Vous êtes en lien avec erecovery.net ? Soyez très vigilant ! Il s’agit, selon nous, d’une arnaque évidente qui fait de nombreuses victimes.

Vous êtes victime de cette arnaque ? Obtenez justice !

Résumé de l’article

Erecovery.net est un site internet récemment apparu, enregistré il y a seulement 127 jours, et dont l’activité soulève de sérieuses suspicions. Hébergé aux États-Unis et potentiellement basé au Royaume-Uni, il prétend proposer des services de récupération de fonds, une pratique souvent associée à une escroquerie à la retape.

Le site utilise des adresses mail trompeuses comme [email protected], et présente des mentions légales très incomplètes, ce qui est contraire à la réglementation en vigueur. Bien qu’il ne soit pas encore inscrit sur une liste noire, son absence ne garantit en rien sa fiabilité. En réalité, tout laisse à penser qu’il s’agit d’une arnaque bien structurée, exploitant la vulnérabilité de victimes déjà touchées.

Warning-Trading recommande de signaler ce site à l’AMF via Epargne Info Service. Ce genre de fraude est devenu une véritable industrie, qui prospère grâce au manque de contrôle sur internet.

Un nom de domaine très récent : seulement 127 jours d’existence

erecovery.net est un site web qui a vu le jour le 21 mai 2025. C’est ce que révèle une recherche de whois avec erecovery.net. Cela signifie qu’erecovery.net a été enregistré il y a seulement 127 jours.

C’est très peu pour un service de ce genre. Une telle nouveauté doit alerter, même si ce seul élément ne suffit pas à prouver qu’erecovery.net est une arnaque. Nous avons pris en compte d’autres éléments présentés ci-dessous qui, eux, nous permettent de l’affirmer.

Il faut également noter qu’erecovery.net a choisi d’héberger son site sur des serveurs situés aux États-Unis. Ce paramètre mérite toute votre attention lorsque l’on analyse la crédibilité d’un site et d’une proposition d’investissement.

Pour rejoindre les autres victimes de cette arnaque, rejoignez le forum.

Une arnaque classique à la récupération de fonds

Retape”, “arnaque dans l’arnaque”, “escroquerie à la récupération de fonds”, “recovery room”… Ces expressions désignent toutes une même stratégie : celle qui consiste à piéger à nouveau des victimes, en leur faisant croire qu’il est possible de récupérer leur argent.

Les méthodes et les prétextes changent : faux policiers (souvent dans les arnaques aux sentiments), fausses sociétés de recouvrement (dans les escroqueries financières), fausses autorités de régulation (comme on en voit récemment)… Nous relayons régulièrement des alertes à ce sujet. Pour les victimes, il s’agit d’une double peine, pendant que l’industrie de la fraude prospère.

Pour mieux comprendre ce mécanisme de l’intérieur, vous pouvez consulter cet article consacré à une affaire jugée en France : l’affaire Ilan Marco.

Une offre surgie de nulle part et absente du web

Cette offre semble totalement inconnue sur internet. Les résultats fournis par les moteurs de recherche sont extrêmement rares, voire inexistants. Cela laisse penser que personne n’a jamais entendu parler de ce service ni ne peut en garantir la fiabilité. C’est inquiétant pour un service censé inspirer confiance. Ce constat est en cohérence avec sa mise en ligne très récente. Il y a fort à parier que cette offre disparaisse aussi rapidement qu’elle est apparue, après avoir trompé des victimes.

C’est aussi un indicateur que cette entité n’a pas investi dans sa réputation en ligne, sans doute parce que son objectif n’est pas de durer mais simplement de disparaître rapidement après avoir agi. Certaines escroqueries investissent dans une fausse notoriété pour s’ancrer plus durablement, mais cela suppose des moyens que toutes ne souhaitent pas engager.

Cette arnaque se cache derrière l’adresse [email protected]

Pour échanger avec leurs victimes, les auteurs de cette arnaque utilisent l’adresse mail [email protected]. Il s’agit évidemment d’une fausse identité conçue pour crédibiliser leur offre frauduleuse.

