Une nouvelle plainte pour droits d’auteur vise quatre enquêtes de Warning Trading. Google annonce leur retrait de ses résultats de recherche dans le monde entier.
Une plainte DMCA déposée le 14 septembre contre quatre de nos enquêtes
Ce 14 septembre 2026, Warning-Trading.com a reçu une nouvelle notification de Google Search Console concernant une plainte pour violation présumée du droit d’auteur. Google nous indique avoir été averti que plusieurs pages de notre site « semblent » porter atteinte aux droits d’auteur de tiers. Conséquence annoncée : le moteur de recherche procède à la suppression des contenus signalés de ses résultats de recherche pour les utilisateurs du monde entier. La référence communiquée par Google est 8-0301000041843-0217880184.
L’accusation transmise à Google est particulièrement générale. Le plaignant affirme en anglais être l’auteur d’un contenu original qui aurait été reproduit et publié sur notre site sans son consentement et soutient que cette utilisation violerait ses droits exclusifs. Dans la notification qui nous a été transmise, aucune démonstration détaillée ne permet cependant d’identifier les passages prétendument copiés, l’œuvre originale concernée ou la façon dont chacune des quatre enquêtes journalistiques visées reproduirait cette œuvre. Google nous propose de déposer une notification de contestation afin de demander le rétablissement de ces pages.
Voici intégralement les quatre URL que le plaignant veut faire disparaître
Nous publions intégralement les URL concernées. Lorsqu’une procédure aboutit au déréférencement d’articles de presse, il nous semble indispensable que nos lecteurs puissent savoir exactement quelles informations sont visées et ce que contiennent les publications que l’on cherche à rendre moins accessibles.
1. https://warning-trading.com/trading/actualys-avis-arnaque-escroquerie-scam-2/
Publié le 4 mars 2026 sous le titre « Actualys.com: avis sur cette arnaque au trading », cet article rapporte que la plateforme commence, selon les informations recueillies par Warning Trading, à provoquer des pertes chez des épargnants français. L’enquête analyse notamment l’ancienneté du nom de domaine Actualys.com et explique pourquoi l’ancienneté d’une URL ne constitue pas, à elle seule, une garantie de fiabilité. Elle replace également cette offre dans le contexte des risques du Forex et des CFD et rappelle les pertes très importantes constatées chez les particuliers qui pratiquent ce type de trading.
2. https://warning-trading.com/trading/asterax-vip-avis-escroquerie-scam-sms/
Cette enquête, publiée le 25 mars 2026, est intitulée « Asterax.vip: notre avis sur cette fraude ». Notre rédaction y relève notamment que le nom de domaine asterax.vip avait été créé le 10 juillet 2025 et n’avait donc que 257 jours au moment de notre analyse. L’article explique pourquoi la jeunesse d’un domaine constitue un signal à prendre en compte dans l’analyse d’une offre financière en ligne. Il développe également les risques particuliers associés au trading destiné aux particuliers.
3. https://warning-trading.com/trading/avis-mirrors-trade-io-arnaque-propfirm/
Publié le 31 mars 2026, cet article est consacré à Mirrors-trade.io et aux nombreux signaux d’alerte relevés par notre rédaction. L’enquête rappelle que le domaine avait été enregistré le 20 novembre 2025, soit seulement 130 jours avant la publication. Elle étudie également le recours à l’affiliation et aux apporteurs d’affaires pour recruter des clients. Nous y documentons notamment la promotion de Mirrors Trade par Julien Bien, déjà évoqué par Warning Trading à propos de son activité dans les pronostics sportifs, puis de sa promotion du trading, des prop firms et du copy trading.
Cette enquête du 24 août 2026 examine Finetras.com, qui se présente comme une plateforme donnant accès à de nombreux marchés financiers et revendiquant une exploitation par TRDpoint Ltd ainsi qu’une régulation aux Comores. Warning Trading y analyse notamment l’identification de l’opérateur, sa localisation, ses mentions légales, l’ancienneté du domaine et la portée réelle d’une licence comorienne pour une offre s’adressant à des Européens. Des témoignages publiés sous l’article font par ailleurs état de sommes versées et de difficultés de retrait.
Une accusation de copyright qui ressemble à une procédure-bâillon
Nous considérons que cette nouvelle plainte s’inscrit dans une mécanique de procédure-bâillon. Le droit d’auteur est évidemment un droit légitime qui doit pouvoir être protégé. Mais une procédure conçue pour faire retirer rapidement de véritables contrefaçons peut aussi être détournée lorsqu’elle sert à obtenir la disparition d’informations journalistiques sans que leur contenu ait été examiné contradictoirement par un juge.
Warning Trading est un site de presse dont le travail consiste précisément à enquêter sur les arnaques financières, à analyser des offres suspectes, à recueillir des témoignages et à avertir les épargnants. Les personnes et entreprises qui considèrent que nos publications portent illicitement atteinte à leurs droits disposent de voies judiciaires légales et légitimes pour les contester. Elles peuvent saisir les juridictions compétentes, exposer leurs arguments et leurs preuves. Nous pouvons alors présenter les nôtres et un juge indépendant tranche le litige dans un cadre contradictoire.
Or nous constatons régulièrement une autre stratégie : au lieu de contester le fond de nos enquêtes devant les juridictions compétentes, des plaignants utilisent les procédures proposées par Google, YouTube, les hébergeurs ou d’autres intermédiaires techniques pour tenter d’obtenir directement la suppression, le blocage ou le déréférencement de nos contenus. C’est précisément ce contournement du débat judiciaire que nous dénonçons.
