Alerte concernant juriscollectif.com. Il s’agit très probablement d’une arnaque qui commence à faire des victimes. Voici les éléments qui nous poussent à la vigilance.

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Résumé de l’article

Alerte : juriscollectif.com est présenté comme une arnaque récente, qui commence à faire des victimes. Ce site, actif depuis seulement 151 jours, présente tous les signes caractéristiques d’une escroquerie en ligne : durée de vie très courte, aucune réputation sur internet, absence totale de mentions légales obligatoires et non-inscription sur les listes noires officielles malgré son activité illégale.

Les fraudeurs exploitent le manque d’informations pour piéger les internautes, souvent par le biais d’escroqueries à la récupération de fonds, où les victimes se font abuser une seconde fois. La vigilance est donc de mise : le site ne cherche pas à s’installer dans la durée et n’investit pas dans sa réputation. La consultation des autorités comme l’AMF est fortement recommandée pour toute démarche de vérification.

En résumé, juriscollectif.com présente tous les signes d’une arnaque en ligne et il est urgent d’éviter toute interaction avec ce site.

151 jours d’existence pour un site internet, c’est très court…

Face à une offre comme juriscollectif.com, notre tout premier réflexe consiste à vérifier son Whois. Le Whois permet d’obtenir de nombreuses informations sur l’URL utilisée par juriscollectif.com. On constate ainsi que l’URL a été créée le 9 mai 2025, soit il y a seulement 151 jours.

D’expérience, cette durée très courte doit éveiller la méfiance. Les escrocs du web créent quotidiennement des dizaines de nouvelles adresses pour se donner une virginité et tromper les internautes. Les URL qu’ils emploient sont donc souvent très récentes, comme c’est le cas ici. Dès qu’une adresse est grillée, qu’elle apparaît sur Google comme une arnaque, ou qu’elle est bloquée par les autorités ou l’hébergeur, ils en créent une nouvelle et recommencent. C’est ainsi que fonctionnent les arnaques en ligne.

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Une escroquerie à la récupération de fonds

Retape”, “arnaque dans l’arnaque”, “escroquerie à la récupération de fonds”, “recovery room”… Toutes ces expressions désignent des tentatives d’arnaquer les victimes une seconde fois en leur faisant croire qu’il est possible de récupérer leur argent.

Les scénarios et prétextes sont variés : faux policiers dans le cadre des arnaques sentimentales, fausses agences de recouvrement pour les escroqueries financières, ou encore fausses autorités financières récemment. Nous publions régulièrement des alertes sur ces pratiques. Pour les victimes, c’est la double peine, et la fraude continue.

Pour mieux comprendre ce mécanisme, vous pouvez lire cet article sur l’une des rares affaires jugées en France : l’affaire Ilan Marco.

Une offre sortie de nulle part et totalement inconnue d’internet

Cette offre est totalement inconnue d’internet. Les moteurs de recherche ne donnent presque aucune référence à ce sujet, ce qui indique que personne n’en a entendu parler ou ne connaît sa valeur. C’est inquiétant pour un service de ce type, d’autant que cette opacité est cohérente avec une création très récente. Elle pourrait disparaître aussi rapidement qu’elle est apparue, après avoir abusé de plusieurs personnes.

Cela montre également que cette offre n’a pas cherché à construire une réputation, sans doute parce qu’elle ne vise pas à s’installer durablement mais à disparaître rapidement. Certaines offres frauduleuses investissent dans une réputation artificielle, mais ce n’est pas toujours le cas.

Pas de mentions légales

Le site ne comporte aucune mentions légales, ce qui est difficilement justifiable. Selon la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, “tous les sites internet professionnels doivent afficher des mentions obligatoires pour l’information du public”, c’est-à-dire :

  • Identité de l’entreprise : nom, prénom et adresse.
  • Numéro d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
  • Email et numéro de téléphone de contact.
  • Numéro de TVA.
  • Identité de l’hébergeur.
  • Si vous exercez une activité réglementée : nom et adresse de l’autorité ayant délivré l’autorisation.

Le non-respect de cette obligation est grave : il est sanctionné d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Pour les services proposés par juriscollectif.com, ce manquement est préoccupant.

Une société sérieuse ne prendrait pas un tel risque en ignorant ces obligations.

Ce n’est pas parce que juriscollectif.com n’est pas sur liste noire que c’est légal

Après vérification, nous confirmons que nous sommes bien en présence d’une entité illégale, même si elle n’apparaît pas encore sur les listes noires officielles. juriscollectif.com a toutes les caractéristiques d’une arnaque financière.

Les arnaques en ligne, c’est un jeu du chat et de la souris : une nouvelle arnaque apparaît, elle dure quelques semaines ou mois, jusqu’à ce que les premières victimes témoignent et que la fraude soit repérée. Les escrocs la laissent alors tomber pour en lancer une nouvelle.

Dès qu’elle sera repérée ou signalée par les autorités qui tiennent ces listes noires, juriscollectif.com sera rapidement inscrite. C’est pourquoi il est vivement recommandé de contacter par mail ou téléphone Epargne Info Service, le service de l’AMF chargé de la protection des épargnants.

Ils pourront confirmer rapidement que cette offre est illégale en France et l’inscrire sans doute sur leur liste noire. La création de ces listes est en partie un aveu d’impuissance des autorités à réguler et mettre fin à la prolifération des arnaques en ligne, d’où cette forme de “shaming” public.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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