Deux plaintes déposées le 10 août 2026 réclament à Google le déréférencement d’articles de Warning-Trading consacrés à de précédentes tentatives de censure.
Deux nouvelles plaintes DMCA transmises à Google
Le 10 août 2026, Warning-Trading a fait l’objet de deux nouvelles réclamations fondées sur le droit d’auteur et adressées à Google. Le moteur de recherche nous a informés qu’il procédait au retrait des contenus signalés de ses résultats de recherche pour les utilisateurs du monde entier. Les deux demandes concernent très largement les mêmes pages et présentent des motivations presque identiques.
Dans la première plainte, le requérant affirme en anglais être l’auteur d’un contenu original qui aurait été reproduit sans son autorisation sur Warning-Trading. Dans la seconde, il est également allégué qu’une œuvre protégée aurait été dupliquée et publiée sans autorisation. Dans les notifications qui nous ont été transmises, ces affirmations générales ne sont accompagnées d’aucune démonstration précise permettant d’identifier clairement quelle œuvre originale aurait été copiée, quels passages de nos articles seraient concernés et dans quelles circonstances cette prétendue reproduction serait intervenue.
Les références communiquées par Google sont respectivement 1-0534000041169-0186139773 et 6-6674000041639-1036304380. La seconde réclamation doit également être publiée, après anonymisation des données personnelles, dans la base Lumen sous le numéro 93098005. Google nous propose de déposer une notification de contestation afin de demander le rétablissement des pages.
Le paradoxe est particulièrement frappant : les contenus dont le déréférencement est aujourd’hui demandé sont précisément des articles dans lesquels Warning-Trading documente de précédentes plaintes DMCA et explique comment ce mécanisme peut être détourné pour tenter de faire disparaître des enquêtes journalistiques des moteurs de recherche.
Voici l’intégralité des URL que les plaignants veulent faire disparaître
La première notification vise dix URL et la seconde huit. Nous les reproduisons intégralement, sans les masquer, afin que chacun puisse constater la nature des publications concernées :
1. https://warning-trading.com/censure/actualys-revexium-zeylor-dmca-google-4/
Cet article documente des demandes DMCA concernant notamment Actualys, Revexium et Zeylor. Il expose les demandes reçues par Google et la façon dont le droit d’auteur est invoqué pour tenter d’obtenir le déréférencement de contenus publiés par notre rédaction.
2. https://warning-trading.com/censure/alphaairobot-vistaepartners-brokerza-et-nummixo-dmca-avis-arnaque/
Cet article revient sur des demandes de censure concernant AlphaAIrobot, VistaEPartners, Brokerza et Nummixo. Ces noms renvoient à des plateformes ayant fait l’objet d’analyses ou d’avis de notre rédaction. Notre enquête consacrée à Brokerza, par exemple, examine l’ancienneté du domaine, l’identification de ses responsables, ses mentions légales et les promesses commerciales mises en avant. Notre article sur Nummixo analyse également plusieurs signaux d’alerte liés à cette plateforme.
3. https://warning-trading.com/censure/arcticsas-bronetix-nonocells-et-nowwetrade-censure-dmca/
Cette publication relate des tentatives de déréférencement concernant les articles consacrés à Arcticsas, Bronetix, Nonocells et Nowwetrade. Elle documente les notifications reçues et leur utilisation contre des contenus journalistiques.
4. https://warning-trading.com/censure/arcticsas-bronetix-nonocells-nowwetrade-mohamedbdj-censure-dmca/
Publié le 21 juillet 2026, cet article explique que Google avait déjà transmis à Warning-Trading plusieurs notifications DMCA visant des enquêtes concernant Arcticsas, Bronetix, Nonocells, Nowwetrade et Mohamed BDJ. Nous y reproduisons les URL des enquêtes initialement visées et résumons leur contenu : analyses de plateformes, méthodes de prospection, témoignages, risques pour les consommateurs et signalements reçus.
