Attention concernant alternative-financepartners.com. Il s’agit très probablement d’une escroquerie qui commence à faire des victimes. Voici ce qui nous met en alerte.
Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !
Alternative-financepartners.com a été créé il y a seulement 205 jours
Face à une proposition comme alternative-financepartners.com, notre premier réflexe, avant toute autre démarche, est de vérifier son Whois. Le Whois fournit de nombreuses informations sur l’URL utilisée par alternative-financepartners.com. Il permet notamment d’identifier qu’alternative-financepartners.com repose sur une URL, autrement dit une adresse internet, enregistrée le 8 juillet 2025. Soit il y a 205 jours.
D’expérience, c’est un délai très court qui doit immédiatement éveiller la prudence des internautes. Les escrocs en ligne créent chaque jour des dizaines de nouvelles URLs pour repartir à zéro et tenter d’abuser les épargnants. C’est précisément pour cela que les adresses qu’ils exploitent sont souvent très récentes, comme alternative-financepartners.com. Une fois cette URL “grillée” — lorsqu’il devient impossible de la rechercher sans comprendre qu’il s’agit d’une fraude, ou qu’elle a été bloquée par des autorités ou un hébergeur — ils en ouvrent une nouvelle et recommencent… Encore et encore… C’est ainsi que fonctionnent de nombreuses arnaques en ligne…
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Pourquoi le trading est une arnaque 90% du temps?
Depuis une quinzaine d’années, le trading sur les marchés financiers et la bourse sert très fréquemment de support à des escroqueries visant les petits investisseurs à qui l’on promet de “devenir trader”. 7 milliards d’euros auraient ainsi été soutirés aux épargnants français, et probablement davantage. Le mécanisme est souvent le même : les fraudeurs enrôlent un particulier et le poussent à ouvrir une position ou passer un ordre très risqué, avec une forte probabilité de perte en capital. Et, selon des scénarios variés, ces apprentis traders finissent quasi systématiquement par perdre leur mise, quelle que soit la formation affichée.
Ces sites de trading se multiplient parce que chaque plateforme ou courtier peut récupérer le capital perdu par les traders. C’est particulièrement vrai avec le trading sur le Forex et les CFD (voir notre lexique pour la définition). Le Forex correspond au marché des devises. Les CFD permettent de parier sur l’évolution future d’une valeur, y compris le cours d’actions. Cela vaut aussi pour les options et les contrats à terme, encore plus complexes.
En pratique, sur le Forex et les CFD, une plateforme de trading fonctionne comme une bourse décentralisée, et non comme un marché actions “classique”. Autrement dit, la plateforme doit elle-même trouver une contrepartie à chaque ordre, car le trader ne devient pas propriétaire d’une action : il s’engage à payer (ou recevoir…) un montant si un événement de marché se produit.
Trading, casino, forex, jeux d’argent, CFD, options, casino, jeux d’argent… Quelle différence?
On est donc face à une bourse de paris davantage qu’à un marché où s’échangent des titres comme des actions. La plateforme peut alors trouver un autre utilisateur qui prend la position inverse. Elle peut aussi aller chercher une contrepartie ailleurs, sur les marchés mondiaux, ou bien décider de prendre elle-même la position inverse de celle de son client, sur ce marché “interne”.
Mais la plateforme dispose d’un avantage déterminant : de manière générale, elle sait qu’un particulier trader est un très mauvais trader. Les particuliers perdent leur argent 9 fois sur 10, comme le montre une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). La plateforme peut en outre analyser le carnet d’ordres de ses propres clients et le comparer aux marchés pour mesurer leur efficacité.
Si le client accumule les pertes, la plateforme peut considérer qu’il est plus rentable de prendre elle-même la contrepartie de ses ordres plutôt que de chercher une contrepartie externe ou interne. Ainsi, elle récupère directement la perte, à la place d’un autre intervenant de marché.
