Le site Exakubusinessclub.com vient d’être inscrit sur liste noire. Une décision qui renforce les inquiétudes déjà soulevées par l’enquête de Micode et de nombreux témoignages.

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Une inscription sur liste noire qui confirme les soupçons

L’inscription d’Exakubusinessclub.com sur une liste noire constitue une étape importante dans l’appréciation des risques associés à ce “business club”. Ce type de décision, généralement pris par des autorités ou des organismes de vigilance spécialisés, intervient rarement sans éléments tangibles laissant craindre des pratiques problématiques, voire frauduleuses.

Dans le cas d’Exaku, cette mise à l’index vient renforcer une série de signaux faibles déjà identifiés depuis plusieurs mois. L’enquête approfondie publiée par le vidéaste Micode le 30 juillet 2025 avait déjà jeté une lumière crue sur le fonctionnement interne de cette structure. Après près de six mois d’infiltration, celui-ci décrivait un système s’apparentant fortement à une arnaque pyramidale, dissimulée sous les traits d’un réseau de marketing multiniveau.

Depuis cette publication, la réputation en ligne d’Exaku s’est nettement dégradée. Sa note sur Trustpilot est tombée à 2,7 sur 5, tandis qu’une page dédiée est apparue sur Signal Arnaque. L’inscription sur liste noire apparaît ainsi moins comme une surprise que comme l’aboutissement logique d’un faisceau d’indices convergents.

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Un modèle économique aux contours troubles

L’analyse du modèle d’Exaku met en évidence des mécanismes typiques des systèmes pyramidaux. Comme souvent dans ce type de montage, les promoteurs évitent soigneusement les termes explicites et privilégient un vocabulaire marketing : “abonnement”, “communauté”, “opportunités”, “académie”. Pourtant, derrière ces éléments de langage, la promesse centrale reste celle de gains liés au recrutement de nouveaux membres.

Plusieurs offres sont mises en avant : Exaku Connection, Club Deal, une “Communauté” privée, des formations, des séminaires — notamment avec Taylor Chiche — ou encore des sessions en direct. Toutefois, la valeur réelle de ces services demeure floue, ce qui alimente les interrogations sur leur rôle réel dans le modèle économique.

Le recours au trading, à travers Stark Trader et Stark Crypto, constitue un autre point d’inquiétude majeur. Ces solutions de trading automatisé sont présentées comme des leviers de performance financière. Or, il est bien établi qu’aucun système ne peut garantir des gains sur les marchés financiers. Dans ce contexte, l’évocation de partenariats avec des plateformes comme Binance, Coinbase ou TrioMarkets interroge, d’autant plus que ce dernier est régulièrement critiqué pour les pertes importantes subies par ses utilisateurs.

Le parallèle avec l’affaire Omegapro est également préoccupant. Plusieurs leaders d’Exaku en sont issus, et certaines similarités dans les documents juridiques ont été relevées. Dans les cas les plus graves, ces systèmes reposent sur des logiques de type Ponzi, où les gains des anciens sont financés par les apports des nouveaux entrants.

Des dirigeants et promoteurs déjà controversés

Derrière Exaku, deux figures principales apparaissent : Kevin Valfin et Adrien Dalberto (Adrien Awenengo Dalberto). Le premier, également associé à Globodai Group, From Easy to Simple, Kamini, KB Invest (avec Benjamin Serisier), Fidelio app (avec Sébastien Goudon), Fractal Série 1 et 2, Fractal Technology, Topco Série 34, The Koupon, Davcod ou encore Team Le Hen Productions, présente un parcours entrepreneurial particulièrement dense et éclaté.

La structure juridique d’Exaku soulève également des questions. Le site appartient à Exaku Business Club LLC, basée à Cheyenne dans le Wyoming, au Lincolnway Office Center — une adresse typique de domiciliation. Avant cela, le projet transitait par Okaiwa Ltd au Royaume-Uni. Ce type de montage, fréquent dans les schémas offshore, complique la traçabilité et la régulation des activités.

Adrien Dalberto, quant à lui, a déjà été associé à LDW-invest.com aux côtés de Constantin Kalogerakis via Wookie Capital, un dossier ayant suscité des plaintes d’épargnants. Son implication dans Exaku n’est donc pas anodine.

Autour de ce noyau gravitent de nombreux promoteurs : Jeremy Chevtchenko, Nassim Kebbi (ancien d’ACN et promoteur de Nexarise), Alessandro Lambert, Simon Caillaud, Neil Hilal Michard, Rodolphe Gayet, ou encore Caroline Mignaux, dont la participation à certains événements a été documentée. D’autres noms apparaissent également : Oussama Amar, Léa Dribault, Vincent Garcia, Nicolas Crussiere, Elizio Gadioux, Clément Chaplain, Mehdi Benkaci, Joeffrey Loetscher, Corentin Balle, Tony Prevost, Karl Tosi ou Serey Reys.

Ce réseau de promoteurs, souvent très actifs sur les réseaux sociaux, contribue à la diffusion du discours commercial d’Exaku. Plusieurs d’entre eux mettent en avant des promesses de revenus rapides ou de “remplacement de salaire”, des arguments classiques dans les dispositifs à risque.

Une réaction défensive face aux critiques

Face aux accusations, Kevin Valfin conteste fermement les conclusions de Micode. Il affirme que les informations diffusées sont “fausses” et indique avoir engagé des poursuites judiciaires pour diffamation via des “avocats américains”. Il évoque également l’existence de preuves et de documents de conformité, sans toutefois les rendre publics à ce stade.

Cette posture défensive n’est pas inhabituelle dans ce type de dossier. Elle ne permet cependant pas, en l’état, de lever les doutes soulevés par les différentes analyses indépendantes et témoignages disponibles.

L’inscription sur liste noire vient donc ajouter un élément objectif dans ce débat. Sans préjuger d’éventuelles décisions judiciaires futures, elle constitue un signal fort invitant à la prudence. Pour les investisseurs particuliers, ce type d’alerte doit être pris très au sérieux.

Conclusion : un cumul de signaux préoccupants

Entre enquête approfondie, critiques publiques, structure juridique opaque, recours au trading automatisé, antécédents de certains dirigeants et désormais inscription sur liste noire, Exakubusinessclub.com cumule les signaux d’alerte.

Si chaque élément pris isolément pourrait prêter à discussion, leur accumulation dessine un tableau préoccupant. Dans ce contexte, toute proposition d’investissement ou d’adhésion à ce type de réseau doit être abordée avec la plus grande vigilance.

Comme souvent dans les affaires d’arnaques financières, les promesses de gains rapides et l’apparence de professionnalisme peuvent masquer des réalités bien plus risquées. L’inscription sur liste noire agit ici comme un rappel : en matière d’investissement, la prudence reste la meilleure protection.


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Philippe Miller

Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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