Entre 2017 et 2018, Dan Salomon et Fabrice Sakoun sont visés par des poursuites en France et en Belgique pour un vaste montage frauduleux mêlant crypto-monnaies et diamants, visant à soutirer des millions à des particuliers.
Une escroquerie internationale au faux placements en diamants
L’affaire trouve ses racines dans une inculpation d’escroquerie à grande échelle, visant des placements fictifs dans les diamants et les crypto-actifs.
Les victimes, tant en Belgique qu’en France, auraient été sollicitées pour investir via des sites comme patrimoinecrypto.com ou patrimoinediamant.com. Le schéma était le suivant : un investissement initial, puis des promesses de gains, parfois de faux versements, incitant les victimes à accroître leurs apports.
Par ailleurs, l’enquête révèle un vaste réseau de blanchiment d’argent, impliquant des sociétés en Belgique, Hong Kong, Turquie, ainsi que l’utilisation de comptes bancaires tchèque.
Deux Franco-Israéliens impliqués: Dan Salomon et Fabrice Sakoun
Français domicilié en Israël, Dan Salomon est l’un des prévenus centraux dans ce dossier. Lors des audiences au tribunal correctionnel de Bruxelles, il a nié toute responsabilité, affirmant être mis en cause uniquement pour récupérer une caution. Il encourt une peine de prison et des sanctions financières substantielles.
Fabrice Sakoun, Franco-Israélien, est un nom bien connu dans le monde des fraudes financières : il avait déjà été impliqué dans l’affaire de la fraude à la taxe carbone.
Dans le cadre de cette nouvelle affaire, il est décrit comme l’un des cerveaux présumés du montage. Depuis 2021, une information judiciaire pour escroquerie en bande organisée est en cours devant le tribunal de Nancy, et le procès est envisagé pour 2026. De nombreux plaignants – déjà au nombre de plus de 90 – revendiquent des préjudices cumulés de plusieurs millions d’euros.
Procédures judiciaires en France et en Belgique
Une des particularités de cette affaire est qu’elle fait l’objet d’un double procès, belge et français, en raison de la dimension transfrontalière du montage frauduleux. Lors d’une audience à Bruxelles, Dan Salomon était seul présent, les autres prévenus absents. Des perquisitions ont eu lieu dans des villas israéliennes, et des biens de luxe (Porsche, Maserati) ont été saisis.
Pour sa part, la France mène des actions parallèles. Une information judiciaire est ouverte depuis 2021 devant le Tribunal judiciaire de Nancy pour escroquerie en bande organisée. Le procès prévu est daté pour 2026. Parmi les accusations, l’escroquerie porterait sur environ 3,4 millions d’euros entre 2017 et 2019, auprès d’une soixantaine de victimes.
Des sociétés tierces, comme “Cofiroute”, seraient également impliquées avec des montants de l’ordre de 800 000 €. La France réclame l’extradition de Sakoun depuis 2020, mais l’État israélien n’a pas encore donné suite
Cette affaire s’inscrit dans la continuité de la fraude dite du « Carton Rouge », jugée à Nancy en 2024, où plus de 1 000 victimes avaient été recensées pour un préjudice de 28 millions d’euros. Comme dans cette précédente affaire, les investisseurs trompés se retrouvent face à une indemnisation incertaine : les biens saisis ne couvrent qu’une faible part des pertes.
Le procès de 2026, dont la date précise n’est pas encore fixée, pourrait durer plusieurs semaines. Il mettra en lumière les difficultés des juridictions françaises à poursuivre des escroqueries transnationales mêlant crypto-actifs, sociétés offshore et blanchiment d’argent. Pour les victimes, l’enjeu principal reste la reconnaissance du préjudice et la récupération de leurs fonds.
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