Swissquotemarkets.com commence à causer de lourds préjudices chez les épargnants français. Nous avons examiné ce dossier en détail.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !

Peut-on accorder sa confiance à une URL âgée de seulement 56 jours ?

Le whois de swissquotemarkets.com révèle que le nom de domaine swissquotemarkets.com a été enregistré le 24 novembre 2025, soit à peine 56 jours avant la publication de cet article. Une date beaucoup trop récente pour ne pas susciter de sérieux doutes quant à la fiabilité de ce site.

Par ailleurs, la date d’expiration du domaine est fixée au 24 novembre 2026. Il est difficilement concevable qu’une entreprise crédible n’enregistre son nom de domaine que pour une seule année. Ajoutons que les serveurs hébergeant swissquotemarkets.com sont situés aux États-Unis et que, comme c’est fréquemment le cas pour ce type de sites, l’hébergement est totalement anonyme.

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Vous souhaitez perdre de l’argent ? Ouvrez un compte de trading !

Les plateformes de trading semblent se multiplier comme des champignons. Comment expliquer une telle prolifération ? Le trading, en tant qu’activité purement spéculative, ne crée pourtant aucune richesse réelle. La réponse se trouve sans doute dans le fait que des sites comme swissquotemarkets.com, en pratique et à l’insu de leurs clients, encaissent directement les pertes de ces derniers.

En théorie, une plateforme de trading comme swissquotemarkets.com se rémunère grâce aux commissions prélevées sur les transactions. L’investisseur pense ainsi accéder aux marchés des CFDs ou du forex. Or, un site de trading n’est nullement tenu de vous offrir un accès réel aux marchés financiers mondiaux. Il peut tout à fait jouer lui-même le rôle de contrepartie, en prenant le pari inverse au vôtre. Sa seule obligation est de vous payer en cas de gain. En revanche, lorsque vous perdez, il conserve intégralement votre mise.

Il a d’ailleurs été établi que 90 % des particuliers utilisant ces plateformes finissent par perdre leur argent. Le site n’a alors qu’à observer votre comportement. Si vous faites partie de cette majorité de perdants, il prendra systématiquement la contrepartie de vos positions. De cette manière, il récupère l’ensemble de vos pertes. Comprendre ce mécanisme permet de saisir pourquoi ces sites de trading envahissent internet et pourquoi ils évitent presque toujours de s’implanter en France, préférant des juridictions bien plus permissives que celle de l’AMF.

Les perspectives de gains sont telles que cette activité a naturellement attiré la criminalité organisée, à l’image du trafic de drogue ou des jeux d’argent. Les « conseillers » employés par ces plateformes utilisent des techniques commerciales basées sur les mêmes leviers psychologiques que l’addiction aux jeux, afin d’inciter leurs victimes à réinjecter continuellement de l’argent.

En Israël, ce secteur a connu un véritable âge d’or, jusqu’à ce qu’une vaste enquête publiée en 2016 par le Times of Israël en expose les pratiques. Le scandale fut d’ampleur nationale et mena à l’adoption d’une loi destinée à encadrer cette industrie, qui continue néanmoins de prospérer. Rien qu’en France, le trading et les arnaques au faux investissement, qu’ils soient régulés ou non régulés, ont coûté aux Français plus de 7 milliards d’euros. Ce chiffre est probablement sous-estimé, car il exclut en grande partie les « arnaques légales », orchestrées par des sociétés implantées légalement dans des pays comme Chypre ou Malte.

Une offre apparue de nulle part et absente du web

Cette offre semble totalement inconnue sur internet. Les moteurs de recherche renvoient très peu, voire aucune référence à ce sujet. Cela signifie vraisemblablement que personne ne connaît réellement cette proposition ni sa valeur. Une situation particulièrement inquiétante pour des services de cette nature. Cela correspond au fait que cette offre a été lancée récemment et pourrait disparaître tout aussi vite, après avoir abusé de nombreuses victimes.

