Trois plaintes pour droits d’auteur reçues le même jour visent 11 de nos articles. Nous y voyons une nouvelle tentative de procédure-bâillon.
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Trois plaintes DMCA, onze URL et une même accusation particulièrement vague

Le 9 septembre 2026, en l’espace de moins de vingt minutes, Warning-Trading.com a reçu trois notifications de Google Search Console concernant des plaintes pour atteinte présumée au droit d’auteur. Les courriels ont été envoyés à 11 h 35, 11 h 40 et 11 h 53. Google indique avoir été averti que certaines pages de notre site « semblent » porter atteinte aux droits d’auteur de tiers et annonce la suppression des contenus signalés de ses résultats de recherche pour les utilisateurs du monde entier. Les trois notifications prévoient heureusement une procédure de contestation permettant de demander leur rétablissement.

Le caractère répétitif des trois réclamations est frappant. La première affirme, en anglais, qu’un contenu original aurait été copié et mis en ligne sans autorisation. La deuxième reprend pratiquement le même récit en évoquant la reproduction et le partage d’un travail original. La troisième emploie encore une formulation presque identique. Dans les informations que Google nous a transmises, aucune de ces trois plaintes n’identifie précisément l’œuvre originale prétendument copiée, les passages litigieux, leur auteur, ni une comparaison permettant de constater une reproduction. Nous avons donc affaire, à ce stade et sur la seule base des notifications qui nous ont été communiquées, à des affirmations générales de violation du droit d’auteur.

La première plainte porte la référence de contestation 6-6255000041893-0928914504. La deuxième porte la référence 4-3626000041695-0536012196 et renvoie à la notification Lumen 96178669. La troisième porte la référence 3-4862000041879-2016431886 et renvoie à la notification Lumen 96180158. Cette simultanéité, ajoutée à la proximité des formulations et à la diversité des articles attaqués, mérite évidemment d’être relevée. Elle ne suffit pas, à elle seule, à démontrer l’existence d’un auteur commun aux trois réclamations, mais elle constitue un élément de contexte que nos lecteurs doivent connaître.

Voici intégralement les onze URL dont le déréférencement est demandé

Les trois notifications de Google permettent d’établir précisément la liste des pages visées. Il est essentiel de les publier intégralement : lorsqu’une tentative de déréférencement concerne un média, l’identité des contenus que l’on cherche à rendre invisibles est elle-même une information journalistique.

  • https://warning-trading.com/trading/corsokane-org-arnaque-avis-escroquerie-2/
    Cette enquête est consacrée à Corsokane.org. Notre rédaction y relève notamment l’extrême jeunesse du nom de domaine, son absence de notoriété sur internet, l’absence de contenu visible au moment de l’analyse et plusieurs caractéristiques que nous considérons comme incompatibles avec une offre financière rassurante. L’article conclut, selon l’analyse de Warning Trading, qu’il s’agit d’une arnaque.
  • https://warning-trading.com/trading/financiere-gfr-com-arnaque-avis-scam-2/
    Cet article porte sur Financiere-gfr.com. Une précédente publication de Warning Trading consacrée à une plainte DMCA visant cette même enquête la décrit comme une analyse des caractéristiques de l’offre, des méthodes utilisées et des informations publiques disponibles, destinée à avertir les internautes des risques identifiés par notre rédaction.
  • https://warning-trading.com/trading/revexium-org-notre-avis-arnaque-scam-2/
    Cette enquête analyse Revexium.org. Elle examine notamment l’ancienneté limitée du domaine, la réputation de l’offre, l’absence de mentions légales relevée au moment de l’enquête et l’utilisation d’un espace privé. Warning Trading y explique pourquoi sa rédaction considère cette plateforme comme une arnaque et recommande aux internautes de s’en éloigner.
  • https://warning-trading.com/trading/extranet-mgi-com-avis-arnaque-scam-sms-4/
    L’article consacré à Extranet-mgi.com met notamment en avant la création très récente du nom de domaine, la quasi-absence de réputation de l’offre et plusieurs risques liés au trading en ligne. Il s’agit d’un article de prévention destiné aux personnes démarchées par cette plateforme.
  • https://warning-trading.com/trading/galidix-finance-avis-arnaque-scam-sms-4/
    Cette publication est consacrée à Galidix Finance. Elle appartient à une série d’enquêtes de Warning Trading sur des offres d’investissement que notre rédaction estime suspectes. Une précédente plainte DMCA avait déjà visé une version de cette enquête aux côtés de contenus consacrés à Revexium, Token-Invest et Extranet-MGI.
  • https://warning-trading.com/trading/revexium-com-avis-escroquerie-scam-sms-7
    Cette enquête concerne Revexium.com. Warning Trading y rapporte avoir identifié des préjudices concernant des épargnants français et analyse notamment la jeunesse du domaine, enregistré le 30 septembre 2025. Notre article expose les éléments qui conduisent la rédaction à mettre les lecteurs en garde contre cette offre.
  • https://warning-trading.com/trading/token-invest-com-avis-arnaque-scam-sms-4/
    Cet article passe en revue Token-invest.com et plusieurs signaux d’alerte : durée de vie réduite du site, manque de transparence sur l’identité de ses responsables et risques associés aux offres d’investissement en ligne. Il s’agit là encore d’un travail d’analyse et de prévention destiné aux épargnants.
  • https://warning-trading.com/censure/dmca-arcticsas-bronetix-nonocells-nowwetrade-mohamedbdj-censure/
    Cette page ne constitue même plus une enquête initiale sur une plateforme : elle documente des plaintes DMCA précédemment adressées à Google contre des articles de Warning Trading relatifs à Arcticsas, Bronetix, Nonocells, Nowwetrade et Mohamed BDJ. Elle explique comment des demandes fondées sur le droit d’auteur ont été utilisées pour réclamer le déréférencement de contenus journalistiques.
  • https://warning-trading.com/censure/ecole-centrale-hypnose-fr-et-lpotouraine-fr-censure-dmca-google/
    Cet article raconte une précédente notification reçue de Google concernant deux publications de Warning Trading liées à Ecole-centrale-hypnose.fr et lpotouraine.fr. Il analyse précisément l’utilisation d’une procédure DMCA contre des articles de presse et présente cette démarche comme une tentative de censure.
  • https://warning-trading.com/censure/google-actualys-revexium-zeylor-dmca
    Cette publication documente une autre plainte DMCA concernant des articles liés à Actualys, Revexium.com et Zeylor-Pacte.com. Nous y expliquons pourquoi l’utilisation d’une plainte de copyright contre des enquêtes journalistiques peut avoir pour effet de faire disparaître rapidement des contenus critiques des résultats de Google sans débat préalable devant un juge.
  • https://warning-trading.com/censure/suxxessfx-cyrosalnix-genesisarbit-moonetrix-2/
    Cette page est elle aussi consacrée à la censure. Elle documente des plaintes visant des enquêtes relatives à SuxxessFX, Cyrosalnix, GenesisArbit et Moonetrix. L’article explique que les réclamations invoquaient de manière générale une reproduction de contenu protégé sans identifier précisément, dans la notification reçue, les éléments prétendument contrefaits.

