L’acteur et réalisateur Dany Boon affirme avoir été victime d’une escroquerie sophistiquée d’au moins 4,5 à 6 millions d’euros, orchestrée par un faux « lord irlandais » mis en examen.
Le bourreau de Dany Boon condamné à 5 ans de prison à Nice
Soirmag raconte que l’escroc se faisant passer pour un « lord irlandais » a été condamné à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Nice. Il devra rembourser 4,8 millions d’euros à Dany Boon.
En 2021, sur recommandation du skipper Marc Pajot, l’acteur lui confie la gestion d’un voilier en construction. L’escroc obtient d’abord 2,2 millions d’euros pour le navire, puis 4,5 millions via un montage financier prétendument basé à Antigua. Les fonds sont ensuite dispersés vers Monaco, Singapour ou utilisés pour des achats de luxe.
Arrêté au Panama en 2024 et extradé en France, il a reconnu les faits mais soutient qu’il n’avait pas initialement l’intention de détourner l’argent.
Le ciblage et la mise en relation
L’affaire remonte à 2021, lorsqu’un homme, se faisant passer pour un aristocrate irlandais au physique soigné et au discours charmeur, entre en contact avec Dany Boon.
Pour asseoir sa crédibilité, il prétendait être membre du Royal Cork Yacht Club, propriétaire terrien, planteur en Jamaïque, et même diplomé d’Oxford.
La recommandation initiale viendrait du navigateur Marc Pajot, ce qui donne à l’interlocuteur fictif une aura de légitimité dans le milieu maritime.
C’est dans ce contexte que Dany Boon lui confie la gestion d’un futur yacht, avec l’idée d’un montage “clé en main” : entretien, formalités, placement financier complémentaire.
Le montage financier frauduleux
L’escroc convainc Dany Boon de verser 2,2 millions d’euros pour finaliser l’acquisition du navire, couvrir son entretien, et souscrire une assurance via une société fictive installée aux Îles Samoa. Il crée également une structure soi-disant dédiée à la gestion du yacht, censée garantir une “solution légale, efficace et discrète”.
Après ces premiers versements, l’escroc propose un placement d’environ 4,5 millions d’euros dans une banque irlandaise, avec un rendement supérieur à la moyenne et présenté comme totalement sécurisé — le tout, prétendument hors du radar fiscal.
Pour que l’offre paraisse crédible, il met en avant des termes techniques, des documents fictifs, des sociétés-écrans et des comptes offshores.
La découverte de l’arnaque et les tentatives de récupérer les fonds
Au cours de l’automne 2021, l’escroc annonce qu’il va céder son activité à une obscure “famille romaine”, ce qui suscite la méfiance de Dany Boon.
Lorsque l’acteur réclame la restitution de ses capitaux, on découvre que les fonds ont déjà été dispersés : vers Monaco, Singapour, et utilisés pour des achats de biens de luxe pour plus de 400 000 €.
L’escroc prétend que l’argent se trouve désormais dans des structures panaméennes ou dans des îles du Pacifique, difficiles d’accès juridiquement.
Un mandat d’arrêt international est émis, la justice monégasque ouvre des poursuites pour blanchiment, et l’affaire s’étend à plusieurs juridictions.
Finalement, l’arnaqueur est localisé au Panama et arrêté en février 2024, puis extradé vers la France.
Le procès et ses enjeux
L’affaire est jugée devant le tribunal correctionnel de Nice à partir de septembre 2025. À l’audience, l’accusé reconnaît les faits dès l’ouverture. Il affirme ne pas avoir eu à l’origine l’intention de détourner les fonds, et invoque des motivations fiscales quant aux placements proposés.
Les avocats de Dany Boon réfutent les insinuations d’optimisation fiscale, affirmant que leur client a toujours agi dans le strict respect des lois. Le préjudice retenu dans l’ordonnance judiciaire — initialement estimé à 4,5 millions — pourrait être étendu selon les expertises comptables et la reconstitution des flux financiers.
L’arnaqueur, déjà condamné pour escroquerie en 2019, encourt une peine pouvant atteindre dix ans de prison pour escroquerie en récidive, blanchiment et usage de faux documents.
Cette affaire illustre comment des montages sophistiqués, des faux personnages hautement crédibles et des montages offshore peuvent piéger même des personnalités publiques. Elle souligne aussi la difficulté à tracer des capitaux dispersés dans de multiples juridictions, souvent dans des paradis fiscaux.