Au final, ce modèle ressemble fortement à celui d’un casino et des jeux d’argent. Les leviers psychologiques sont comparables. Beaucoup de gourous vendant des formations l’ont compris : ils affirment qu’une formation permettrait de rentabiliser son investissement grâce au trading.
Que vaut la formation à l’analyse technique et à la stratégie?
Même avec une formation, un particulier trader perdra 90% du temps. Les professionnels le savent, et de nombreux particuliers l’ont appris à leurs dépens. Pourtant, des formations promettent de vous transformer en trader, avec de l’analyse technique, même sans diplôme. Le coût est souvent très élevé, et il est généralement plus pertinent d’investir cette somme dans des titres ou de solliciter des conseillers financiers.
Très souvent, ces “formateurs” ne vivent pas du trading, mais uniquement de la vente de formations. C’est un paradoxe : si vous saviez réellement prendre les bonnes positions en limitant le risque, pourquoi vendre ce savoir au lieu d’en profiter ? Le danger est majeur car, avec l’effet de levier, il devient possible de perdre des montants considérables en prenant des risques démesurés.
En effet, l’effet de levier permet de miser de l’argent que l’on n’a pas. En cas de gain, on empoche les profits. Mais en cas de perte, il faut payer pour compenser. C’est pourquoi le trading ne doit jamais être présenté comme un placement sans risque, ni comme un investissement “en bon père de famille”. Le trading est la définition même d’un investissement comportant un risque de perte en capital très élevé, contrairement à l’investissement actions traditionnel.
Des liens entre le trading et la criminalité organisée
Les sites de trading peuvent être régulés ou non régulés. Lorsqu’ils sont légalement établis dans l’Union européenne et disposent de ce que l’on appelle le « passeport financier européen », ils sont considérés comme “régulés”. Cela leur permet de proposer leurs services dans les autres pays membres de l’Union, dont la France.
Évidemment, certains petits pays jouent la carte de la mauvaise foi via un nivellement laxiste par le bas. Ils réduisent les exigences et les contrôles pour attirer sur leur territoire des acteurs mal intentionnés, qui s’y installent afin d’arnaquer des victimes situées dans d’autres pays de l’Union européenne, dont la France.
La connexion israélo-chypriote
Le cas le plus connu est Chypre, située à environ 300 km des côtes israéliennes. Les sociétés enregistrées à Chypre figurent parmi celles qui génèrent le plus de plaintes déposées auprès de l’AMF. Lorsqu’ils ne sont pas régulés, cela signifie qu’ils n’ont pas le droit de proposer du trading, mais qu’ils le font malgré tout. Les régulés s’apparentent parfois à des “arnaques légales”. Les non régulés sont illégaux et restent des arnaques. Un trader professionnel n’utilise jamais une plateforme non régulée.
Pour mesurer l’ampleur des fraudes à l’investissement dans le trading au détriment des particuliers, nous vous recommandons cette excellente enquête du Times of Israël. Elle explique très clairement pourquoi le trading destiné aux particuliers s’apparente, en réalité, à une forme de casino ou de jeu d’argent. Cet article et d’autres mettent en évidence les liens existants entre l’industrie du trading, celle des jeux d’argent et la criminalité organisée.
Une offre sortie de nulle part et totalement inconnue d’internet
Cette offre semble quasiment absente d’internet. Les moteurs de recherche renvoient très peu — voire aucune — référence à son sujet. Cela peut indiquer que personne n’en a réellement entendu parler et que personne ne sait ce qu’elle vaut. C’est préoccupant lorsqu’un site prétend proposer ce type de services. Cela concorde avec le fait que cette proposition a été lancée récemment. Elle pourrait disparaître aussi vite qu’elle est apparue, après avoir abusé des victimes.
C’est aussi un signe que cette offre n’a pas cherché à construire une réputation, probablement parce qu’elle ne vise pas à s’installer durablement, mais qu’elle sait qu’elle disparaîtra rapidement. C’est une stratégie parmi d’autres. Certaines offres frauduleuses investissent au contraire dans des techniques “réputationnelles” pour fabriquer de toutes pièces une crédibilité artificielle et s’inscrire dans la durée. Mais cela implique un coût que toutes ne souhaitent pas engager.