La troisième plainte est donc particulièrement révélatrice : elle ne vise pas seulement des enquêtes dénonçant des offres que nous estimons dangereuses. Elle s’attaque directement à quatre articles dont le sujet est précisément de raconter de précédentes tentatives de censure. En d’autres termes, après avoir cherché à faire déréférencer certains articles, des plaignants cherchent désormais à obtenir le déréférencement des articles qui racontent ces demandes de déréférencement. Ce phénomène avait d’ailleurs déjà été constaté par notre rédaction au mois d’août 2026.

Une procédure de copyright utilisée comme procédure-bâillon

Le droit d’auteur est évidemment un droit légitime. Les mécanismes permettant à un auteur de demander le retrait d’une copie illicite le sont également. Mais nous considérons que leur utilisation contre des enquêtes journalistiques, avec des accusations aussi génériques que celles qui nous ont été transmises le 9 septembre, s’apparente à une tentative de procédure-bâillon. Une procédure-bâillon consiste à détourner ou instrumentaliser des moyens juridiques afin d’intimider, d’épuiser ou de réduire au silence une personne ou un média qui publie des informations dérangeantes.

Warning-Trading.com est un site de presse spécialisé dans les arnaques financières en ligne, les offres d’investissement douteuses et les mécanismes utilisés pour tromper les épargnants. Nos articles sont des productions journalistiques : ils analysent des noms de domaine, des sociétés, des documents publics, des pratiques commerciales, des signalements et des témoignages. Quand une personne ou une entreprise estime qu’un article publié par notre rédaction est illégal, mensonger ou diffamatoire, il existe des juridictions et des procédures contradictoires permettant de le contester. Un tribunal peut entendre les arguments des deux parties, examiner les preuves et rendre une décision.

Or ce n’est pas ce qui se passe ici. Aucun jugement n’est mentionné dans les trois notifications du 9 septembre. Il s’agit de demandes adressées directement à Google. Le moteur de recherche explique lui-même qu’après réception de ces réclamations, il procède à la suppression du contenu signalé de ses résultats, tout en offrant au responsable du site la possibilité de déposer ensuite une notification de contestation.

Le résultat est un renversement particulièrement préoccupant pour un média : celui qui veut faire disparaître une enquête formule une réclamation auprès d’un intermédiaire technique ; c’est ensuite au journaliste de consacrer du temps, des ressources et éventuellement des frais juridiques à faire rétablir la visibilité de son travail. La charge de la réaction repose donc sur celui dont la publication est attaquée, alors même qu’aucune juridiction n’a préalablement tranché le litige.

