Le principe de cette page tient en une confusion : faire croire que le lecteur consulte un article de presse, alors qu’il se trouve sur un site qui cherche à obtenir son inscription à une prétendue plateforme d’investissement nommée « Arolestin ».
Un article du Figaro ? Regardez l’adresse
Le contenu reproduit les rubriques, les signatures et jusqu’aux informations de bas de page du Figaro. Il se présente comme une enquête publiée le 13 octobre 2026 par la « Rédaction Économie du Figaro ». Pourtant, l’adresse du site est leonieetfrance.live, et non lefigaro.fr.
C’est le premier contrôle à effectuer, avant même de lire l’article : le nom d’un journal affiché dans une page ne prouve pas que cette page appartient à ce journal. Une mise en page peut être copiée ; l’adresse dans la barre du navigateur permet de savoir sur quel site on se trouve réellement.
Selon les informations d’enregistrement fournies avec la page, le domaine leonieetfrance.live a été créé le 13 octobre 2026, soit le jour même de la publication alléguée. Cette jeunesse ne suffit pas, à elle seule, à établir une fraude. Elle renforce toutefois la nécessité de vérifier une offre qui prétend déjà compter des dizaines de milliers d’utilisateurs.
Élise Lucet et Laurent Delahousse transformés en arguments de vente
La page raconte une longue scène de caméra cachée : Élise Lucet se serait présentée deux fois dans une agence BNP Paribas, d’abord comme cliente ordinaire, puis comme cliente fortunée. Laurent Delahousse aurait ensuite commenté les images à l’antenne. Le récit débouche sur une révélation : une plateforme d’investissement automatisé, « Arolestin », serait accessible dès 250 euros.
Le texte attribue également à cette plateforme un enregistrement auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), plus de 43 000 utilisateurs français et des gains pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par mois. Nous ne disposons d’aucun élément indépendant permettant de confirmer ces affirmations, ni l’existence du reportage décrit sur cette page. Les citations prêtées aux journalistes, les chiffres d’audience et les témoignages doivent donc être lus comme des allégations du site, pas comme des faits établis.
Des promesses de revenus et une urgence fabriquée
Leonieetfrance.live avance des gains de 2 800 à 4 500 euros par mois à partir d’un dépôt initial de 250 euros. La page assure aussi que l’argent « reste sur votre compte » et peut être retiré « d’un simple clic ». Ces formules ne constituent aucune garantie sur la sécurité des fonds ou la possibilité effective d’un retrait.
À ces promesses s’ajoutent une date limite d’inscription, des « places » prétendument disponibles pour 24 heures et de nombreux commentaires racontant des retraits rapides. L’ensemble vise à lever les objections du lecteur puis à l’amener à agir sans prendre le temps de vérifier. Les commentaires publiés sur une page contrôlée par le promoteur de l’offre ne prouvent ni l’identité de leurs auteurs ni la réalité des gains affichés.
Le formulaire et l’annonce d’un appel par un « manager » présentent un autre risque : même sans verser d’argent, laisser son nom et son numéro de téléphone peut exposer à des sollicitations insistantes. La page peut ainsi servir à recueillir des coordonnées avant qu’un interlocuteur ne cherche à obtenir un premier dépôt, puis éventuellement d’autres versements.
La redirection observée ne mène pas au Figaro
Une consultation de leonieetfrance.live a été décrite comme ajoutant automatiquement à l’adresse plusieurs paramètres, notamment subid, utm_source et gclid. Précision importante : l’adresse obtenue reste sur le domaine leonieetfrance.live. Il ne s’agit donc pas, dans l’exemple fourni, d’une redirection vers le véritable site du Figaro.
Ces paramètres peuvent notamment servir à mesurer l’origine d’une visite ou les performances d’une campagne publicitaire. Leur présence n’est pas une preuve de fraude en soi. Dans ce cas, elle s’inscrit néanmoins dans un dispositif qui cherche manifestement à transformer des lecteurs en inscrits.
Notre avis sur leonieetfrance.live
Ne renseignez pas le formulaire de leonieetfrance.live et ne versez pas les 250 euros demandés. L’utilisation de l’identité du Figaro sur un autre domaine, les propos non vérifiés attribués à des journalistes, les rendements annoncés et la pression à l’inscription constituent un faisceau de signaux d’alerte sérieux.
Avant tout placement, vérifiez directement, sans passer par les liens de la page, l’identité de l’entreprise qui reçoit les fonds, ses autorisations éventuelles et la nature exacte du produit proposé. Une référence à l’AMF ou au règlement européen MiCA dans un texte publicitaire ne vaut pas autorisation : elle doit pouvoir être contrôlée dans les registres indiqués par l’AMF.
Si vous avez déjà communiqué vos coordonnées, méfiez-vous des appels qui suivraient. Si vous avez transmis des documents ou versé de l’argent, contactez rapidement votre banque, conservez les captures d’écran et les échanges, puis consultez notre guide destiné aux victimes d’arnaques.

