L’Arcep adopte une réforme majeure du plan de numérotation pour renforcer la lutte contre les usurpations et protéger les consommateurs.
18 000 signalement d’usurpation d’identité depuis 2025
Face à l’explosion des 18 000 signalements d’usurpation d’identité depuis janvier 2025, l’Arcep prend des mesures fortes pour restaurer la confiance dans les communications téléphoniques. Les auteurs d’arnaques utilisent encore massivement des numéros mobiles usurpés, provoquant inquiétude, harcèlement indirect et perte de repères pour les abonnés.
Pour répondre à cette menace, l’Autorité renforce le mécanisme d’authentification du numéro d’appelant, un protocole déjà imposé par la loi et généralisé chez tous les opérateurs. Grâce à cette traçabilité, les opérateurs peuvent identifier l’origine des appels frauduleux, mais les fraudeurs exploitent toujours les failles restantes.
Un numéro français loué anonymement apparaitra anonymement
La nouvelle décision de l’Arcep impose désormais une gestion plus rigoureuse des appels non authentifiés, notamment ceux provenant de l’international. L’objectif est clair : endiguer l’usurpation, protéger les utilisateurs et redonner de la visibilité aux numéros réellement fiables. Ces mesures, très attendues, entreront en vigueur dès le 1er janvier 2026, marquant une étape stratégique dans la lutte contre les arnaques téléphoniques.
À partir de 2026, les appels internationaux affichant un numéro mobile français non authentifié apparaîtront automatiquement en numéro masqué. Cette décision vise à contrer les fraudeurs qui utilisent des numéros français usurpés depuis l’étranger, rendant impossible pour les destinataires de distinguer un appel légitime d’un appel frauduleux.
On ignore l’identité des loueurs de 20% des numéros en itinérance
Aujourd’hui, seuls 80 % des appels de Français en itinérance sont authentifiés ; le reste constitue une brèche exploitée pour tromper les utilisateurs. Il fait peu de doutes que les 20% de numéros non authentifiés correspondent à des utilisations non légitimes, autrement à des fraudes, de la part de personnes qui ne veulent pas que l’on puisse les identifier.
En généralisant le masquage, l’Arcep rend enfin lisible l’information d’appelant : un numéro affiché sera plus fiable, et un numéro masqué n’indiquera plus forcément une intention malveillante mais une absence d’authentification technique. Cette évolution protège directement les abonnés dont le numéro est utilisé sans leur consentement.
Par ailleurs, lorsque des contraintes techniques empêchent la transmission correcte des informations d’authentification — notamment avec des équipements anciens — l’Autorité recommande également le masquage pour empêcher des interruptions injustifiées et limiter les risques d’exploitations frauduleuses. Les opérateurs devront documenter ces cas et travailler à la disparition de ces faiblesses.
92% des Français ne décrochent pas les numéros anonymes
Les résultats d’un sondage cité montrent que la grande majorité des Français ne décrochent pas lorsqu’un appel provient d’un numéro inconnu ou masqué. Plus de 90 % des personnes interrogées déclarent éviter systématiquement ce type d’appels, et plus de la moitié affirment même les bloquer. Cette réaction massive révèle un comportement profondément ancré : l’absence d’identification visible inspire immédiatement la méfiance.
Dans ce contexte, la décision de l’Arcep de transformer tous les appels internationaux non authentifiés en numéros masqués va mécaniquement réduire l’efficacité des arnaques. Jusqu’ici, les fraudeurs contournaient les filtres en affichant de faux numéros français, souvent des numéros mobiles aléatoirement usurpés. Ce stratagème leur permettait d’obtenir un taux de décrochage bien supérieur, les victimes croyant répondre à un correspondant légitime.
En imposant le masquage dès qu’un numéro étranger n’est pas authentifié, l’Arcep prive les arnaqueurs de leur principal outil : la crédibilité visuelle du numéro présenté. Or, puisqu’une très large majorité des Français ne répond déjà pas aux appels masqués, le rendement des campagnes frauduleuses va s’effondrer. Les escrocs devront alors multiplier les tentatives, prendre plus de risques ou renoncer. Cette mesure simple, fondée sur un comportement massivement documenté, constitue donc un frein puissant aux arnaques téléphoniques.
Une « chaîne de confiance » renforcée entre opérateurs et nouvelles obligations contractuelles
Le mécanisme d’authentification repose sur une chaîne de confiance entre opérateurs : chacun doit s’assurer que le client qui émet un appel est autorisé à utiliser le numéro présenté. Or, cette vérification n’était pas toujours uniforme. L’Arcep durcit désormais les règles : chaque opérateur devra définir contractuellement la liste des numéros autorisés pour chaque client et bloquer techniquement toute tentative d’utilisation d’un numéro extérieur à cette liste.
Cette obligation limite drastiquement les possibilités d’usurpation volontaire par des acteurs malveillants utilisant des plateformes ou des services d’émission automatisée. Elle vise autant les entreprises que les intermédiaires télécoms qui, parfois, laissaient passer des pratiques risquées.
Parallèlement, l’Arcep crée une nouvelle catégorie de numéros réservés aux appels automatisés d’intérêt général. Seules les organisations autorisées par arrêté ministériel pourront les utiliser. Cette distinction permettra de mieux identifier les communications institutionnelles et de réduire la confusion avec les opérations frauduleuses de masse.
De nouvelles règles de gestion pour l’Outre-mer et une meilleure protection des consommateurs
L’Arcep adapte également la gestion des numéros dans les territoires ultramarins, où les besoins augmentent avec l’évolution des usages numériques. De nouvelles plages de numéros seront allouées pour répondre à la demande croissante des entreprises et des particuliers.
L’Autorité renforce enfin la protection des consommateurs en imposant un délai minimum de 45 jours avant la réaffectation d’un numéro résilié par un opérateur (ex. fermeture technique du cuivre). Cette mesure évite qu’un numéro ne soit attribué trop rapidement à un nouvel utilisateur, laissant à l’ancien titulaire la possibilité de le récupérer sans risque de confusion.
Ces ajustements répondent à des demandes répétées des opérateurs et des utilisateurs via la plateforme « J’alerte l’Arcep », confirmant l’importance de sécuriser la gestion des numéros face aux pratiques frauduleuses. Avec ce nouveau plan de numérotation, l’Arcep déploie l’une de ses réformes les plus structurantes de ces dernières années au service d’un écosystème télécoms plus sûr, plus transparent et plus fiable.
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