Warning Trading avait alerté sur Invexxia dès août 2026. Un mois plus tard, l’AMF inscrit officiellement invexxia.com sur sa liste noire Forex.
L’AMF confirme l’absence d’autorisation d’Invexxia
Le couperet est tombé le 28 septembre 2026. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a inscrit www.invexxia.com sur sa liste noire consacrée au Forex. Le régulateur français précise explicitement que cet acteur « n’est pas autorisé » à proposer certains services ou placements financiers en France. Cette publication officielle intervient seulement un mois après l’alerte publiée par Warning Trading sur cette plateforme.
Contactez d’autres victimes ! Inscrivez-vous pour être mis en relationLe 27 août 2026, nous avions en effet consacré une enquête à Invexxia et relevé une accumulation de signaux d’alerte : domaine internet extrêmement récent, absence de transparence sur l’entreprise exploitant la plateforme, absence de mentions légales et impossibilité d’identifier une autorisation permettant de proposer les services présentés. Nous écrivions alors qu’Invexxia n’apparaissait pas encore sur une liste noire officielle, tout en appelant les épargnants à la plus grande prudence. Cette situation vient donc de changer.
Warning Trading avait alerté dès le 27 août
Invexxia se présentait comme une plateforme de trading donnant accès à plus de 250 actifs, notamment des cryptomonnaies, devises, matières premières et indices. Son argumentaire commercial mettait en avant des outils de « nouvelle génération », une exécution rapide, des ressources pédagogiques et un accompagnement personnalisé. Plusieurs formules de comptes étaient proposées, de « Standard » jusqu’à « VIP », avec différents avantages et consultations avec des gestionnaires présentés comme expérimentés.
Cette vitrine relativement élaborée contrastait avec le peu d’informations disponibles sur l’entité juridiquement responsable du service. Lors de notre enquête, nous n’avions trouvé sur le site ni identité clairement vérifiable de l’entreprise exploitante, ni représentant légal permettant de savoir précisément à qui les clients confiaient leur argent. L’absence de ces informations est particulièrement problématique lorsqu’un site sollicite des particuliers pour des opérations financières.
Autre élément particulièrement préoccupant : invexxia.com était très récent. Au moment de notre publication, le domaine n’avait que quelques mois d’existence. Or, dans le domaine de l’investissement en ligne, l’ancienneté ne constitue évidemment pas à elle seule une garantie de sérieux, mais la combinaison d’un site récent, d’une identité opaque et de l’absence d’autorisation identifiable constitue un faisceau d’indices qui doit conduire les investisseurs à redoubler de vigilance.
Une mise sur liste noire qui change la nature de l’alerte
Lors de notre première publication, nous soulignions précisément une difficulté récurrente : l’absence d’un site sur une liste noire ne signifie pas qu’il est autorisé. Les listes officielles sont nécessairement alimentées après l’apparition et l’identification des acteurs concernés. Il existe donc un décalage temporel dont peuvent profiter des plateformes non autorisées pour démarcher des épargnants.
Le cas Invexxia en fournit une illustration particulièrement rapide. Le 27 août, Warning Trading constatait que le site ne figurait pas encore dans les bases publiques consultées. Le 28 septembre, soit environ un mois plus tard, l’AMF a créé une fiche dédiée à www.invexxia.com et l’a classé dans la catégorie « Forex » de ses listes noires. La fiche officielle indique sans ambiguïté que cet acteur n’est pas autorisé par l’AMF à proposer certains services ou placements financiers en France.
Cette chronologie rappelle pourquoi la vérification d’une liste noire, aussi indispensable soit-elle, ne peut jamais constituer l’unique contrôle avant de verser de l’argent. Une liste noire recense des acteurs déjà détectés par les autorités ; elle ne saurait, par définition, identifier instantanément tous les nouveaux sites qui apparaissent sur internet.
Une plateforme opaque derrière un discours rassurant
L’un des points les plus inquiétants relevés dans notre enquête concernait l’impossibilité de déterminer clairement qui se trouvait derrière Invexxia. Aucune société ou aucun représentant légal clairement identifiable n’était présenté de manière permettant les vérifications élémentaires que devrait pouvoir effectuer un investisseur. Des adresses électroniques utilisant le domaine invexxia.com participaient pourtant à donner l’apparence d’une organisation structurée.
Le contraste est important. Plus une plateforme réclame la confiance d’un épargnant, plus elle devrait permettre de vérifier facilement son identité, son siège, son statut juridique et ses éventuelles autorisations réglementaires. Un site internet élégant, des tableaux de marché, des formations, un vocabulaire financier élaboré ou la multiplication des catégories de comptes ne remplacent jamais ces vérifications.
L’inscription décidée par l’AMF apporte désormais un élément officiel supplémentaire et majeur : www.invexxia.com figure bien sur une liste noire du régulateur français. Pour un particulier démarché par cette plateforme ou par une personne affirmant la représenter, cette information doit être prise très au sérieux.
Le retard des listes noires profite aux plateformes à risque
L’affaire Invexxia met également en évidence une mécanique bien connue des fraudes financières en ligne. Il est extrêmement rapide de créer un nouveau domaine, de construire un site donnant une impression professionnelle et de commencer à démarcher des particuliers. À l’inverse, l’identification, le signalement puis la publication d’une alerte officielle nécessitent un certain délai.
Ce décalage crée une période particulièrement dangereuse. Un épargnant qui cherche uniquement le nom d’un site dans une liste noire peut être tenté de conclure, à tort, que son absence signifie qu’il est fiable. Notre enquête du mois d’août insistait déjà sur ce point : toutes les offres problématiques ne sont pas encore répertoriées lorsqu’elles commencent à démarcher. L’évolution du dossier Invexxia en apporte aujourd’hui une illustration concrète.
Il faut donc inverser le raisonnement. Avant tout versement, l’investisseur doit chercher la preuve positive que son interlocuteur dispose effectivement des autorisations nécessaires, plutôt que de considérer comme rassurante sa seule absence d’une liste noire. Dans le cas d’Invexxia, cette question ne se pose désormais plus de la même manière puisque l’AMF a officiellement publié son avertissement.
Que faire si vous avez versé de l’argent à Invexxia ?
Les personnes ayant été démarchées par Invexxia doivent conserver autant que possible l’ensemble des traces de leurs échanges : courriels, numéros de téléphone, conversations sur messageries, captures d’écran, contrats, coordonnées bancaires, justificatifs de virements et éventuelles adresses de portefeuilles de cryptomonnaies. Ces éléments peuvent devenir importants pour documenter précisément les faits.
Il convient également d’être particulièrement prudent face aux personnes qui promettraient, après une perte, de récupérer rapidement les sommes versées contre de nouveaux paiements. Les victimes de fraudes à l’investissement peuvent être ciblées une seconde fois par des acteurs se présentant comme des avocats, enquêteurs, autorités, sociétés de recouvrement ou spécialistes de la récupération de fonds.
Un mois après notre première alerte, le dossier Invexxia a donc franchi une étape significative. Ce qui reposait initialement sur l’analyse d’une série de signaux particulièrement préoccupants s’accompagne désormais d’un fait réglementaire incontestable : invexxia.com est inscrit depuis le 28 septembre 2026 sur la liste noire Forex de l’Autorité des marchés financiers.
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