5. https://warning-trading.com/censure/booxaro-galfa-gestion-xmtradeonline-3/
Cette URL, visée par la première plainte, documente une précédente réclamation DMCA concernant Booxaro, Galfa-Gestion.com et XMTradeOnline. L’article explique notamment qu’une demande fondée sur le droit d’auteur avait été adressée à Google afin d’obtenir le déréférencement d’enquêtes publiées par Warning-Trading.
6. https://warning-trading.com/censure/corsokane-revexium-financiere-gfr-dmca/
Cette publication documente des demandes DMCA liées à des contenus concernant Corsokane, Revexium et Financière GFR. Là encore, son objet est d’informer nos lecteurs des tentatives de retrait ou de déréférencement dont nos publications font l’objet.
7. https://warning-trading.com/censure/ecole-centrale-hypnose-fr-et-lpotouraine-fr-censure-dmca-sur-google-3/
Cet article porte sur des demandes de censure DMCA impliquant notamment des domaines utilisant ou évoquant les noms Ecole Centrale, hypnose.fr et lpotouraine.fr. Il participe à notre travail de documentation des procédures adressées à Google pour faire retirer des contenus de ses résultats.
8. https://warning-trading.com/censure/galidix-revexium-token-invest-extranet-mgi-censure-dmca/
Cette publication concerne des demandes visant des contenus relatifs à Galidix, Revexium, Token-Invest et Extranet-MGI. Elle expose les démarches entreprises auprès des intermédiaires techniques pour tenter de rendre moins visibles les publications de Warning-Trading.
9. https://warning-trading.com/censure/revexium-veltris-capital-et-zeylor-pacte-censure-dmca-3/
Cet article documente des réclamations DMCA liées à Revexium, Veltris Capital et Zeylor Pacte. Comme les autres pages aujourd’hui visées, il appartient à notre rubrique consacrée à la censure et aux demandes DMCA reçues par notre média.
10. https://warning-trading.com/censure/suxxessfx-cyrosalnix-genesisarbit-moonetrix-3/
Cette URL, qui apparaît dans la première notification mais pas dans la seconde, concerne des tentatives de déréférencement relatives à SuxxessFX, Cyrosalnix, GenesisArbit et Moonetrix. Elle documente une nouvelle fois l’utilisation du droit d’auteur comme moyen de pression contre la visibilité de nos publications.
Il faut donc bien comprendre ce qui est en jeu : ces plaintes ne cherchent pas seulement à rendre moins visibles des enquêtes initiales. Elles s’attaquent désormais à des articles consacrés aux précédentes tentatives de censure elles-mêmes. Autrement dit, après avoir tenté de faire disparaître une information, certains cherchent également à faire disparaître le récit journalistique de cette tentative.
Une mécanique qui ressemble à une procédure-bâillon
Warning-Trading considère que ce type de démarche présente les caractéristiques d’une procédure-bâillon. Une procédure-bâillon vise, au sens large, à exercer une pression juridique, économique ou procédurale sur ceux qui publient des informations dérangeantes afin de les décourager, de les épuiser ou de réduire la diffusion de leurs publications.
Warning-Trading est un site de presse professionnelle spécialisé depuis des années dans l’étude et la dénonciation des arnaques financières et des pratiques susceptibles de mettre en danger les épargnants. Notre site se présente comme un site de presse agréé et publie des enquêtes, des alertes, des appels à témoins et des analyses destinés à informer le public.
Lorsqu’une personne estime qu’un article de presse est illicite, mensonger, diffamatoire ou qu’il porte atteinte à ses droits, il existe des juridictions légalement compétentes devant lesquelles elle peut porter ses arguments. Cette voie présente une caractéristique essentielle dans un État de droit : le contradictoire. Le média peut répondre, produire ses pièces, défendre son enquête et faire examiner les prétentions adverses par un juge indépendant.
Or nous constatons régulièrement que des personnes ou entités mises en cause dans nos publications préfèrent ne pas saisir ces juridictions pour obtenir une décision sur le fond. Elles adressent leurs réclamations à Google, à des hébergeurs, à des réseaux sociaux ou à d’autres prestataires indispensables à la diffusion de notre travail. Nous considérons qu’il s’agit d’un détournement de procédures légitimes destinées notamment à lutter contre la véritable contrefaçon.
