Google nous a indiqué avoir reçu une plainte pour violation présumée du droit d’auteur concernant plusieurs articles publiés par Warning-Trading. Derrière cette démarche DMCA se profile, selon nous, une nouvelle tentative visant à faire disparaître des enquêtes journalistiques consacrées à des plateformes suspectes.

Une notification DMCA transmise à Google pour faire retirer nos contenus

Le 3 mars 2026, Google a informé Warning-Trading de la réception d’une plainte fondée sur le Digital Millennium Copyright Act (DMCA). D’après cette notification, un plaignant soutient que notre site aurait reproduit sans autorisation un contenu dont il revendique la paternité. Sur la base de cette demande, Google indique avoir retiré certains résultats de recherche renvoyant vers notre site.

Conformément à ses procédures internes, Google peut supprimer de ses résultats des contenus signalés lorsqu’un tiers affirme détenir des droits d’auteur sur les éléments concernés. L’entreprise précise également que la demande sera publiée par le projet Lumen, une base publique recensant les plaintes juridiques liées aux demandes de retrait de contenus sur Internet. Cette publication permet notamment de conserver une trace des démarches visant à faire disparaître certaines informations en ligne.

Dans la plainte reçue, son auteur affirme que « son contenu original » aurait été copié puis publié sur Warning-Trading sans son accord. Pourtant, aucune indication précise n’est apportée sur le contenu prétendument repris, ni sur les passages qui constitueraient concrètement une atteinte au droit d’auteur.

Les publications de Warning-Trading concernées par la demande de retrait

La plainte vise trois enquêtes publiées sur notre site. Toutes portent sur des plateformes de trading ou des services financiers présentant plusieurs signaux d’alerte susceptibles d’intéresser les consommateurs :

URL incriminées :

L’article consacré à Actualys étudie les activités de cette plateforme présentée comme un service d’investissement accessible en ligne. L’enquête rassemble différents éléments destinés à mesurer sa crédibilité, notamment le niveau de transparence de la structure, l’existence éventuelle d’autorisations réglementaires ainsi que les témoignages d’utilisateurs. Comme dans de nombreux dossiers publiés par Warning-Trading, notre objectif consiste à aider les internautes à repérer les risques associés à certaines offres financières diffusées sur Internet.

L’article portant sur Revexium.com analyse une plateforme associée à des campagnes de démarchage par SMS. Notre enquête relève plusieurs caractéristiques fréquemment observées dans les escroqueries à l’investissement : promesses de rendements peu crédibles, sollicitations insistantes et manque d’informations transparentes sur l’entité qui exploite le service. Ce sont précisément ces critères que nous examinons régulièrement afin d’alerter les épargnants.

Enfin, l’article consacré à Zeylor-Pacte.com s’intéresse à une autre structure présentée comme un prestataire financier. Notre analyse porte notamment sur l’identité réelle de l’entreprise, les mentions légales accessibles et les pratiques commerciales constatées. Comme pour l’ensemble de nos publications, ces informations sont diffusées dans un objectif d’information et de prévention face aux risques d’escroquerie financière.

Une procédure DMCA utilisée pour éviter un débat judiciaire

Pour Warning-Trading, cette démarche ressemble fortement à une tentative de procédure-bâillon. Ce type de stratégie consiste à mobiliser des dispositifs juridiques ou administratifs dans le but d’intimider ou de réduire au silence des journalistes, plutôt que de contester leurs publications devant une juridiction compétente.

Dans cette affaire, le plaignant n’a pas saisi un tribunal afin de démontrer l’existence d’une violation du droit d’auteur. Il a choisi de recourir à une procédure proposée par un intermédiaire technique, en l’occurrence Google. Ce mécanisme permet parfois d’obtenir rapidement le déréférencement d’un article sans qu’un juge ait eu l’occasion d’examiner le fond du litige.

Warning-Trading est un média spécialisé dans la dénonciation des escroqueries financières et des fraudes en ligne. Les personnes ou entreprises concernées par nos investigations choisissent très rarement d’utiliser les voies judiciaires classiques pour contester nos articles. À la place, certaines tentent d’exploiter les procédures mises à disposition par les plateformes techniques – Google, Cloudflare, les hébergeurs ou encore les réseaux sociaux – afin d’obtenir la suppression ou le déréférencement de nos publications.

Ces dispositifs reposent en grande partie sur des traitements standardisés qui sont mal adaptés à l’analyse de véritables enquêtes journalistiques. Les fournisseurs techniques ne disposent généralement ni du temps ni des ressources nécessaires pour étudier en profondeur des contenus produits par des journalistes professionnels. Par prudence, ils peuvent donc choisir de retirer provisoirement un contenu signalé, y compris lorsque les accusations formulées apparaissent discutables.

Des pressions répétées visant les enquêtes de Warning-Trading

Cette plainte DMCA vient s’ajouter à une longue série de pressions exercées contre notre rédaction. Depuis plusieurs années, Warning-Trading est régulièrement confronté à des menaces, des tentatives d’intimidation et différentes démarches visant à faire disparaître certaines de nos enquêtes. Ces méthodes prennent notamment la forme de signalements abusifs, de plaintes infondées et, dans certains cas, de campagnes de harcèlement.

Nous avons déjà documenté ces pratiques dans une enquête détaillée consacrée aux menaces et aux tentatives de censure dirigées contre notre travail journalistique :

La vengeance des escrocs

Certaines de ces démarches ont entraîné des conséquences techniques importantes. Notre site a notamment déjà été rendu inaccessible pendant plusieurs jours à la suite de procédures engagées auprès de certains de nos prestataires. Nous avons relaté ces épisodes dans cet article :

Rétablissement de notre chaîne Youtube grâce à Twitter

Ces situations montrent les difficultés auxquelles sont confrontés les médias spécialisés dans la dénonciation des escroqueries numériques. Les fraudeurs ou les acteurs contestés peuvent chercher à faire disparaître les informations susceptibles d’alerter de futures victimes.

Warning-Trading maintient ses enquêtes et envisage de contester la demande

Face à cette notification DMCA, Warning-Trading étudie la possibilité d’adresser une contre-notification afin d’obtenir le rétablissement du référencement des articles concernés. Cette démarche permet d’informer Google que la demande de retrait est contestée et qu’elle pourrait présenter un caractère abusif.

Notre rédaction poursuivra ses investigations sur les plateformes financières suspectes et les escroqueries en ligne. Informer le public et contribuer à la protection des épargnants restent au centre de notre mission journalistique.

Les tentatives de censure, qu’elles passent par des plaintes DMCA ou par d’autres procédures techniques, ne doivent pas devenir un moyen de faire disparaître des enquêtes dérangeantes. La transparence, l’accès à l’information et la liberté de la presse demeurent indispensables pour lutter efficacement contre les fraudes financières qui prolifèrent sur Internet.

Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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