La société dont les dirigeants ont été mis en cause par l’AMF voit son capital investi par Altex. Un destin qui rappelle celui d’une autre société, CITI Technologies.
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Altex rachète APICAP via une augmentation de capital de 3 millions d’euros
APICAP va être rachetée par Altex, une société sise dans les alentours de Nîmes et dirigée par Pierre-Alban Texier, via « une augmentation de capital de 3 millions d’euros ».
En souscrivant à une augmentation de capital de 3 millions d’euros, le repreneur détiendra l’intégralité du capital du gérant, dont la maison-mère est en redressement judiciaire.
Pourquoi l’AMF sanctionne APICAP en mai 2023?
APICAP avait été violemment sanctionnée par l’AMF en mai 2023 à la suite d’une enquête entamée en janvier 2021. Les enquêteurs de l’AMF ont reproché à APICAP d’avoir disposé de fonds propres inférieurs aux ratios obligatoires, de ne pas avoir gardé assez de fonds propres liquides, d’avoir fait payer des frais injustifiés à ses clients, de n’avoir pas agi « de manière honnête, loyale, professionnelle et indépendante et dans l’intérêt du FIA et de ses porteurs » ou encore d’avoir « sciemment effectué 13 dépassements de ratios de division de risques », c’est-à-dire d’avoir pris des risques inconsidérés.
La Commission des sanction de l’AMF a cependant considéré que plusieurs de ces reproches n’étaient pas caractérisés.
27 fonds d’investissements, 64 millions d’encours et 35 000 clients
Elle a également considéré que ces griefs pouvaient être « imputés personnellement » à Alain Esnault et Jérôme Lescure, les dirigeants d’APICAP au moment des faits. Alain Esnault est par ailleurs actionnaire d’APICAP a hauteur de 48%. 46% du capital d’APICAP est détenu par Karima Issaad, la femme d’un certain Henri Gagnaire.
A la veille d’être jugée par l’AMF, APICAP « gérait 27 fonds d’investissement alternatifs pour des encours de 64,4 millions d’euros et représentant 35 000 clients », à quoi s’ajoutent cinq structures immobilières. Depuis lors, la valorisation du groupe a fondu. Sur internet, la fiche Google d’APICAP ou le site GoWork expose quelques avis d’investisseurs déçus.
Des compagnes des dirigeants nommées aux commandes
Quand l’AMF a commencé à mettre son nez dans les affaires du groupe, on a vu apparaître dans l’administration de la cascade d’entreprise contrôlant APICAP, les noms de compagnes des dirigeants du groupe: Anne Lescure pour Jérôme Lescure, Arielle Esnault pour Alain Esnault et surtout Karima Issaad pour Henri Gagnaire. Par échange de mail, Henri Gagnaire a admis que c’est grâce à une donation de sa part à son épouse que cette dernière a pu acquérir ces parts. Un capital largement perdu depuis lors dans la déconfiture du groupe, à l’en croire.
L’une des holdings de tête, la société Apicap Group, fait actuellement l’objet d’une procédure collective.
Que s’est-il passé? Pourquoi APICAP s’est-il effondré en quelques années? En 2016, la firme avait pourtant levé 100 millions d’euros.
10 ans auparavant: l’affaire CITI Technologies
Le destin d’APICAP n’est pas sans rappeler celui de CITI Technologies, qu’il s’agisse des faits ou des protagonistes.
CITI Technologies avait été fondée en 2009 par le rachat et l’agglomération de plusieurs entreprises destinées à devenir « un groupe d’ingénierie dédié à la conception industrielle et aux technologies innovantes ». L’un de ses fondateurs était Henri Gagnaire, celui-là même que l’on retrouve derrière APICAP aujourd’hui.
En janvier 2011, CITI Technologies « annonce avoir levé des fonds auprès des fonds Tocqueville Investissements Privés (TIP) et Backbone-Agregator Capital ». Le capital de l’entreprise est ainsi porté à 20 millions d’euros.
Un an plus tard, le groupe est placé en redressement judiciaire.
Henri Gagnaire et Karima Isaad cités dans les Malta Pappers.
En 2017, la fuite de données issues des Paradise Pappers a permis de découvrir qu’Henri Gagnaire était depuis 2015 l’actionnaire d’une société enregistrée à Malte, Daladim Investments Ltd.
Henri Gagnaire est né en 1962 et il est diplômé de l’école Polytechnique. Il a cofondé et dirigé le fond Weinberg Capital.
A notre connaissance, Henri Gagnaire ne s’est jamais exprimé sur l’utilisation de cette entreprise capitalisée à hauteur de 6 millions d’euros. Contacté par nos soins, Henri Gagnaire indique que « ces sommes ont une provenance intra européenne, elles proviennent d’une cession de titres d’une société européenne, que je détenais et que j’avais apportés à cette holding d’investissement ».
Daladim est également le nom d’une société enregistrée en France propriété d’Henri Gagnaire, actionnaire minoritaire, de Karima Issaad.
Henri Gagnaire indique faire l’objet d’une procédure judiciaire « de la part d’un ancien investisseur dans la société CITI ».
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Voici ce que l’on peut découvrir dans cet article paru sur Boursorama le 15 août 2025 et intitulé « L’Autorité des marchés financiers retire l’agrément de la société de gestion Apicap »:
Clap de fin pour Apicap. Ce lundi 11 août 2025, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé le retrait de l’agrément de cette société de gestion, en charge de plusieurs fonds d’investissement alternatifs (FIA). Une décision attendue, la société étant en cessation de paiement depuis plusieurs mois et placée en liquidation judiciaire depuis le 3 juin dernier.
Pour motiver cette décision, le collège de l’AMF a simplement indiqué que la société ne remplissait plus les conditions nécessaires au maintien de son agrément.
Ce retrait entrera en vigueur « à la date à laquelle une ou plusieurs sociétés (…) auront été désignés ou à défaut à la date à laquelle les FIA auront été liquidés, et ce au plus tard le 31 décembre 2025, sauf prorogation », précise l’AMF.
Fondée en 2001, la société de gestion (400 millions d’euros d’actifs sous gestion en janvier 2024) avait déjà été sanctionnée par le régulateur financier en 2023, avec une amende de 400.000 euros.
Les griefs portaient notamment sur une insuffisance de fonds propres à certains moments, une perception excessive de frais de gestion, ainsi que divers manquements dans la mise en œuvre de sa politique de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LCB-FT). Son dirigeant à l’époque, Alain Esnault, et son prédécesseur, Jérôme Lescure, avaient respectivement été condamnés à 50.000 euros et 25.000 euros d’amende, assorties d’un blâme.