Trader affiché, nomade numérique, promoteur de « compte financé » : BabySoldat incarne les promesses et les risques du business des influenceurs financiers.

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Le mythe du trader rentable et la réalité du recruteur

BabySoldat se présente comme un trader rentable, qui a adopté un style de vie nomade — partageant ses sessions de trading depuis Dubaï, l’Asie du Sud-Est, ou la Malaisie. Il anime une chaîne YouTube (« Making a living from trading ») où l’on découvre des titres tels que « $45k and 3 countries in one week! ».

Son compte TikTok/Instagram regroupe une communauté importante (selon Urlebird : ~149 000 followers, 1.17 K vidéos).

Il utilise également un canal Linktree proposant son Snap, la mention « Passage propfirms HFT » («prop firms» = sociétés qui financent des traders) et un appel à rejoindre sa “babyarmy”.

Ainsi, son ascension repose sur trois piliers : le lifestyle (voyages, luxe), l’affichage de résultats élevés, et la promesse de devenir trader rentable via sa méthode ou sa communauté.

L’offre publique, le modèle économique

BabySoldat met en avant l’univers des “prop-firms” (sociétés qui financent des traders après validation d’un challenge) comme levier de réussite. Un article d’analyse indique qu’il est partenaire de la société WeGetFunded et qu’il oriente sa communauté vers ce type de produits.

Sur ses vidéos, il partage des “résultats”, des sessions de gains ou de pertes, et propose une immersion dans sa vie de trader. Exemple : « Le guide ultime pour se lancer en trading correctement ».

Son modèle repose fortement sur :

  • l’affiliation : gains pour chaque trader qu’il « amène » à une prop-firm ou à un service.
  • la formation ou l’accompagnement (implicite ou explicite) : “viens dans mon groupe”, “voici ma communauté”.
  • le marketing d’idéal de vie : voyager, réussir, gagner de l’argent.

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Controverses, signaux d’alerte et zones de flou

Plusieurs éléments méritent d’être relevés :

  • Bien qu’il présente des résultats, il n’y a pas de traçabilité indépendante des performances sur le long terme ou de contrôle externe.
  • Le fait de promouvoir des prop-firms peut induire un conflit d’intérêts : l’influenceur gagne davantage à amener des clients qu’à démontrer la performance de chacun.
  • Le modèle lifestyle + résultat spectaculaire peut créer un effet de “vente de rêve” : visibilité du luxe, de la réussite rapide, pouvant encourager des personnes non informées à s’engager avec peu de précautions.
  • Bien que quelques témoignages positifs existent, il manque de transparence sur les taux de réussite des membres, ou sur les pertes encourues. L’article mentionne : “ils ne mettent pas un centime de leur argent sur les plateformes qu’ils recommandent”.
  • La localisation parfois à l’étranger (Malaisie, Dubaï) peut poser des questions réglementaires pour les utilisateurs français : sur la supervision, la protection des membres, ou l’encadrement légal.

BabySoldat est un phénomène représentatif : un influenceur trading moderne, très visuel, orienté “lifestyle & résultats”, qui attire un public large. Mais son cas rappelle que derrière l’image se cache un modèle économique et des risques qui doivent être pleinement compris. Pour un journaliste ou un utilisateur : il ne suffit pas d’être inspiré par le succès affiché ; il faut vérifier, questionner, et évaluer l’exposition au risque.

La promesse d’indépendance financière par le trading est séduisante, mais elle doit être accompagnée d’une information complète et honnête. BabySoldat incarne à la fois l’opportunité de se lancer et l’obligation de s’assurer que l’on ne s’engage pas sans comprendre ce que “vivre du trading” implique réellement.

Cette analyse est fondée sur les sources disponibles sur internet à propos de BabySoldat


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Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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