer exclusivement ? Avec l’effet de levier, les pertes peuvent être colossales.

L’effet de levier permet de miser de l’argent que l’on ne possède pas. En cas de gain, le profit est encaissé. En cas de perte, il faut rembourser. Le trading ne peut donc en aucun cas être considéré comme un placement prudent. Il constitue un investissement à fort risque de perte en capital, à la différence du marché actions.

Liens entre trading et criminalité organisée

Les plateformes de trading peuvent être réglementées ou non réglementées. Lorsqu’elles sont établies dans l’Union européenne et disposent du « passeport financier européen », elles sont dites réglementées et peuvent opérer dans les autres pays membres, dont la France.

Certains petits États pratiquent toutefois un laxisme réglementaire afin d’attirer ces sociétés peu scrupuleuses, qui ciblent ensuite des victimes dans d’autres pays européens.

La connexion israélo-chypriote

Le cas le plus emblématique est Chypre, située à proximité d’Israël. Les sociétés enregistrées à Chypre concentrent un grand nombre de plaintes auprès de l’AMF. Les non-réglementées opèrent illégalement et relèvent systématiquement de l’arnaque. Aucun professionnel sérieux ne recourt à ces plateformes.

Pour mesurer l’ampleur des fraudes, nous recommandons la lecture de cette enquête du Times of Israël, qui met en lumière les liens existants entre trading, jeux d’argent et criminalité organisée.

quantfury.com est dépourvu de mentions légales

Les mentions légales, pourtant obligatoires, sont totalement absentes du site quantfury.com.

Conformément à la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires« , notamment :

L’absence de ces informations est lourdement sanctionnée (jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende). Pour une plateforme comme quantfury.com, ce manquement est particulièrement inquiétant.

Une société légitime ne prendrait jamais un tel risque. Cette opacité est typique d’escrocs opérant à distance.

L’Autorité des Marchés Financiers a inscrit quantfury.com sur liste noire

L’AMF publie des listes noires d’intermédiaires financiers opérant illégalement. Quantfury.com y figure.

Ces listes constituent en partie un aveu de difficulté des autorités à endiguer les arnaques en ligne. Elles recourent donc à une forme de dénonciation publique.

Avant toute relation avec une plateforme comme quantfury.com, il est indispensable de vérifier sa présence sur ces listes. Après contrôle, quantfury.com y apparaît bien.

L’avis de Warning-Trading : à éviter absolument

Pour nous, il n’y a aucune ambiguïté : quantfury.com est une arnaque.

Beaucoup de victimes peinent à croire que tant de moyens soient déployés pour les dépouiller. Pourtant, cette URL sert bien à extorquer des épargnants et à alimenter une véritable industrie. L’arnaque 2.0 est aujourd’hui un business structuré.

Nicolas Gaiardo

Journaliste spécialisé dans la fraude financière et la protection des consommateurs. Fondateur du site de presse WARNING TRADING.

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