Ce n’est très certainement pas leur unique adresse, mais c’est celle que nous avons pu authentifier. Il est aussi probable qu’ils recourent à d’autres adresses similaires, du type [email protected].

Un enregistrement au Royaume-Uni qui ne légitime rien

Ni trop loin, ni trop proche… Depuis le Brexit, de nombreuses entreprises et sites web font comme si rien n’avait changé. Pourtant, les sociétés établies au Royaume-Uni ne peuvent plus légalement proposer de services financiers dans l’Union européenne. Les Britanniques ont perdu ce qu’on appelle le “passeport financier européen”, qui permettait aux entreprises basées dans l’UE d’opérer dans tous les États membres.

Le Brexit a donc provoqué un exode d’entreprises financières vers le continent pour conserver leurs activités auprès des Européens. Résultat : la City a perdu des milliers d’emplois…

Dans les années 50, Londres s’est imposée comme une place financière majeure en devenant un paradis fiscal et réglementaire. Aujourd’hui encore, le réseau formé par Londres et les territoires britanniques reste le plus grand paradis fiscal mondial. Ainsi, même si erecovery.net affirme être localisée en Angleterre, cela ne lui donne en rien le droit d’offrir des services financiers à des Français. En cas de litige, irez-vous porter plainte à Londres ? Certainement pas.

Des mentions légales purement décoratives

Les mentions légales sur un site internet sont censées garantir la transparence et la confiance. C’est une exigence légale.

Selon la loi de 2004 sur la confiance dans l’économie numérique, « tous les sites internet professionnels sont tenus d’afficher des informations obligatoires à destination du public », comme le précise ce site :

Ne pas respecter cette obligation est considéré comme grave : cela peut entraîner 1 an de prison et 75 000 € d’amende. Compte tenu de l’activité proposée par erecovery.net, l’absence ou l’insuffisance de ces informations est particulièrement préoccupante.

Un site sans mentions légales ne mérite aucune confiance. Les escrocs du web prennent toujours soin d’en fournir, même fictives. Leur présence ne garantit pas leur légalité ni leur véracité. Tout dépend de leur contenu. Et celles affichées sur erecovery.net nous paraissent largement insuffisantes pour inspirer la moindre confiance, notamment car elles ne permettent pas d’identifier les responsables du site.

Pas (encore) sur une liste noire, mais non régulée

erecovery.net ne figure pas actuellement sur les listes noires des autorités financières officielles. Cela suffit-il à rassurer les potentiels investisseurs approchés par erecovery.net ? Non. Être listé sur une liste noire signifie qu’il s’agit d’une arnaque. En revanche, l’absence de cette inscription ne prouve en aucun cas l’innocuité de l’entité.

Ce type d’argument est fréquemment utilisé par les escrocs et ne tient pas la route. Si erecovery.net n’apparaît pas encore sur ces listes, c’est probablement parce qu’elle n’a pas encore été signalée aux autorités ou détectée. D’après nos recherches, il ne fait aucun doute qu’erecovery.net est une arnaque et qu’elle sera tôt ou tard épinglée par les organismes compétents.

Nous vous recommandons de contacter par téléphone ou par mail Epargne Info Service, le service de l’AMF dédié à la protection des épargnants, afin de signaler cette fraude et qu’elle soit intégrée à leur liste noire. Ces professionnels pourront également vous confirmer si l’offre est autorisée en France.

La prolifération de ces listes noires est aussi un aveu d’impuissance des pouvoirs publics face à l’explosion des fraudes en ligne. Elles servent alors de forme de shaming public.

L’avis de Warning-Trading : erecovery.net est une arnaque

Pour nous, il ne fait aucun doute : erecovery.net est une arnaque et doit être dénoncé comme tel.

Les victimes ont parfois du mal à croire que des individus mettent autant d’efforts, d’intelligence et de moyens pour les escroquer. Pourtant, c’est une réalité : cette URL est utilisée pour dépouiller des épargnants, et cette activité fait vivre tout un réseau de complices. L’arnaque 2.0 est devenue une véritable industrie.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

Laisser un commentaire