Google n’est pas un tribunal spécialisé en droit de la presse
Le problème est d’autant plus sérieux que les grands fournisseurs techniques doivent traiter des quantités considérables de signalements. Pour absorber ces volumes, ils ont mis en place des formulaires, des procédures standardisées et des mécanismes largement industrialisés. Ces systèmes peuvent avoir leur utilité face à des violations manifestes, mais ils sont particulièrement mal adaptés lorsqu’il faut apprécier le travail d’un journaliste professionnel, le contexte d’une enquête, la nature des sources utilisées ou la légitimité de la reproduction éventuelle d’un élément à des fins d’information.
Notre expérience avec YouTube l’a déjà démontré. En 2024, plusieurs plaintes pour droits d’auteur avaient entraîné la suppression de vidéos puis de notre chaîne. Nous avions utilisé à plusieurs reprises les procédures standardisées de contestation sans parvenir à faire réellement examiner notre situation. Ce n’est qu’après avoir publiquement interpellé YouTube sur Twitter que notre dossier a bénéficié, selon notre récit de l’époque, d’un véritable réexamen et que la chaîne a finalement été rétablie. Nous avions alors dénoncé l’inefficacité de procédures automatisées face au détournement des mécanismes de copyright.
Menaces, usurpations et tentatives de censure : une longue série de représailles
Cette nouvelle plainte n’est malheureusement pas un événement isolé. Warning Trading documente depuis plusieurs années les représailles dont notre rédaction fait l’objet : menaces, insultes, attaques informatiques, usurpations d’identité, campagnes de dénigrement et procédures destinées à faire pression sur notre travail journalistique. Nous en tenons la chronique dans notre enquête « La vengeance des escrocs ».
Nous avons notamment documenté des usurpations de l’identité de Warning Trading destinées à tromper des victimes d’arnaques, une tentative visant fictivement à faire liquider notre société et plusieurs procédures judiciaires. Notre enquête rappelle aussi l’épisode de 2024 au cours duquel trois vidéos ont été censurées en huit jours avant la suppression automatique de notre chaîne YouTube.
Ces attaques ont déjà eu des conséquences concrètes sur notre capacité à informer. Notre environnement éditorial a connu des épisodes de suppression et d’indisponibilité, et notre chaîne YouTube a effectivement disparu avant d’être rétablie. L’épisode YouTube est raconté ici.
Plus récemment encore, les plaintes DMCA contre Warning Trading se sont multipliées. Le 9 septembre 2026, trois plaintes reçues en moins de vingt minutes avaient visé onze de nos articles. Certaines demandes ne ciblaient même plus seulement nos enquêtes sur des offres financières : elles visaient des articles racontant de précédentes tentatives de censure.
Faire disparaître une alerte de Google peut directement servir les fraudeurs
Le déréférencement n’est pas une mesure anodine. Une part essentielle de notre travail consiste à permettre à une personne démarchée par une plateforme inconnue de rechercher son nom sur internet et de trouver rapidement une enquête, un avertissement ou des témoignages. Faire disparaître une telle page des résultats de Google réduit mécaniquement ses chances d’être découverte par un épargnant avant qu’il ne verse son argent.
Dans le cas présent, les quatre pages visées portent précisément sur des offres de trading ou d’investissement que notre rédaction a examinées et à propos desquelles elle publie des mises en garde. La plainte reçue par Google ne nous fournit pas, dans la notification transmise, d’explication détaillée permettant de comprendre quel contenu protégé aurait été copié dans chacun de ces quatre articles. Elle formule essentiellement une accusation générale de reproduction non autorisée.
Nous ne contestons évidemment pas le principe même des procédures de protection du droit d’auteur. Nous contestons leur détournement lorsqu’elles deviennent un moyen rapide de faire disparaître des enquêtes journalistiques sans avoir à convaincre un tribunal de leur caractère illicite. Une entreprise privée et ses procédures automatisées ne peuvent pas offrir les mêmes garanties qu’un débat contradictoire devant une juridiction compétente.
Nous documenterons chaque tentative de censure
C’est pourquoi Warning Trading continuera à rendre publiques les plaintes visant ses articles. Une tentative de censure contre un média constitue elle-même une information. Et lorsqu’une plainte demande le déréférencement d’une enquête, nous considérons que nos lecteurs doivent pouvoir connaître l’existence de cette démarche, l’identité des pages visées et la nature des informations qu’elles contiennent.
Si les personnes à l’origine de ces demandes considèrent que nos enquêtes violent réellement leurs droits, elles peuvent saisir les juridictions légalement compétentes. Elles pourront alors produire leurs éléments, nous produirons les nôtres et la question sera examinée selon les garanties du contradictoire. Ce cadre existe précisément pour éviter qu’une partie puisse obtenir seule la disparition d’une publication simplement en adressant une accusation à l’intermédiaire technique dont dépend sa diffusion.
En attendant, cette plainte du 14 septembre 2026 vient rejoindre une liste déjà particulièrement longue de tentatives de déréférencement visant Warning Trading. Nous continuerons à enquêter sur les arnaques financières, à publier les informations d’intérêt public dont nous disposons et à documenter les méthodes employées pour tenter de faire disparaître nos articles.