Google n’est pas un tribunal de la presse
Le problème tient également au fonctionnement même de ces procédures. Google et les autres grands fournisseurs techniques doivent traiter des volumes considérables de signalements. Ils ont donc développé des mécanismes standardisés et largement automatisés permettant de recevoir, trier et traiter les demandes de retrait.
Un tel dispositif peut être efficace lorsqu’un site reproduit manifestement, par exemple, une œuvre protégée sans autorisation. Il est beaucoup moins adapté lorsqu’il faut apprécier un travail journalistique, distinguer une source d’une citation, comprendre le contexte d’une enquête, examiner l’intérêt général d’une publication ou déterminer qui est réellement l’auteur d’un texte.
Une procédure automatisée ne peut pas remplacer le travail d’une juridiction lorsqu’il s’agit d’arbitrer des droits concurrents aussi fondamentaux que le droit d’auteur et la liberté d’informer. Pourtant, les conséquences d’un déréférencement peuvent être considérables. Pour un média numérique, disparaître de Google signifie perdre une part importante de la possibilité pour le public d’accéder à une information.
Cette vulnérabilité crée une incitation évidente pour ceux qui veulent faire disparaître des informations gênantes : plutôt que d’attaquer l’article devant un juge, il peut sembler plus simple de s’en prendre à l’infrastructure technique qui permet au public de le trouver.
Menaces, chantage et représailles : une pression devenue habituelle
Ces deux plaintes du 10 août ne constituent malheureusement pas un épisode isolé. Warning-Trading fait régulièrement l’objet de pressions en réaction à ses publications : menaces, insultes, intimidations, tentatives de chantage, procédures ou menaces de procédures et signalements adressés à nos prestataires techniques.
Nous avons rassemblé ces méthodes dans notre enquête consacrée aux représailles subies par notre rédaction :
https://warning-trading.com/enquetes-et-decryptages/menace-chantage-procedure-baillon-insulte-vengeance-escrocs/
Les conséquences de ce type de démarches ne sont pas seulement théoriques. Notre site a déjà été rendu inaccessible pendant plusieurs jours à la suite de tentatives visant notre environnement technique. Nous avons raconté cet épisode dans l’article suivant :
https://warning-trading.com/droit-avis-juridique/youtube-twitter-avis/
C’est précisément pour cette raison que nous publions les plaintes dont nous faisons l’objet. Une tentative de censure contre un média est elle-même une information. Lorsqu’une procédure destinée à protéger le droit d’auteur est utilisée pour demander à un intermédiaire technique de faire disparaître des enquêtes journalistiques, il est légitime que nos lecteurs sachent que cette démarche existe.
Déréférencer l’article qui raconte le déréférencement
Cette nouvelle salve possède enfin une dimension particulièrement révélatrice. Une grande partie des pages signalées ne sont pas directement les enquêtes originales sur des plateformes : ce sont des articles qui racontent de précédentes demandes DMCA. La cible devient donc la documentation de la censure elle-même.
Le mécanisme peut potentiellement devenir sans fin : une première plainte demande le retrait d’une enquête ; Warning-Trading informe ses lecteurs de cette plainte ; une nouvelle plainte demande alors le retrait de l’article racontant la première. Si nous documentons cette deuxième plainte – ce que nous faisons avec le présent article –, ce nouveau contenu pourrait à son tour être signalé.
C’est justement pourquoi nous refusons de laisser ces démarches se dérouler dans l’ombre. Le droit d’auteur mérite une protection effective. Mais les mécanismes conçus pour assurer cette protection ne doivent pas devenir des raccourcis permettant d’obtenir auprès d’une entreprise privée ce que l’on n’a pas demandé, ou obtenu, devant une juridiction.
Si les auteurs de ces plaintes estiment que nos publications violent réellement leurs droits, ils disposent des voies de droit prévues à cet effet. Ils pourront alors présenter leurs preuves et nous pourrons présenter les nôtres, dans le cadre contradictoire prévu par la loi. En attendant, Warning-Trading continuera à documenter publiquement les tentatives visant à faire disparaître ses enquêtes et à défendre le droit de ses journalistes d’informer le public.