Cela suggère également que cette offre n’a pas cherché à investir dans sa réputation, probablement parce qu’elle n’a pas vocation à durer. Certaines escroqueries, à l’inverse, mettent en place de fausses stratégies de réputation afin de s’installer dans le temps. Mais ce type de manœuvre nécessite des investissements que toutes les structures frauduleuses ne sont pas prêtes à engager.

Pourquoi l’URL de swissquotemarkets.com ne présente-t-elle aucun contenu ?

Si vous tentez d’accéder à l’URL swissquotemarkets.com via votre navigateur, vous constaterez que cette URL n’affiche aucun contenu. Deux hypothèses peuvent expliquer cette situation :

  • L’arnaque a pu être abandonnée, soit en raison d’une réputation devenue trop négative, soit à la suite d’un signalement ayant conduit l’hébergeur à suspendre le site. L’opération est alors close et les escrocs travaillent probablement déjà sur un nouveau projet frauduleux.
  • Ou bien le nom de domaine a été acheté sans jamais servir à héberger un site, mais uniquement à créer des adresses e-mail se terminant par @swissquotemarkets.com.

Ce procédé est extrêmement rare pour des usages légitimes et renforce notre conviction qu’il s’agit d’une escroquerie ayant acquis ce nom de domaine dans le seul but d’usurper l’identité d’une entreprise existante.

Swissquote.com et swissquotemarkets.com : une différence majeure

Nous sommes clairement face à une escroquerie reposant sur une usurpation d’identité. Dans près d’une arnaque sur deux, les fraudeurs se font passer pour une entreprise réelle ou une administration publique. Cette technique leur permet de tirer parti de la crédibilité, de la notoriété et de l’image de confiance de l’entité usurpée.

Si cette méthode est ancienne, elle s’est largement généralisée sur internet sous la forme de fausses URL, c’est-à-dire des adresses très proches de celles des sites officiels. Par exemple, « www.mabanque.com » peut être imité par « www.mabanque-connect.com », « www.mabanque-clients.com » ou encore « www.mabanque-france.com ».

Ces fausses URL peuvent héberger un site clone, ce qui reste relativement rare, ou servir à mettre en place un faux espace de connexion privée. Le plus souvent, elles n’affichent aucun contenu et servent uniquement à créer des adresses e-mail du type [email protected], afin de rendre crédibles des échanges par courriel tout en redirigeant vers le véritable site officiel de l’entité dont l’identité est usurpée.

Vous noterez la différence entre l’URL utilisée par l’arnaque, swissquotemarkets.com, et celle du site légitime, swissquote.com. Cet écart confirme clairement l’existence d’une usurpation d’identité.

[email protected], une adresse utilisée par les fraudeurs

Pour entrer en contact avec leurs victimes, les escrocs utilisent notamment l’adresse [email protected], se faisant passer pour une certaine Marie Verdier. Il s’agit bien entendu d’une identité fictive destinée à donner de la crédibilité à cette offre frauduleuse.

Marie Verdier n’est probablement qu’un alias parmi d’autres. Nous avons pu confirmer celui-ci, mais il est très probable que d’autres fausses identités soient employées, construites sur le même schéma : [email protected].

Selon nous, swissquotemarkets.com est bel et bien une arnaque

Pour nous, il n’y a aucune ambiguïté : swissquotemarkets.com est une escroquerie avérée et doit être considérée comme telle.

Les victimes ont souvent du mal à concevoir que des individus puissent mobiliser autant de moyens, d’énergie et d’ingéniosité pour les dépouiller. Pourtant, c’est bien la réalité : cette URL est utilisée pour extorquer des épargnants et cette activité fait vivre de nombreux complices. L’arnaque 2.0 est devenue une véritable industrie.

Nicolas Gaiardo

Journaliste spécialisé dans la fraude financière et la protection des consommateurs. Fondateur du site de presse WARNING TRADING.

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