Ces escrocs utilisent l’adresse [email protected]
Pour échanger avec leurs victimes, un membre de cette équipe d’escrocs utiliserait l’adresse mail [email protected] en se présentant comme Laurent Dagois. Il s’agit évidemment d’une identité fictive destinée à crédibiliser cette offre frauduleuse.
Laurent Dagois n’est sans doute qu’une des identités inventées utilisées. Il y en a probablement d’autres. Mais c’est celle que nous avons pu confirmer. Ils se servent généralement de fausses identités, et il est possible qu’elles soient construites sur le même modèle : [email protected].
Où sont les mentions légales d’alternative-financepartners.com?
Le site alternative-financepartners.com ne présente aucune mention permettant de vérifier l’existence légale de cette société. Or, conformément à la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public », c’est-à-dire :
- Identité de l’entreprise : nom, prénom et adresse.
- Numéro d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
- Mail et numéro de téléphone pour contacter votre entreprise.
- Numéro d’identification à la TVA.
- Identité de l’hébergeur.
- Si vous exercez une activité réglementée et soumise à autorisation (pharmacie ou débit de boissons, par exemple) : nom et adresse de l’autorité qui a délivré l’autorisation pour les activités réglementées.
Le non-respect de cette obligation d’information est considéré comme sérieux puisqu’il est sanctionné par 1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Au vu de la nature des services mis en avant par alternative-financepartners.com, cette absence peut légitimement inquiéter.
Alternative-financepartners.com devrait-il être inscrit sur une liste noire?
En parcourant les différentes listes noires d’arnaques publiées par les autorités publiques, on ne trouve pas alternative-financepartners.com. Cela ne signifie pas pour autant qu’alternative-financepartners.com ne devrait pas y figurer, ni qu’elle ne s’y retrouvera pas prochainement. Si alternative-financepartners.com n’y apparaît pas encore, c’est probablement parce que les organismes chargés de ces listes n’ont pas encore reçu de signalement à son sujet.
Les arnaques sur internet relèvent d’un jeu du chat et de la souris, dans une course contre la montre permanente : une nouvelle arnaque est créée et exploitée pendant quelques semaines ou quelques mois, jusqu’à ce que les premières victimes se manifestent et qu’elle soit identifiée puis dénoncée. Alors, elle est abandonnée, une autre est créée, et le cycle reprend.
Dès que des signalements remonteront, les autorités pourraient inscrire alternative-financepartners.com sur une liste noire. L’absence d’alternative-financepartners.com sur la liste noire de l’Assurance Banque Epargne Info Service ne doit donc pas vous inciter à poursuivre les échanges avec votre interlocuteur. Cette liste n’est pas forcément mise à jour quotidiennement, et certaines entités peuvent passer entre les mailles du filet.
Nous vous invitons vivement à contacter par mail ou par téléphone Epargne Info Service, le service de l’AMF chargé de la protection des épargnants, afin de leur signaler cette arnaque pour qu’ils l’ajoutent à leur liste noire.
La création de ces listes noires constitue en partie un aveu de difficulté des autorités à enrayer la prolifération des arnaques en ligne et, plus largement, à réguler internet. Elles recourent donc à cette forme de « shaming » public.
A notre avis, alternative-financepartners.com est bien une arnaque
Pour nous, il n’y a pas de doute : alternative-financepartners.com est bien une arnaque et doit être considéré comme tel.
Les victimes peinent souvent à accepter que des individus puissent déployer autant de moyens, d’énergie et d’ingéniosité pour les dépouiller. Pourtant, c’est bien la réalité : cette URL sert à rançonner des épargnants, et cette activité fait vivre de nombreux complices. L’arnaque 2.0 est devenue une industrie.