Les procédures industrielles de Google sont mal adaptées aux litiges de presse

Google, Cloudflare, les hébergeurs, les registrars et les grandes plateformes doivent traiter des volumes considérables de signalements. Ils ont donc nécessairement industrialisé et, pour une partie de leur fonctionnement, automatisé ou standardisé le traitement de ces demandes. Un tel dispositif peut être efficace lorsqu’il s’agit d’identifier la copie manifeste d’un film, d’un livre, d’un logiciel ou d’une photographie. Il devient beaucoup plus problématique lorsqu’une plainte vise le travail d’un journaliste professionnel, car apprécier la légalité d’un article suppose du contexte, une analyse contradictoire et parfois une véritable appréciation juridique.

Une procédure technique ne peut pas déterminer sérieusement, sur la seule base de quelques phrases standardisées, si un article constitue une contrefaçon, une citation licite, une analyse journalistique originale ou simplement un contenu qui dérange la personne qui souhaite le voir disparaître. C’est précisément là que ces dispositifs deviennent vulnérables au détournement. Le coût d’envoi d’une plainte est faible ; le coût du déréférencement pour un site de presse peut en revanche être considérable.

La notification reçue le 9 septembre illustre parfaitement cette asymétrie. Google nous indique que les résultats sont retirés à l’échelle mondiale et nous invite ensuite à « faire appel ». Le mécanisme prévoit donc bien une contestation, ce qui est indispensable, mais il oblige la rédaction à intervenir après le déclenchement du processus pour défendre la visibilité d’articles journalistiques.

Menaces, usurpations, plaintes et attaques : une pression devenue régulière

Ces nouvelles réclamations ne constituent malheureusement pas un épisode isolé. Warning Trading documente depuis plusieurs années les représailles subies à la suite de ses enquêtes : menaces, insultes, usurpations d’identité, campagnes de dénigrement, procédures judiciaires, attaques informatiques et tentatives diverses pour obtenir la disparition de nos contenus. Nous avons rassemblé ces épisodes dans notre enquête « La vengeance des escrocs ». Elle rapporte notamment des cas dans lesquels des fraudeurs ont usurpé l’identité de Warning Trading pour contacter à nouveau des victimes et tenter de leur soutirer de l’argent.

Nous avons également déjà subi les conséquences concrètes de mécanismes de signalement détournés contre nos activités. Notre chaîne YouTube a ainsi été supprimée avant d’être finalement rétablie. Après la mobilisation de notre communauté et différentes démarches, c’est une interpellation publique de YouTube sur Twitter qui a permis un véritable réexamen du dossier. Warning Trading rapporte que YouTube avait alors reconnu l’existence de censures abusives visant l’effacement de la chaîne.

Notre site lui-même a déjà été rendu inaccessible pendant plusieurs jours à la suite de ce type de pressions exercées auprès de prestataires techniques. Pour un média spécialisé dans la prévention des escroqueries, une mise hors ligne ou un déréférencement ne représente pas un simple incident informatique : pendant ce temps, des internautes recherchant le nom d’une plateforme suspecte peuvent ne plus trouver les mises en garde publiées à son sujet.

Nous continuerons à publier les tentatives de censure dont nous faisons l’objet

Il y a enfin une raison simple pour laquelle nous publions cet article : une tentative de censure visant un média est elle-même une information. Nous ne pouvons pas dénoncer les mécanismes employés pour tromper les internautes tout en gardant le silence lorsque des mécanismes juridiques ou techniques sont utilisés pour tenter de faire disparaître nos propres enquêtes.

Le fait que quatre des onze URL attaquées le 9 septembre soient précisément des articles consacrés à de précédentes plaintes DMCA rend cette logique presque absurde. Une première plainte cherche à déréférencer une enquête. Nous racontons cette plainte. Une nouvelle plainte cherche alors à déréférencer le récit de la première. Si nous nous taisions à ce stade, le procédé aurait atteint son objectif.

Nous exercerons donc les voies de contestation mises à notre disposition par Google lorsque nous estimons les retraits injustifiés. Mais surtout, nous continuerons à documenter publiquement ces démarches. Ceux qui estiment que nos enquêtes violent la loi disposent de voies judiciaires légitimes, dans lesquelles les faits et les arguments peuvent être débattus contradictoirement devant un juge. Les procédures techniques de nos fournisseurs ne doivent pas devenir un substitut commode à la justice.

Warning-Trading.com continuera son travail de presse et de prévention des arnaques financières. Et lorsqu’une procédure destinée à protéger le droit d’auteur nous semblera détournée pour réduire au silence des enquêtes journalistiques, nous continuerons également à informer nos lecteurs de son existence.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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